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Sarkozy et la laïcité (2)

Le temps est désormais venu que, dans un même esprit, les religions, en particulier la religion catholique qui est notre religion majoritaire, et toutes les forces vives de la nation regardent ensemble les enjeux de l’avenir et non plus seulement les blessures du passé.

Et ceux qui ne se reconnaissent dans aucune, ils sont hors jeu ? Les forces vives peuvent être religieuses, a-religieuses, et leur invocation ne règle rien. La notion de “religion majoritaire” était du Concordat de Bonaparte, elle n’a pas à intervenir dans le débat politique, et de plus, ce qui est probablement majoritaire en France, c’est un mélange de vague religiosité et d’indifférence par rapport aux dogmes. Alors ?

Je partage l’avis du pape quand il considère, dans sa dernière encyclique, que l’espérance est l’une des questions les plus importantes de notre temps.

L’espérance concerne -à l’origine- une autre vie. Sa transposition séculière est la croyance aux “lendemains qui chantent”, le progressisme, etc..

Beaucoup de philosophes, d’hommes politiques, ont pensé que l’espérance religieuse pouvait détourner du combat pour l’amélioration des conditions matérielles. Le président de la République peut espérer, c’est son droit. Il n’a pas à militer publiquement pour une espérance religieuse, quelle qu’elle soit, ni pour une a-espérance (le bouddhisme par exemple).   

Depuis le siècle des Lumières, l’Europe a expérimenté beaucoup d’idéologies. Elle a mis successivement ses espoirs dans l’émancipation des individus, dans la démocratie, dans le progrès technique, dans l’amélioration des conditions économiques et sociales, dans la morale laïque. Elle s’est fourvoyée gravement dans le communisme et dans le nazisme. Aucune de ces différentes perspectives – que je ne mets évidemment pas sur le même plan - n’a été en mesure de combler le besoin profond des hommes et des femmes de trouver un sens à l’existence.

Des millions de gens, et non des moindres, ont vécu et ont trouvé un sens à leur existence sans aucune référence à une quelconque foi religieuse. Et les croyances religieuses sont aussi à l’origine de massacres, de persécutions.

Bien sûr, fonder une famille, contribuer à la recherche scientifique, enseigner, se battre pour des idées, en particulier si ce sont celles de la dignité humaine, diriger un pays, cela peut donner du sens à une vie. Ce sont ces petites et ces grandes espérances « qui, au jour le jour, nous maintiennent en chemin » pour reprendre les termes même de l’encyclique du Saint Père. Mais elles ne répondent pas pour autant aux questions fondamentales de l’être humain sur le sens de la vie et sur le mystère de la mort. Elles ne savent pas expliquer ce qui se passe avant la vie et ce qui se passe après la mort.

Pour beaucoup de gens, le réponse est “rien”. Et alors ??

Ces questions sont de toutes les civilisations et de toutes les époques. Et ces questions essentielles n’ont rien perdu de leur pertinence. Bien au contraire. Les facilités matérielles de plus en plus grandes qui sont celles des pays développés, la frénésie de consommation, l’accumulation de biens, soulignent chaque jour davantage l’aspiration profonde des femmes et des hommes à une dimension qui les dépasse, car moins que jamais elles ne la comblent.

C’est vrai, ces questions sont très anciennes et continueront à se poser. Ceux qui ont cru qu’elles disparaîtraient avec le progrès techniques et les découvertes scientifiques se sont trompés. Mais l’art politique est de gouverner la Cité en trouvant le moyen de faire vivre ensemble “celui qui croit au ciel et celui qui n’y croit pas”.

« Quand les espérances se réalisent, poursuit Benoît XVI, il apparaît clairement qu’en réalité, ce n’est pas la totalité. Il paraît évident que l’homme a besoin d’une espérance qui va au-delà. Il paraît évident que seul peut lui suffire quelque chose d’infini, quelque chose qui sera toujours ce qu’il ne peut jamais atteindre. […] Si nous ne pouvons espérer plus que ce qui est accessible, ni plus que ce qu’on peut espérer des autorités politiques et économiques, notre vie se réduit à être privée d’espérance ». Ou encore, comme l’écrivit Héraclite, « Si l’on n’espère pas l’inespérable, on ne le reconnaîtra pas ».

