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Culture d'entreprise

Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /Oct /2009 19:11

Union SNUI (Syndicat national unifié des impôts) – SUD Trésor
Communiqué de presse

Jeudi 19 Mars 2009

 

 

Bouclier fiscal : un bilan prévisible mais éloquent

Le bilan du bouclier fiscal pour l’année 2008 est désormais connu. Les chiffres, bien que prévisibles au vu de ceux que la loi « tepa » avançait, sont cependant éloquents.
Les chiffres
A ce jour, et sous réserve d’éventuels ajustements résultant des dernières demandes non encore intégrées au présent bilan (qui ne modifieront pas le « sens » profond de ce bilan), les principales données sont les suivantes :
· le coût budgétaire du bouclier fiscal « version 2008 » s’élève à 458,34 millions d’euros,
· 13.998 contribuables en ont bénéficié,
· la moyenne des restitutions s’élève à 32.743 euros mais recèle d’importantes disparités.
· les 8.338 bénéficiaires du bouclier qui ne sont pas imposables à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF)
ont perçu en moyenne 580 euros,
· 834 bénéficiaires, disposant d’un patrimoine supérieur à 15,5 millions d’euros (ce qui correspond à la dernière tranche de l’ISF), ont perçu en moyenne 368.261 euros,
· entre ces deux extrêmes, la moyenne des remboursements croît au fur et à mesure que la valeur du patrimoine s’élève, ce qui montre clairement le lien structurel qui existe entre le bouclier et l’ISF.
Ces données « réelles » marquent une certaine inflexion par rapport à celles qui figurent dans la loi « tepa », laquelle s’appuyait sur des bénéficiaires « potentiels » préalablement identifiés par les données fiscales.
· En volume, les contribuables non imposables à l’ISF (mis en avant par le gouvernement dans sa communication en faveur du bouclier) représentaient 86 % des bénéficiaires potentiels mais 59 % des bénéficiaires réels. En effet, pour 2008, 235.000 bénéficiaires potentiels du bouclier fiscal étaient identifiés pour un coût budgétaire de 810 millions d’euros, tandis que 8.338 contribuables non imposables à l’ISF ont effectivement demandé une restitution.
· Parmi eux, 32.000 contribuables à l’ISF pouvaient obtenir 678 millions d’euros, dont 1.000 pouvaient obtenir 272 millions d’euros.
· Le remboursement potentiel moyen global était de 3.446 euros dans la loi « tepa » tandis que le remboursement moyen réel s’élève à 32.743 euros.
· Parmi les 1.000 plus grands gagnants des bénéficiaires potentiels qui disposent d’un patrimoine de plus de 15,5 millions d’euros, 843 ont bénéficié d’un remboursement pour un montant supérieur à celui préalablement évalué (368.261 euros constatés contre 272.000 euros évalués).
A la lecture de la moyenne des remboursements effectifs, le profil type du gagnant du bouclier est le suivant :
plutôt parisien (la région parisienne, qui connaît à la fois une forte concentration des richesses et un haut niveau de la valeur du patrimoine immobilier, devrait représenter près de 60 % des montants remboursés), ce contribuable connaît une situation particulièrement aisée en termes de revenus et de patrimoine.
Quels enjeux ?
Le débat sur le bouclier fiscal est vif. Il pose, par construction, la question de l’imposition du patrimoine et des revenus dans notre société. N’oublions pas que l’imposition du patrimoine a été très affaiblie par la loi « tepa » (droits de succession et de donation, ISF) ce qui aura un impact certain sur la hausse des inégalités. Au-delà du bouclier fiscal, dont la légitimité est désormais profondément entamée et dont la question de l’existence est posée, c’est donc bien le nécessaire rééquilibrage du système fiscal dans le sens d’une meilleure redistribution, qui est en jeu.
Le « mérite » et la « réussite » si souvent invoqués n’entrent en rien dans ce débat, la principale caractéristique de la rente est la transmission de génération en génération, pas la réussite. Sauf à dire que si à 60 ans, on ne bénéficie pas du bouclier, on a raté sa vie…

 

Par Michel Servet - Publié dans : Culture d'entreprise - Communauté : les anti-capitalistes
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Samedi 17 octobre 2009 6 17 /10 /Oct /2009 23:27

Le SNUI (Syndicat national unifié des impôts) est le principal syndicat de l’administration fiscale. Les cadres supérieurs y ont leur expression propre et je cite intégralement l’éditorial de leur revue :

Lorsque Dominique Strauss-Kahn sous le gouvernement de Lionel Jospin avait réduit le taux normal de TVA d’un point pour le ramener au taux actuel de 19, 6 %, les observateurs les plus avisés avaient mis en exergue l’absence de corrélation entre la baisse de la TVA et celle des prix. Mais, il était malaisé dans un contexte globalement inflationniste de mesurer l’impact d’une baisse non significative de la TVA.

