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Égypte

Lundi 14 mars 2011 1 14 /03 /Mars /2011 07:27

Ce point prospectif par Ilan Pappé, sur la conception sioniste de la question israelo-palestinienne et sa critique, vues des révolutions démocratiques tunisienne et égyptienne et de leur "effet domino" social et utopique en Afrique et au Moyen-Orient, est une traduction française de l’éditorial inédit du magazine anglophone "e.i. — Electronic Intifada" du 14 février 2011, sur internet. (Dernières corrections le 21-02-011)

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 Le point de vue d’Israël est que les révolutions tunisienne et égyptienne si elles réussissent en effet soient mauvaises, très mauvaises. Les Arabes instruits — pas tous habillés comme "des Islamistes", quelques-uns d’entre eux parlant un anglais parfait, et dont le désir pour la démocratie est articulé sans recours à la rhétorique "anti-occidentale" — sont mauvais pour Israël.

Les armées arabes qui ne tirent pas sur les manifestants sont également mauvaises tout comme beaucoup d’autres images qui ont déplacé et enthousiasmé tant de personnes dans le monde entier, même à l’Ouest. Cette réaction mondiale est aussi mauvaise, très mauvaise. Cela fait ressembler l’occupation israélienne en Cisjordanie et dans le territoire de Gaza, ainsi que ses politiques d’apartheid à l’intérieur de l’État, aux actes d’un régime "arabe" typique.

Pendant un moment, on n’a pas pu dire ce qu’était la pensée officielle d’Israël. Dans son premier message de principe à ses collègues le Premier ministre Benjamin Netanyahu demanda à ses ministres, à ses généraux et aux politiciens de ne pas se prononcer publiquement sur les événements en Égypte. Pour un bref instant on pensa qu’Israël passait de voyou du quartier à ce qu’il fut toujours : un visiteur ou un résident permanent.

Il semble que Netanyahu ait été particulièrement gêné par les propos malheureux sur la situation prononcés publiquement par le général Aviv Kochavi, le chef du renseignement militaire israélien. Ce top expert israélien sur les affaires arabes avait déclaré en toute confiance à la Knesset (il y a deux semaines) que le régime de Moubarak était toujours aussi solide et résistant. Mais Netanyahu ne put rester la bouche close si longtemps. Et quand le patron parla tous les autres suivirent. Et quand tous réagirent, les commenter fit ressembler les reporters de Fox News à "une bande de pacifistes et de hippies de l’amour libre venus des années 1960".

L’essentiel de la narration israélienne est simple : il s’agit d’une révolution de type iranien aidée par Al Jazeera et stupidement autorisée par le président américain Barack Obama, le nouveau Jimmy Carter, et le monde est stupéfait. Les anciens ambassadeurs d’Israël en Égypte sont le fer de lance de l’interprétation israélienne. Toute leur frustration d’avoir été enfermés à l’étage élevé de leur appartement cairote éclate maintenant comme un volcan inextinguible. Leur tirade peut se résumer aux paroles de l’un d’eux, Zvi Mazael, disant à la télévision israélienne Channel One, le 28 Janvier : "C’est mauvais pour les juifs, très mauvais.

 

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Par Michel Servet - Publié dans : Égypte
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Mardi 8 février 2011 2 08 /02 /Fév /2011 20:50

gresh La chaîne satellitaire Al-Arabiyya, concurrente d’Al-Jazira et proche de l’Arabie saoudite, publie une étonnante nouvelle : l’ancien ministre de l’intérieur, l’homme responsable depuis des années de la répression, des arrestations et de la torture en Egypte, Habib Al-Adly, est soupçonné d’être derrière l’attentat contre l’Eglise à Alexandrie le 31 décembre dernier (« Probe starts on Adly’s reported role in Alex church attrack. Ex-minister suspected behind Alex church bombing », 7 février).

« Selon des sources diplomatiques britanniques, l’ancien ministre de l’intérieur a établi depuis six ans une organisation dirigée par 22 officiers qui employait d’anciens islamistes radicaux, des trafiquants de drogue et des sociétés de sécurité pour mener des actes de sabotage à travers le pays au cas où le régime serait en difficulté. »

Il faut ajouter, concernant les coptes, que le pouvoir voulait attiser les divisions entre musulmans et chrétiens pour pouvoir se présenter comme le garant de la stabilité. D’ailleurs, depuis le début des événements, et alors que la police a disparu des rues, aucun attentat contre un lieu de culte chrétien n’a eu lieu. Dans de nombreux cas, des prêtres et des imams ont prêché ensemble et des jeunes ont assuré la sécurité.

