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Le blog du vieux singe

Les « Blancs », le racisme « anti-blanc », les « Indigènes de la République » .. et le MRAP..

Table des matières

Préambule

Brève histoire de la notion de race.

Les « blancs de blancs »

Faits et/ou idéologies racistes

Les faits

Les idéologies

Racismes réels ou racismes imaginaires. Quelques débats

Le « racisme anti-blanc », réalité ou argument de propagande de l'extrême-droite ?

Racisme anti-chrétien : bien définir la chose.

Le racisme anti-français existe-t-il ?

Faut-il débattre avec « Les Indigènes », et comment ?

Trois textes pour comprendre et débattre :

Peut-on « mettre dans le même sac » l'AGRIF et le PIR ?

Préambule

Ce texte est une introduction au débat, sur un sujet éminemment sensible et miné. Dans son projet d'orientation1, la nouvelle direction du MRAP, élue au congrès de 2012, aborde la question en ces termes :

« Promouvoir des identités artificielles et « uniques », qu'elles soient nationales, religieuses, ethniques ou raciales, conduit inéluctablement au racisme. Ces enfermements identitaires émanent des groupes dominants, mais se reproduisent dans les groupes dominés : le racisme anti-blanc2 en représente un avatar. Le MRAP le condamne à ce titre d’autant plus qu’il apporte une inacceptable et dangereuse non-réponse aux méfaits et aux séquelles de la colonisation. »

A chaque fois que l'on importe dans son référentiel de valeurs un concept venu d'ailleurs, il est indispensable de procéder à des clarifications. A défaut, on prend beaucoup trop de risques. Et même quelque fois celui du ridicule, en confondant injure raciste et jugement esthétique : qualifier Caroline Fourest de "Jeanne d'Arc au teint de porcelaine" n'est pas une injure raciste.3.

Brève histoire de la notion de race.

Ne soyons pas angéliqutributaires ethiopienses : il est probable que les premières sociétés organisées se soient créées en définissant d'abord qui en faisait partie et qui en était exclu. Les Grecs qualifiaient de « barbares » les non-grecs, littéralement ceux qui bégayaie nt le grec. Très vite, les gens des pays voisins sont caractérisés par leur apparence physique ou leur façon de se  vêtir, dès lors qu'elle est différente de celle des autochtones. 

Les tributaires éthiopiens, représentés sur la frise de l'Apadama à Persépolis apportant un okapi comme tribut au roi des rois, sont reconnaissables à leur chevelure

Ramsès II fait représenter sur le temple d'Abou Simbel les peuples vaincus : on reconnaît très facilement les Africains (noirs) et les habitants du Proche-Orient.

Et personne ne nie que l'apparence physique « standard » des paysans de la vallée du Yang-tsé-Kiang ait été différente de celle de leurs homologues de la vallée du Nil, et qu'elle l'est encore.

captifs asiatiques  captifs africains
  Captifs asiatiques
  Captifs africains


Mais le passage à la notion soi-disant scientifique de race, au sens biologique du terme, ne s'est fait que bien plus tard.

Les premières lois racistes européennes furent les lois espagnoles de « pureté du sang ». Promulguées à la fin du XVème siècle, discriminant non pas sur la base de l'apparence physique, de la couleur de la peau, etc.. mais sur la base de la religion, elles visent les juifs et les musulmans, et leurs descendants, même convertis au catholicisme. Ils sont donc persécutés, interdits d'exercer des responsabilités, ils le sont non pas parce qu'ils ont telle couleur de peau, etc.. mais parce qu'ils sont accusés de pratiquer la mauvaise religion ou d'être tentés d'y retourner.

Si on fait une recherche sur le mot « race » dans les anciens dictionnaires français, depuis celui de Jean Nicot (1606), on constate qu'au début, le mot « race » a trois significations :

  • la famille, le lignage, on parle de race des Bourbons, etc.

  • personnes ayant la même caractéristique « la race des usuriers »

  • les races animales.

On ne parle pas de races humaines.

Le terme n’apparaît que dans l'édition de 1835 du dictionnaire de l'Académie :

RACE se dit, par extension, d'une multitude d'hommes qui sont originaires du même pays, et se ressemblent par les traits du visage, par la conformation extérieure. La race caucasienne. La race mongole. La race malaise. Les habitants de ce royaume, de cette province sont une belle race d'hommes.

Le « par extension » est à noter.

Bien que tardif, ce sens connut rapidement un très grand succès. Le biologiste suédois Linné avait effectué un travail remarquable de classement des êtres vivants. Non content de définir des règles encore actuelles pour les espèces animales, il a tenté de subdiviser l'espèce humaine en « races » : blanche, noire, jaune, rouge, avec à chacune son continent et son caractère.

Cette classification eut un succès fantastique, et certains ne tardèrent pas à établir une hiérarchie entre les races humaines ainsi définies.

races humainesA titre d'exemple, cette image est extraite du « Tour de France par deux enfants », écrit par « G. Bruno ». L'édition ici reproduite (1893) est la 229ème ! Plusieurs millions d'écoliers français ont lu ce livre, de lecture, de morale, de sciences, d'histoire, de géographie.

