Palestine

Jeudi 29 juillet 2010 4 29 /07 /2010 06:31
J’espère que vous lirez cette lettre…
publié le mardi 20 juillet 2010

Salah Hamouri
 
Comme citoyen franco-palestinien, je pensais que les autorités françaises se devaient de me protéger alors que je vis dans un pays sous occupation militaire décidée par un gouvernement qui refuse obstinément de reconnaître et d’appliquer le droit international.

Au pays de la révolution française qui a mis fin au féodalisme et à la servitude en propageant à travers le monde les mots de « Liberté – Egalité – Fraternité » ; à Paris, capitale d’un pays qui a résisté hautement pour se libérer de la barbarie d’une armée occupante féroce et brutale ; depuis vos bureaux à l’Elysée ou ceux du Quai d’Orsay – j’espère que vous lirez ma lettre.

Dans l’un de ces bureaux, ma mère a été finalement reçue afin de discuter des moyens pour obtenir ma libération.

salah.1225829399.jpg Nous savons tous que la démocratie fonde le respect de la diversité des êtres humains. Elle définit les bases légales qui accordent à chacun des droits et des devoirs. Elle prône l’égalité des droits humains et refuse absolument d’établir des différences négatives et ségrégatives selon la couleur de la peau, l’origine, la religion, etc.

Comme citoyen franco-palestinien, je pensais que les autorités françaises se devaient de me protéger (comme elles le font pour tous nos compatriotes français injustement en difficulté dans le monde) alors que je vis dans un pays sous occupation militaire décidée par un gouvernement qui refuse obstinément de reconnaître et d’appliquer le droit international.

Il semblerait que ce gouvernement, le gouvernement israélien, vous ait convaincu que le seul moyen pour moi de retrouver la liberté n’était pas que, lui, fasse, ce qu’il devrait faire pour cela mais qu’en plus de l’injustice que je subis que, moi, je fasse un acte d’humiliation supplémentaire : que je présente des « regrets » devant un tribunal militaire d’occupation.

Je voudrais vous poser une seule question : aurait-il été acceptable pour vous que les résistants français, pendant la seconde guerre mondiale, « regrettent » leurs actes devant des tribunaux d’occupation ou de collaboration ?

Si on ne peut comparer terme à terme les deux situations, il n’en reste pas moins que la Palestine vit aussi sous occupation étrangère depuis maintenant 62 ans. Une occupation brutale qui multiplie les meurtres, qui construit des murs, qui assiège et colonise, qui expulse le plus possible de Palestiniens de leur terre ou de leurs maisons, surtout à Jérusalem-Est où je vis avec ma famille.

Devant cette occupation que vit mon peuple, je ne peux rester ni indifférent ni me taire. Je suis né et j’ai grandi dans un pays occupé et, parce que je ne peux pas me taire, je suis depuis plus de 5 ans en prison. Comment pourrais-je accepter cette occupation que vous-même avez condamnée ? C’est mon droit que de la refuser.

Dans ces conditions il n’est pas pensable une seule minute, qu’en plus de tout cela que je subis, j’en vienne à « regretter » ou à « m’excuser » de quoi que ce soit devant un tribunal militaire d’occupation.

Je soutiens la résistance légitime de mon peuple qui bénéficie de la solidarité des gens libres à travers le monde.

Bien à vous,

Salah Hamouri

Prison de Guilboa Section 4 Le 14 juillet 2010

Par Michel Servet - Publié dans : Palestine
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Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /2010 08:06

De nombreuses forces politiques européennes, de la droite populiste à la droite traditionnelle, envisagent désormais le conflit israélo-pale4701254780_0150cb67fa.jpgstinien comme l’une des composantes de la guerre de civilisation contre l’islam.

