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Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 08:00

Dans Courrier international n° 1105 du 5 janvier 2012

 

Ancienne terre du Saint-Empire germanique, le Tyrol a fait partie de l’Empire des Habsbourg de manière pratiquement ininterrompue du XIVe au début du XXe siècle.A partir des années 1920, la région connaît une histoire fortement agitée sous l’impact du fascisme et du nazisme. En 1946, sous la pression des Alliés, un accord y garantit la protection des minorités. Non respecté, il donne lieu à une vague de terrorisme dans les années 1960. Il faudra attendre l’entrée en vigueur d’un nouveau statut d’autonomie en 1972, garantissant de larges compétences aux minorités, pour que la situation se pacifie.

 (..)

 

Tout cela apporte de l’eau au moulin des trois partis d’opposition “allemands”, qui [forts de 8 sièges au total au Parlement] plaident pour un “Etat libre du Tyrol du Sud” ou pour un “retour à la patrie autrichienne”. En dépit de quelques nuances et frictions, ils se rejoignent dans leur volonté de “se séparer de Rome” [slogan à tonalité pangermaniste de la fin du XIXe siècle]. ­Derrière ce type de revendications se ­rassemble une grande partie des associations traditionalistes à l’histoire séculaire, mais pas seulement. Dans la jeunesse également, les tendances séparatistes trouvent un écho favorable et même les milieux économiques ne rejettent pas (plus) l’option d’un “Tyrol du Sud indépendant de l’Italie”, sûr de lui et autonome. Les commerçants, les milieux du tourisme, les industriels et les artisans évoquent très ouvertement l’idée que, plus “la crise de l’Italie prend de l’ampleur”, plus ils songent à “réorienter” leurs affaires. Nombreux sont ceux qui commencent à investir davantage en Autriche et en Allemagne.

 

(..)

  bolzano.gif

 

Cette actualité pose la question du "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes" qui peut aussi servir : 

- aux "peuples riches" à se débarrasser des moins riches. Cf le divorce tchéco-slovaque et les revendications flamandes

- à recycler des idéologies dangereuses (le pangermanisme).

 

 


Par Michel Servet - Publié dans : Europe
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Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 07:56

Une parodie en noir et blanc du film culte Der 90 Geburtstag oder Dinner for one, qui met en scène le président français et la chancelière allemande, fait un tabac sur la Toile.

De notre correspondant à Berlin

Les agapes de fin d'année ne sont pas encore tout à fait finies outre-Rhin. L'Allemagne continue de se délecter avec une parodie du film culte Der 90 Geburtstag oder Dinner for one, traditionnellement diffusé le soir de la Saint-Sylvestre par la chaîne ARD. Intitulé Le 90e sommet de sauvetage ou Des Euros pour personne, le «remake» en noir et blanc diffusé pour clore l'année 2011 met en scène Angela Merkel dans le rôle de Miss Sophie et Nicolas Sarkozy dans celui de son fidèle majordome.

 

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Par Michel Servet - Publié dans : Europe
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Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 13:30
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Par Michel Servet - Publié dans : Europe
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Dimanche 4 décembre 2011 7 04 /12 /Déc /2011 21:34

 

 

J'ai reçu cette vidéo avec ce commentaire :

 

Lisez et regardez ce qu’il s'est passé dernièrement à l'Opéra de Rome :  Silvio Berlusconi contesté par Giuseppe Verdi  

Le 12 mars dernier, Silvio Berlusconi a dû faire face à la réalité.  L' Italie fêtait le 150ème anniversaire de sa création et à cette occasion  fut donnée, à l¹opéra de Rome, une représentation de l¹opéra le plus  symbolique de cette unification : Nabucco de Giuseppe Verdi, dirigé par  Riccardo Muti.

Nabucco de Verdi est une oeuvre autant musicale que politique : elle évoque  l'épisode de l'esclavage des juifs à Babylone, et le fameux chant « Va  pensiero » est celui du Choeur des esclaves opprimés. En Italie, ce chant  est le symbole de la quête de liberté du peuple, qui dans les années 1840 -  époque où l'opéra fut écrit - était opprimé par l'empire des Habsbourg, et  qui se battit jusqu'à la création de l¹Italie unifiée.