Il faut noter que l'auteure, Augustine Fouillée, qui remaniera elle-même le livre dans un sens de moins en moins religieux, a choisi le pseudonyme de G. Bruno en hommage à Giordano Bruno, victime de l'Inquisition notamment à cause de ses théories rationalistes. Preuve que l'on pouvait à la fois se croire sincèrement progressiste, ennemie de l'obscurantisme et exposer très naturellement des théories racistes.

D'autres prirent le relais, expliquèrent que les « blancs » comprenaient plusieurs catégories, elles-mêmes hiérarchisées, confondues avec les groupes de locuteurs d'une même famille de langues. La suite est malheureusement connue : le nazisme. Les Européens se firent entre eux, de façon systématique et industrielle, ce qu'ils avaient fait aux Amérindiens, aux Africains.

Aujourd'hui, la plupart des scientifiques s'accordent pour dire que :

  • l'espèce humaine (homo sapiens sapiens) est relativement récente par rapport à d'autres

  • sa diversité génétique est moindre que celle d'espèces animales proches

  • mais elle va très au-delà des simples différences d'apparence physique : la répartition des groupes sanguins et tissulaires n' a pas grand chose à voir avec celle des « races », et sa connaissance est vitale en cas de greffe ou de transfusion.

Les essais de classification des êtres humains en fonction de l'apparence physique extérieure aboutissent très rapidement à des impasses, surtout si on essaie de les corréler avec d'autres critères ou ce qu'on sait de l'histoire du peuplement de la Terre.

Par exemple, on trouve des gens très foncés (des « noirs »), en Afrique subsaharienne, en Inde du Sud et en Océanie. Ils sont très différents les uns des autres, et personne ne croit sérieusement à une souche commune et distincte de celle des gens plus clairs. Il y aurait donc trois « races noires » ! Et c'est ainsi que certains biologistes en sont arrivés à distinguer plusieurs dizaines, voire centaines de races humaines4.

Le voyageur qui remontait la vallée du Nil ou suivait la route de la soie passait insensiblement de l'Européen au teint clair à l'Africain très foncé ou au Chinois lui aussi très différent. Il n'avait pas l’impression de groupes humains distincts. L'impression était celle du changement progressif. Tout autre était l'impression du navigateur, qui débarquait après plusieurs semaines de voyage sur un rivage peuplé de gens très différents de ceux qu'il avait quittés. Il y a peut-être là un début d'explication au développement des théories de classification de l’humanité en grands groupes raciaux ;

Bref, pour un biologiste, un généticien, les races humaines n'existent pas, et si certains admettent l'existence de facteurs génétiques propres à certains groupes humains, les groupes ainsi définis n'ont pas grand chose à voir avec les « races » habituellement admises.

Quant aux races animales, on oublie trop facilement que ce sont des créations humaines, d'abord empiriques, puis plus scientifiques, en fonction des besoins des éleveurs. Et certaines sont très récentes. Les races bovines normande et charolaise, par exemple, ont été créées au XIXème siècle par croisement entre des races locales et des taureaux anglais Durham.

Les « blancs de blancs »

Il est donc vite apparu que la notion de « races humaines » ne correspondait donc à aucune réalité biologique. Pire encore pour les apôtres de la suprématie blanche : alors que l'on peut admettre à première vue (européo-centrée) que les populations (au sens génétique du terme5 ) africaines sub-sahariennes ou est-asiatiques présentent des traits physiques communs, c'était beaucoup moins net pour les « blancs ». Je ne sais pas si, vus de Pékin ou Tombouctou, tous les « blancs » se ressemblent, mais vu de Paris ou de Berlin, il devenait de plus en plus difficile de mettre dans le même groupe Islandais et Pendjabis.

Progressivement, la notion de « blancs » se restreignit donc à un groupe plus restreint que celui de la classification d'Augustine Fouillée, classification que l'on retrouve peu ou prou dans tous les manuels scolaires du début du XXème siècle. Sont donc « déblanchis » les Arabes et autres habitants du Sud de la Méditerranée, et tous ceux qui habitent de Beyrouth à l'Himalaya. Le terme « blanc » désigne alors les Européens et Nord-américains6. Ce sont donc les habitants des pays qui sont à l'origine du capitalisme industriel, de l'expansion coloniale, Russes y compris. Pour les hispano-américains, faut pas rêver7 !! Pour les Juifs, c'est selon les auteurs et les époques. Gilles-William Goldnadel évoque d'ailleurs cette question dans l'entretien cité ci-dessous.

Qu'importe si Polonais et Bulgares étaient trop occupés à se libérer de leurs oppresseurs respectifs pour participer à cette expansion, l'essentiel est substituer à des concepts économiques (le capitalisme, la société industrielle), politiques (l'impérialisme, le colonialisme) un concept « les Blancs » qui ne correspond ni à une réalité biologique, ni à une réalité socio-politique.