La réduction importante du taux de TVA applicable à la restauration permet de reposer sérieusement la question du lien entre la formation des prix et le niveau de la taxe sur la valeur ajoutée incorporée dans la valeur des produits.

Il est désormais acquis qu’à de rares exceptions près, la baisse de TVA applicable à la restauration de 19,6 % à 5,5% n’a pas été répercutée sur les prix, pas plus d’ailleurs que sur les salaires. L’opération a donc consisté en année pleine à améliorer les marges des professionnels de la restauration à hauteur de 2 à 3 milliards d’euros.

Pourquoi ?

Parce que dans un système de liberté des prix, la formation de ces derniers fait intervenir de nombreux paramètres où l’impact du taux de TVA s’avère marginal par rapport aux autres facteurs économiques et psychologiques. Prenons le cas d’un modèle donné de chaussures de sport d’un fabriquant de renommée mondiale fabriqué dans un pays à bas coût de main d’œuvre. Pour un même prix de fabrication, son prix de vente sera modulé selon les pays non pas en fonction des taxes de ce même pays mais en fonction de considérations commerciales sur la localisation des profits et du prix psychologique acceptable par les consommateurs compte tenu de leur pouvoir d’achat. On verra ainsi le même modèle à 99 € en France et à 60 € au Brésil à fiscalité indirecte équivalente.

Revendiquer une baisse des taux de TVA n’a de sens que si cette baisse se répercute sur le consommateur final. En un mot comme en cent, entre 3 milliards d’euros dans les caisses de l’Etat et la même somme dans les poches des restaurateurs, le choix n’est pas technique mais totalement politique voir idéologique.

Ne nous mentons pas, appliquer le taux zéro de TVA sur un produit de première nécessité comme les yaourts ne bénéficierait ni aux producteurs de lait, ni aux consommateurs, ni à l’Etat mais permettrait aux quelques industriels de la profession de majorer leurs profits à destination finale des revenus distribués à leurs actionnaires.

Taux zéro impact social zéro.

Avec un taux de TVA unique de 25 % sur l’ensemble des produits, les Danois l’ont bien compris : des impôts indirects élevés couplés avec des impôts directs véritablement progressifs leur permettent de financer un système social solidaire.

Avec la situation dégradée des comptes publics, l’heure des choix ne tardera pas à sonner. Choix de société à vrai dire entre ceux qui veulent moins d’impôts pour davantage de solutions individuelles sur la retraite, la protection sociale, le service public et ceux qui croient à des valeurs plus solidaires mais plus chères. Et en cette matière, les idées les plus ancrées méritent d’être revisités, ce sera le seul mérite de la baisse de la TVA dans la restauration.

Par Michel Servet - Publié dans : Culture d'entreprise - Communauté : Membres de Facebook
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Lundi 23 mars 2009 1 23 /03 /Mars /2009 20:37

Le bilan du bouclier fiscal pour l’année 2008 est désormais connu. Les chiffres, bien que prévisibles au vu de ceux que la loi « tepa » avançait, sont cependant éloquents.

Les chiffres

A ce jour, et sous réserve d’éventuels ajustements résultant des dernières demandes non encore intégrées au présent bilan (qui ne modifieront pas le « sens » profond de ce bilan), les principales données sont les suivantes :

  • le coût budgétaire du bouclier fiscal « version 2008 » s’élève à 458,34 millions d’euros,

  • 13.998 contribuables en ont bénéficié,

  • la moyenne des restitutions s’élève à 32.743 euros mais recèle d’importantes disparités.

