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Afghanistan

Dimanche 4 mars 2012 7 04 /03 /Mars /2012 12:00

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Retrait des troupes françaises d’Afghanistan et reconstruction, maintenant !

2001 – 2012 : onze années de guerre et d’occupation
Le bilan

- un pays ravagé, des infrastructures détruites et un régime corrompu, contesté par une partie importante de la population qui vit plus mal aujourd’hui qu’en 2001 dont la situation économique et sociale ne cesse de s’aggraver depuis 2001
- une extension des combats au Pakistan (bombardements, assassinats ciblés, bavures) ayant pour conséquence de renforcer dans la population civile le rejet de l’intervention occidentale
- une région profondément déstabilisée, enjeu des rivalités des grandes puissances occidentales qui veulent contrôler cette zone stratégique et mettre la main sur les richesses de son sous-sol.
L’opposition à cette guerre, depuis le début sous commandement des États-Unis, n’a cessé de grandir dans tous les pays membres de l’Otan qui y participent.
Comme toutes les forces de ces pays, qui exigent le retrait des troupes, nous refusons de soutenir la poursuite de cette guerre, au nom de la « lutte contre le terrorisme », terme qui veut masquer et nier l’opposition d’une très grande majorité de la population afghane à l’occupation de son pays. La guerre et l’occupation entrainent toutes les dérives en matière de violation des droits humains. Elles aggravent les conditions de vie des femmes afghanes et sont un obstacle au combat pour leur émancipation.
Avec la présidence de Nicolas Sarkozy, la France a renforcé son dispositif militaire et sa coopération avec l’Otan, sous direction étasunienne. L’armée française participe activement aux opérations militaires dont les principales victimes sont civiles. En même temps, le nombre de soldats français tués a augmenté, comme c’est le cas pour toutes les armées qui participent à l’occupation.
L’histoire a amplement démontré qu’une armée d’occupation, aussi puissante soit-elle, ne peut gagner la guerre « contre-insurrectionnelle» et tôt ou tard, les dirigeants politiques doivent trouver une issue pour se sortir du bourbier. C’est ce qu’Obama a fini par comprendre, après avoir renforcé la puissance militaire sur le terrain et essayé de « gagner les cœurs », en essayant d’acheter la confiance des habitants. L’échec de cette politique est patent.
Depuis 2010, des ONG travaillant en Afghanistan ont mis en garde les gouvernements occidentaux du risque d’une militarisation de l’aide au pays qui cherche des objectifs immédiats sans se préoccuper d’un développement à long terme. De plus, les ONG soutiennent que l’OTAN doit abandonner certains projets dangereux, comme par exemple les « initiatives communautaires de défense » impliquant l’appui des milices locales dans les combats menés contre les Talibans. L’ampleur de la crise économique a également pesé lourd dans l’annonce du retrait des troupes étasuniennes en 2014.

