Le blog du vieux singe

J'ai souvent traité ici du cas de « Riposte laïque » et je crois que je n'en ai pas fini avec eux.

 

Ces défenseurs d'une laïcité qui fait regretter « La calotte » et les bouffeurs de curés d'antan sont de plus en plus souvent cités par les sites d'extrême-droite, qu'elle soit française « classique » ou communautaire juive proche du Likoud et de l'extrême-droite israélienne.

 

Analyse de texte :

 

Des mosquées à n’en plus finir en France et en Europe !

Publié le lundi 27 avril 2009, par Maurice Vidal

La France est devenu le pays de la course aux mosquées. On dirait que les maires se bousculent pour être les chevaliers servants de l’islam ! Les raisons de ce nouvel empressement sont connues : l’islam est la deuxième religion de France, et la première par le nombre de ses pratiquants.

A nuancer très fortement, la grande majorité des Français étant très éloignée de toute pratique religieuse, ceux de tradition musulmane comme les autres. Et qu'est-ce qu'un pratiquant ?

Elle n’a donc plus à être confinée dans des « caves » : dignité oblige, mais contrôle aussi : les prêches souterrains pourraient être intégristes !

Voilà pourquoi « il paraît souhaitable que des lieux officiels et « ouverts » soient créés » afin que les musulmans puissent adorer leur Dieu sans se cacher, quitte à ce que les municipalités aident « de manière indirecte ces lieux de culte à se créer en toute visibilité ».

Ainsi parle Philippe de Longevialle, président du Modem de l’Isère – qui incarne, à l’égard de l’islam, la position de la plupart des maires de France.

Une réponse plus complète (?) de Philippe de Longevialle est reproduite sur un site islamophobe www.islamisation.fr/archive/2009/04/18/les-responsables-du-modem-interroges-par-joachim-veliocas.html

qui a interrogé des élus du MODEM :

"La religion musulmane est aujourd'hui la 2ème religion de France, mais c'est aussi la plus récente.

Elle ne dispose donc pas de lieux de culte, contrairement aux autres religions dont les lieux sont nombreux, anciens et ont été souvent bâtis par l'Etat avant la loi de 1905. Pour éviter que la religion musulmane ne se pratique dans des "caves", hors de tout contrôle si ce n'est pas des mouvements extrémistes, et pour éviter les financements extérieurs (type monarchies du Golfe ou Iran, voire Algérie qui mettent ainsi la main sur les lieux de culte) il parait souhaitable que des lieux officiels et "ouverts" soient créés. Or la loi ne permet pas de les financer et les pratiquants, souvent pauvres, ne peuvent les financer intégralement. Certains Maires, de toutes tendances, aident donc de manière indirecte ces lieux de culte à se créer en toute visibilité et je pense que c'est souhaitable pour les raisons évoquées."


Philippe de Longevialle, et il n'est pas le seul, estime que la « normalisation » de la pratique religieuse musulmane empêchera le développement des extrémismes. Cela se discute, mais ce n'est pas la seule raison qui justifie la construction de mosquées. Personnellement, il y a deux raisons pour ne pas s'opposer à la construction de mosquées :

La première, de principe, est que c'est le droit de tout croyant d'avoir un lieu de culte s'il le souhaite (article 1 de la loi de 1905)

La seconde, d'opportunité politique, est que les refus des pouvoirs publics, sous des motifs divers et discriminatoires (par exemple des règles d'urbanisme jamais invoquées pour d'autres constructions) donnent du « grain à moudre » aux militants islamistes.

Évidemment, ce monsieur est en accord avec sa conscience d’élu : agissant en fonction des demandes de la population dont il a la charge, il respecte le jeu démocratique. Et l’on comprend soudainement pourquoi la laïcité est lettre morte à Mayotte, où la population est musulmane à 90 % !