  • les 8.338 bénéficiaires du bouclier qui ne sont pas imposables à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) ont perçu en moyenne 580 euros,

  • 834 bénéficiaires, disposant d’un patrimoine supérieur à 15,5 millions d’euros (ce qui correspond à la dernière tranche de l’ISF), ont perçu en moyenne 368.261 euros,

  • entre ces deux extrêmes, la moyenne des remboursements croît au fur et à mesure que la valeur du patrimoine s’élève, ce qui montre clairement le lien structurel qui existe entre le bouclier et l’ISF.


Ces données « réelles » marquent une certaine inflexion par rapport à celles qui figurent dans la loi « tepa », laquelle s’appuyait sur des bénéficiaires « potentiels » préalablement identifiés par les données fiscales.

  • En volume, les contribuables non imposables à l’ISF (mis en avant par le gouvernement dans sa communication en faveur du bouclier) représentaient 86 % des bénéficiaires potentiels mais 59 % des bénéficiaires réels. En effet, pour 2008, 235.000 bénéficiaires potentiels du bouclier fiscal étaient identifiés pour un coût budgétaire de 810 millions d’euros, tandis que 8.338 contribuables non imposables à l’ISF ont effectivement demandé une restitution.

  • Parmi eux, 32.000 contribuables à l’ISF pouvaient obtenir 678 millions d’euros, dont 1.000 pouvaient obtenir 272 millions d’euros.

  • Le remboursement potentiel moyen global était de 3.446 euros dans la loi « tepa » tandis que le remboursement moyen réel s’élève à 32.743 euros.

  • Parmi les 1.000 plus grands gagnants des bénéficiaires potentiels qui disposent d’un patrimoine de plus de 15,5 millions d’euros, 843 ont bénéficié d’un remboursement pour un montant supérieur à celui préalablement évalué (368.261 euros constatés contre 272.000 euros évalués).


A la lecture de la moyenne des remboursements effectifs, le profil type du gagnant du bouclier est le suivant : plutôt parisien (la région parisienne, qui connaît à la fois une forte concentration des richesses et un haut niveau de la valeur du patrimoine immobilier, devrait représenter près de 60 % des montants remboursés), ce contribuable connaît une situation particulièrement aisée en termes de revenus et de patrimoine.

Quels enjeux ?

Le débat sur le bouclier fiscal est vif. Il pose, par construction, la question de l’imposition du patrimoine et des revenus dans notre société. N’oublions pas que l’imposition du patrimoine a été très affaiblie par la loi « tepa » (droits de succession et de donation, ISF) ce qui aura un impact certain sur la hausse des inégalités. Au-delà du bouclier fiscal, dont la légitimité est désormais profondément entamée et dont la question de l’existence est posée, c’est donc bien le nécessaire rééquilibrage du système fiscal dans le sens d’une meilleure redistribution, qui est en jeu.

Le « mérite » et la « réussite » si souvent invoqués n’entrent en rien dans ce débat, la principale caractéristique de la rente est la transmission de génération en génération, pas la réussite. Sauf à dire que si à 60 ans, on ne bénéficie pas du bouclier, on a raté sa vie…


http://www.snui.fr/gen/espace_presse.htm

Par Michel Servet - Publié dans : Culture d'entreprise - Communauté : les anti-capitalistes
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Samedi 21 février 2009 6 21 /02 /Fév /2009 13:28

Union SNUI – Sud Trésor

Communiqué de presse

Mercredi 18 Février 2009

Impôt sur le revenu : où va-t-on ?

L’impôt sur le revenu (IR) n’avait vraiment pas besoin de cela. Impôt minoritaire dans le paysage fiscal français (moins de 20 % des recettes fiscales, entre 16 et 17 millions de foyers fiscaux non imposables sur un total de 35 millions), il est de nouveau mis sur la sellette alors qu’une véritable réforme fiscale devrait au contraire conduire à en élargir l’assiette (notamment en revenant sur certaines mesures dérogatoires) pour le rendre plus juste et plus « rentable ».

C’est vers une véritable usine à gaz que l’on semble se diriger. En effet, en proposant de supprimer une partie de l’impôt sur le revenu à payer cette année (deux tiers et, probablement, des mesures équivalentes pour les contribuables mensualisés et pour ceux qui paient l’impôt en une seule fois, à l’échéance), Nicolas Sarkozy affaiblit le seul impôt un tant soit peu redistributif du système fiscal français en l’affublant d’un mécanisme complexe et peu lisible. Voudrait-on dénaturer et délégitimer l’IR aux yeux des contribuables que l’on ne s’y prendrait pas autrement. Le coût de cette mesure pourrait dépasser le milliard d’euros, soit près de 2 % du produit de l’IR.