En France …
Nicolas Sarkozy a dû suivre le même chemin, annonçant le retrait des troupes françaises. En attendant des centaines de milliards continuent à être ont été consacrés à cette guerre, et à la formation des forces militaires et de sécurité afghanes, des sommes qui auraient permis de reconstruire le pays.
Après la mort de quatre soldats français tués par un militaire afghan, Nicolas Sarkozy s’est précipité à déclarer qu’un possible retrait avant 2014 pouvait être envisagé. Après toutes les pressions étasuniennes et de la part du Secrétaire général de l’OTAN, la France est revenue sur cette hypothèse. Une semaine après cet incident, un traité de coopération sur la coopération militaire et économique a été signé à Paris par les présidents Karzai et Sarkozy, liant les deux pays pour 20 ans. Ce traité prévoit notamment le maintien de conseillers militaires français au-delà de 2014 et la poursuite des actions de formation et d’entrainement des militaires et forces de sécurité afghanes ainsi qu’une coopération économique.
Un tel accord, signé avec un régime sans légitimité, renforcera la militarisation du pays aux prises déjà avec des nombreuses sociétés privées de sécurité et groupes armés en action.
Notre collectif milite depuis sa création en 2007 pour la fin de l’occupation de l’Afghanistan par les troupes étrangères, notamment françaises.
Il milite en faveur du retrait des troupes et pour qu’une aide internationale de grande ampleur soit apportée pour permettre au peuple afghan de reconstruire son pays détruit par cette guerre. Cette reconstruction doit être menée par l’ONU et non pas par la coalition militaire.
Il est solidaire du combat mené par les forces qui, dans les différents pays – notamment ceux de la coalition de l’Otan – militent pour mettre fin à la guerre et à l’occupation.
Notre collectif a pris position pour la sortie de la France de l’Otan, instrument militaire au service de la politique d’hégémonie des États-Unis et de leurs alliés.
Notre collectif a dénoncé la politique du fait accompli qui caractérise la politique en matière d’engagement militaire : le président de la République et son conseil de défense prennent seuls ce type de décision qui engagent notre peuple. Les parodies de débats parlementaires organisées après coup sont une caricature de débat démocratique, alors même que tous les sondages prouvent, mois après mois, année après année, que l’opinion est majoritairement en faveur du retrait des troupes françaises d’Afghanistan.
Nous considérons que dans le contexte de crise actuelle, les sommes affectées à ces opérations militaires sont inadmissibles : elles contribuent à aggraver le sort de toute une population, en l’occurrence le peuple afghan et, par ricochet, celui des peuples de la région et elles détournent des moyens, notamment financiers, de la nécessaire solidarité à développer en direction des populations civiles victimes de la crise.
Nous nous saisissons du contexte des élections présidentielles et législatives pour mettre dans le débat public toutes ces questions, qui ont une incidence majeure sur notre avenir.

 

Action des citoyens pour le désarmement nucléaire (ACDN)
Afghanes, Afghans Après Athènes 2004 (AAAA)
Agir contre la guerre (ACG)
Américains contre la guerre (AAW)
Appel des Cent pour la Paix
Association des Combattants de la Cause Anticoloniale (ACCA)
Association des communistes unitaires (ACU)
Association Nationale des Elus Communistes et Républicains (ANECR)
Association pour la Défense des Prisonniers Politiques et d'Opinion en Iran
Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC)
Association pour la Taxation des Transactions pour l'Aide aux Citoyens (ATTAC)
Centre d’Etudes et d’Initiatives de Solidarité International (CEDETIM)
Centre quaker international de Paris (CQI)
Collectif Faty Koumba Libertés, Droits de l'Homme et non-violence
Collectif "La guerre tue" (Toulouse)
Collectif Non au missile M51
Collectif de Pratiques et de Réflexions Féministes « Ruptures »
Comité des iraniens contre la guerre
Comité Saintonge Palestine
Confédération Générale du Travail (CGT)
Congrès National d'Afghanistan
Convergence des causes
Coordination nationale des collectifs unitaires pour une alternative au libéralisme (CNCU)
Droit Solidarité
Enseignants pour la Paix (EPP)
Europe solidaire sans frontières (ESSF)
Fédération des Associations des Travailleurs et des jeunes (DIDF)
Fédération Syndicale Unitaire (FSU)
Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTC2R)
Femmes en noir de Paris
Forum social d'Iran
Génération Palestine
La Gauche Cactus
Les Alternatifs
Les Verts
Le Mouvement de la Paix
Ligue communiste révolutionnaire (LCR)
Ligue des Femmes pour la Paix et la Liberté / Section française
Marche Mondiale des Femmes
Mémoire des luttes
Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP)
Mouvement de la jeunesse communiste de France (MJCF)
Mouvement International de la Réconciliation (MIR)
Mouvement politique d'éducation populaire (M'PEP)
Parti communiste français (PCF)
Parti communiste des ouvriers de France (PCOF)
Parti Pour La Décroissance (PPLD)
Parti de Gauche
Réseau Féministe « Ruptures »
Sud Etudiant
Une autre gauche
Union des étudiants communistes (UEC)
Union Générale des Etudiants de Palestine (GUPS)
Union Juive Française pour la Paix (UJFP)
Union pacifiste de France (UPF)
Union Syndicale Solidaires