 

Je retiendrai trois titres et deux époques pour illustrer cette conception :

 

En 1899, Rudyard Kipling publie son poème : « Le fardeau de l'homme blanc ». C'est au colonisateur (anglo-saxon) de faire progresser l'humanité.

"O Blanc, reprends ton lourd fardeau :

Envoie au loin ta plus forte race,

Jette tes fils dans l'exil

Pour servir les besoins de tes captifs;

Pour - lourdement équipé – veiller

Sur les races sauvages et agitées,

Sur vos peuples récemment conquis,

Mi-diables, mi-enfants.

O Blanc, reprends ton lourd fardeau

Non pas quelque œuvre royale,

Mais un travail de serf, de tâcheron,

Un labeur commun et banal.

Les ports où nul ne t'invite,

La route où nul ne t'assiste,

Va, construis-les avec ta vie,

Marque-les de tes morts !

O Blanc, reprends ton lourd fardeau;

Tes récompenses sont dérisoires :

Le blâme de celui qui veut ton cadeau,

La haine de ceux-là que tu surveilles.

La foule des grondements funèbres

Que tu guides vers la lumière :

"Pourquoi dissiper nos ténèbres,

Nous offrir la liberté ?"."

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f2/The_white_mans_burden.gif

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f2/The_white_mans_burden.gif

 

Tout y est, mais déjà à cette époque, tous n'étaient pas dupes :

 

Caricature parue dans Life la même année (source wikipedia)

 

Après la bonne conscience coloniale, vint le temps de la décolonisation et de la prise de conscience (pas par tout le monde) de ce que fut la colonisation8.

Puis vint le retour du balancier :

En 1983, l'essayiste français Pascal Bruckner publie « Le sanglot de l'homme blanc » où il dénonce « une tendance à la contrition de l'intellectuel européen qui, accablé par des fautes qu'il n'avait pas commises, l'esclavage ou les violences du colonialisme, portait sur ses frêles épaules le faix de la honte de soi9. »

goldnadel.jpgEn 2011, l'essayiste et avocat Gilles-William Goldnadel publie «Réflexions sur la question blanche.  Du racisme blanc au racisme anti-blanc». Pour connaître les thèses développées, on peut lire cet entretien accordé à un journaliste du Figaro le 21 février 201110.

 

Il s'agit pour eux de mettre fin aux « repentances » et autres manifestations de masochisme occidental, de haine de soi, au « tiers-mondisme bêlant », etc..

Certes, il y eut des gens pour prendre chaque leader anti-impérialiste pour un nouveau Messie, mais les « nouveaux philosophes », passés de la maolatrie au néo-conservatisme, sont-ils les plus qualifiés pour le dénoncer ? Certes, Samory Touré et Chaka Zoulou étaient des tyrans, certes, il y eut à côté de la traite atlantique une traite arabe, et les souverains africains approvisionnaient les deux, mais cela permet-il de nier les crimes de la colonisation ?

 

Et pourquoi associer à chaque fois la notion de « blanc » à ces faits historiques, alors qu'Arabes (qu'ils soient esclavagistes ou colonisés) et habitants du nord de l'Inde (des « Aryens ») sont aussi des « blancs » et que beaucoup de « blancs » n'ont pas participé à l'expansion coloniale, même du simple point de vue économique.

 

Mais tout cela n'empêche pas Gilles-William Goldnadel, comme d'autres, de défendre la notion de « Blanc culturel », sans toutefois nier celle de « Blanc génétique» :

« Or en France, avec notre habituelle schizophrénie, on nous explique qu'il existerait une sorte de racisme sans races. La science laisse à penser que, si le concept a perdu une grande partie de sa validité sur les plans biologique ou anthropométrique, il n'en est pas de même sur le plan génétique11. »

C'est là le nœud de la question : les racialistes sont persuadés qu'il existe des races, qu'elles soient définies selon des critères biologiques ou culturels, pertinents ou non. De là découlent des logiques de séparation (la phobie du métissage par exemple), d'exclusion, voire même d'extermination. Dénoncer le racisme n'est pas reconnaître la justesse de ces présupposés idéologiques, au contraire. Sans aller jusqu'à prétendre comme le fit Jean-Paul Sartre, que « c'est l'antisémitisme qui fait le juif, » il faut reconnaître qu'il n'y a pas de « race juive », mais que l'antisémitisme existe bel et bien.

 

La vision du monde défendue par les partisans de la « blanchitude » est finalement très binaire :

Bons/méchants

« Blancs de blanc » / plus ou moins foncés

Judéo-christiano-laïques / musulmans soupçonnés d'être des islamistes déguisés ou non

Occident (Israël inclus) / axe du mal (Hamas, Hezbollah, Iran, etc12..)

Capitalisme libéral et libérateur / écolo-gauchos-fonctionnaires protégés-rétrogrades.

Colonisateurs et héritiers / colonisés de l'extérieur et de l'intérieur, aigris et ingrats.