Les pistes envisagées soulèvent plusieurs questions. Le but est-il d’affaiblir un peu plus l’IR pour le refondre en un nouvel impôt à terme ? Quelle sera la réaction des contribuables qui bénéficieront d’un allègement en 2009 lorsqu’ils devront à nouveau payer leur impôt en 2010 ? N’y a t il pas un risque juridique (sur le plan de l’égalité devant l’impôt) à alléger l’impôt pour une partie des contribuables et en le maintenant pour d’autres ?

Ne va-t-on pas assister à un afflux de contribuables dans les centres des impôts, au moment du paiement du deuxième tiers et lors de la sortie des avis d’imposition après l’été, pour vérifier s’ils bénéficient de la mesure ou pour formuler une réclamation s’ils en sont exclus ? La complexité de ce qui semble envisagé le laisse craindre… Au fond, c’est à un véritable charcutage de l’IR que l’on assiste depuis quelques années et qui prend une autre forme ici.

L’impôt sur le revenu se prête en réalité très mal à ce type de « relance ». D’autres mesures, économiques et fiscales, pourraient être prises, notamment s’agissant de l’imposition de la consommation. En effet, par construction, près de la moitié de la population n’est pas concernée (près de 17 millions de foyers fiscaux non imposables). De plus, sur le plan des principes, affaiblir l’IR, encore et toujours, dans une vision philosophique qui n’a pas changé, pose la question suivante : veut-on encore un impôt redistributif en France ? Le sens de la justice sociale répond oui (dans le nécessaire rééquilibre du système fiscal français, l’urgence est de redonner sa place à cet impôt, pas de l’affaiblir), le discours dominant répond, de fait, non. C’est tout le problème.

Concrètement, ce qui est proposé se traduit ainsi.

Salariés célibataires

· Salarié célibataire au Smic à temps plein.

Salaire déclaré = 12.000 euros soit 10.800 revenu imposable.

Droits bruts : 272 euros.

Décote : 272 euros.

Droits nets : 0 (pour mémoire, prime pour l’emploi -PPE- = 924 euros).

Si suppression de deux tiers (ou équivalent) : Gain = 0.

· Salarié célibataire temps complet payé 8 % de plus que le Smic.

Salaire déclaré : 12.970 euros soit 11.673 euros de revenu imposable (plafond de la première tranche).

Droits bruts : 320 euros.

Décote : 271 euros.

Droits nets : 49 euros (pour mémoire, PPE = 865 euros soit une restitution de 865 – 49 = 816 euros).

Si suppression de deux tiers (ou équivalent) : 32 euros.

Couples de salariés sans enfant

· Couple de salariés sans enfant à temps complet payé 8 % de plus que le Smic

Salaires déclarés : 25.940 euros soit 23.346 euros de revenu imposable.

Droits bruts : 640 euros.

Décote : 111 euros.

Droits nets : 529 euros (pour mémoire, prime pour l’emploi = 1.730 euros soit une restitution de 1.201 euros).

Si suppression de deux tiers (ou équivalent) : 352 euros.

· Couple de salariés au SMIC sans enfant à temps complet

Salaires déclarés : 24.000 euros

Droits bruts : 544 euros

Décote : 159 euros

Droits nets : 385 euros

PPE : 1.848 euros

Droits nets : 0 euros (pour mémoire, PPE = 1.848 euros soit une restitution de 1.463 euros).

Si suppression de deux tiers (ou équivalent) : 256 euros.

Les couples de salariés avec deux enfants : l’autre catégorie de perdants

· Couple de salariés 2 enfants au Smic à temps complet

Salaires déclarés : 24.000 euros

Droits bruts : 222 euros

Décote : 222 euros

Droits nets : 0

Prime pour l’emploi : 1.920 euros (restitution de 924 euros).

Si suppression second tiers ou équivalent. Gain = 0 euros.