 

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Par Michel Servet - Publié dans : Égypte
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Mardi 1 février 2011 2 01 /02 /Fév /2011 20:43

 

Egypte : Révolution jusqu’où ?



Si l’on peut se féliciter dans un premier temps de la décision des responsables de l’armée égyptienne de ne pas faire couler de sang lors de la manifestation de ce mardi 1erfévrier, il n’en demeure pas moins qu’un certain nombre de questions se posent et à terme des ambiguïtés ne pourront demeurer très longtemps en l’état.

  • Contrairement au cas tunisien, l’armée, égyptienne a, depuis 1952 et la Révolution des officiers libres, représenté le pilier central du régime allant jusqu’à exercer de façon plus ou moins directe l’effectivité du pouvoir en fournissant la totalité des chefs de l’Etat qui se sont succédé depuis cette date.

  • La hiérarchie militaire égyptienne a été associée de près à la conduite des affaires, présente dans tous les rouages, ceux de l’Etat comme ceux de l ‘économie.

Comment expliquer dans ce cas que l’armée puisse « fraterniser » avec les contestataires et donner , par sa promesse de ne pas tirer sur la foule, un encouragement indirect à participer à la manifestation de ce jour.

egypte drapeauDans ce qui peut être considéré comme une habile campagne de séduction et/ou de promotion dont l’objectif est double – faire tout à la fois oublier leurs responsabilités dans l’état actuel de crise et sauver le régime – les hauts responsables militaires semblent tout autant agir avec sagesse - éviter un bain de sang- qu’avec calcul –se trouver débarrassé de Moubarak, devenu trop encombrant pour mieux tenter de sauver le régime et leurs intérêts, quitte à concéder quelques réformes pour faire baisser la pression populaire et éviter que la contestation ne passe à un stade supérieur, celui des institutions politiques, économiques et sociales.

Alors que les responsables militaires sont étroitement liés aux Etats-Unis, - l’armée égyptienne est au niveau financier sous perfusion étatsunienne- la prise de pouvoir en doiuceur par les militaires ne pourrait que satisfaire les Etats-Unis.

Pour paraphraser la célèbre formule du prince Salina dansle Guépard « Il faut que Moubarak change pour que rien ne change » et en particulier au niveau diplomatique où le soutien du Caire à la politique moyen-orientale de Washington revêt une importance capitale pour les Etats-Unis et ses alliés. Ainsi cette solution (une transition sans remise en cause essentielle) vise plus à sauver les intérêts des puissances occidentales et d’une caste qui agit pour se maintenir au pouvoir qu’à remettre en question les structures politiques et économiques de l’Egypte et à satisfaire les exigences démocratiques, sociales et matérielles de la majeure partie de la population qui se débat dans les difficultés économiques.

Responsable de la pauvreté extrême d’une grande partie de la population, un système que les militaires continueront sans nul doute à pérenniser soit seuls soit en partenariat avec des partis politiques dont la présence ne pourra donner qu’une caution démocratique en dehors de toute transformation sociale majeure. Là se trouve sans doute la limite de la mansuétude et la bienveillance des militaires.

Y.M. & A.V.

Par Michel Servet - Publié dans : Égypte
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Vendredi 7 janvier 2011 5 07 /01 /Jan /2011 06:09

gresh

L’attentat contre une Eglise copte à Alexandrie le 31 décembre a suscité des condamnations unanimes. Y compris des instances musulmanes, contrairement à ce qu’écrit Vincent Giret dans l’éditorial du 3 janvier de Libération, « Survie » : « Seules quelques voix isolées dans le monde musulman ont osé protester. ». D’Al-Azhar au Hezbollah, de l’Arabie saoudite aux Frères musulmans, des sunnites aux chiites, peu de voix ont manqué. Il n’y a, en revanche, pas eu de grandes manifestations, mais pour une raison simple : les manifestations sont de facto interdites en Egypte comme dans la plupart des pays arabes, que ce soit sur les attentats contre les coptes ou sur la Palestine.

