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Idées, débats

Mardi 14 février 2012 2 14 /02 /Fév /2012 22:05

bandepassante.png

Chères et chers lectrices/teurs, membres du réseau, ami-e-s,


Lundi 2 janvier 2012, à 7h30 du matin, un incendie – dont les causes restent actuellement indéterminées et sur lesquelles une enquête est en cours – s'est déclenché au 3 rue des Petites écuries, dans les locaux de La Bande Passante et de L’Autre association, qui sont également l'appartement de Julie Paratian et Thomas Lacoste absents de leur domicile lors des faits.

Le feu a détruit presque intégralement l'appartement et l’ensemble de leurs effets personnels. Ont notamment disparu dans l’incendie une bibliothèque de 8 000 ouvrages, l'ensemble des notes et des écrits sur les futurs travaux, des ordinateurs, les supports numériques contenant les rushes, les montages et les masters des films de Thomas Lacoste, quinze ans d’archives du Passant Ordinaire, l’ensemble des correspondances, une partie du stock de livres et revues des Editions du Passant, etc.

S'il est difficile de se représenter la perte personnelle et affective, les pertes matérielles sont, elles, bien concrètes : en termes de temps de travail, d'outils rassemblés et ajustés au fil des années, des productions des différentes entreprises (Le Passant Ordinaire, L'Autre campagne, La Bande Passante), d'œuvres réalisées qui ne pourront pas, pour l’essentiel d’entres elles, être reproduites et sont donc perdues de façon irréversible. Avec cet incendie a donc été perdue une grande partie du travail accumulé ces 5, 15, 20 dernières années, et aussi du travail engagé dans les projets présents et futurs (Corruption ; Tunisie ; Encyclopédie conceptuelle, etc.).

Six à neuf mois de travaux sont prévus pour réhabiliter les lieux. Face à l’ampleur des pertes, nous avons besoin de vos soutiens matériels et de vos soutiens amicaux, symboliques et politiques.

Si vous souhaitez soutenir La Bande Passante, vous pouvez envoyer vos dons par chèque à l'ordre de L'Autre Association, C/o Marie Gaille, 8 passage de la Brie, F-75019 Paris ou par paiement sécurisé en ligne en cliquant sur ce lien.

Par ailleurs, cet incendie se produit à quelques mois d'un moment politique de taille : les élections présidentielles et législatives. Nous vous annonçons d'ores et déjà qu'une soirée de soutien aura lieu à Paris, le 11 avril 2012 à 18h30 à la Maison des Métallos (94 rue Jean-Pierre Timbaud, Paris 11e, tél. : 01 48 05 88 27, info@maisondesmetallos.org) avec de nombreux invités pour nous aider à affronter le sinistre, mais également pour poser ensemble une première pierre en vue de cette prochaine échéance électorale.

Plus que jamais, il nous semble nécessaire dans ces moments désolants qui risqueraient de nous laisser individuellement impuissant-e-s de faire face à ces épreuves collectivement et de nous donner les moyens de retrouver une puissance d’imagination et d’action.

Merci pour votre attention et vos soutiens,

La Bande Passante


Pendant les travaux, la Bande Passante continue d’agir

- Sortie le 3 mars 2012 en librairie du coffret Penser critique, kit de survie éthique et politique pour situations de crise[s] aux éditions Montparnasse (d’ores et déjà disponible sur ce site) qui reprend 47 films-entretiens de Thomas Lacoste.

- Rétrospective au Reflet Médicis (3 rue Champollion, Paris Ve, Tél. : 01 46 33 25 97) du 19 mars au 23 avril 2012, des ciné-frontières de Thomas Lacoste (Ulysse Clandestin ; Les Mauvais jours finiront – quarante ans de justice en France ; Universités, le grand soir et Une peine infinie) accompagnée de débats tous les lundis soirs.

 

- Soirée de soutien à LBP « Penser critique, vers un Autre programme », le 11 avril 2012 de 18h30 à 23h à la Maison des Métallos (94 rue Jean-Pierre Timbaud, Paris 11e, tél. : 01 48 05 88 27, info@maisondesmetallos.org) avec de nombreux invités (programme à venir).