Mayotte est une des quatre îles de l'archipel des Comores, colonie française devenue indépendante. Comme dans beaucoup de colonies, les lois d'avant la colonisation restaient applicables. Les Mahorais ont souhaité rester Français et ont gardé ce régime particulier, qui devra être remplacé par le droit commun dans le cadre de la départementalisation, prévue par le référendum de 2009, contesté par les Nations Unies. Mais une analyse des processus de colonisation et de décolonisation serait serait trop compliquée pour Maurice Vidal et l'obligerait à prendre parti sur ce sujet.

Certes, ce monsieur avoue contourner la loi de 1905, dont l’article 2 stipule que « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte », mais ce n’est pas grave : faute avouée est à moitié pardonnée !

Et Maurice Vidal ignore l'article 1 de la même loi, qui précise : «La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public. »

Ce qu'il ignore aussi, c'est que l'Église catholique a été la grande gagnante de la loi de 1905, parce qu'elle l'a refusée. En effet, les églises sont restées propriétés publiques, avec les charges financières qui vont avec, alors que juifs et protestants sont devenus propriétaires de leurs lieux de culte, qui leurs coûtent cher à entretenir. Il y a donc inégalité de fait entre les religions. Deux autres points doivent être signalés: la loi de 1905 ne s'est pas appliquée à l'Algérie, alors française, et il y a aujourd'hui de nombreuses entorses à cet article 2, comme par exemple le financement en partie public de la construction de la cathédrale d'Évry.

Et puis, tout le monde sait qu’en favorisant un islam de tolérance, on en limite un autre, dont on dit qu’il est radical. Ce faisant, on oublie que le second n’existerait pas sans le premier... mais passons : le confort mental mérite bien quelques simplifications !

Continuons le raisonnement avec le même principe : il existe un christianisme radical (intégristes catholiques comme le négationniste Williamson, fondamentalistes protestants comme Pat Robertson). Il n'existerait pas sans le christianisme « standard » ou « originel ». CQFD, et c'est la même chose pour toutes les religions et philosophies : la particularité ne peut se définir que s'il existe un cas général. Mais c'est un contre-sens que les confondre.

Il reste que de nombreuses questions demeurent. Comment se fait-il, par exemple, qu’il faille surveiller les imams ? Surveillons-nous les rabbins, les prêtres ou les pasteurs ?

Cela s'est fait, et se fait encore dans certains cas, et cela soit se faire si « l'intérêt de l'ordre public » l'exige.

Surveillons-nous les Témoins de Jéhovah, les Mormons, les évangélistes, les bouddhistes, les Adventistes du Septième Jour ? La laïcité leur est-elle un problème ?

Oubliés de Maurice Vidal, tous les débats sur les nouveaux mouvements religieux, souvent qualifiés de « sectes », qu'ils soient anodins ou effectivement dangereux !!

En conséquence, comment se fait-il qu’elle en soit un pour les musulmans, et pire, pour nos élus eux-mêmes sitôt qu’ils se trouvent confrontés à des musulmans ? Par quelle aberration la solution à ce problème ne vise-t-elle qu’à éviter la colère de ces derniers ? Pourquoi cette colère effraie-t-elle nos élus au point de n’être expliquée que par la sempiternelle « marginalisation d’une population en voie de radicalisation », pour reprendre les propos de Louis Marie Joguet, vice-président du Modem-Vendée et maire de la commune de Mallièvre ? Que peut, par ailleurs, signifier le terme de « marginalisation » appliqué à une population qui, en France, atteindra vingt millions d’âmes avant 2020 ?

J'aimerais bien connaître le mode de calcul. Maurice Vidal prévoit-il des conversions massives ?

Plus encore, comment mettre sur un pied d’égalité l’identité de la République laïque et celle d’un ordre politico-religieux étranger à nos valeurs ? Et si nous savons qu’il y a là une dangereuse antinomie, pourquoi nous y enfonçons-nous toujours plus ?

Riposte laïque affirme qu'il y a « antinomie », parce qu'elle construit elle-même une représentation mythique de l'islam aussi fausse qu'une représentation du catholicisme fondée sur le seul Syllabus.