Geert Wilders, le chef du parti populiste néerlandais qui est devenu la troisième force du pays aux élections législatives de juin, vient d’affirmer ses vues sur le conflit (« Geert Wilders : Change Jordan’s name to Palestine », Y-Net, 20 juin) :

« Si Jérusalem tombe aux mains des musulmans, Athènes et Rome suivront. Ainsi, Jérusalem est la principale ligne de défense de l’Occident. Ce n’est pas un conflit sur le territoire, mais une bataille idéologique entre la mentalité de l’Occident libéré et l’idéologie de la barbarie islamique. »

Il a donc proposé comme solution de... rebaptiser la Jordanie et de l’appeler « Palestine ». Cela, selon lui, suffirait à régler le problème palestinien.

Rappelons que cette idée, « la Palestine c’est la Jordanie », fut longtemps défendue par la droite israélienne (notamment après 1967). Le Parti travailliste, lui, prônait l’option jordanienne, c’est-à-dire la négociation avec le régime hachémite (plutôt qu’avec l’OLP) pour arriver à un compromis territorial qui aurait permis de laisser le soin à la Jordanie de gérer la majorité des habitants de Cisjordanie (et d’éviter ainsi qu’Israël ne se retrouve avec « trop » de citoyens palestiniens).

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Par Michel Servet - Publié dans : Palestine - Communauté : Membres de Facebook
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Mercredi 30 juin 2010 3 30 /06 /2010 18:37

Communiqué

 

SalahHamouri2 Madame Denise Hamouri, la mère de Salah, accompagnée de Jean-Claude Lefort, a rencontré hier lundi, rue de l’Elysée, Jean-David Levitte, Conseiller diplomatique du Président de la République, en présence de Nicolas Galey, Conseiller technique sur le Proche et le Moyen-Orient.


Le Conseiller diplomatique a indiqué d’emblée que le Président Nicolas Sarkozy aurait une égale attention et une même détermination pour obtenir la libération de Gilad Shalit et de Salah Hamouri. Pour le Président, les deux jeunes sont des Français et il les défendrait également.


S’agissant de Salah Hamouri il a été noté par le Conseiller que l’acte d’accusation du tribunal militaire israélien ne mentionne aucun fait ni acte répréhensibles mais une simple « intention », notion qui relève d’un pur arbitraire.


C’est pourquoi, selon le Conseiller, parmi les 2.000 Français détenus à l’étranger, le Président concentre son attention sur les cas les plus patents d’iniquité et donc qu’il serait mobilisé en cela pour obtenir la libération de Salah Hamouri qu’il a déjà, selon le Conseiller, demandé à plusieurs reprises auprès des actuelles autorités israéliennes.


Il a été fait observé au Conseiller que ses paroles dénotaient assez nettement de ce qui avait été dit jusqu’ici sur Salah Hamouri et que si les deux cas signalés étaient traités sur un pied d’égalité il était alors difficilement compréhensible que, par exemple, le Président n’ait toujours pas encore reçu la famille de Salah Hamouri à la différence notoire de la famille Shalit.


Il a également été relevé que Salah Hamouri n’a pas été jugé par un « Etat de droit » mais par un Etat en guerre qui condamne par ses tribunaux militaires ceux-là mêmes qu’il occupe quand bien même ils étaient innocents des charges accusatrices qui pesaient sur eux ou bien qui procédaient de l’arbitraire pur et simple. Il a été redit que de ne pas avoir pris en compte et d’emblée ce fait majeur constituait une faute grave.


De même il a été signalé que ce même Etat ne libère jamais, quand il y a échange de prisonniers, de Palestiniens originaires de Jérusalem.


Il a été rappelé la demande de remise de peine déposée par Salah, au 2/3 tiers de sa peine accomplie, s’est soldée par un net refus de la Commission ad hoc et par une aggravation des charges portées contre lui.


L’idée israélienne selon laquelle Salah, qui est innocent, devrait en plus présenter des « excuses » étant une humiliation inacceptable ajoutée à l’injustice lourde qui le frappe depuis plus de 5 ans.


De même il a été redit hautement que l’expulsion de Salah ou son extradition en France était clairement refusée. Salah a le droit comme tout être humain de vivre là où il le souhaite.