Quant on écrit “il paraît évident”, c’est qu’on n’a pas d’argument !!

Ma conviction profonde, dont j’ai fait part notamment dans ce livre d’entretiens que j’ai publié sur la République, les religions et l’espérance, c’est que la frontière entre la foi et la non-croyance n’est pas et ne sera jamais entre ceux qui croient et ceux qui ne croient pas, parce qu’elle traverse en vérité chacun de nous. Même celui qui affirme ne pas croire ne peut soutenir en même temps qu’il ne s’interroge pas sur l’essentiel. Le fait spirituel, c’est la tendance naturelle de tous les hommes à rechercher une transcendance. Le fait religieux, c’est la réponse des religions à cette aspiration fondamentale.

Dans sa Contribution à la critique de la philosophie dudroit de Hegel (1843), Karl Marx explique :

” Le fondement de la critique irréligieuse est celui-ci : l’homme fait la religion, ce n’est pas la religion qui fait l’homme. La religion est en réalité la conscience et le sentiment propre de l’homme qui ou bien ne s’est pas encore trouvé, ou bien s’est déjà reperdu. Mais l’homme n’est pas un être abstrait, extérieur au monde réel. L’homme, c’est le monde de l’homme, l’État, la société. Cet État, cette société produisent la religion, une conscience erronée du monde, parce qu’ils constituent eux-mêmes un monde faux. La religion est la théorie générale de ce monde, son compendium encyclopédique, sa logique sous une forme populaire, son point d’honneur spiritualiste, son enthousiasme, sa sanction morale, son complément solennel, sa raison générale de consolation et de justification. C’est la réalisation fantastique de l’essence humaine, parce que l’essence humaine n’a pas de réalité véritable. La lutte contre la religion est donc par ricochet la lutte contre ce monde, dont la religion est l’arôme spirituel.

La misère religieuse est, d’une part, l’expression de la misère réelle et, d’autre part, la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée par le malheur, l’âme d’un monde sans cour, de même qu’elle est l’esprit d’une époque sans esprit. C’est l’opium du peuple.

Le véritable bonheur du peuple exige que la religion soit supprimée en tant que bonheur illusoire du peuple. Exiger qu’il soit renoncé aux illusions concernant notre propre situation, c’est exiger qu’il soit renoncé à une situation qui a besoin d’illusions. La critique de la religion est donc, en germe, la critique de cette vallée de larmes, dont la religion est l’auréole.

La critique a effeuillé les fleurs imaginaires qui couvraient la chaîne, non pas pour que l’homme porte la chaîne prosaïque et désolante, mais pour qu’il secoue la chaîne et cueille la fleur vivante. La critique de la religion désillusionne l’homme, pour qu’il pense, agisse, forme sa réalité comme un homme désillusionné, devenu raisonnable, pour qu’il se meuve autour de lui et par suite autour de son véritable soleil. La religion n’est que le soleil illusoire qui se meut autour de l’homme, tant qu’il ne se meut pas autour de lui-même.

L’histoire a donc la mission, une fois que la vie future de la vérité s’est évanouie, d’établir la vérité de la vie présente. Et la première tâche de la philosophie, qui est au service de l’histoire, consiste, une fois démasquée l’image sainte qui représentait la renonciation de l’homme à lui-même, à démasquer cette renonciation sous ses formes profanes. La critique du ciel se transforme ainsi en critique de la terre, la critique de la religion en critique du droit, la critique de la théologie en critique de la politique. “

Que n’aurait-on pas entendu si le président de la République s’était inspiré de cette analyse !! 

Or, longtemps la République laïque a sous-estimé l’importance de l’aspiration spirituelle.

Les militants de la laïcité connaissaient tous l’importance de l’aspiration spirituelle, même si certains espéraient naïvement qu’elle disparaîtrait. Ils combattaient surtout l’inflence de l’Église catholique dans la vie politique française.

Même après le rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège, elle s’est montrée plus méfiante que bienveillante à l’égard des cultes. Chaque fois qu’elle a fait un pas vers les religions, qu’il s’agisse de la reconnaissance des associations diocésaines, de la question scolaire, des congrégations, elle a donné le sentiment qu’elle agissait parce qu’elle ne pouvait pas faire autrement.