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Par Michel Servet - Publié dans : Égypte
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Mardi 4 janvier 2011 2 04 /01 /Jan /2011 07:08

letemps Directeur de l’Initiative égyptienne pour les droits de l’homme, Hossam Bahgat estime que les préoccupations des coptes ne sont pas assez prises en compte dans un contexte de crise.

 

Hossam Bahgat est musulman et directeur de l’Initiative égyptienne pour les droits de l’homme, une ONG qui défend les droits des minorités. Après la fusillade meurtrière contre une église il y a un an à Nagaa Hamadi, dans le sud de l’Egypte, il avait mis en garde contre un massacre de plus grande ampleur si l’Etat ne prenait pas enfin le problème au sérieux. Il espère aujourd’hui une prise de conscience de la société égyptienne et propose des pistes de sortie de crise.

Le Temps: Les coptes ont vivement réagi à l’attentat d’Alexandrie en mettant en cause le gouvernement davantage que les terroristes eux-mêmes. Comprenez-vous leur colère?

 

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Par Michel Servet - Publié dans : Égypte
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Samedi 1 janvier 2011 6 01 /01 /Jan /2011 22:51

J'ai trop souvent regretté que les associations antiracistes soient trop discrètes en cas de racisme anti-chrétien ou anti-français (le vrai, pas celui que dénonce l'extrême-droite à propos de n'importe quoi) ou de violences contre des chrétiens pour ne pas saluer le communiqué du MRAP, qui vient de condamner l'attentat d'Alexandrie.


 

Attentat d’Alexandrie : condamnation du MRAP

logo couleur2 Dans la nuit du 31 décembre au 1erjanvier, un attentat visant une église copte à Alexandrie en Egypte a fait 21 morts et près de 80 blessés. Il y a deux mois, le 31 octobre, c’étaient les chrétiens d’Irak qui étaient victimes d’une attaque contre la cathédrale syriaque catholique de Bagdad. Une fois de plus des innocents ont été assassinés parce qu’ils étaient les fidèles d’une religion déterminée.

Si en Irak le chaos résultant de l’intervention américaine est responsable d’actes qui ont endeuillé d’abord la communauté musulmane des chiites et aujourd’hui la communauté chrétienne et fait de ce pays le terrain d’exercice pour les djihadistes, en Egypte c’est le blocage de la situation politique et particulièrement l’impossibilité faite à toute opposition politique légale de s’exprimer qui a fait dévier sur le terrain religieux l’activisme de groupes violents à la recherche de boucs émissaires.

Néanmoins dans les deux cas , l’absence de réelles perspectives de paix juste dans le conflit israélo palestinien sert également de prétexte aux adeptes d’un « choc des civilisations » inversé.

Le MRAP s’inquiète de la multiplication de ces graves violences qui frappent toutes les communautés du Moyen-Orient. La condamnation de ces actes racistes ne doit souffrir d’aucune exception et en de pareilles circonstances , le MRAP se joint aux personnes et organisations de toutes obédiences et de toutes confessions pour refuser la violence et le fanatisme.

Les condamnations, les gestes de solidarité concrète, la recherche et la sanction des coupables sont certes nécessaires mais ne suffiront pas à mettre un terme au cycle des violences. Il importe de mettre fin aux causes premières de ces actes, les groupes fanatiques prospérant d’autant mieux que le terrain leur est favorable.



Paris, le 1er janvier 2011

Par Michel Servet - Publié dans : Égypte - Communauté : les anti-capitalistes
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Samedi 27 novembre 2010 6 27 /11 /Nov /2010 06:54

letemps L’opposition et la société civile dénoncent un scrutin joué d’avance sur fond de fraudes et de violences. La répression à laquelle les Frères musulmans sontt soumis depuis cinq ans s’est accentuée pendant la campagne

Dans les ruelles boueuses de Mit Namma, village défavorisé du delta du Nil, la rencontre entre le Frère musulman Mohamed el-Beltagui et des partisans de son rival du Parti national démocratique (PND) au pouvoir a failli mal tourner. Intimidations, provocations, échanges de coups: pendant plusieurs minutes, des jeunes, dont l’un armé d’une bombe aérosol transformée en lance-flammes, un autre fonçant dans la foule en moto, ont harcelé le cortège du candidat islamiste.