Avant la représentation, Gianni Alemanno, le maire de Rome, est monté sur  scène pour prononcer un discours dénonçant les coupes dans le budget de la  culture du gouvernement. Et ce, alors qu¹Alemanno est un membre du parti au  pouvoir et un ancien ministre de Berlusconi. Cette intervention politique,  dans un moment culturel des plus symboliques pour l¹Italie, allait produire  un effet inattendu, d¹autant plus que Sylvio Berlusconi en personne  assistait à la représentation (j 'aurais bien aimé voir sa tête pendant  les déclarations du chef d'orchestre, Riccardo Muti...)

Dans le Times, Riccardo Muti, le chef d'orchestre, raconte ce qui fut une  véritable soirée de révolution : « Au tout début, il y a eu une grande  ovation dans le public. Puis nous avons commencé l¹opéra. Il se déroula  très bien, mais lorsque nous en sommes arrivés au fameux chant Va Pensiero,  j¹ai immédiatement senti que l¹atmosphère devenait tendue dans le public.  Il y a des choses que vous ne pouvez pas décrire, mais que vous sentez.  Auparavant, c¹est le silence du public qui régnait. Mais au moment où les  gens ont réalisé que le Va Pensiero allait démarrer, le silence s¹est  rempli d¹une véritable ferveur. On pouvait sentir la réaction viscérale du  public à la lamentation des esclaves qui chantent : « Oh ma patrie, si  belle et perdue ! ».

Alors que le Choeur arrivait à sa fin, dans le public certains s¹écriaient  déjà : « Bis ! » Le public commençait à crier « Vive l¹Italie ! » et « Vive  Verdi ! »

Des gens du poulailler (places tout en haut de l¹opéra) commencèrent à  jeter des papiers remplis de messages patriotiques ­ certains demandant «  Muti, sénateur à vie ».

Bien qu¹il l¹eut déjà fait une seule fois à La Scala de Milan en 1986,  Muti hésita à accorder le « bis » pour le Va pensiero. Pour lui, un opéra  doit aller du début à la fin. « Je ne voulais pas faire simplement jouer un  bis. Il fallait qu¹il y ait une intention particulière. », raconte-t-il.

Mais le public avait déjà réveillé son sentiment patriotique. Dans un  geste théâtral, le chef d¹orchestre s¹est alors retourné sur son podium,  faisant face à la fois au public et à M. Berlusconi, et voilà ce qui s'est  produit : [Après que les appels pour un "bis" du "Va Pensiero" se soient  tus, on entend dans le public : "Longue vie à l'Italie !"]  Le chef d'orchestre Riccardo Muti : Oui, je suis d'accord avec ça, "Longue  vie à l'Italie" mais... [applaudissements]

Muti : "Je n'ai plus 30 ans et j'ai vécu ma vie, mais en tant qu'Italien  qui a beaucoup parcouru le monde, j'ai honte de ce qui se passe dans mon  pays. Donc j'acquiesce à votre demande de bis pour le "Va Pensiero" à  nouveau. Ce n'est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens,  mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le Choeur qui chantait "O  mon pays, beau et perdu", j'ai pensé que si nous continuons ainsi, nous  allons tuer la culture sur laquelle l'histoire de l'Italie est bâtie.  Auquel cas, nous, notre patrie, serait vraiment "belle et perdue".  [Applaudissements à tout rompre, y compris des artistes sur scène]

Muti : "Depuis que règne par ici un "climat italien", moi, Muti, je me  suis tu depuis de trop longues années. Je voudrais maintenant... nous  devrions donner du sens à ce chant ; comme nous sommes dans notre Maison,  le théatre de la capitale, et avec un Choeur qui a chanté magnifiquement,  et qui est accompagné magnifiquement, si vous le voulez bien, je vous  propose de vous joindre à nous pour chanter tous ensemble."