Reconnaissance des associations diocésaines : Nicolas Sarkozy tord le cou aux faits. La loi de 1905 créait des associations cultuelles, attributaires des biens confessionnels (les fabriques) et chargées d’organiser les cultes. Ces associations devaient fonctionner selon un mode démocratique (dirigeants élus) et les Églises ont craint le noyautage, que le contrôle leur échappe, et que les édifices du culte soient alors attribués à des dissidents. L’article 4 de la loi (et cette modification fut vivement débattue) précise pour cela que les associations attributaires sont celles qui se conforment “aux règles d’organisation générale du culte dont elles se proposent d’assurer l’exercice”. En clair, les associations cultuelles devaient être “dans la ligne”. Malgré cela, l’Église catholique a refusé la loi qui “protestantisait l’Église de France”. Comme il fallait trouver une issue, la loi de 1905 a été modifiée par celle du 2 janvier 1907 qui transférait la propriété des édifices non réclamés par des associations cultuelles aux départements, communes, etc..qui devaient y garantir l’exercice du culte précédent.

Juifs et protestants ont joué le jeu de la loi, crée des associations cultuelles, qui sont devenues propriétaires des synagogues, temples, avec les frais qui vont avec.

En refusant la loi de 1905, l’Église catholique a fait une excellente affaire financière, puisqu’elle n’a plus la charge d’entretenir le patrimoine qu’elle utilise et qui a été construit avant 1905.

Souvenir personnel : J’avais une fois évoqué avec un “vicaire épiscopal au temporel” la situation d’une basilique construite avant 1905 et qui coûtait cher au diocèse. Je la croyais construite avant 1905 et donc propriété publique. Il me répondit : “C’est vrai, mais le curé de l’époque a tout fait pour qu’elle ne tombe pas en des “mains impies” et il a réussi . Quel con !!”.

Pour sortir de cette situation et pour permettre à l’Église catholique de gérer son patrimoine construit ou acquis après 1905, de payer ses curés sans avoir à recourir à des artifices juridiques, un accord a été trouvé en 1924 entre la France et le Vatican. L’Église catholique acceptait le principe des “associations cultuelles”, qui ne seraient pas communales, mais diocésaines, et dont les statuts seraient tels que le fonctionnement serait totalement verrouillé par l’êvèque.

Question scolaire : il ne faut pas oublier que l’Église catholique s’est d’abord battue pour le monopole de l’enseignement, ou à défaut, pour l’enseignement obligatoire de la religion catholique dans l’école publique. L’école laïque est voulue au départ par Jules Ferry comme une école “libre” de toute influence religieuse (laïcité des murs - pas de crucifix, laïcité des enseignants - pas de personnel religieux, laïcité des programmes - pas de catéchisme). Elle n’a pas cherché à combattre les religions, puisque qu’une journée en mileu de semaine est libre, pour un éventuel enseignement religieux hors l’école, et que Jules Ferry recommande à ses instituteurs de ne rien dire en classe qui puisse choquer les sentiments religieux et moraux des parents.

L’enseignement laïque étant devenu une réalité incontournable, l’Église catholique s’est ensuite battue pour faire subventionner son système scolaire par l’État. La légitimité de ce financement est un vrai débat. Pourquoi parler de faire “un pas vers les religions” ?

La Troisième République avait interdit les congrégations (comme les rois de France avaient interdit les Jésuites !!) le plus souvent pour des raisons politiques. Elles ont été à nouveau autorisées par le gouvernement de Vichy.

Ce n’est qu’en 2002 qu’elle a accepté le principe d’un dialogue institutionnel régulier avec l’Eglise catholique.

Précision : il s’agit d’une initiative du gouvernement Jospin.

http://www.france-vatican.org/societe.php

 L’Ambassade est au cœur des relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège, personne morale de droit public international. L’Etat de la Cité du Vatican n’existe, depuis les accords du Latran (1929), que pour garantir l’indépendance du Siège apostolique dans l’ordre international. Le Pape en est le souverain en même temps qu’il est l’évêque du diocèse de Rome et, à ce titre, à la tête du collège épiscopal. Il en tire l’autorité qu’il exerce sur toutes les Eglises particulières et s’intéresse aux relations de chacune avec leur Etat de résidence.