 

Très binaire et fausse : il existe des individus, des groupes, des États, qui se trouvent à une ligne dans la colonne de gauche et à la suivante dans la colonne de droite.

 

Le fait nouveau, c'est que la contestation de cette dualité, jusqu'ici développée au nom de théories universalistes, se ferait aussi maintenant par inversion simple des perspectives, mais qui restent tout aussi binaires. Au racisme « blanc » s'opposerait un « racisme anti-blanc ».

Mais avant d'aller plus loin dans l'analyse, il faut distinguer entre pratiques racistes et théorisations racistes.

Il faut toutefois tenir compte d'un fait sociologique : l'existence de visions d'un monde partagé entre « Blancs » et « non-blancs ». On peut penser que ces deux catégories ne correspondent à aucune réalité, que les vrais clivages sont ailleurs, il n'en demeure pas moins que suffisamment de gens y croient pour que ces idéologies deviennent un fait social en tant que tel, structurant des comportements politiques.

On peut faire un parallèle avec la théorie marxiste des classes sociales. On y distingue la classe « en soi » (les personnes qui occupent la même place dans l'appareil de production : les ouvriers, les paysans, les patrons, etc13..) et la classe « pour soi » (un groupe précédent ayant conscience de sa situation commune et de son destin commun : la conscience de classe). De la même manière qu'il peut y avoir « conscience de classe » entre des gens ayant des situations économiques différentes (la FNSEA affirme représenter aussi bien le capitaliste agro-industriel du Bassin Parisien et l'éleveur misérable de montagne, et ça marche, il peut y avoir conscience « d'appartenance raciale » chez des gens qui n'ont en commun que la peur et la haine des autres.

Faits et/ou idéologies racistes.

Dans la mesure du possible dans la suite de l'article, les termes « blancs » et « noirs », sans majuscule, seront employés pour définir des gens ayant une couleur de peau (les Arabes sont blancs, les Tamouls sont noirs), et ceux de « Blancs » et « Noirs », avec majuscule, pour désigner des groupes sociaux considérés comme homogènes dans le regard des autres.

Les faits.

Les faits sont de deux natures :

 

-les injures et violences, qui peuvent être le fait de toutes personnes, y compris de celles qui sont elles-mêmes victimes par ailleurs de ces injures et violences, contre toutes personnes qu'elles jugent extérieures au groupe. Un mouvement anti-raciste se doit de lutter contre ces injures et violences, en agissant de la même manière, notamment en matière de charge de la preuve, quels que soient les auteurs et les victimes. Sans oublier que les injures ne doivent pas être traitées de la même manière selon qu'elles sont le fait d'adultes responsables ou de mineurs.

 

- les discriminations, qui ne peuvent être le fait que de personnes qui possèdent un pouvoir ou d'institutions. Discriminer, c'est refuser un droit à des personnes en fonction de critères qui n'ont rien à voir avec les conditions d'obtention de droit. Refuser un bail à un locataire n'ayant pas d'emploi stable peut être moralement choquant, mais ce n'est pas une discrimination condamnable. Pour discriminer, il faut avoir un pouvoir et l'exercer : employeur, propriétaire, pouvoirs publics, etc..

 

Il peut donc y avoir en France des injures et violences racistes contre des « blancs » de la part de « non-blancs », mais les discriminations dans le même sens sont rarissimes, car propriétaires, employeurs, etc. sont très rarement des « non-blancs ». La situation serait évidemment différente dans une société dominée par des « non-blancs » et où sévirait le racisme14.

Les idéologies15

Ces faits sont le plus souvent justifiés par des préjugés, plus ou moins anciens, plus ou moins tenaces, parfois par la reproduction de conduites anciennes.

« Les XXX sont, au choix ou tout cela à la fois, paresseux, menteurs, voleurs, violeurs, tueurs, sournois, etc.. ».

Certaines formes de racisme sont en plus structurées sur des fondements idéologiques. On ne se contente pas de dire que les XXX ont tel défaut, mais on explique comment et pourquoi ils ont tel défaut : parce qu'ils sont XXX. Parfois, on leur dénie toute humanité, ou on la réduit à une humanité de seconde zone : « Untermenschen » dans les théories nazies.

L'antisémitisme moderne, qui succède au XIXème siècle à l'antijudaïsme chrétien, est un bon exemple de ce qu'est une idéologie raciste structurée, à coups de documents fabriqués16, de faits falsifiés, de contresens divers.

On ne se contente plus de reprocher aux juifs de ne pas reconnaître le Christ comme le Messie d'Israël17, ils sont accusés de vouloir dominer le monde, comme capitalistes ou comme révolutionnaires, etc..

De la même manière, l'islamophobie moderne n'a pas grand chose à voir avec le racisme anti-arabe. Pour au moins deux raisons :

batyeor.gif- la « cible » est beaucoup plus large, puisque seuls 15 % des musulmans peuvent être rattachés à des degrés divers au monde arabe. Les théoriciens islamophobes le sont en connaissance de cause et ne confondent pas arabes et musulmans. Turcs, Iraniens, etc.. sont aussi leurs cibles, sans oublier les Européens convertis.