«C’est leur tactique habituelle», affirme Khaled Tantaoui, membre de l’équipe de campagne de Mohamed el-Beltagui. «Ils essaient de créer des violences pour que la presse officielle puisse écrire que nous sommes des terroristes.» Dimanche, au premier tour des législatives, «ce sera pire, ajoute-t-il, car ça servira de prétexte pour fermer les bureaux de vote. Ils savent que si les gens votent, ce sera pour le docteur Beltagui».

 

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Commentaire personnel.

En Palestine, le Hamas, proche des Frères musulmans, a gagné les élections et on a puni le peuple palestinien.

En Tunisie, Ben Ali ne fait même plus semblant de faire des élections pluralistes.

Comment reprocher à certains pays leur manque de démocratie et récuser par avance le résultat d'élections démocratiques ?

Par Michel Servet - Publié dans : Égypte - Communauté : les anti-capitalistes
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Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 21:39


Les potentiels différends entre Coptes et Musulmans en Egypte: signification réelle et implications


Par Sebastian Elsässer, Freie Universität Berlin / CEDEJ - 28 avril 2010


Le confessionnalisme, appréhension du monde en essor en Egypte, représente un mode d’interprétation de la réalité, lecture générale applicable à toute question de société. Pour cette raison, il est parfois difficile de cerner si certaines affaires sont au fond confessionnelles, c’est-à-dire issues originellement d’un conflit ou différend entre Coptes et Musulmans ou si elles apparaissent comme telles, uniquement, parce que là réside le schéma d’interprétation qu’y apposent certains observateurs dans les médias ou le discours public. De ce fait, l’inventaire des différends entre Coptes et Musulmans peut varier beaucoup selon les points de vue. Pour cette analyse, j’ai choisi les quatre problématiques politiques et sociales contemporaines par rapport auxquelles les prises de position me semblent se constituer le plus clairement le long des divisions religieuses, et où les polarisations entre Coptes et Musulmans me semblent les plus accentuées.

 

 

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Par Michel Servet - Publié dans : Égypte - Communauté : Membres de Facebook
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Mercredi 31 mars 2010 3 31 /03 /Mars /2010 20:14

Il y a les gros bateaux-hôtels, qui promènent des cargaisons de touristes de temple en temple, la felouque, plus proche de l'Égyptien de base, mais au confort très sommaire, et maintenant le sandal, ancien bateau pour le transport des pierres, et maintenant aménagé : six cabines confortables, un équipage sympa, proche et efficace, la possibilité de débarquer n'importe où et d'aller voir les villages, rencontrer les paysans, se promener au milieu des champs.

 


alexandre  aton
 "petit"  plus gros
 sudan  felouque
 Chic et cher, le "Sudan" l'ancien bateau de croisière du roi Farouk aménagé pour des croisières de luxe : bois précieux, cuivres blinqués, etc..
 La felouque, sympa et spartiate.
 bateaux
 sandal1
 A côté, le sandal est tout petit
 mais à taille humaine
Par Michel Servet - Publié dans : Égypte - Communauté : Membres de Facebook
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Dimanche 28 mars 2010 7 28 /03 /Mars /2010 06:00
Extraits d'un article de La Croix, quotidien qu'on ne peut accuser de racisme anti-chrétien.

Depuis les événements d’Al Kocheh – un village à quelques kilomètres de Nagaa Hammadi – en 2000, au cours desquels 21 coptes avaient été tués, le pays n’avait pas connu de violences confessionnelles de cette ampleur. Signe des tensions entre musulmans et coptes (environ 10% de la population), qui s’aggravent depuis quelques années, sous l’effet de la mouvance salafiste et du discours islamophobe de certaines organisations coptes radicales.
(..)
D’autres évoquent aussi des motivations économiques. « À Nagaa Hammadi, les chrétiens sont en général commerçants ou propriétaire de terres, alors que les musulmans sont ouvriers ou employés dans les administrations », explique Salwa, la quarantaine. « Les coptes détiennent le pouvoir économique. Cette attaque est destinée à les intimider », renchérit Mgr Anba Kirillos, évêque de la ville.
Par Michel Servet - Publié dans : Égypte - Communauté : Membres de Facebook
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