Vendredi 23 septembre 2011
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Quand j'ai créé ce blog, sur le Monde.fr, j'ai fait le choix d'un pseudonyme, comme beaucoup de blogueurs qui ont une activité professionnelle et des obligations
déontologiques. Un des plus connus est Maître Éolas, auquel je n'ai certes pas l'outrecuidance de me comparer.
Il y a d'autres exemples.
Pourquoi ce titre ?
Tout simplement parce que j'avais bien aimé cette phrase dans un télefilm : "Je suis un vieux singe qui refuse de faire les nouvelles grimaces"
Pourquoi Michel Servet ?
J'ai à l'époque pensé à un
précédent célèbre : le jeune Michel Rocard, soucieux de séparer ses écrits politiques de son engagement politique avait
choisi le pseudonyme de Georges Servet, en hommage au médecin catalan brûlé à Genève sur ordre de Jean Calvin.
Et Michel Servet est un personnage fascinant :
Médecin, humaniste, on lui attribue la découverte de la "petite circulation sanguine", entre le coeur et les poumons. Certains auteurs pensent qu'il l'aurait
découverte en lisant les travaux d'un médecin arabe.
C'est d'ailleurs cette connaissance de la littérature arabe qui causera sa perte, car il finit par défendre des thèses religieuses inspirées de l'islam, en mettant
en cause la divinité du Christ. Ce que ni l'Église catholique, ni la jeune Église réformée de Jean Calvin ne pouvaient admettre.
En cherchant de la documentation sur Michel Servet, je suis tombé sur cette étude sur un site de réflexion
théologique assez original et je ne résiste pas au plaisir de quelques citations :
C'est dommage, en matière de probité intellectuelle. Quand on ne va pas jusqu'au bout de ses idées, on risque d'aboutir à des solutions
mi-chèvre mi-chou, et qui ne conviennent à personne.
(..)
Dans son ouvrage de 1612, Castellion écrit l'une des plus belles phrases qui soit : "Tuer un homme, ce n'est pas tuer une
doctrine ; c'est tuer un homme". Voilà ce que pouvaient penser toutes sortes d'hommes, plus nombreux qu'on ne le croit, au XVIe siècle. Cela dit, que ce siècle ne fut pas celui de la
tolérance, c'est vrai. Cela ne viendra qu'à la fin du XVIIe siècle, avec un homme comme Pierre Bayle, qui développe un discours sur la "conscience errante". La conscience peut errer, mais il n'y
a pas de liberté sans la liberté de se tromper. Bayle réclama le droit à l'erreur, non pas l'erreur volontaire, mais la possibilité de se tromper en toute bonne foi. Sans ce droit, on ne peut
rien entreprendre, on ne peut rien faire.
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