Mercredi 2 juin 2010
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crit en 1938 par le compositeur tchèque Hans Krása, réécrit par lui-même en 1943 dans le camp de concentration de Theresienstadt (Terezín), l’opéra Brundibár est
devenu célèbre pour avoir été joué de nombreuses fois par les enfants juifs internés dans ce camp avec leurs familles. Le compositeur et la plupart des interprètes ont été déportés à Auschwitz
fin 1944. Seuls quatre enfants ont survécu.
L’histoire
Deux enfants ayant perdu leur père, Annette et Petit Joe, se font du souci pour leur mère malade. Le
docteur
ayant prescrit du lait, les enfants tentent de gagner de quoi en acheter en chantant dans la rue. Mais ils se font chasser par le joueur d’orgue Brundibár. Avec le concours des enfants du
quartier, trois animaux vont leur venir en aide contre le grognon Brundibár…
Le concert
Les élèves des collèges Emile Gallé d’Essey-lès-Nancy, Frédéric Chopin et Guynemer de Nancy présentent une version française de cet opéra et y assurent toutes les
parties chantées (à l’exception du rôle de Brundibár) dans une mise en scène de Jean-Marc Chassard, assistés sous la direction de François Legée de l’orchestre de chambre Gradus Ad Musicam, partenaire régulier des ateliers artistiques de l’Education Nationale.
Opéra du souvenir et de la liberté, une parole optimiste contre l'oubli... Écrit pour des enfants dans un contexte historique très sombre,
Brundibár est un magnifique conte moral.
Brundibár, opéra pour enfants en deux actes de Hans Krása
Sur un livret d’Adolf Hoffmeister
Chœur et solistes :
Elèves des collèges CHOPIN, GUYNEMER et GALLÉ
Brundibár : Paul BERTHELMOT
Orchestre de chambre Gradus Ad Musicam
Direction : François LEGÉE
Mise en scène : Jean-Marc CHASSARD
Dimanche 27 juin 2010 à 15h
Lundi 28 juin 2010 à 20h30
Théâtre de la Foucotte, Nancy
Entrée : 10 € - 5 € (étudiants) - gratuit (moins de 8 ans)
Location : FNAC / Gradus ad Musicam (gradusadmusicam@gmail.com)
Hans Krása
Theresienstadt : la musique et la mort
Les nazis avaient construit à Theresienstadt (aujourd'hui Terezin, en République tchèque) un camp de concentration où l’on parquait les juifs en attendant qu’ils fussent envoyés à Auschwitz. Dans
cette bourgade du nord de Prague comprenant une enceinte fortifiée et un village, les nazis avaient organisé une mise en scène où l’art avait une place de choix. Theresienstadt était présenté
comme le modèle d’un village juif idéal administré par les nazis. Propagande
évidemment que cette petite ville rurale où les juifs vivaient mieux sous la juridiction hitlérienne que dans leurs sordides ghettos (également créés par les nazis). 140 000 déportés
séjournèrent à Theresienstadt, 100 000 furent envoyées à Auschwitz, 36 000 moururent sur place du typhus, d’exécutions ou de maladies, 4 000 survécurent. Pour fermer les yeux devant
l’innommable, il était tentant de croire à ce monument de propagande et il est possible que la Croix Rouge ait fait semblant, comme le montre un film célèbre dont les acteurs sont les déportés
eux-mêmes, habillés de neuf pour la circonstance. On y voit à plusieurs reprises le compositeur Hans Krása.
Le camp de Theresienstadt, malgré ses conditions sanitaires désastreuses, sa famine endémique, la terreur qui y régnait, vit naître de nombreuses œuvres poétiques,
théâtrales et musicales. Il y avait urgence à se servir de n’importe quoi pour accepter le destin d’être déporté au cœur même de l’Europe, et pour certains, à quelques kilomètres seulement de
chez soi. La musique a constitué le refuge ultime de ceux qui se savaient condamnés. Hans Krása (1899-1944) fut de ceux-là. Dans la nuit du 16 octobre 1944, il fut transporté vers Auschwitz,où il
fut gazé dès son arrivée.
Pour voir le film de propagande nazie sur Theresienstadt, veuillez cliquer ici
Source : Gradus ad Musicam
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