Par Michel Servet - Publié dans : Afghanistan
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Mardi 28 juin 2011 2 28 /06 /Juin /2011 21:13

gresh

 

Le président Barack Obama a annoncé le retrait d’une partie des troupes américaines d’Afghanistan : 10 000 hommes d’ici la fin de l’année, 23 000 supplémentaires d’ici l’été 2012. Rappelons que l’on compte 100 000 soldats américains et 90 000 « privés » travaillant pour Washington ; par ailleurs, la guerre coûte aux Etats-Unis 2 milliards de dollars par semaine. Deux considérations ont amené le président Obama à cette décision : la campagne présidentielle commencera à l’automne et il veut se prévaloir d’un retrait en Afghanistan ; alors que le déficit américain est devenu abyssal, de moins en moins d’Américains comprennent les raisons de la présence de leurs troupes en Afghanistan, surtout après la mort d’Oussama Ben Laden.

Depuis plusieurs mois déjà, des informations avaient filtré sur la manière dont les Etats-Unis voulaient « sortir » d’Afghanistan. Ils étaient désormais prêts à négocier avec les talibans (pourtant classés comme organisation terroriste), sans conditions préalables : ils n’exigeaient plus ni l’arrêt de la violence, ni l’acceptation par ceux-ci de la Constitution afghane.

Dans un commentaire pour l’hebdomadaire The Nation, « Obama fails to Outline Sensible Afghan Drawdown » (23 juin), Robert Dreyfuss citait un responsable de la Maison Blanche : « C’est un premier retrait. Nous allons continuer les réductions... Nous avons substantiellement réduit la guerre en Irak et maintenant nous nous concentrons sur l’Afghanistan. » Et le responsable d’ajouter : « Nous n’avons pas vu de menace terroriste émanant de l’Afghanistan depuis sept ou huit ans. La menace vient du Pakistan et, même là, la direction d’Al-Qaida a été décimée et virtuellement a été éliminée du champ de bataille. »

Mais alors, s’interroge Dreyfuss, pourquoi rester jusqu’en 2014 ?

 

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Par Michel Servet - Publié dans : Afghanistan
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Samedi 18 septembre 2010 6 18 /09 /Sep /2010 06:41

letemps

La «société civile» s’est invitée au scrutin législatif de samedi, le deuxième depuis la chute des talibans en 2001. Un candidat sur cinq a moins de 35 ans

Robina Jalali, c’est un peu l’Afghanistan dont rêve la communauté internationale. Une femme jeune, une sportive et une démocrate. Le profil fait sensation. Silhouette de mannequin, grands yeux grimés sous son châle noir, elle dirige un aréopage de lieutenants – tous des hommes – s’affairant dans son état-major de campagne, logé au fond d’une cour pierreuse de Kaboul, la capitale. Avant les élections législatives de ce samedi, l’ambiance est fébrile.

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Par Michel Servet - Publié dans : Afghanistan - Communauté : Membres de Facebook
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Mercredi 28 juillet 2010 3 28 /07 /Juil /2010 06:41

Les révélations du site Wikileaks

Rapports explosifs sur la guerre en Afghanistan

Une masse considérable de fichiers confidentiels de l’armée américaine vient d’être dévoilée, lundi 26 juillet, par le site Internet Wikileaks.org. Ces documents relatent, événement après événement, le quotidien d’une guerre entamée en octobre 2001 et d’une occupation qui n’en finit pas.