Le Conseiller a insisté sur le fait que rien ne sera de nature à faire cesser la demande de libération de Salah alors qu’il a déjà passé plus de 5 ans en prison pour une « intention » supposée. Il a indiqué aussi que de nouvelles initiatives seront prises auprès des autorités israéliennes. L’entretien a duré ¾ d’heure.



Commentaires


Le changement de ton et d’approche énoncés verbalement au cours de cet entretien sont, sans aucun doute possible, à mettre au compte des multiples initiatives prises dans un esprit de large rassemblement pour demander la libération de Salah. Malgré les affirmations du Conseiller, on peine à voir une même volonté pour libérer Salah Hamouri et Gilad Shalit.


Le Président de la république vient d’écrire aux parents de Gilad à l’occasion du 4ème « anniversaire » de sa capture. On attend encore qu’il les reçoive.


Et quand donc écrira-t-il à Monsieur et Madame Hamouri une lettre se terminant, ainsi que celle envoyée aux parents de Gilad le 25 juin dernier, par ces mots : « Je mesure la lassitude, la colère ou l'incompréhension que, jour à après jour, depuis le 25 juin 2006, vous ressentez. La dignité dont vous avez fait preuve, votre courage et votre action de tous les instants ont été exemplaires. Vous pouvez être fiers de vous et de votre fils, comme nous le sommes de Gilad et de ses parents. »

Pour l’heure pas une seule lettre n’a été envoyée à la famille Hamouri et jamais le nom de Salah n’a été cité publiquement par le Président. Et si les demandes de libération ont été faite de manière répétée il est difficile de dire qu’elles aient été efficaces.

Il peut être tiré clairement une conclusion de cette rencontre : l’écho grandissant de l’exigence de la libération de Salah ne peut plus être ignoré en haut-lieu. C’est dire si notre mobilisation rassembleuse, jour après jour, a été utile. Elle doit être poursuivie. Salah est victime et non coupable.

Aucun fait ne lui est reproché – une intention supposée n’étant pas un fait – et donc certainement pas d’avoir voulu faire exploser la voiture du rabbin Yossef Ovadia et d’avoir lancé un cocktail Molotov contre un véhicule de l’armée israélienne comme on a pu le lire mensongèrement dans une dépêche de « Associated Press » publiée hier soir à 21 h 17 par « Yahoo ».

Salah a déjà passé plus de 5 ans en prison pour rien. Sa libération ne dépend pas de lui mais de ses geôliers. Pour Gilad Shalit, le Président a demandé à de multiples occasions sa libération sans condition. Pourquoi devrait-il en aller autrement pour Salah ?

Salah a encore 16 mois de prison à faire. Nous ne nous résignons pas à l’idée qu’il ne soit pas libéré bien avant. Chaque jour qui passe, après ces plus de 5 ans en prison, est donc un jour de trop qui voit Salah embastillé. A la différence notable de Gilad Shalit, et ce n’est pas de notre fait, le sort de Salah n’est pas lié à des négociations obscures.

Sa libération dépend uniquement des autorités israéliennes.

C’est la seule certitude que nous ayons – nous, mais aussi les autorités françaises.

Nous n’avons pas à nous substituer à ces dernières ni à leur manière de faire mais il nous revient de l’exiger auprès d’elles comme nous n’avons cessé de le faire. Nous avons quelques raisons de continuer et de ne pas relâcher la pression.

Les propos nouveaux tenus par le Conseiller du Président, le fait que pour la première fois le site Internet de la Présidence évoque publiquement, à sa façon, le cas de Salah montrent que notre mobilisation ne laisse plus indifférent et qu’elle n’est pas vaine.

Salah a déjà bien lourdement et très injustement « payé » l’occupation de Jérusalem et de son pays natal. Il est plus que temps que Salah rentre à la maison.

Les nouveaux mots entendus n’endormiront pas notre volonté et notre action. Tout au contraire puisqu’ils témoignent que nos efforts ne sont pas vains.