- les motifs du racisme ne sont plus les mêmes : le racisme anti-arabe leur imputait différents défauts se rapportant à des délits de droit commun, l'islamophobie leur reproche d'être porteurs d'un projet de domination mondiale, que l'on peut résumer par : « imposer la charia ». C'est une des nombreuses ressemblances entre l'antisémitisme et l'islamophobie.

Les idéologies du « péril jaune », notamment reprises dans certaines bandes dessinées, appuyées sur une théorisation du militarisme du Japon impérial, appartiennent à la même catégorie.

S'il est évident qu'il existe des comportements racistes contre les « Blancs », les chrétiens, les Français, existe-t-il des racismes structurés et théorisés contre ces catégories ?

Racismes réels ou racismes imaginaires. Quelques débats.

Ces racismes sont mis en avant par l'extrême-droite, pour stigmatiser ceux qui en seraient les auteurs. Dès lors, elle ne ferait qu'avoir une attitude défensive contre des menaces extérieures à la société « blanche, française et chrétienne. » Cette dénonciation d'un « racisme à l'envers » lui permet :

- soit d'expliquer que le racisme est la chose du monde la mieux partagée,

- soit même de se poser en victime.

Le « racisme anti-blanc », réalité ou argument de propagande de l'extrême-droite ?

Les comportements racistes contre des « blancs » sont une triste réalité, mais existe-t-il un « racisme anti-blanc » structuré en idéologie ? Existe-t-il des ouvrages, des sites Web, des théoriciens ? Aux États-Unis d'Amérique, des théoriciens du « Black Power » ont effectivement défendus des positions racialistes (séparation, y compris géographique, des races, refus des mariages avec des « blancs », etc..), voire même racistes ou suprémacistes. Il y eut même des convergences18 avec certains mouvements et des racialistes « blancs »19.

Ces théories ne doivent pas être confondues avec celles du « Black is beautiful », telles qu'analysées par Richard Y. Bourhis et Jacques-Philippe Leyens20 :

afro_couple_flag_black_is_beautiful1.gif« Les stratégies collectives sont adoptées dans les situations où la structure de la relation intergroupe est perçue comme étant plus ou moins illégitime et instable (Turner & Brown, 1978). Parmi ces stratégies, la créativité sociale permet aux membres d'un groupe de réinterpréter positivement les caractéristiques de l'endogroupe ou de créer de nouvelles dimensions de comparaison qui pourront les avantager lors de comparaisons sociales avec les membres de l'exogroupe (Lemainc. 1974; Tajfel, 1978). Par exemple, les Noirs américains des années 1970 ont redéfini d'une façon positive les caractéristiques de leur endogroupe qui avaient longtemps été dénigrées par la majorité blanche anglo-américaine. Le mouvement «Black is Beautiful» a aussi revalorisé les caractéristiques physiques et culturelles des «Afro-Américains» sur des dimensions de comparaisons autres que celles imposées par la majorité blanche (Brown. 1986). Celle différenciation positive sur de nouvelles dimensions de Comparaison a contribué à une valorisation de l'identité sociale des Noirs américains et a encouragé la lutte pour l'émancipation de cette minorité visible d'environ 30 millions de personnes aux États-Unis (12% de la population des USA, Pinkney, 1987). On a assisté au même phénomène. au Québec, au cours de la «Révolution tranquille», alors que la langue et la culture québécoises sont devenues des dimensions de comparaison valorisantes pour les Francophones dans le contexte anglo-canadien (Bourhis &. Lepicq, 1993). Un phénomène semblable de revalorisation de l'identité sociale se poursuit non seulement parmi les nations autochtones du Canada, des États-Unis et de l'Amérique latine... »

mdi2008.jpgEt en France ? Il y eut une tentative (de racialisme et/ou de suprémacisme Noir) dans ce sens, celle de Kemi Seba, Stellio Capochichi pour l'état-civil.

Il fut successivement suprémaciste Noir (les Noirs, qu'il appelle les Kémites, sont supérieurs aux Blancs), puis racialiste (les races ne doivent pas se mélanger), prônant l'alliance des peuples contre « l'impérialisme »21, puis partisan du retour des Noirs en Afrique. Durant ces deuxième phase, il multiplia les alliances et déclarations antisémites, ce qui lui valut plusieurs condamnations, notamment à l'initiative du MRAP.

Actuellement, le site http://www.africamaat.com/ défend des théories ethnologiques et historiques, inspirées de Chekh Anta Diop, qui peuvent être contestées. Vouloir faire connaître et valoriser les apports négro-africains à l'histoire de l'humanité n'est pas du suprémacisme noir et n'est pas en soi condamnable. Par contre la promotion des théories de Dieudonné M'Bala M'Bala, l'est, comme la présentation tendancieuse du rôle qu'auraient joué des commerçants juifs dans la traite négrière. Il serait plus facile de déceler des contenus antisémites dans certains articles de ce site que des contenus « racistes anti-blancs ».