C¹est alors qu¹il invita le public à chanter avec le Choeur des esclaves.  « J¹ai vu des groupes de gens se lever. Tout l¹opéra de Rome s¹est levé. Et  le Choeur s¹est lui aussi levé. Ce fut un moment magique dans l¹opéra. »

« Ce soir-là fut non seulement une représentation du Nabucco, mais  également une déclaration du théâtre de la capitale à l¹attention des  politiciens.

Par Michel Servet - Publié dans : Europe
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Mercredi 3 août 2011 3 03 /08 /Août /2011 13:16

 

Dans « Tirs croisés », écrit avec Fiametta Venner, on lit : « Si l’intégrisme musulman n’a pas le monopole de la violence, il est le seul à bénéficier d’un stock de bombes humaines. ».

A cette époque, les Tigres tamouls avaient déjà employé des « bombes humaines », comme l'armée japonaise en 1945. Kamikaze est un mot japonais, pas arabe. Les bombes humaines n'ont pas été inventées par les islamistes, mais passons.


De plus, du point de vue de la victime, quelle est la différence entre être tué par un « kamikaze » avec sa ceinture d'explosifs et l'être par un missile tiré par un drone, téléguidé par une personne assise tranquillement dans son bunker climatisé dans le Nevada ou ailleurs, obéissant à un ex-alcoolique qui a entendu une voix venue « d'au-delà des étoiles » ?

 

Après les attentats de Norvège, fait au nom d'une idéologie qu'elle a contribué à conforter, on attendait ses réactions indignées, du type « je n'ai jamais pensé ou écrit cela, je condamne, etc.. »

Je suis donc allé voir (3 août 2011) :

 

http://www.prochoix.org/cgi/blog/

http://carolinefourest.wordpress.com/

 

Et je n'ai rien lu. N'a-t-elle rien à dire, ou bien attend-elle que l'orage passe pour raconter « sa » vérité ?

Je suis probablement injuste : elle est en vacances, loin de tout, sans radio, sans télé, sans journaux, sans même un cybercafé pour poster son analyse brillante.

 

Mais cette visite m'a permis de relire ce monument qu'est l'article sur Jean-Louis Brochen et Martine Aubry, où elle explique doctement qu'elle maintient ses insinuations, malgré les explications de Jean-Louis Brochen, qu'elle ne prend même pas la peine d'exposer à ses lecteurs. Bel exemple de déontologie journalistique !!


Et aussi celui-ci sur la mort d'Otto de Habsbourg-Lorraine, paru sur Prochoix.

europe.gif D'accord, c'était un fieffé réactionnaire, une grenouille de bénitier, mais il n'était pas que cela. Pendant des décennies, il a été le porteur d'un idée, son idée certes, de l'union européenne, de l'intégration de l'Europe centrale (il préférait cette expression à celle de « pays de l'Est ») dans cette union.

Il était l'emblème de cette nostalgie de l'Autriche-Hongrie, qui semblait, juste avant sa chute, préfigurer un état multinational, rempart contre les identités mortifères. C'est ce qu'avaient compris les austro-marxistes et qu'expliqua fort bien François Fejtö1 dans son « Requiem pour un empire défunt », dédié àfejto.jpg son père « libéral, franc-maçon et loyal citoyen de la monarchie austro-hongroise ». Pourquoi ne pas en parler, au lieu de ce portrait à charge, sans références pour appuyer ce qu'elle raconte ?

Un recherche documentaire a minima lui aurait permis d'éviter au moins quelques erreurs et omissions :

Son père était l'empereur Charles Ier d'Autriche et le roi Charles IV de Hongrie, les lecteurs de Pro-Choix ne retiendront de lui seulement qu'il était le père d'un type pas fréquentable, et il ne sauront pas qu'il a temedailleruedubac.jpgnté de mettre fin, dès son accession aux trônes, en 1916, à la tuerie de la Première guerre mondiale.

Quand à l'histoire du drapeau européen, je ne sais pas si l'archiduc s'est vanté de cela, faute de sources pour cette assertion, mais je sais que les étoiles en question n'ont rien à voir avec Fatima, au Portugal (1917), mais sont celles popularisées par Catherine Labouré, religieuse rue du Bac à Pari s, qui diffusa « la médaille miraculeuse » à partir de 1830.