Fouiller l’ensemble des quelque 92 000 rapports d’incident divulgués constitue une tâche herculéenne. C’est pourquoi Le Monde diplomatique s’est associé à l’initiative d’Owni.fr visant à mettre à la disposition de tous un outil de consultation de ces rapports. Accessible directement en ligne, ce dispositif nommé « War Logs » permet au lecteur d’appréhender le jargon militaire dans lequel les événements sont décrits, d’effectuer des recherches dans l’ensemble des documents dévoilés, et d’ajouter des annotations. La base de données comprend déjà 75 000 documents et sera enrichie rapidement.

 

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Par Michel Servet - Publié dans : Afghanistan - Communauté : Membres de Facebook
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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /Jan /2010 14:34

Sur le blog de Jacques Lacour le 21 décembre 2009

Ainsi donc, les gens de l’UMP ont osé, osé dire des choses abominables

Indécentes, écœurantes :

«Je trouve un petit peu indécent que l’on s’apitoie sur leur sort, quand au même moment nos soldats se battent pour leur liberté. S’ils étaient des hommes, ils se battraient aussi pour leur liberté, sur leur territoire» le député Lucca.

«Les exilés Afghans (sic) feraient mieux d’aller faire la guerre chez eux»

Mais attention ! Cette guerre n’est pas leur guerre, ce n’est pas eux qui l’ont déclenchée…

C’est nous qui l’avons déclenchée pour défendre nos intérêts…

Et ceux qui viennent chez nous sont si peu par rapport aux centaines de milliers de gens qui ont fui le pays !

Pourquoi iraient-ils se battre contre leurs frères résistants,

Contre ceux qui ont basculé dans la violence victimes eux-mêmes de la violence.

Pourquoi se battraient-ils aux côtés des étrangers venus mener la guerre chez eux.

Pour des intérêts qu’ils ne comprennent pas et qui sont très obscurs.

Une guerre perdue d’avance et qui s’aliène chaque jour toutes les populations.

Une guerre pleine de bavures et que les gens là-bas ne comprennent plus.

Pourquoi sommes nous allés là-bas, puisqu’à la fin, nous devrons partir

Et laisser une république islamique quoiqu’il arrive

Parce que là bas, les gens n’ont pas connu autre chose que le système tribal

Et que la démocratie « à l’occidentale » est encore loin des mentalités.

A moins d’une révolution totale qui casserait un système clanique millénaire.

Pourquoi sommes nous allés là bas avec des canons et des fusils

Alors que les gens attendaient des tracteurs et des écoles, éventuellement un peu de viagra.

Pourquoi sommes nous allés là-bas répondre à la violence par la violence

En installant au pouvoir les plus pourris, les plus corrompus

Qui ne font que détourner toutes les aides internationales

Et vivent d’immenses champs de pavot pour alimenter le marché mondial de la drogue

Alors, oui, je comprends ces jeunes afghans qui n’ont pas encore envie de mourir

Oui, pas envie de mourir pour des causes qui ne sont pas les leurs.

Ces jeunes qui rêvent d’un monde sans guerre et sans violence

Et ils ont entendu, parce que Sarkozy l’a dit en campagne électorale,

que la France pouvait accueillir tous ceux qui souffrent persécution,

qu’elle serait généreuse pour tous ceux qui chercheraient asile.

Renvoyés chez eux, ils sont terriblement menacés

Par les talibans – je ne les aime pas – qui veulent les recruter

Par les mafias qui veulent leur prendre le supposé pécule reçu pour le rapatriement

Par leur armée qui veut les enrôler pour une bouchée de pain

Et qui ne saura jamais les protéger

Non, vraiment cette guerre n’est pas leur guerre

Par Michel Servet - Publié dans : Afghanistan
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Samedi 22 novembre 2008 6 22 /11 /Nov /2008 23:29
Paru dans Marianne 2 en avril 2008.