N’hésitez pas à diffuser largement ce message !


www.labandepassante.org
www.lautrecampagne.org
www.passant-ordinaire.com

 

 



Support to "La Bande Passante"


Dear readers, members and friends,

On Monday 2nd of January, at 7.30 AM, a fire broke out in the premises of "La Bande Passante" and "L'Autre Association" (3 rue des Petites Ecuries, Paris). The causes remain unknown and are under investigation by the police. Julie Paratian and Thomas Lacoste lived there. They were absent when their home caught fire.

The fire gutted almost the entire flat and destroyed all their belongings, including their 8000-book library, all their drafts and writings for works to be done, computers with digitally stored data, film rushes, film editings, original copies of works by Thomas, archives from the last fifteen years, all the letters and mail, part of the books and magazines in stock for the "Editions du Passant", etc.

It is certainly difficult to assess the extent of personal losses; on the other hand, property damage can be assessed in very concrete terms of working time, tools and machinery gathered and calibrated year after year, works from different organizations ("Le Passant Ordinaire", "L'Autre campagne", "La Bande Passante") most of which cannot be recreated and are irreversibly lost.

Most of the works stored up during the previous twenty years were thus burnt to ashes; works in progress, drafts for present and future projects ("Bribery and corruption"; "Tunisia"; "Conceptual encyclopedia") were also destroyed.

Between six and nine months will be necessary to repair our premises. The losses are great, and we need your material, political, symbolic and friendly emotional support. If you wish, you can send a donation by online secure payment or by cheque payable to "La Bande Passante C/o Marie Gaille, 8 passage de la Brie, F-75019 Paris".

This incident has happened just a few months before major political events: French presidential and general elections. We can inform you that a meeting will take place in Paris on April 11th at 6:30PM in la Maison des Métallos (94 rue Jean-Pierre Timbaud, Paris 11e, phone: +33 1 48 05 88 27, info@maisondesmetallos.org) ; all those willing to support us are very welcome to join and help confront the blaze and lay the foundation stone for the next polling days

In these troubled times, each of us may be individually powerless: therefore, it seems more necessary than ever to go through these struggles together and take necessary measures to retrieve our inventiveness and strengths. Many thanks for your attention and support.

La Bande Passante


*******

Meanwhile, La Bande Passante remains active

On March 3rd will be released the DVD set "Penser critique" (Editions Montparnasse), an ethical and political survival kit for the crise(s) with 47 interviews by Thomas Lacoste (already available on our website).

From 19th. March to 23th. April: Thomas Lacoste "Fringe Movie" Retrospective at the Reflet Médicis, 3 rue Champollion, Paris (Tél. : + 33 1 46 33 25 97) : Ulysse Clandestin - Les Mauvais jours finiront – Quarante de justice en France - Universités, le grand soir - Une peine infinie. Debates and discussions will take place on Monday evenings.

 

Support evening on April 11th at 6:30 PM in la Maison des Métallos (94 rue Jean-Pierre Timbaud, Paris 11e, phone. : +33 1 48 05 88 27, info@maisondesmetallos.org) with many guests.

Please spread the word!


www.labandepassante.org
www.lautrecampagne.org
www.passant-ordinaire.com

Par Michel Servet - Publié dans : Idées, débats
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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 11:59

http://www.slateafrique.com/sites/default/files/imagecache/article/2012-01-26_2013/fourest.jpg

Caroline Fourest qui s’est régulièrement illustrée par sa stigmatisation des musulmans de France et qui écrivait en janvier 2004: «La Tunisie, avec l’Egypte et la Turquie, seraient des démocraties officielles tenues d’une main de fer par l’armée» (330) [Caroline Fourest et Fiammetta Venner,Tirs croisés, janvier 2004], prétend aujourd’hui expliquer la démocratie aux Tunisiens.

Depuis quelque temps Caroline Fourest s’est éprise avec passion du sort des Tunisiens. Elle se sentirait aujourd’hui investie d’une mission de soutien, de tout son corps et de toute son âme auprès des luttes des Tunisiens pour leurs libertés et leurs droits humains, un combat dont elle se désintéressait lorsque Ben Ali bafouait les conventions internationales contre la torture au nom de la lutte contre l’islamisme. Or sa méconnaissance du contexte tunisien (La Tunisie était tenue par un régime policier et non militaire) ne doit pas lui rendre la tâche facile.