Dès lors, le Saint-Siège entretient également des relations directes avec l’Eglise catholique française. Celle ci s’exprime par l’intermédiaire de sa Conférence épiscopale (http://www.cef.fr), qui est en rapport régulier avec les pouvoirs publics français. Depuis 2002, un “dialogue institutionnel” permet une rencontre, au moins une fois par an, des responsables de l’Eglise catholique avec le Premier Ministre à l’Hôtel Matignon. Outre les relations diplomatiques, l’Ambassade de France près le Saint-Siège contribue au bon déroulement de ces rencontres et de ces échanges.

Il n’y a rien de choquant à ce que le gouvernement et les responsables de l’Église catholique en France se rencontrent régulièrement, ni de rien révolutionnaire à cela. Tant que ces rencontres se limitent aux questions cultuelles ou organisationnelles communes.

Cette rencontre, par exemple, est normale : (21 décembre 2005)

Lors de la réunion, les points suivants ont notamment été abordés :

 Le projet de modification du régime juridique de l’utilisation des édifices du culte à des fins culturelles, dans le respect des droits respectifs du desservant et de la collectivité publique propriétaire, qui interviendra, d’ici avril 2006, dans le cadre de l’ordonnance instituant un code des propriétés publiques ;

 L’amélioration des conditions dans lesquelles les agréments sont délivrés par l’administration de la jeunesse et des sports à des associations confessionnelles organisatrices d’activités éducatives ou de loisir ;

 La prochaine publication, à la Documentation française, des accords passés entre la France et le Saint-Siège en 1923-1924 pour l’application de la législation française sur les cultes.

Mais il faut éviter tout dérapage vers une cogestion des questions éthiques. 

Qu’il me soit également permis de rappeler les critiques virulentes dont j’ai été l’objet au moment de la création du Conseil français du culte musulman.

Y compris celles de son “ami” Lustiger :

« Le gouvernement fait de l’islam une religion d’Etat »

Article paru dans l’édition (du Monde) du 15.04.03 :

Les efforts actuels du gouvernement pour organiser le culte musulman vont-ils dans la bonne direction ?

Je ne sais pas, l’avenir le dira. Je constate que cette politique est tout à fait semblable à celle de Napoléon au moment où il a mis au pas le catholicisme, le protestantisme, le judaïsme.

L’islam est mis au pas ?

Le gouvernement en fait une religion d’Etat.

En contradiction avec la loi de 1905 ?

Non, mais ça peut l’être.

N’approuvez-vous pas la volonté du gouvernement de soustraire les musulmans de France à l’influence de puissances étrangères ?

Je le comprends parfaitement et c’est un but politique tout à fait légitime. Simplement, je fais observer qu’il y a des ambiguïtés possibles.

C’est-à-dire ?

Poser la question de l’immigration maghrébine en la réduisant à celle de l’islam n’est pas exact. D’abord, parce que 10 % seulement des musulmans sont pratiquants. Ensuite, parce que cela laisse entier le problème de l’identité arabe dans l’identité française. Le vrai problème est celui de l’apport culturel, disons arabo-maghrébin d’origine islamique, de cette immigration dans la culture française, au même titre que la culture bretonne, basque ou alsacienne. Il ne faut pas les obliger à aller dans les mosquées pour être identifiés.

Lustiger n’a pas complétement tort dans sa critique. Autant je pense qu’il est normal que la République (ou les administrations) règlent avec les représentants des cultes les questions communes, autant il n’est pas normal de donner une rôle politique aux représentants des religions en tant que tel.

La création d’une instance musulmane (initiée par les ministres précédents) était souhaitable afin que les pouvoirs publics aient des interlocuteurs fiables et représentatifs pour les affaires cultuelles (viande halal et abattage des animaux, aumôneries, cimetières, lieux de cultes et desservants), c’est-à-dire la “zone de contact” entre la pratique d’un culte et la vie de l’ensemble de la société.

Mais le CFCM n’avait pas être le représentant des musulmans français, dont les préoccupations , spécifiques ou non, ne se limitent pas à l’exercice du culte.

Quant à la désignation du président du CFCM par le ministre de l’intérieur, il y a beaucoup à dire.