Emmanuel Todd : «Si la France devient le caniche des USA, elle disparaîtra»

Selon Emmanuel Todd, le renforcement des troupes françaises en Afghanistan est une erreur diplomatique et stratégique, et dessine les contours d’une idéologie extrême-droitière à l’échelle mondiale. Interview.

Par Michel Servet - Publié dans : Afghanistan
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Dimanche 9 novembre 2008 7 09 /11 /Nov /2008 08:34

Considérée comme une rupture de l’équilibre des blocs, l’arrivée de troupes soviétiques à partir de 1979 en Afghanistan -pour soutenir un régime d’inspiration marxiste devant faire face à une rébellion islamiste- allait entraîner une vive réaction de la part des Etats-Unis.

Le soutien inconditionnel du gouvernement de Washington aux islamistes, la création, le financement et l’armement de groupes -constitués d’islamistes venant de tout le monde musulman- par la CIA et les monarchies du Golfe, Arabie Saoudite en tête, est à replacer dans cet aveuglement des Etats-Unis qui ont toujours, dans un premier temps en tout cas, apporté leur soutien aux régimes ou groupes les plus réactionnaires dans leur lutte contre le « danger communiste », préférant invariablement les pires cléricaux et autres théocrates aux courants progressistes dans leur diversité.

Ainsi ce sont bien les Etats-Unis qui, avec le concours actif du Pakistan, ont favorisé l’arrivée au pouvoir des talibans à Kaboul et la présence en Afghanistan des militants djihadistes souvent non-afghans qui ont mis à profit l’arrivée des talibans au pouvoir pour « sanctuariser » ce pays en y installant nombre de leurs bases arrières et de leurs camps d’entraînement.

Les attentats du 11-Septembre faisant suite à des opérations déjà menées par Al Qaïda  contre les intérêts étatsuniens et la présence massive de militants combattants de cette organisation (anciens alliés des Etats-Unis contre la présence soviétique) allaient exposer l’Afghanistan et surtout ses populations civiles à une intervention militaire de grande envergure. Profitant d’une situation politique favorable (la justification d’une intervention militaire pour lutter contre le terrorisme représentant un élément recyclable tant par la Chine que par la Russie en Tchétchénie),  et tirant avantage de l’émoi suscité par les attentats de New York et de Washington, les Etats-Unis allaient obtenir le feu vert du conseil de sécurité , donnant ainsi toute légalité internationale à cette intervention.  Cette autorisation tout comme les choix opérés par la suite par  l’administration Bush -véritable maître des décisions-  vont révéler une succession d’erreurs :

       Erreur que de donner la priorité à la chasse à  Ben Laden que le président Bush déclarait vouloir capturer mort ou vif

       Erreur que de croire que des bombardements massifs allaient permettre d’atteindre ce but

       Erreur que de vouloir analyser la situation en plaquant une grille purement idéologique -celle du « Choc des civilisations »- qui pousse à l’amalgame sommaire entre groupes aux stratégies différentes et qui empêche de concevoir les réponses les mieux appropriées à chaque situation

       Erreur que de vouloir déclarer la guerre au terrorisme sans avoir une réflexion sur  ce phénomène qui ne date pas d’aujourd’hui mais qui désormais peut être considéré comme un sous-produit de la mondialisation

        Erreur que de prétendre que la démocratie, au sens que nous connaissons, peut être instaurée par une intervention militaire extérieure, d’autant que dans le cas présent les traditions démocratiques de l’Afghanistan ne sont pas établies (la monarchie, renversée en 1973 par un coup d’Etat militaire est loin d’avoir été un âge d’or pour la démocratie, les droits de l’homme et la liberté des femmes si ce n’est pour une élite, sorte d’ « aristocratie urbaine » peu soucieuse du peuple et la situation souvent troublée après la proclamation de la République n’ont pu contribuer à l’invention par les Afghans eux-mêmes d’un système politique prenant en compte au mieux les réalités sociologiques du pays). Aujourd’hui la cohésion gouvernementale est de façade, conditionnée plus par la recherche constante d’accords entre les différents féodaux ou chefs de guerre et les impératifs étatsuniens que par la participation active des citoyens afghans à la vie politique qui est quasi inexistante à ce niveau même si l’action d’ONG locales doit être saluée.