 

Lire la suite sur Slate.fr

Par Michel Servet - Publié dans : Idées, débats
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Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 10:18

Deux articles du Temps (CH).

 

http://www.letemps.ch/rw/Le_Temps/Samedi%20Culturel/2012/01/21/En%20Couverture/ImagesWeb/une%20pierre%20bourdieu--469x239.jpg

 

Pierre Bourdieu, ou l’art d’être désagréable


Il a écrit Les Héritiers avec Jean-Claude Passeron en 1964, un livre qui a été au cœur des débats sur la démocratisation des études
Il a écrit Les Héritiers avec Jean-Claude Passeron en 1964, un livre qui a été au cœur des débats sur la démocratisation des études. Il a inventé le concept de capital culturel et montré que la perpétuation des inégalités ne passe pas que par la transmission du patrimoine financier ou par la propriété mais aussi par l’apprentissage des conduites sociales et des savoirs. Il a enquêté sur la pauvreté et sur l’humiliation, publié La Misère du monde.

Pierre Bourdieu, prophète sectaire ou penseur capital?

Isabelle Rüf

 

Dix ans après sa mort, le sociologue français est un des intellectuels français les plus cités et les plus admirés aux Etats-Unis et en Allemagne. Ses livres, «Les Héritiers» et «La Misère du monde», nourrissent le débat sur l’école et le rôle de l’Etat. Mais le théoricien et ses passions politiques divisent

 

 

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Par Michel Servet - Publié dans : Idées, débats
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Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 18:00

 

J'ai lu, il y a déjà quelque temps, sur un blog, que je défendrais le Coran « avec acharnement et hargne. » De là à insinuer que je serais un propagandiste de l'islam, voire même de l'islamisme radical, il n'y a qu'un pas. L'article visé, sans mettre de lien pour permettre à ses lecteurs de juger sur pièces est à cette adresse. J'avais quant à moi mis un lien vers le texte que je critiquais. Chacun ses méthodes.

De fait, je me suis borné à expliquer que pour critiquer un ouvrage, quel qu'il soit, il fallait d'abord l'avoir lu, et que visiblement, les exemples donnés par l'auteur de l'article montraient qu'il ne l'avait pas lu, pas même un quart, pas même quelques lignes.

fetiche-bobo.jpg Si on veut faire une critique « défétichisante » (je préférerais personnellement le terme de scientifique ou matérialiste) d'un ouvrage, ce qui est le droit de chacun, il faut commencer par connaître les conditions et le contexte de sa rédaction. On l'étudie et on le critique alors comme on étudie les œuvres d'Homère, Grégoire de Tours ou Lénine.

Et cela suppose un minimum d'investissement personnel, de temps, de connaissances historiques, géographiques, ethnographiques, linguistiques. Et beaucoup de rigueur dans le raisonnement.

Et il arrive parfois que les approximations ne pardonnent pas. Tout dépend du sujet et de la notoriété de l'auteur de la critique. S'attaquer à l'islam est facile, sans danger : le sujet est mal connu, vaste, on peut raconter n'importe quoi, et il n'y a guère que les musulmans pour s'en offusquer. Vouloir annoncer le « crépuscule de l'idole » Sigmund Freud après une « lecture express » est beaucoup plus dangereux. La psychanalyse freudienne a ses praticiens, ses spécialistes, ses défenseurs, et ils savent se faire entendre. Michel Onfray l'a appris à ses dépens.

Si j'ai une obsession, ce n'est pas celle de la défense d'un texte religieux, qu'il s'agisse de la Bible, du Coran, du Talmud, du Bhagavad-Gîtâ ou même de tout autre, religieux ou non, mais celle de la rigueur scientifique. Les gens qui se réclament du marxisme devraient y être particulièrement sensibles, pour en avoir fait les frais : Dans les années 1970, les « nouveaux philosophes » ont expliqué le Goulag, Pol Pot, etc. par les œuvres de Lénine, Marx, Rousseau et Platon. Les critiques n'ont pas manqué, notamment de gens qui avaient lu et étudié sérieusement les auteurs en question et qui se sont fait un malin plaisir à relever les erreurs, les oublis, les approximations.