RacismeAntiBlanc.jpgEn tant qu'idéologie, le « racisme anti-blanc » correspond donc plus à un fantasme22 qu'une réalité. Par contre, sa dénonciation est devenue un des principaux arguments de tous les défenseurs d'une « identité blanche » aux contours multiples, par exemple :

- l'AGRIF qui se proclame la seule véritable association antiraciste française23 lutte pour le « respect de l’identité française et chrétienne ».Qui parle de communautarisme ?

- Hervé Lallin, dit Ryssen, condamné pour racisme24, auteur de nombreux ouvrages dénonçant un soi-disant « complot juif », se consacre maintenant à la dénonciation du « racisme anti-blanc25 ».

Il faut donc être extrêmement prudent en manipulant ce concept.

Racisme anti-chrétien : bien définir la chose.

Les chrétiens peuvent être victimes d'actes racistes, en France et dans le monde. C'est évident. Mais là aussi, la dénonciation d'un racisme anti-chrétien est devenu un des éléments du fonds de commerce de l'extrême-droite.

Dans différents pays, la situation est complexifiée par des interférences avec :

- une intolérance religieuse générale : les extrémistes hindouistes du BJP s'attaquent aux musulmans, aux chrétiens, aux bouddhistes. L’Irak connaît actuellement de nombreuses violences contre les chrétiens, mais aussi contre les chiites, et les auteurs sont vraisemblablement les mêmes.

- les affrontements sur des bases religieuses, chacun des deux camps ayant recours à la violence. Le quotidien catholique français La Croix mentionne ce fait le 11 janvier 201226. Une légitime dénonciation des exactions du groupe islamiste Boko Haram ne peut faire l'impasse sur les violences imputables aux chrétiens.

- l'existence d'une politique officielle d'éradication de « l'opium du peuple » de la part de régimes qui prônent un athéisme d'État. Les autres confessions religieuses sont elles aussi visées.

En France, les actes imputés à un racisme anti-chrétien sont de plusieurs ordres :

- des saccages de lieux de culte, sans qu'on sache très bien ce qui ressort du cambriolage, du vandalisme gratuit, de provocations « satanistes ». Le plus souvent, cambrioleurs (et leurs clients) et vandales sont eux-mêmes issus de milieux chrétiens.

- des ouvrages, pièces de théâtre, etc qui critiquent le christianisme ou sont dénoncées comme telles, le plus souvent par des personnes qui ne les ont ni lus, ni vues27.

Le racisme anti-français existe-t-il ?

Bien sûr, des personnes identifiées comme « Françaises » peuvent être victimes en France d'actes racistes, y compris de la part de personnes ayant la même nationalité.

Des Français ont aussi été victimes d'actes racistes et xénophobes lors de la guerre civile en Côte-d'Ivoire.

Dans les deux cas, ces actes racistes se confondent souvent avec du racisme « anti-Blancs ».

Passons aux théorisations idéologiques, ne serait que pour signaler cette curiosité sur la toile : le site anti-français d'un militant breton, Jean-Pierre Le Mat : http://contreculture.org/ « Enquêtes bretonnes sur les mythes français ». Tout le monde y est dénoncé : de Aragon à Zola, en passant par Jeanne d'Arc, Guy Môquet et le marquis de Sade !! Leur seul point commun est d'être français.

Faut-il débattre avec « Les Indigènes », et comment ?

indigenes.jpgLe mouvement des « Indigènes de la République » est né le 16 janvier 2005, en lançant un appel, signé par de nombreuses personnalités28, et aussi par des gens moins connus.

 

« Nous, descendants d’esclaves et de déportés africains, filles et fils de colonisés et d’immigrés, nous, Français et non-Français vivants en France, militantes et militants engagé-es dans les luttes contre l’oppression et les discriminations produites par la République post-coloniale, lançons un appel à celles et ceux qui sont parties prenantes de ces combats à se réunir en Assises de l’anti-colonialisme en vue de contribuer à l’émergence d’une dynamique autonome qui interpelle le système politique et ses acteurs, et, au-delà, l’ensemble de la société française, dans la perspective d’un combat commun de tous les opprimés et exploités pour une démocratie sociale véritablement égalitaire et universelle. »

 

A la suite de divergences entre les signataires initiaux, seule une partie d'entre eux est aujourd'hui regroupé dans le « Parti des Indigènes de la République29 ».

« L'appel des indigènes » a suscité des débats houleux au sein du MRAP, et les répliques du séisme se font encore sentir30.