Pourquoi soutenir avec Pierre le Guérinel, président du Modem des Yvelines, que « la loi de 1905 ne concerne pas, à proprement parler, la laïcité – qui relève d’un autre domaine – mais la séparation des pouvoirs » (sic !) ?

Parce que Pierre le Guérinel a lu la loi de 1905, lui, et qu'il n'y a pas trouvé les mots « laïque » et « laïcité ».

Bref, pourquoi déshabiller Marianne ? Pour la revêtir plus aisément d’une burqa ?

A coups de billevesées aussi énormes, il semble bien que cela soit possible. Et d’ailleurs, qu’est-ce qui ne serait pas possible pour des élus de cet acabit ? L’inconvénient, c’est que lorsque tout est possible, les scénarios catastrophes le sont aussi, et, n’en déplaise à quiconque, la France des mosquées en est un !

Comment ? Les musulmans n’ont-ils pas le droit d’avoir leurs lieux de culte ? Chaque religion n’a-t-elle pas ce droit-là ?

Bonne question.

Oui, mais il serait peut-être utile de se demander ce que cultive le culte, car si le « culte » est un « hommage rendu à la divinité », cet hommage dépend de la divinité honorée.

On l’aura compris : tous les cultes ne véhiculent pas le même message,

C'est évident, si les religions véhiculaient le même message, il n'y en aurait qu'une !!

car ils n’honorent pas tous le même Dieu.

Juifs, chrétiens et musulmans honorent le même Dieu, même s'ils n'en ont pas toujours la même vision, y compris au sein de chaque religion.

Il suffit donc qu’un Dieu promette le feu éternel à ceux qui n’obéissent point à sa Parole (Sourate 4, verset 14),

et aussi : Marc 9-48, Mathieu 25-41, Daniel 12-2 avec des formulations voisines de celles du Coran et qui lui sont antérieures.

ou établisse l’inégalité des sexes (Sourate 4, verset 34),

Il faut aussi relire les épitres de Paul, notamment la première aux Corinthiens « Je veux cependant que vous sachiez que le chef de tout homme, c’est le Christ, que le chef de la femme, c’est l’homme, et que le chef du Christ, c’est Dieu »

pour que son lieu de culte devienne ipso facto un problème ! Et ce problème ira en s’aggravant tant que nos élus ne seront pas capables de le penser comme problème.

Donc il faut fermer toutes les églises catholiques, et tous les temples protestants. On trouve aussi des textes discriminatoires dans le judaïsme. Donc il faut aussi fermer les synagogues !!

Pourtant, il y a urgence : alors que Vincent Delahaye, maire de Massy, inaugure solennellement le panneau du permis de construire d’une mosquée-minaret gigantesque, une association musulmane, membre de l’Union des Organisations Islamiques de France, écrit dans son bulletin mensuel que « des gens modestes, sortis du désert d’Arabie avec comme seule puissance celle de leur foi, ont pu conquérir le monde » !

L'essor de l'islam pendant le siècle qui suit Mahomet est un phénomène historique incontestable. Il y a de nombreuses explications historiques. Libre à l'UOIF d'avoir une explication plus religieuse. Libre à des croyants de voir la main de Dieu là où d'autres n'y voient que concours de circonstances. Le texte de l'UOIF n'est pas un programme politique pour les années à venir.

Alors que le ministère de l’Intérieur nous apprend que les pouvoirs publics apportent désormais 30 % des fonds nécessaires à l’édification des lieux de culte musulmans,

Je n'ai pas trouvé la référence exacte de ce qu'affirme Maurice Vidal (un journaliste sérieux donne ses sources !!) mais j'ai trouvé de nombreux exemples au bénéfice d'autres cultes dans le « rapport MACHELON »

un nombre considérable d’élus persistent à fouler aux pieds les lois de la République en finançant la construction de mosquées. Alors que l’invraisemblable vient de se produire dans l’enceinte des Nations Unies, où une séance de travail a débuté par la prière musulmane ( !),

Références ?? Et que dire quand la République organise l'hommage officiel à un Président agnostique (François Mitterrand) en faisant célébrer une messe ? Et qui dire des billets de banque US qui affirment la confiance en Dieu ?

nous continuons à ancrer l’Europe dans l’islam en en matérialisant la présence par la construction de mosquées.