Quand on reçoit un « pan sur le bec1 », il y a deux attitudes possibles :

  • on répond et on oppose contre-argument à l'argument, ce qui fait avancer le débat.

  • on prend acte et on rectifie l'erreur.

Mais pourquoi chercher une explication complotiste, une sorte d'agenda caché, faire le lien entre ma modeste personne et un collectif de militants (sans d'ailleurs donner aux lecteurs le lien vers leur blog d'expression collective).

Chacun s'exprime en toute indépendance et je défie JJL de trouver de la part de MRAP pluriel le moindre écrit prenant la défense des textes religieux.

Sur mon blog non plus, d'ailleurs. Uniquement des critiques de certaines critiques, et uniquement pour des raisons de rigueur intellectuelle.


1 J'avais par exemple relevé que les textes homophobes du Coran, soi-disant très nombreux, se limitaient à deux versets redondants qui renvoyaient à l'histoire biblique, et que jamais le Coran ne parlait d'athées, parce qu'il n'y en avait pas, ou très peu, à l'époque de sa rédaction. C'était là une vraie analyse matérialiste, contextualisante, et donc « défétichisante ».

Par Michel Servet - Publié dans : Idées, débats
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Vendredi 2 décembre 2011 5 02 /12 /Déc /2011 19:43

Fanon1.jpg

 

Actualité de l’auteur des Damnés de la Terre, par Y.M et A.V.

 

De la Martinique où il est né, et où il a vu à l’œuvre la domination coloniale, en passant par son engagement dans les Forces françaises Libres, où il prit conscience que la défaite du nazisme ne signifiait pas la fin du racisme, jusqu’à l’Algérie où son engagement fut total comme psychiatre à l’hôpital de Blida, mais aussi comme acteur de la lutte pour l’indépendance de ce pays – il rejoignit le FLN en Tunisie en 1957 après son expulsion d’Algérie et sera même membre de la délégation algérienne au Congrès panafricain d’Accra et Ambassadeur, toute la vie de Frantz Fanon – vie courte mais intense, il est mort à l’âge de trente-six ans -, s’est articulée autour de la question coloniale.

 

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Par Michel Servet - Publié dans : Idées, débats
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Dimanche 27 novembre 2011 7 27 /11 /Nov /2011 20:57

Les islamistes modérés du Parti justice et développement (PJD) ont remporté les législatives du 25 novembre au Maroc avec 107 sièges sur 395, a annoncé dimanche le ministère de l'intérieur marocain.
Cette victoire va permettre au roi Mohamed VI de désigner au sein de ce parti, qui comptait 47 députés dans la précédente chambre, le chef de gouvernement qui sera chargé de former un cabinet de coalition.

(Le Monde 27/11/2011).

 

Elections législatives : "Un raz-de-marée des islamistes marocains du PJD est exclu" (Alexandre Adler) sur Atlasinfo.fr

Le même expliquait le 22 novembre que le parti de l'Istiqlal serait le grand perdant de ces élections. Or, ce parti arrive en second et c'st surtout l'USFP, le PS marocain, qui connait la déroute.

 

Pour mémoire, Élisabeth Teissier avait vu dans les astres que l'année 2011 serait faste pour DSK.

Par Michel Servet - Publié dans : Idées, débats
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Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 20:52

Samedi 19 novembre, 400 personnes sont venues assister aux premières Assises nationales de la diversité culturelle à Paris. La journée composée de conférences et d'ateliers, organisée par Témoignage chrétien et Salamnews, s'est clos par un appel pour une société interculturelle.

 

assisesdiversiteculturelle.jpg Notre société a connu en un demi-siècle une mutation sociétale et économique inédite. La cohésion sociale fondée sur des siècles d’Histoire et de valeurs nationales, religieuses et identitaires collectives a été balayée par un individualisme forcené, porté par un libéralisme réduit à sa plus simple expression, la consommation. Aujourd’hui, face au désarroi de la crise économique et dans une société morcelée, la tentation est générale d’en faire porter l’échec sur l’étranger, sa religion, sa culture. Or, ces populations et leurs cultures issues d’Orient, d’Asie, d’Afrique… sont désormais partie intégrante de la société française et de son Histoire. Elles doivent être pleinement actrices de la construction du vivre-ensemble de nos sociétés du XXIe siècle.

