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Laïcité

Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 22:41

Selon le résumé qu'en donne "Le Monde",

- Inscrire la loi de 1905 sur la laïcité "dans la Constitution" car la laïcité est "une valeur qui libère et qui protège" face "aux communautarismes"


Que dit la loi de 1905 ?

 

ARTICLE PREMIER. - La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public.

 

ART. 2.- La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l'État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes. Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d'aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons.

Les établissements publics du culte sont supprimés, sous réserve des dispositions énoncées à l'article 3.

 

Tout le reste est de la cuisine (dévolution des bâtiments cultuels, fonctionnement des associations cultuelles). Mettre les deux premiers articles dans la Constitution, pourquoi pas ? Ce sera un rappel salutaire pour certaines personnes.

 

Mais qu'est-ce que cette histoire de communautarisme ? Sont-ce les institutions catholiques qui sont visées ?

Par Michel Servet - Publié dans : Laïcité
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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 18:57

Signalé par Médiapart.

 

En demandant à Ranjit Singh, 76 ans, de retirer son turban sur un document d'identité, la France a violé la liberté religieuse, selon le Comité des droits de l’homme des Nations unies. Il a considéré que le turban, que les hommes sikhs – même non pratiquants – portent en toutes circonstances (même pendant le sommeil ou la toilette), était « partie intégrante de leur être » et que la France « n’avait pas réussi à expliquer en quoi le port d’un turban empêchait l’identification, le visage étant bien visible avec le turban ».

A lire dans le Times of India.

 

C'est malheureux pour ce brave homme, mais nous échapperons grâce à lui pour une fois aux poncifs habituels des débats sur les signes religieux : le voile instrument d'oppression de la femme, etc..

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Par Michel Servet - Publié dans : Laïcité
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Jeudi 22 décembre 2011 4 22 /12 /Déc /2011 07:32

J’avais annoncé une Note en décembre pour répondre aux commentaires des Notes précédentes. Je préfère le «Chose promise, chose due» de la sagesse populaire au «Les promesses n’engagent que ceux qui y croient» d’un ancien président, maintenant condamné. Mais le nombre de commentaires (plus de 300 rien que pour la dernière Note, et souvent substantiels) rend la tâche délicate.

Il me faut donc un levier. Partir d’un commentaire et, chemin faisant, répondre à un certain nombre d’autres. Mon choix s’est fixée sur une question, posée par Jpylg, qui ne porte pas directement sur mes propos, mais a un intérêt général et présente l’intérêt de nous décaler un peu par rapport aux débats passionnés qui suivent toute indication qui concerne peu ou prou l’islam (étonnant, non?).

 

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Par Michel Servet - Publié dans : Laïcité
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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 06:00

Blasphème contre les religions (et la loi est appliquée) dans le droit local d'Alsace-Moselle :

Le « blasphème public contre Dieu » est puni d’une peine de trois ans de prison maximum selon l’article 166 du code pénal local :

 

Celui qui aura causé un scandale en blasphémant publiquement contre Dieu par des propos outrageants, ou aura publiquement outragé un des cultes chrétiens ou une communauté religieuse [...], ou les institutions ou cérémonies de ces cultes ou qui, dans une église ou un autre lieu consacré à des assemblées religieuses, aura commis des actes injurieux et scandaleux, sera puni d’un emprisonnement de trois ans au plus.

 

Et l’article 167 sanctionne les atteintes au libre exercice du culte :

 

Celui qui, par voie de fait ou menaces, aura empêché une personne d’exercer le culte d’une communauté religieuse établie dans l’Etat [...], ou qui, dans une église, aura par tapage ou désordre volontairement empêché ou troublé le culte ou certaines cérémonies du culte [...] sera puni d’un emprisonnement de trois au plus.

 

Source LDH Toulon

Blasphème "civil"

Article 433-5-1 du code pénal :

Le fait, au cours d'une manifestation organisée ou réglementée par les autorités publiques, d'outrager publiquement l'hymne national ou le drapeau tricolore est puni de 7 500 euros d'amende.

 

Lorsqu'il est commis en réunion, cet outrage est puni de six mois d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende.

 

Article R645-15 du code pénal :

Hors les cas prévus par l'article 433-5-1, est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe le fait, lorsqu'il est commis dans des conditions de nature à troubler l'ordre public et dans l'intention d'outrager le drapeau tricolore :


1° De détruire celui-ci, le détériorer ou l'utiliser de manière dégradante, dans un lieu public ou ouvert au public ;


2° Pour l'auteur de tels faits, même commis dans un lieu privé, de diffuser ou faire diffuser l'enregistrement d'images relatives à leur commission.


La récidive des contraventions prévues au présent article est réprimée conformément aux articles 132-11 et 132-15.