C’est pourquoi notre exigence – qui est la seule garantie tangible qui existe de manière certaine pour obtenir sa libération – demeure plus forte que jamais :

Libération de Salah Hamouri ! Et vite !

Paris, le 29 juin 2010

Par Michel Servet - Publié dans : Palestine - Communauté : Membres de Facebook
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Mardi 29 juin 2010 2 29 /06 /2010 18:00

letemps.gif Ex-conseiller du président Bill Clinton, Robert Malley estime qu’ignorer le Hamas est une grave erreur. Il salue l’approche de la Suisse et pointe du doigt non seulement Israël, mais aussi les Etats-Unis, l’Europe et les pays arabes


Lundi, la commission instituée par Israël pour examiner les questions juridiques du raid israélien, le 31 mai dernier, sur une flottille humanitaire se dirigeant vers Gaza a commencé ses travaux. Mais la tragédie continue de provoquer des remous. Ex-conseiller du président Bill Clinton pour le Moyen-Orient et actuel directeur pour le Proche-Orient de l’International Crisis Group, Robert Malley sera présent mercredi à Genève pour parler de la situation de Gaza*. Il analyse les raisons des blocages politiques dans la région.


Le Temps: Comment réagissez-vous au raid israélien sur les flottilles se dirigeant vers Gaza?

Robert Malley: D’un point de vue opérationnel, les Israéliens n’auraient jamais dû agir ainsi. Cet événement est triste et tragique. Mais l’important, c’est moins ces flottilles que le siège de Gaza. C’est toute la politique menée par rapport à la bande de Gaza qui doit être revue. On peut évacuer la question du Hamas, se concentrer sur la Cisjordanie et penser qu’un accord de paix avec elle permettra de changer le Hamas. C’est un réflexe compréhensible. Mais l’Histoire nous montre que c’est un leurre. D’un point de vue moral et humanitaire, il est inconcevable de punir la population civile de Gaza parce qu’on veut punir ses dirigeants. Gaza n’est pas un problème humanitaire, c’est un problème politique qui nécessite des décisions politiques. La politique menée jusqu’ici est dans l’impasse. Il serait toutefois facile d’en faire porter la responsabilité à Israël seul. Elle est le résultat de l’attitude de plusieurs acteurs, Etats-Unis, Europe et pays arabes compris. C’est l’échec moral, humanitaire et politique du traitement de la question de Gaza qui devrait faire l’objet d’une commission d’enquête!

 

 

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Jeudi 24 juin 2010 4 24 /06 /2010 06:00
En quoi l'armée israélienne est elle "morale"?
par Pascal BONIFACE (Libération, 23 juin 2010)



4673398682_77e4b649d7.jpgBernard- Henri Lévy déplore la "désinformation" à l'encontre d'Israël autour de cet événement. Il a certes raison d'insister sur le fait que le blocus n'est pas seulement israélien, car l'Egypte en est coresponsable, cela est trop souvent oublié. Mais, dans cette affaire, la pire des désinformations n'a t-elle pas été celle de certaines sources israéliennes faisant état de liens entre des membres de la flottille humanitaire et Al-Qaeda? La veille de cet assaut, Bernard Henri Lévy qualifiait l'armée israélienne d'"armée la plus morale du monde". Comment peut-on dire d'une armée de n'importe quelle nation qu'elle est la plus morale du monde, dépassant celle des 191 autres pays? Qu'est - ce qui permet à BHL de dire que l'armée israélienne est plus morale que l'armée française, qu'il n'a jamais ainsi qualifiée? En quoi l'armée israélienne est - elle plus morale que l'armée suédoise ou finlandaise? Cette affirmation sur l'armée la plus morale du monde serait d'ailleurs démentie par de nombreuses ONG israéliennes. Est-ce que ce concept d'armée "la plus morale du monde", accolé régulièrement à Tsahal, n'est pas justement le fruit d'une campagne de désinformation ?

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Par Michel Servet - Publié dans : Palestine - Communauté : Membres de Facebook
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