 

Il faut signaler la version belge du mouvement, plus orientée sur les débats philosophiques, et sa « profession de foi31 » :

« Nous croyons en la complexité du monde - Nous croyons à la lutte des classes - Nous croyons au caractère construit et multiple des identités - Nous croyons qu’il existe une domination spécifique liée à l’identité qui double la domination de classe, mais ne coincide pas exactement avec elle - Nous croyons en un universalisme concret, en acte, une co-construction en devenir, où s’inscrirait la multiplicité de nos particularismes - Nous refusons de nous laisser piéger par des alternatives infernales - Nous ne croyons ni au fétichisme de l’Etat-nation ni aux bienfaits de la globalisation néo-libérale - Nous nous refusons tant à l’injonction mimétique qu' à l’assignation identitaire - Nous nous refusons tant au chauvinisme qu'à la haine de soi - Nous ne sommes ni un parti, ni une institution syndicale, nous sommes un mouvement social ... »

Trois textes pour comprendre et débattre :

La question blanche (Pierre Tevanian, janvier 200832)

Extraits :

 

« Être blanc ne signifie pas simplement avoir la peau claire, mais plutôt : ne pas être identifié comme un noir, un arabe, un asiatique un turc, un musulman, bref : ne pas être un indigène. Être blanc ne veut rien dire d’autre que : ne pas porter certains stigmates – d’où une seconde réponse :

2. Être blanc, c’est avant tout ne pas subir la discrimination comme les non-blancs la subissent. Ce n’est pas avoir une certaine couleur mais occuper une certaine place – un certain rang social. »

(..)

« J’entends par là que les Blancs sont malades d’une maladie qui s’appelle le racisme et qui les affecte tous33, sur des modes différents, même – j’y reviendrai – lorsqu’ils ne sont pas à proprement parler des racistes, que ce racisme consiste en une oppression systémique aux dépens par exemple des arabes, et que c’est cette oppression raciste qui engendre chez celles et ceux qui la subissent ce fameux mal-être arabe dont parle Dominique Vidal. »

Blanc n’est en effet pas une catégorie raciale, mais une catégorie sociale. La race est, comme la classe et le sexe, une construction sociale, et le racisme, comme la domination économique et l’oppression sexiste, s’incarne dans une souffrance sociale : ne pas trouver d’emploi ou de logement parce qu’on est noir ou arabe, être exclu de l’école parce qu’on porte un voile, etc. La « question raciale » n’est donc pas dans un rapport d’altérité avec la « question sociale » : elle en est une composante.

 

Le « racisme anti-blanc » des Indigènes de la République34 (Houria Bouteldja, le 2 juin 2011).

Extraits :

(..)

« Pour le PIR, la race existe, les races sociales existent. La preuve, c’est qu’elles luttent. En France, les indigènes ont pris l’arme de la race pour combattre une rhétorique redoutable : l’universalisme. Un universalisme blanc qui masque et nie les hiérarchies structurelles qui constituent la république française. C’est pourquoi, nous avons élaboré un certain nombre de concepts politiques pour structurer notre pensée et notre action. Entre autres, les concepts d’ « Indigène », de « Blanc », de « races sociales », de « champ politique blanc » (cf Sadri Khiari, « Pour une politique de la racaille », éditions Textuelle, « La contre-révolution coloniale, de de Gaulle à Sarkozy, éditions La Fabrique) qui n’ont de pertinence que dans la cadre du clivage racial ou postcolonial. »

(..)

« En conclusion, il ne faut pas confondre la forme et le fond. Un Noir ou un Arabe qui dit « sale Blanc » exprime au pire un sentiment d’intolérance ou de haine en réaction aux humiliations qu’il subit, un Blanc qui dit « sale Noir » ou sale Arabe » exprime forcément un sentiment raciste. »

 

Mohammed Merah et moi (Houria Bouteldja, le 6 avril 2012)35

Extrait :

« Aucun Juif ne naît avec le sionisme dans le sang, aucun Blanc ne naît avec le racisme dans le sang, aucun Arabe, aucun musulman, aucun noir ne naît avec la haine et le revanchardisme dans le sang. Et c’est précisément ici que nos routes se séparent. Et c’est précisément à ce carrefour que nous nous affirmons ou pas nègres ou musulmans fondamentaux. Nous ne pouvons pas combattre le racisme et le devenir nous-mêmes ou en tout cas en revêtir la forme. Ce qui nous caractérise c’est notre détermination à rester sur le terrain politique et sur celui de la dignité humaine. »

Peut-on « mettre dans le même sac » l'AGRIF et le PIR ?

La question a été posée à l'occasion du procès intenté par l'AGRIF à Houria Bouteldja, porte parole du PIR.

Il lui était reproché d'avoir qualifié, dans une émission télévisée, les « Blancs » de sous-chiens à éduquer. Pour se défendre, elle a fait valoir qu'elle avait parlé de souchiens (néologisme désignant les Français dits « de souche » et déjà employé par Jean-Bouis Borloo).

Une pétition en sa faveur a été lancée par la revue Politis36. L'AGRIF, d'inspiration catholique traditionaliste) a de son coté été soutenue par les Identitaires (qui comprennent des néos-païens) et Riposte laïque (qui bouffe, en principe, aussi du curé).

Le tribunal de Toulouse a relaxé Houria Bouteldja le 25 janvier 2012.