 

 

 

Par Michel Servet - Publié dans : Laïcité
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Mardi 27 septembre 2011 2 27 /09 /Sep /2011 12:59

Fin de l'article :

 

La laïcité qui imposait aux religions plus de liberté, est déjà devenue, et deviendrait plus encore, un synonyme de répression face à des manifestations religieuses. Et, de plus en plus, il suffit de prétendre qu’il s’agit de « religion » pour que les partisans de la liberté d’expression baissent les bras.

Face à cela, quelle est l’attitude de la gauche ? Quelle laïcité va-t-elle promouvoir (car il s’agit de promouvoir la laïcité plus que de la « défendre », vision rabougrie !) ? Jusqu'à présent, elle s'est montrée plus divisée qu'inventive.

La gauche va-t-elle savoir dépasser l’alternative de la laïcité répressive umpénisée, et du néo-cléricalisme à la Benoît XVI  (celui-ci a benoîtement  déclaré en Allemagne que l’être humain a une nature intangible –au XIXe siècle avec ce discours, l’Eglise catholique voulait empêcher que la loi autorise le divorce ; et il a appelé à une sainte Alliance des chrétiens contre la « sécularisation »), récupéré par certains comme une racine culturelle et identitaire.

La gauche ferait bien de se préparer : elle n’a plus beaucoup de temps pour clarifier ses idées quant à la laïcité, reprendre l’offensive. Sinon la laïcité, qu’elle croyait être son bien précieux, va être invoquée, brandie contre elle, comme l’étendard de la droite dure et de l’extrême droite.

Une laïcité déformée, falsifiée, naturellement  mais qui bénéficiera de complicités, même à gauche. Car on assiste à les pleurnichements de personnes qui s’affolent des références lepénistes à la laïcité, alors qu’ils ont ouvert un boulevard à Marine le Pen. Il ne reste vraiment plus beaucoup de temps pour être en ordre de marche. Là aussi: affaire à suivre très attentivement.

 

Texte intégral

Par Michel Servet - Publié dans : Laïcité
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Vendredi 2 septembre 2011 5 02 /09 /Sep /2011 20:32

Réponse à la devinette :

Tous les deux conseillent la visite du site Fdesouche.com.

Par Michel Servet - Publié dans : Laïcité
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Jeudi 1 septembre 2011 4 01 /09 /Sep /2011 20:22

Devinette :

Quel est le point commun entre ces deux sites Internet :

David Fontey, militant catholique, défenseur des traditionnalistes privés d'église par un méchant évêque, opposé à l'IVG, qui met un chapelet à la "une" de son blog.

et

Riposte laïque, qui bouffe (un peu) du curé, beaucoup de l'imam, à gogo du musulman lambda, mais cherche à prouver son éclectisme anticlérical en proposant des liens vers des sites comme atheisme.org, de Jocelyn Bézcourt, ou un autre joliment dénommé sansdieucestmieux ?

Réponse demain.

Par Michel Servet - Publié dans : Laïcité
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Jeudi 21 juillet 2011 4 21 /07 /Juil /2011 13:17

A lire à cette adresse.

 

J'ajoute que dans un État de droit, la loi telle qu'elle est s'impose à tous, et c'est en France au Conseil d'État de dire si elle a été correctement appliqué ou non. Point barre.


Je partage la conclusion de Jean Baubérot :

Ensuite, attention à ne pas  tenter de changer de laïcité. C'est une tentation à gauche où, pour être équitable, étant donné que la laïcité est souvent dure envers les musulmans, on voudrait la durcir toujours et partout. Ca, c'est une démarche analogue à celle que je mentionnais dans ma dernière Note, à propos de l'attitude de Fillon envers Eva Joly: de même qu'à droite la xénophobie s'avère contagieuse, attention qu'à gauche la laïcité répressive ne soit pas contagieuse.

Par Michel Servet - Publié dans : Laïcité
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Mardi 5 juillet 2011 2 05 /07 /Juil /2011 04:32

 

 

L'affaire Dreyfus et la laïcité : quel méli-mélo !

Dans un blog sélectionné par le Nouvel'Obs, l'auteure, Marion Moureaux, écrit, sous ce titre :


« L’Affaire Dreyfus ne doit pas être un symbole de toutes les injustices »


Condamné, à tort, dans un climat d’antisémitisme, son innocence et sa réhabilitation vont conduire pour la première fois à l’inscription du principe de laïcité dans la loi en 1905. Désormais, la neutralité de la puissance publique en matière religieuse sera de mise


Et ensuite, à propos de l'affaire Omar Raddad.