        Erreur enfin que de croire que le déversement d’une aide financière allait suffire à s’attacher la reconnaissance du peuple afghan. La corruption engendrée, le clientélisme ruinent tout espoir de voir le sort de la population s’améliorer. Les limites de l’humanitaire sont bien vite atteintes dès lors que le contrôle de la distribution de l’aide favorise la mise en place et la consolidation des pouvoirs qui exercent une véritable main mise sur les populations.

       Ainsi sept ans après le début de l’intervention le bilan est accablant :

       le gouvernement afghan n’exerce son autorité , et encore souvent toute relative, que  sur Kaboul et sa région .  Le chaos est durablement installé dans le pays et la culture du pavot a repris de plus belle.        L’ersatz de démocratie apportée au peuple afghan peut difficilement  provoquer l’adhésion.

        La situation de la majorité des femmes n’a guère évolué malgré le travail militant d’associations.

       Les talibans regagnent du terrain , tirant profit de la déception et de l’exaspération des populations qui ont à souffrir des combats, des raids aériens et des « bavures » . Une certaine émotion sélective fait oublier que le nombre de victimes civiles afghanes est sans commune mesure avec le nombre de militaires français tués.

        Les risques de déstabilisation de la région  sont réels, les répercussions au Pakistan -pays doté de l’arme nucléaire- deviennent de plus en plus inquiétantes. Alors que nombre de spécialistes s’accordent pour dénoncer les effets désastreux de combats et de frappes aériennes  mal ciblées, alors que la présence étrangère est de plus en plus vécue comme une occupation, le président de la république française, en dehors de tout débat parlementaire, a décidé d’augmenter les effectifs de l’armée française engagés en Afghanistan, répondant ainsi pour une grande part à la demande des Etats-Unis et signant le retour complet de la France au sein de l’Otan. Notre opposition à cette mesure reste entière comme reste entière notre détermination de voir s’opérer au plus vite le retrait des forces françaises présentes  dans ce pays.

Plus un seul soldat français en Afghanistan, Retrait total

La France ne doit pas continuer à jouer les auxiliaires de la politique impériale que poursuivent les Etats-Unis. Si historiquement, l’Afghanistan fut au carrefour des grandes routes reliant les mondes iranien, chinois et indien, aujourd’hui ses frontières communes avec l’Iran, le Pakistan et au nord avec d’anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale font de l’Afghanistan un élément géostratégique important.Le retrait des troupes françaises comme celui souhaitable de toutes troupes de l’Otan  ne doit cependant pas être compris comme un manque d’intérêt pour un peuple et un pays qui ont eu à pâtir des erreurs de nos gouvernements. La France se doit de rester disponible et de contribuer au mieux au renouveau de ce pays, refusant toute tentation d’ingérence dans les affaires politiques mais attentive et prête à fournir à la population afghane tout soutien qu’elle sollicitera pour  la satisfaction de ses besoins. La redéfinition et la réorientation de l’aide est une nécessité , l’aide à la reconstruction en particulier devant servir uniquement  les intérêts de la population et non ceux des grands groupes pour lesquels le marché de la reconstruction est uniquement envisagé  comme générateur de fabuleux profits. Tirer les leçons de l’aventure afghane et des erreurs commises est nécessaire, cela doit conduire le gouvernement français à faire preuve de plus de prudence et à le dissuader de participer à une quelconque autre aventure militaire, une attaque toujours possible contre l’Iran devant dès à présent être exclue.

Par Michel Servet - Publié dans : Afghanistan
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