Les « Indigènes » sont présents dans de nombreux combats qui sont aussi ceux du MRAP :

- pour la reconnaissance des crimes de la colonisation

- contre les violences policières

- contre l'islamophobie (mais la nouvelle direction du MRAP préfère parler de musulmanophobie!!)

- pour les droits des Palestiniens.

Ils sont très présents pour la défense des quartiers populaires, combat dont le MRAP se méfie, craignant le « communautarisme ».

Vouloir renoncer à ces combats, sous prétexte d'un voisinage avec eux, serait suicidaire pour les mouvements anti-racistes.

De plus, le PIR est lui-même hétérogène dans son expression publique, puisqu'on y trouve aussi des personnes comme Saïd Bouamama, sociologue d'inspiration marxiste.

Mais certaines prises de positions publiques, certaines façons de faire sont hautement contestables.

S'il y a débat, ce devra être dans la clarté, et sans falsifications.

 

MS


2 Sans guillemets ni définition.

4 Un synthèse très claire sur ce site : http://www.hominides.com/html/dossiers/race.php consulté le 7 avril 2012.

5 tout ensemble d'individus de même espèce cohabitant dans la même aire géographique et reliés génétiquement les uns aux autres.

6 Ou « caucasiens » dans la terminologie anglo-saxonne. Assez cocasse quand on sait que les originaires des régions caucasiennes sont appelés « noirs » par les racistes russes.

7 Samuel Huntington inventa la notion de « péril brun » pour dénoncer ces derniers.

http://www.courrierinternational.com/article/2004/04/08/le-retour-du-vieux-racisme-antimexicain , article du 8 avril 2004, consulté le 7 avril 2012 (réservé aux abonnés)

8F erro, Marc, édit. Le livre noir du colonialisme, XVIe-XXIe siècle: de l'extermination à la repentance. Paris, Robert Laffont, 2003. 843p. http://wwwens.uqac.ca/~a2cote/compte_rendu8.html consulté le 7 avril 2012

11L a génétique sortie du champ de la biologie, il fallait oser !!

12 Bizarrement, la Corée du Nord, vraiment dirigé par des dingues, et qui possède la bombe atomique, est oubliée.

13 Sous réserve que ces groupes soient eux-mêmes homogènes.

14 Cas de certains pays d'Afrique noire, où le racisme anti-blanc est instrumentalisé par des gouvernements soucieux de faire oublier leurs échecs économiques.

15 Dans la suite de l'article, les termes de suprémacisme/suprémaciste seront parfois employés. Ces néologisme d'origine anglo-saxonne désigne les idéologies racistes qui prônent la suprématie d'un groupe sur l'autre, y compris par la violence.

16 Les fameux « Protocoles ».

17 Cet antijudaïsme chrétien, ô combien condamnable, ne doit pas être isolé de son contexte. Il est très dur d'être juif dans l'Occident chrétien médiéval, il est encore plus dur, voire impossible si on veut rester en vie, d'être musulman, cathare, vaudois. Plus tard, il sera impossible d'être chrétien réformé dans un État catholique ou inversement. Il s'agit donc plus d'une intolérance religieuse généralisée que d'un racisme spécifique.

19 Ce fut aussi le cas d'Antillais : http://www.afrik.com/article24205.html

20 Stéréotypes, discrimination et relations intergroupes. Éditions Mardaga 1999.

21 Le « Mouvement des damnés de l'impérialisme » avait le soutien explicite d'antisémites revendiqués comme « Boris Le Lay ».

22 Le terme leucoderme, au départ purement biologique (comme mélanoderme et xanthoderme) est utilisé par les suprémacistes noirs pour désigner les « blancs ». Une recherche Google sur ce mot donne 26 000 résultats, y compris les articles scientifiques, alors que « dhimmitude », thèse de ralliement des islamophobes, en donne 826 000.

25 http://herveryssen.over-blog.com/ (blog migrateur, pour échapper aux actions en justice et intervention des anti-racsites). Consulté le 7 avril 2012.

27 Lire à ce sujet des salutaires mises au point publiées par le diocèse du Val-d’Oise à propos le la pièce : « sur le concept du visage du fils de Dieu » sous le titre explicite : « Christianophobie, on confond tout ! »

http://www.catholique95.com/actualites/presentation.php?identifiant=1110theatre (consulté le 7 avril 2012)

30 Voir notamment, cinq ans après http://www.mrap-landes.org/spip.php?article178 consulté le 7 avril 2012.

32 http://lmsi.net/La-question-blanche-Premiere consulté le 7 avril 2012. Pierre Tevanian a écrit ce texte pour les « Indigènes », mais n’apparaît pas comme membre de l'organisation.

33 C'est ce membre de phrase, sorti de son contexte, qui a servi de support aux accusations de racisme lancées contre les « Indigènes ». A mon sens, il y a plutôt erreur d'analyse et/ou tautologie, le « Blanc » étant défini par son positionnement dans l'échelle des discriminations. C'est un des points essentiels du débat avec les « Indigène »

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