Pourtant, au lieu d’être considérés comme une chance pour construire une société de solidarité, les femmes et les hommes porteurs des cultures du monde qui habitent depuis des décennies en France sont de plus en plus dénoncés comme des obstacles à la vie commune. L’obsession d’une identité nationale pétrifiée dans une Histoire plus mythique que réelle impose à tous un modèle d’assimilation qui nie les différences et appauvrit la démocratie.

Au lieu d’unir les citoyens pour vaincre ensemble les défis vitaux qui permettent l’accès de tous à une vie digne, de plus en plus de discours et de pratiques, en France et en Europe, alimentent les peurs et agitent le spectre d’une menace provenant de l’étranger et des personnes de cultures et de religions autres que celles qui ont dominé et dominent encore le Vieux Continent.

Les propagateurs de ces discours font des différences culturelles et religieuses des obstacles indépassables à la construction de la Cité et de la démocratie. Ils jettent la vindicte sur des boucs émissaires, notamment les musulmans ou encore les Roms, bafouent le devoir d’accueil inconditionnel de l’immigré, se servent de la détresse sociale, des difficultés du vivre-ensemble qui touche l’ensemble de la société, réduisent les personnes à leur appartenance communautaire ou religieuse, pour prôner le rejet de l’autre et laisser libre cours à la xénophobie, au racisme et à la discrimination.

Le développement de ces logiques de rejet fait courir des risques graves à la démocratie. Nous, citoyens, associations, médias, réunis dans ces Assises pour une société interculturelle, refusons de toutes nos forces ces dérives au moment où s’annoncent les élections présidentielle et législatives.

Nous nous devons de résister à la propagation de la peur et de la défiance. Nous nous appuyons pour cela sur les ressources et les initiatives développées par les citoyens, de multiples associations et des collectivités territoriales pour inventer une société interculturelle. Beaucoup font déjà l’expérience de manières fraternelles de vivre ensemble, qui répondent à la quête de justice et de dignité sans abolir les différences, sans nier les ressemblances et en augmentant les capacités d’être de chacun.

Nous ne voulons pas d’une société où chacun est sommé de nier ses multiples appartenances culturelles, ethniques, religieuses, spirituelles, pour se conformer à un moule républicain, qui, dans ce cas, nie ou réduit la singularité de chacun. Nous ne voulons pas plus d’une société qui soit l’addition de communautés repliées sur elles-mêmes, qui enferment chacun dans une partie de son identité et ne cherchent pas à construire avec d’autres un espace commun à tous les citoyens.
Nous voulons d’une laïcité qui, pleinement dans l’esprit de la loi de 1905, garantisse et permette la liberté de conscience et le libre exercice des cultes – et des cultures.

Nous croyons fermement qu’une société interculturelle est possible. En cette période de grande dépression économique et d’extrême fragilité sociale, nous croyons vivement qu’il est indispensable et vital de s’attacher dès aujourd’hui à sa construction pour éviter l’implosion de notre société et les replis communautaires destructeurs de la cohésion sociale.

Citoyens, politiques, associations, institutions, nous nous devons de construire un vivre-ensemble durable donc interculturel ! Il est temps d’apprendre à vivre « unis et divers » pour témoigner que notre commune humanité est une espérance.

Aussi, forts de nos expériences et de nos convictions, nous demandons aux responsables politiques de mettre définitivement fin dans leurs discours et leurs pratiques aux arguments désignant une religion, une communauté ethnique ou culturelle comme la cause des problèmes de la France et de l’Europe.

Nous exigeons que soient mises en place des politiques d’accueil respectueux des droits des migrants et que cessent les véritables chasses à l’homme auxquelles se livrent les forces de l’ordre pour atteindre ses objectifs d’expulsion des étrangers en situation irrégulière.