· Couple de salariés deux enfant à temps complet payé 8 % de plus que le Smic

Salaires déclarés : 25.940 euros soit 23.346 euros de revenu imposable

Droits bruts : 318 euros

Décote : 272 euros

Droits nets : 46 euros (pour mémoire, prime pour l’emploi = 1.802 euros, soit une restitution de 1.756 euros).

Si suppression un ou deux tiers (ou équivalent) : 30 euros.

· Une situation atypique

Soit un couple avec 5 enfants au sein duquel seul une personne (ex : Monsieur) travaille. Son salaire déclaré s’élève à 73.000 euros. Le foyer fiscal dispose donc de 6 parts. Le revenu imposable, diminué de la déduction normale de 10 %, est de 65.700 euros. Le mécanisme du quotient familial aidant, le calcul de l’impôt est effectué de la manière suivante : 65.700/6 = 10.950 euros par part du quotient familial. Le foyer fiscal fait bien partie de la première tranche (soit 5,5 % sur les revenus par part du quotient situés entre 5.853 euros et 11.673 euros).

L’impôt est calculé de la manière suivante :

10950 – 5.852 (plancher de la tranche) = 5.097 euros X 5,5 % = 280,35 euros.

280,35 euros X 6 parts = 1.682 euros.

La suppression de deux tiers provoque un gain de 1.120 euros.

Crédits d’impôt : comment ?

Certains contribuables bénéficient de crédits d’impôts ce qui, dans certains cas, revient à annuler l’impôt dû. Ils seraient concernés par la mesure, qui prend là toute sa dimension d’usine à gaz.

Exemple

M. et Mme Martin, salariés à temps plein, déclarent chacun 12.900 euros de salaires (soit 25.800 euros à deux).

Ils effectuent une dépense et achètent pour 1.200 euros un équipement de « production d'énergie utilisant une source d'énergie renouvelable et acquisitions de pompes à chaleur dont la finalité essentielle est la production de chaleur » qui leur ouvre droit à un crédit d’impôt de 600 euros (50 % de 1.200 euros).

Leur impôt s’élève en théorie à 518 euros. Avec le crédit d’impôt de 600 euros, ils ne paient plus d’impôt car la différence en leur faveur s’élève à 82 euros.

(Pour être précis, signalons que l’Etat leur reverse même 1.838 euros, soit : 518 – 1.738 – 600, du fait de la

prime pour l’emploi).

Avec les mesures envisagées, lesquelles intègreraient les crédits d’impôt, en partant de l’impôt théoriquement dû avant crédit d’impôt (soit 518 euros), M. et Mme Martin gagneront 344 euros pour une suppression de deux tiers.


Par Michel Servet - Publié dans : Culture d'entreprise - Communauté : les anti-capitalistes
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Jeudi 25 décembre 2008 4 25 /12 /Déc /2008 13:14

Article de Vincent DREZET, paru sur VotreArgent.fr

L’Administration fiscale française est réputée être la plus coûteuse au monde. En 1999, le rapport Lépine, rédigé dans le but de lancer la réforme dite « mission 2003 », avait en effet établi que la France avait, après l’Allemagne, le « fisc » le plus cher du monde. Il faudrait enfin revoir cette vieille idée car c’est une idée fausse. Rappelons que l’année de référence de cette mission comparative était 1997. Or, depuis, les choses ont bien changé. Car avec un coût global de 1,35 % en 2004 (et une nette tendance baissière : 1,32 % en 2005, 1,23 % en 2006 et 1,20 % en 2007…), la France se classe 12e sur les 35 « coûts » de gestion de l’impôt établis début 2007 par l’OCDE(1) (et aux alentours de la 14e place en 2007 compte tenu de la baisse observée depuis). Certains esprits chagrins estimeront que c’est encore trop cher, mais personne ne peut plus dire que l’Administration fiscale est la plus coûteuse. C’est donc l’occasion de revenir – sans craindre d’être taxé de syndicaliste archaïque aveugle refusant de voir la réalité (les chiffres livrés ici sont ceux de l’OCDE, une organisation peu suspecte de gauchisme aigu…) – sur ce fameux coût de gestion de l’impôt et sur son instrumentalisation.