De nombreux Européens sont musulmans, certains mêmes depuis des générations (dans le Balkans). Ils ont droit à des lieux de culte, s'ils le souhaitent.

Mais ne comprendrons-nous jamais qu’il y a dans cette exigence musulmane de constructions de mosquées la volonté affichée de notre éradication culturelle ? Quand les mosquées seront la Charte de la nouvelle Europe, que sera donc l’Europe ?

Que répondre ? C'est complètement délirant.

Les minarets ne sont-ils pas déjà les marqueurs idéologiques d’une Europe revue et corrigée par les musulmans ? Quelle autre religion exige sans cesse la construction de lieux de culte ? Quelle autre religion se pense en termes d’implantation territoriale ?

Toute religion en expansion démographique souhaite avoir des lieux de culte. On a construit beaucoup de synagogues ces dernières années en France, on y construit des temples bouddhistes, des églises évangéliques. L'athée militant peut le déplorer, mais il doit avoir le même regard sur toutes les religions. Et l'Église catholique a du mal à gérer et entretenir un patrimoine désormais surdimensionné.

Comment pouvons-nous avoir des yeux et ne pas voir ? Si encore nous modérions l’islam en le sortant des « caves » ! Mais c’est l’inverse qui est vrai : plus l’islam est visible, plus il est fort. Plus il est fort, plus il entend être visible ! Faut-il rappeler ce qu’est l’islam en terre d’Islam ? N’est-ce pas en terre d’Islam qu’il a la visibilité maximale ? N’est-ce pas là qu’il applique la charia dans ce qu’elle a d’incompatible avec le monde occidental, comme le montrent la répudiation, la polygamie, le voile, les châtiments corporels, la lapidation ou la décapitation ?

Cette notion de « terre d'Islam » est celle de l'islamisme politique, à ne pas confondre avec la religion musulmane. La plupart des pays musulmans appliquent un droit positif qui n'a rien à voir avec celui de l'Arabie saoudite. Quant à la torture et l'assassinat légal (la peine de mort), ils sont aussi pratiqués dans des pays aussi peu musulmans que les États-Unis et la Chine.

L’absence de modération de l’islam ne provient pas de ce qu’il serait relégué dans des « caves » : elle provient de son texte fondateur. Or, ce texte n’est pas rectifiable : il est la « rectitude » même, c’est-à-dire la « droiture », et cette « droiture » vaut en tout temps et en tout lieu, car elle émane de Dieu !

On peut dire exactement la même chose pour le christianisme. Alors, pourquoi ne pas le dire ?? Parce que les mêmes arguments tomberaient à plat et que les lecteurs, qui connaissent un minimum le christianisme et les chrétiens comprendraient tout de suite qu'il y a erreur de raisonnement et mauvaise foi.

Pour le musulman, la religion ne saurait être un concept : c’est le réel en acte. Faire un pas sur cette terre, c’est marcher dans le champ d’Allah. La France, comme l’Europe, appartient à ce champ ! Voilà ce que nos responsables politiques n’ont toujours pas saisi, ou s’entêtent à ne pas vouloir saisir ! Voilà le sens des demandes permanentes de mosquées en France et en Europe !

Maurice Vidal

Je terminerai en citant Lyautey, à propos de la construction de la mosquée de Paris :

« Quand s’érigera le minaret que vous allez construire, il ne montera vers le beau ciel de l’Ile de France, qu’une prière de plus dont les tours catholiques de Notre-Dame. ne seront point jalouses ».


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Mar 5 mai 2009 Aucun commentaire