Nous demandons que cesse la mise à l’écart du travail d’une partie de la population du fait de son appartenance ethnique ou de son lieu d'habitation et que les personnes de nationalité étrangère, quel que soit leur pays d’origine, bénéficient du droit de vote aux élections locales dans les mêmes conditions que les citoyens de l’Union européenne à qui ce droit est déjà octroyé.
Enfin, nous demandons la mise en valeur, la mutualisation et l’accompagnement des expériences qui construisent un véritable vivre-ensemble interculturel, notamment dans les quartiers populaires, afin qu’elles servent de références aux politiques publiques dans ce domaine ; et nous proposons que l’école soit, dans un esprit de laïcité ouverte comme l’insuffle la loi de 1905, un lieu de connaissance des différentes cultures et religions du monde et un espace d’éducation au vivre-ensemble.



POUR VOUS JOINDRE À L'APPEL :

Cet Appel, fort de ses signatures, sera remis aux candidats aux élections présidentielle et législatives dans le courant du premier trimestre 2012. *

>> SIGNEZ L'APPEL EN LIGNE

Par Michel Servet - Publié dans : Idées, débats
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Jeudi 10 novembre 2011 4 10 /11 /Nov /2011 18:00

affaires stratégiques

 

L'attentat contre les locaux de Charlie Hebdo a suscité une vive émotion, un vaste mouvement de solidarité mais également des raisonnements manichéens et des dérapages en tous genres. Le temps de la réflexion pourrait utilement être venu.

1. Cet attentat - car c'en est un - doit être condamné. Ceux qui l’ont commis sont aussi criminels qu’imbéciles.

2. On ne peut admettre l'argument « Charlie l’a bien cherché ». Rien ne justifie la violence dans une démocratie.

3. Si le Coran interdit la représentation du Prophète, Charlie Hebdo a parfaitement le droit de ne pas respecter cette règle. Il doit respecter les lois de la république pas celles de l'islam.

 (...)

11. Charlie a parfaitement le droit de participer à l'ambiance générale de la peur de l'islam. Mais il ne peut pas refuser le débat sur cette ligne politique, vouloir incarner un courageux combat pour les libertés alors qu'il suit le vent dominant. Il nourrit ce climat général qui profite à l’extrême droite qu’il dit vouloir combattre. Vis à vis de l’extrême droite qui se nourrit de la peur de l’islam, il fournit à la fois le poison et le contre-poison.

12. Le résultat de cette affaire est que l’islam fait un peu plus peur qu’avant, que les musulmans se sentent un peu plus rejetés. Bref, l’extrême droite et le communautarisme ont progressé, le vouloir vivre ensemble a reculé. Certes Charlie Hebdo n’a pas d’obligation particulière à le défendre, mais il ne peut d’un côté le revendiquer comme valeur et de l’autre, le piétiner.

J’admets bien volontiers que les dirigeants de Charlie ne sont pas islamophobes. Mais ce ne sont pas non plus de preux chevaliers de la liberté. Ce sont tout simplement des faux-culs opportunistes, qui ont voulu faire un coup et doper leurs ventes en jouant sur la peur (vas-y coco la menace islamiste c’est vendeur), au moment où le journal était en difficulté(*), sans tenir compte du coût social de leur coup médiatique.

 

Article complet

 

 

 

 

 

 

Par Michel Servet - Publié dans : Idées, débats
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Jeudi 3 novembre 2011 4 03 /11 /Nov /2011 13:44

L’unanimité paraît totale dans la société française sur l’affaire Charlie Hebdo et le saccage des locaux de l’hebdomadaire. Voici bien longtemps que je ne lis plus Charlie hebdo. Nous sommes dans un monde complexe, une société en crise économique, politique, culturelle et je suis toujours étonnée que dans un tel contexte puisse se réaliser des unanimités qui sont de surface et que l’on baptise alors « républicaines » en tentant d’oublier ce qu’il a fallu de réflexions et de contradictions assumées pour aboutir à cette république.

Il existe  des appartenances auxquelles je suis attachée, peut-être y a-t-il là un vestige communautariste, je ne le crois pas, mon identité vers l’universel, la reconnaissance de l’autre, de son humanité passe par l’acceptation et le dépassement (abolition et conservation dialectique) de ces identités qui ont toujours été problématiques c’est à dire un donné social qu’il a fallu reconstruire dans la perspective de l’universel humain.