Il faut rappeler que lorsque le rapport Lépine était sorti, quelques voix (essentiellement syndicales, donc peu prises en compte…) s’étaient élevées pour mettre en garde contre toute interprétation simpliste des comparaisons avancées. Le propos était, en substance, le suivant : certains coûts n’étant pas pris en compte, les comparaisons sont faussées, au détriment de la France et des pays organisés sur le même modèle. Car, dans certains Etats, ce sont les banques qui recouvrent les impôts et elles se paient par des décalages de trésorerie, par ailleurs légaux, dans le reversement à l’Etat des impôts collectés. Ces « coûts privés cachés » n’ont pu, de l’aveu même du rapport Lépine, être pris en compte dans les comparaisons, ce qui joue par construction en faveur de ces pays et, symétriquement, en défaveur des pays qui, comme la France, disposent d’un système de recouvrement public dont le coût est, quant à lui, intégralement pris en compte. Il en va également de l’incidence des structures fiscales : dans certains pays, les cotisations sociales ou les recettes douanières sont prises en compte, dans d’autres non. Il en va enfin de l’organisation des services. Ainsi, en France, les trésoreries ont un maillage territorial plutôt fin (même s’il se réduit) et assurent tout à la fois des missions de recouvrement et de gestion des finances locales et du secteur public local, ce qui alourdit mécaniquement les coûts. Bref, retenons que les comparaisons internationales, qu’elles soient avantageuses ou pas (mais il est préférable de dire ceci lorsqu’elles le sont, pour ne pas être taxé de « mauvaise foi ») si elles donnent une indication, doivent être interprétées avec une grande prudence.

Cette réalité n’est curieusement pas prise en compte. Il n’y a qu’à voir ce qui est véhiculé par quelques think thanks à la française. La vieille idée fausse selon laquelle le fisc est le plus cher du monde continue d’être ressassée çà et là, sur l’air de la bonne vieille rengaine du fisc « cher et inefficace » qui ne se réforme jamais, alors que l’Administration fiscale est, depuis 2000, celle qui a connu le plus de réformes (plan Fabius, repris, alimenté, augmenté et amplifié par Francis Mer, Thierry Breton et Eric Woerth). Une idée fausse sur laquelle surfent – à tort mais encore et toujours – ceux qui se verraient bien tenir le stylo pour écrire et appliquer la loi fiscale, leur loi fiscale…

(1) OCDE, L’administration fiscale dans les pays de l’OCDE et dans certains pays hors OCDE, série mission comparative, février 2007.



Vincent Drezet

secrétaire national du SNUI

« Secrétaire national du Syndicat national unifié des impôts (SNUI) qui regroupe 21 000 des 70 000 fonctionnaires du ministère des Finances, Vincent Drezet connaît bien les arcanes de Bercy ainsi que tous les mécanismes de la politique fiscale. A ce titre, il est l’auteur de nombreuses publications aux titres volontairement accrocheurs tels que « Vivent les impôts ! », « Quels impôts demain ? » ou encore « Pour un serpent fiscal européen ». Il participe également à la rédaction des brochures du Snui qui abordent les aspects les plus divers de notre droit fiscal et s’interrogent sur les prélèvements libératoires ou la lutte contre la fraude fiscale. En tant que secrétaire national du SNUI, il n’hésite pas à remettre en cause le bien-fondé des décisions de Bercy et à ferrailler avec les plus hautes instances pour défendre une certaine vision de la justice fiscale. »


Par Michel Servet - Publié dans : Culture d'entreprise - Communauté : les anti-capitalistes
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Jeudi 11 décembre 2008 4 11 /12 /Déc /2008 13:26

Les “parents isolés" n’ayant plus d’enfants à charge bénéficiaient d’une demi-part supplémentaire de quotient familial. C’était en quelque sorte une rémunération pour services rendus, à un âge où ils avaient a priori moins besoin de cet avantage fiscal, les enfants n’étant souvent plus à charge.

Depuis quelques années, cette 1/2 part était réservée à ceux qui étaient “vraiment seuls”, avec toutes les difficultés d’application que cela suppose. Comment déterminer s’il y a concubinage ou pas ? Quelle est la différence avec la colocation ? Finalement, l’administration fiscale a fini par se contenter d’unne attestation sur l’honneur en cas de doute.

Il est vrai que cet avantage fiscal ne se justifiait plus vraiment, et qu’il devait y avoir d’autres moyens d’aider les familles ayant des enfants, quand ils sont à leur charge, et pas après.