Dans toute l'iconographie de N-D de Fatima, on ne trouve pas d'étoiles !!

Au moins, Jocelyn Bézécourt est mieux renseigné, et il cite ses sources, lui !!

 

1 Né dans une famille juive hongroise, militant anti-fasciste et anti-stalinien.

Par Michel Servet - Publié dans : Europe
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Mardi 12 juillet 2011 2 12 /07 /Juil /2011 06:37

Deux articles :

Le rappel des faits et des responsabilités de l'ONU et des Pays-Bas sur Mémorial 98 :

20.000 personnes se sont rassemblées ce lundi 11 juillet au mémorial Potočari, dans le contexte de l’arrestation récente et fort tardive du commandant du massacre, Ratko Mladic. (voir Mladic: un génocidaire enfin arrêté.)

Cette année, 613 victimes identifiées ont été enterrées dans le cimetière où reposent déjà plus de 4.500 victimes.. En juillet 1995, environ 8.000 hommes Musulmans, adultes et adolescents, ont été tués en à peine quelques jours par les forces serbes de Bosnie. Un génocide selon la justice internationale.

 Le 5 juillet, 16 ans jour pour jour après les faits, le gouvernement des Pays-Bas a été pour la première fois jugé coupable de la mort de trois Musulmans en juillet 1995 à Srebrenica. En 2008, lors du jugement en première instance, les Pays-Bas avaient été jugés non coupables.

 Le bataillon des casques bleus néerlandais était chargé de protéger, face aux menaces serbes, l’enclave musulmane déclarée zone protégée par l’Onu. Le 11 juillet 1995, les forces des Serbes de Bosnie qui encerclaient Srebrenica, sous les ordres de  Mladic ont pénétré dans la ville.

2653413042_3def7c34e0.jpg Les casques bleus néerlandais se sont alors retirés dans leur base, où presque 5.000 réfugiés trouvèrent protection. Mais 27.000 autres restèrent à la merci des Serbes.

8.000 hommes ont été tués et jetés dans les fosses communes par les forces serbes.Parmi les réfugiés du camp néerlandais,il y avait le traducteur du bataillon, avec toute sa famille (père, mère et petit frère),et l’électricien. Le 13 juillet, l’électricien et le petit frère du traducteur furent chassés du camp par les militaires néerlandais. Le père du traducteur les suivit. Les trois hommes furent massacrés avec les autres, et à la fin de la guerre, leurs proches déposerent  une plainte contre le gouvernement des Pays-Bas.

L’Etat néerlandais s’est défendu en soutenant que le bataillon n’était pas sous son contrôle, mais qu’il était commandé par l’ONU. Le tribunal a rejeté cette thèse, jugeant qu’« à cause de la situation extrêmement difficile et périlleuse », le gouvernement néerlandais avait progressivement repris le contrôle de ses hommes. Le tribunal a également estimé que le bataillon connaissait les risques et les dangers de la situation. En conséquence, les militaires néerlandais savaient qu’en excluant les trois hommes, ils les condamnaient à une mort certaine.

Sur cette base, les Pays-Bas ont été reconnus responsables de la mort des trois Bosniaques. L’État a décidé de se pourvoir en cassation. Ce jugement pourrait en tout cas faire jurisprudence pour les 6.000 survivants et les proches des victimes.

Mais la plaie est encore ouverte, d’autant qu’aucun représentant serbe ne participait cette année aux cérémonies commémoratives

(voir Srebrenica : l’impunité jusqu’à quand ?

 

et aussi un reportage du quotidien suisse Le Temps sur Sarajevo aujourd'hui.