 

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Par Michel Servet - Publié dans : Idées, débats
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Mardi 1 novembre 2011 2 01 /11 /Nov /2011 22:43

 

Les notions de démocratie et de souveraineté populaire sont en jeu dans ces trois cas :

vote99.jpg

Grèce.

La Grèce est confrontée à une crise économique et financière gravissime. Le gouvernement grec a l'intention de demander au peuple grec de décider. En effet, la démocratie représentative montre ses limites :

Les précédentes élections, gagnées par le PASOK, ne portaient absolument pas sur cette question, et les électeurs grecs peuvent légitimement dire à leurs députés : « On ne vous a pas élus pour ça ». Et ils ne se privent d'ailleurs pas de le dire.

La décision du Premier ministre grec est donc tout à fait justifiée, c'est pour lui la seule façon d'éviter une crise politique grave, des émeutes, etc..

Au lieu d'être saluée, elle est critiquée par la plupart des gouvernements européens et une grande partie des commentateurs. Et pour eux, le scandale absolu serait que les Grecs fassent comme les Islandais : refuser de payer.

Tunisie.

Après des décennies de dictature, avec la complicité des gouvernements occidentaux et le silence complaisant de beaucoup de journalistes, les Tunisiens ont pu enfin choisir librement une Assemblée constituante. A l'issue d'élections libres, transparentes, non truquées, ils ont donné la majorité au parti Ennahda, qui se revendique islamo-conservateur et se réfère au parti turc AKP. Les mêmes, qui avaient fermé les yeux sur les crimes du régime Ben Ali, se déclarent scandalisés et inquiets du résultat. Alors que le seul débat devrait être celui de la réversibilité du processus : les Tunisiens auront-ils la possibilité, si Ennahda perd leur confiance, de choisir une autre majorité ?

En France, pendant de nombreuses années, les Français auraient bien fait le choix d'une majorité de gauche incluant le PCF, mais beaucoup hésitaient. Le précédent du « coup de Prague » en 1948, les déclarations de certains responsables communistes, du style : « Mais pourquoi voulez-vous que nous perdions la confiance des Français, ce sera tellement bien quand nous serons au gouvernement ! », ne les rassuraient pas. Quand le PCF a clairement indiqué qu'il respecterait toujours la volonté populaire, il n'y a plus ce problème.

Aujourd'hui, rien ne permet de penser qu'Ennahda ne respectera pas la volonté populaire, si ce parti perdait la confiance des Tunisiens.

Union européenne.

La crise de l'euro pousse certains à demander la création d'un gouvernement européen, qui exercerait sa tutelle sur les gouvernements des États-membres. Le tout est baptisé du joli nom d'Europe fédérale.

Il existe dans le monde, et même parmi nos voisins, des pays organisés sous une forme fédérale. Régulièrement, ils connaissent des débats sur les pouvoirs et compétences respectifs de la Fédération et des entités fédérées.

Les centralistes font valoir qu'un peu plus d'harmonisation fédérale, de regroupement des compétences serait souhaitable, pour permettre des économies d'échelle, etc..

Les autres défendent les gouvernements de proximité, et parfois l'égoïsme des régions riches par rapport aux régions pauvres.

Mais dans ces pays, les gouvernements locaux et fédéraux ont la même légitimité démocratique. Par exemple, en Allemagne, les exécutifs du Bund et des Länder sont responsables devant des parlements dont ils sont issus. La question de la répartition des pouvoirs et des compétences n'est donc pas polluée par celle du « déficit » de démocratie. Les électeurs saxons ou allemands ont la possibilité, s'ils sont mécontents de leur ministre-président ou de leur chancelière, de choisir une autre majorité.

Les citoyens de l'Union européenne peuvent-ils en faire autant avec M. Barroso ? Non, et c'est bien là tout le problème.

Alors, commençons par démocratiser les institutions européennes, et seulement ensuite on pourra discuter des compétences des uns et des autres.

Par Michel Servet - Publié dans : Idées, débats
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