Mais la suppression, proposée par le même sénateur MARINI qui avait proposer des avantages fiscaux pour les boursicoteurs malheureux, fait tache dans le paysage.

Voici ce qu’en dit le principal syndicat de l’administration fiscale :

Suppression de la demi part pour les célibataires, divorcés, veufs…
il y a vraiment d’autres priorités fiscales !

L’amendement « Marini », visant à supprimer la demi-part supplémentaire dont bénéficient les parents isolés n’ayant plus d’enfant charge a été adopté par le Sénat. Rappelons que l’avantage en impôt procuré par cette demi-part est plafonné à 855 euros, que cette mesure concerne 4.350.000 personnes et que son coût budgétaire s’élève à 1,7 milliard d’euros en 2008.
L’adoption d’une telle mesure a de quoi interroger. En effet, il est curieux de voir le principe « d’égalité devant l’impôt » être subitement invoqué alors que le paysage fiscal (et singulièrement l’impôt sur le revenu) est truffé de mesures fiscales dérogatoires (dont le nombre et le coût global s’accroissent au fil des années) qui bafouent quotidiennement l’égalité devant l’impôt.
Si, vraiment, l’égalité devant l’impôt devient une priorité, alors il faut rappeler que d’autres mesures, plus urgentes et plus justes, doivent être prises en priorité.
Il en va ainsi de l’imposition des revenus de l’épargne (revenus de capitaux mobiliers, plus values…) puisque ces revenus sont imposés au taux proportionnel et non au barème progressif de l’impôt sur le revenu (IR) comme les salaires ou les pensions par exemple ce qui, au passage, pénalise les contribuables des classes moyennes imposés dans les premières tranches du barème de l’IR et favorise les contribuables les plus aisés imposés au taux marginal de 40 %… La rupture d’égalité devant l’impôt est ici évidente mais, curieusement, il se trouve peu de monde pour la dénoncer et vouloir la corriger. Vouloir rétablir l’égalité devant l’impôt commanderait d’imposer tous les revenus selon le barème progressif de l’IR.
Plus largement, il en va également plus largement des multiples niches fiscales dont peu de foyers peuvent réellement bénéficier vu leur situation financière : il faut en effet avoir de solides moyens financiers pour se livrer à des stratégies d’optimisations et de défiscalisations. Rappelons que le Conseil des impôts avait établi en 2000 que, s’agissant de l’IR, les 10 % des ménages les plus aisés bénéficiaient de 86 % des réductions d’impôt et de 36 % des déductions en base… Plus récemment, la Commission des finances de l’Assemblée nationale a montré mi 2008 que l’IR devenait régressif pour les plus hauts revenus, du fait de l’utilisation massive des niches fiscales.
La Commission des finances de l’Assemblée nationale a ainsi clairement montré la réalité de la défiscalisation et de la rupture du principe d’égalité devant l’impôt. En se bornant à invoquer une « bonne pratique des niches » et une « bonne gouvernance » en la matière, le rapporteur général de la Commission des finances du Sénat (M. Marini) montre clairement qu’il ne s’inscrit pas dans l’approche de ses collègues de l’Assemblée nationale. Ceci est d’autant plus regrettable que l’élargissement de l’assiette de l’impôt (en clair, la réduction du nombre et du coût des niches fiscales, en premier lieu de celles qui permettent une défiscalisation à outrance, ce qui n’est pas le cas de la demi-part supprimée) est une priorité tant sur le plan de l’égalité devant l’impôt que de celui de la justice fiscale. Par ailleurs, c’est également une mesure « rentable » sur le plan budgétaire, ce qui n’est pas négligeable.
Dans le contexte de crise actuel, il y avait vraiment autre chose à faire que d’alourdir l’imposition des parents isolés. Le sens des priorités économiques est ici malheureusement éclairant et inquiétant. Quelles seront à l’avenir les autres mesures qui ne manqueront pas d’être proposées, notamment sur le dos de la crise… ?
Par Michel Servet - Publié dans : Culture d'entreprise - Communauté : les anti-capitalistes
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Jeudi 12 juin 2008 4 12 /06 /Juin /2008 15:16

Et ils télédéclarent !!
Par Michel Servet - Publié dans : Culture d'entreprise
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