Aujourd’hui encore, la République maintient les congrégations sous une forme de tutelle,

Ce n’est pas ce que dit le Conseil d’État :

http://www.conseil-etat.fr/ce/rappor/index_ra_li0402.shtml

Simple rappel : le statut de “congrégation”, comme celui d’”association reconnue d’utilité publique” donne droit à des avantages, notamment fiscaux, supérieurs à ceux des associations ordinaires.

C’est donc tout à fait logique que le statut “ordinaire” soit accordé sur simple déclaration, et qu’il y ait un contrôle plus sérieux et a priori pour ceux qui en demandent plus.

Les congrégations peuvent recevoir des legs, et cela a souvent posé des problèmes avec les héritiers désavantagés, avec parfois des accusations de “manipulation mentale”. Il n’est pas mauvais qu’il y ait un contrôle administratif pour éviter que le statut de congrégation soit utilisé par des organismes peu recommandables.

Et d’ailleurs, les congrégations classiques et “installées” ne se plaignent pas du contrôle administratif.

refuse de reconnaître un caractère cultuel à l’action caritative ou aux moyens de communication des Églises,

Je cite le Conseil d’État :

Le statut des associations cultuelles, dont l’objet est certes limité - l’exercice du culte - présente des avantages non négligeables : capacité de recevoir des libéralités et exonération des droits de mutation à titre gratuit pour les dons et legs qui leur sont consentis ; exonération de la taxe foncière pour les propriétés où sont édifiées des constructions affectées à l’exercice du culte ; possibilité pour les collectivités publiques de participer à la réparation des édifices cultuels appartenant à des associations ; bénéfice des déductions fiscales instituées par la loi du 23 juillet 1987 relative au mécénat et récemment majorées.

Des réticences demeurent, certes, du côté de certaines confessions pour constituer des associations cultuelles. Elles peuvent s’expliquer par les obligations de transparence et de contrôle imposées par l’Etat et par la condition d’objet exclusif d’exercice du culte. Souvent, cependant, les ressortissants de ces confessions ont eu le sentiment de ne pas être encouragés dans cette voie.

Contrepartie notamment des avantages accordés aux associations cultuelles, la règle selon laquelle les fonds versés à une association cultuelle ne peuvent être reversés par celle-ci à une autre association ayant d’autres activités, caritatives ou d’édition par exemple, fait l’objet de critiques. Cette difficulté n’est cependant pas insurmontable dès lors qu’une communauté peut créer deux associations distinctes, l’une régie par la loi de 1905, la seconde par la loi de 1901 pour les autres activités que l’exercice des cultes et pour lesquelles des subventions publiques sont au demeurant possibles.

Elémentaire, mon cher Watson, une association cultuelle est une association qui s’occupe de culte, comme une association sportive s’occupe de sport et pas de littérature.

L’Armée du Salut a séparé ses activités cultuelles et de bienfaisance (la Fondation Armée du Salut), l’Église catholique utilise une multitude d’associations, cultuelles (les diocésaines, d’enseignement (les OGEC), de bienfaisance (Secours Catholique, etc..) et chacune à son régime propre, sans mélange des genres. Les Témoins de Jéhovah ont fait de même.

Comme le statut de cultuelle est dérogatoire du droit commun, il est logique qu’il soit réservé aux associations qui s’occupent de culte.

répugne à reconnaître la valeur des diplômes délivrés dans les établissements d’enseignement supérieur catholique alors que la Convention de Bologne le prévoit, n’accorde aucune valeur aux diplômes de théologie.

Il est normal que la République (ministère chargé de l’enseignement supérieur) ne reconnaisse pas a priori la valeur de diplômes qu’il ne donne pas lui-même. Mais il y a des accords, pour la reconnaissance et la validation des diplômes “profanes”, qui fonctionnent à la satisfaction générale, ou du moins de l’Église catholique :

http://www.cef.fr/catho/actus/archives/2001/20010328institutscatho.php

Un diplôme de théologie constate des connaissances en théologie (juive, musulmane, chrétienne, etc.. ) avec des particularités pour chaque obédience. Il ne permet pas de trouver du pétrole, soigner des maladies, défendre un accusé lors d’un procès.

La convention de Bologne prévoit de créer espace européen de l’enseignement supérieur d’ici à 2010. L’objectif est que par exemple le diplôme d’ingénieur corresponde à un niveau de qualification comparable au Portugal comme en France ou en Suisse.

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