 

http://www.letemps.ch/rw/Le_Temps/Quotidien/2011/07/11/International/ImagesWeb/01_galerie_archibosnie.jpg

 

avec cette conclusion :

La vraie question est là: le peu d’échanges qu’il y a entre les «quartiers serbes» et les «quartiers bosniaques». Le tramway qui dessert le centre-ville s’arrête avant les quartiers serbes. Les Bosniaques de Dobrinja ne fréquentent pas l’hôpital situé dans la partie serbe du quartier. Et un jeune sur deux de cette partie serbe ne se rend pas dans le centre-ville, selon le responsable d’une ONG. Quatre-vingts pour cent des bâtiments classés ont beau avoir été officiellement sauvés, le monument historique le plus important de la ville, celui de la mixité tranquille, reste à reconstruire.

Par Michel Servet - Publié dans : Europe
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Dimanche 19 juin 2011 7 19 /06 /Juin /2011 17:59

Le numéro de juin 2011 du "Monde diplomatique" publie un article très intéressant de Thomas Deltombe sur ce mouvement politico-religieux  d'inspiration protestante qui eut une influence importante après la Seconde guerre mondiale, notamment pour le rapprochement franco-allemand et la construction européenne.

"Ce vivre ensemble aussi mielleux que vicieux fait en revanche de Caux et Mackinac des lieux révès pour la diplomatie parallèle, la vraie passion de Buchman. Ayant réussi à attirer le futur chancelier allemand Konrad Adenauer à Caux dès 1946, et à y inviter le ministre français des affaires étrangères Robert Schuman, le MRA se flatte ainsi d'avoir joué un rôle important dans le rapprochement franco-allemand."

Par Michel Servet - Publié dans : Europe
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Samedi 4 juin 2011 6 04 /06 /Juin /2011 06:00

Dans son éditorial de "Différences", la présidence du MRAP évoque "les idéaux originels" de la construction européenne, qu'elle oppose aux replis identitaires et xénophobes. C'est oublier les positions du MRAP à l'époque, et aussi la réalité, puisque la création des institutions européennes est aussi une demande des États-Unis :

Article écrit pour l'Encyclopédia Universalis par Alfred Grosser et Jean-Baptiste Duroselle, qui ne sont ni des nationalistes bornés, ni des staliniens nostalgiques :

 

L'impulsion des États-Unis

 

L'idée d'une unité économique européenne a été imposée par les États-Unis au moment du plan Marshall, lancé en mars 1947, lui-même essentiellement initié pour faire renaître l'économie de l'Europe libre face à la menace soviétique. Les nouvelles instructions données en juillet 1947 par Washington au général dirigeant l'occupation américaine constataient : « Une Europe ordonnée et prospère demande la contribution économique d'une Allemagne stable et prospère. » Le même mois, la Conférence de Paris réunit seize pays européens pour définir leurs besoins. Le 16 avril 1948 est signée la Convention de coopération économique européenne. Aux seize de l'année précédente se sont joints les trois commandants en chef des forces d'occupation américaines, britanniques et françaises, qui signent au nom des parties occidentales de l'Allemagne. Comme l'avaient exigé les États-Unis pour accorder leur aide, la Convention donne naissance à l'Organisation européenne de coopération économique (O.E.C.E.).

 

Parallèlement à l'Europe économique naît une Europe de la défense. Après le « coup de Prague », la France, la Grande-Bretagne et les trois pays du Benelux signent, le 17 mars 1948, le traité de Bruxelles, en principe dirigé contre l'Allemagne, en fait né de la peur face à l'U.R.S.S., peur qui entraîne à demander une garantie et un soutien américains. Le 4 avril 1949 est signé à Washington le traité de l'Atlantique Nord. L'année suivante naît l'O.T.A.N., organisation issue du traité. À l'instar de l'économie, la défense implique une certaine idée de l'Europe liée à la puissance américaine.

 

Sur le plan politique, l'idée proprement européenne d'une union entre États, lancée au congrès de La Haye en mai 1948, rencontre plus de difficultés. Le Conseil de l'Europe qui la concrétise l'année suivante, le 5 mai 1949, reste en effet une simple organisation de coopération privée de pouvoirs réels, conformément au souhait britannique.

Par Michel Servet - Publié dans : Europe
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Mercredi 1 juin 2011 3 01 /06 /Juin /2011 13:13

L'éditorial du dernier numéro de Différences, la revue trimestrielle du MRAP, a suscité une réaction assez vive que j'ai publiée.

Je reviendrai sur le contenu de cet éditorial. Je ne partage pas forcément toutes les critiques de Catherine Ballestero, mais il y a beaucoup de choses critiquables dans cet éditorial et une confusion (??) sur la situation en Europe centrale et balkanique.

Les auteurs écrivent :

En Bulgarie, on rejette la minorité hongroise, en Hongrie on rejette la minorité bulgare et partout on rejette la minorité Rom.

Je ne ferai pas une analyse sémantique des concepts de minorité, minorité nationale, toujours très délicats à manier et sources de contresens.

Le plus beau à ma connaissance est celui de la CIA qui analyse ainsi la population française :

Celtic and Latin with Teutonic, Slavic, North African, Indochinese, Basque minorities
overseas departments: black, white, mulatto, East Indian, Chinese, Amerindian

 

 

 

 

Il y a certes des minorités Roms en Hongrie et en Bulgarie, qui sont victimes de discriminations, mais il n'y a pas de minorité hongroise en Bulgarie et de bulgare  en Hongrie. Les quelques centaines ou milliers de personnes considérées ne suffisent pas à constituer une minorité nationale.
Pour ceux que la question des minorités intéresse, un site très documenté :
http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/
Résultat de la consultation :
3 000 Bulgares en Hongrie (moins que d'Arméniens !!)
http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/hongriegeneral.htm
pas de Hongrois en Bulgarie
http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/bulgarie.htm
(Je ne fais pas miens tous les commentaires de ce site)
Il faudra donc offrir un Atlas géopolitique aux auteurs de cet article. Celui de André et Jean Sellier est très bien.

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51NDJ6020BL._SS500_.jpg

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Lundi 9 mai 2011 1 09 /05 /Mai /2011 06:00

Synthèse sur le site de l'université Laval du Québec :

 

Groupes ethniques Population Pourcentage Langue maternelle
Macédoniens 1 268 000 61,4 % macédonien
Albanais 398 000 19,2 % albanais
Tsiganes des Balkans 126 000 6,1 % tsigane
Turcs 82 000 3,9 % turc
Croates 40 000 1,9 % croate
Bosniaques 37 000 1,7 % bosniaque
Tsiganes des Sintes 31 000 1,5 %  tsigane sinté
Bulgares 20 000 0,9 % bulgare
Grecs 20 000 0,9 % grec
Roumains 10 000 0,4 % roumain
Aroumains (Valaques) 8 500 0,4 % aroumain
Arabes 6 000 0,2 % arabe
Méglénites 6 000 0,2 % mégléno-roumain
Monténégrins 4 000 0,1 % monténégrin
Hongrois 2 000 0,1 % hongrois
Pomaques 2 000 0,1 % bulgare
Yoruks (ou Turcs des Balkans) 2 000 0,1 % turc gagaouze des Balkans
Italiens 1 000 0,0 % italien
Juifs 1 000 0,0 % serbe
Ukrainiens 200 0,0 % ukrainien
Total (2004) 2 064 700

100,0 %

 

 

 

Avec cette carte :

 

http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/images/macedoine-map-ethnik.gif

 

Et maintenant, les travaux pratiques,  à partir de cet appel aux électeurs, publié en huit langues, dont le français, dans Le Monde du 24-25 avril 2011:

 

macédoine1
  macédoine2
 Facile : c'est du français
 La langue majoritaire : le macédonien (langue slave, caractères cyrilliques)
  macédoine3   macédoine4
  La seconde langue du pays : l'albanais
  C'est du turc : cumhuriyeti (prononcer djoumouriyéti) signifie république
  macédoine5   macédoine6
  C'est une langue latine : l'aroumain ? le roumain ?
  Également en caractères cyrilliques : bulgare (très peu différent du macédonien) ou serbe ?
  macédoine7   macédoine8
  ????   C'est une langue slave en caractères latins : croate ou bosniaque.

 

Exercice dédié à tous ceux qui pensent qu'il suffit de psalmodier "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes" pour régler toutes les situations.

Par Michel Servet - Publié dans : Europe
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