Avec la sortie du film de Roschdy Zem et la procédure de révision en cours de demandepour son procès, Omar Raddad est constamment comparé à Alfred Dreyfus. Son origine ethnique et sa religion sont montrées du doigt comme ayant favorisé son incarcération, bafouant ainsi les principes laïcs de la justice française. Pourtant, là aussi l’affaire ne se résume pas à cette allégation, mais repose sur un faisceau de faits, de présomptions et d’étapes de l’enquête, menées correctement ou non et qui ont conduit le jeune jardinier devant les assises des Alpes-Maritimes en février 1994.


Tirer à boulets chargés contre le principe de laïcité et se servir de Dreyfus comme d’un symbole réutilisable pour chaque injustice reflète aujourd’hui un mal contemporain : celui de ne plus savoir comment parler, au sein de la sphère publique, des religions et des croyances.


1905.jpgSi l'auteur avait pris la peine de lire la loi de 1905, en suivant le lien qu'elle a inséré dans son texte, elle aurait vu que les mots laïque, laïcité ne s'y trouvent pas.

Si elle avait un peu étudié l'histoire de l'antisémitisme au XIXème siècle, elle aurait appris que l'antijudaïsme chrétien avait été relayé par un antisémitisme dont les prétextes n'avaient rien à voir avec la religion : les juifs étaient accusés d'être des exploiteurs, des financiers sans scrupules, des espions allemands, des traîtres à la France, de ne pas avoir le « bon sang », on dirait aujourd'hui les bons gênes. Les catholiques participaient à ces campagnes, mais certains athées et laïques, en bons lecteurs de l'article « juifs » du Dictionnaire philosophique de Voltaire, n'étaient pas en reste.


Quant aux lois laïques, leur motivation première n'était pas la lutte contre l'antisémitisme, mais la lutte contre l'emprise de l'Église catholique sur la société française et surtout sur l'éducation des enfants, Église accusée de faire le jeu des monarchistes et de la réaction. Il suffit de relire le Syllabus de Pie IX pour constater que c'était effectivement le cas.


Les républicains veulent une école qui enseigne les principes républicains, et non pas la nostalgie de l'Ancien régime. L'antisémitisme n'a rien à voir avec cela, et l'affaire Dreyfus encore moins.


Il suffit de relire les débats parlementaires de l'époque : la lutte contre l'antisémitisme n'intervient pas. D'ailleurs, Bernard Lazare, un des premiers défenseurs du capitaine Dreyfus, critique en 1902 la loi de 1901 sur les associations1, au nom de la liberté de conscience et de la liberté de l'enseignement. Il signale que les antidreyfusards se recrutaient tout aussi bien dans les établissements publics que dans les privés2.


Concernant Omar Raddad, il faudra savoir si les préjugés de certains des magistrats n'ont pas joué un rôle dans la condamnation :


Lors du procès, outre l'absence de preuves qui faisait même conclure l'avocat de la victime à «une vérité que rien ne rend impossible», l'agressivité du président de la cour, Armand Djian, avait frappé. Quand l'épouse d'Omar Raddad affirmait de son mari qu'il était «incapable de tuer une mouche», ce dernier lui avait rétorqué: «Oui, mais cela ne l'empêche pas de savoir égorger un mouton.» (Libération.fr 11 mai 1996)


Les personnes qui estiment, à tort ou a raison, qu'Omar Raddad est innocent et que le tribunal n'a pas été impartial à cause de sa religion ne bafouent pas le principe de laïcité. Au contraire, c'est défendre la laïcité de la République que de s'insurger contre une condamnation motivée par le fait que l'accusé soit juif ou musulman.

 

1Cette loi aujourd'hui passe-partout avait été conçue pour servir de matrice à une future loi sur les congrégations et à une future loi sur des associations gérant les cultes.

 

2Cf. livre présenté en illustration, page 90.

Par Michel Servet - Publié dans : Laïcité
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Jeudi 23 juin 2011 4 23 /06 /Juin /2011 21:10

Lettre d'une amie à François Fillon

 

MH-A

Professeur

Mél : @

 

            Monsieur le Premier Ministre, monsieur le ministre de l’éducation nationale.

 

Je vous écris ces quelques lignes pour vous manifester ma profonde incompréhension des débats actuels autour de l’éducation, des sorties scolaires…

 

Comme beaucoup de mes concitoyens, j’ai entendu les propositions de monsieur Châtel d’interdire aux femmes voilées d’accompagner leurs petits enfants en sorties scolaires.

 

Bien que n’étant pas concernée dans l’exercice de mes fonctions par cela ( mes élèves ont entre 15 et 18 ans en moyenne, les parents n’accompagnent donc pas les sorties) c’est sous ma casquette de professeur que je vous écris.

Lorsque nous rencontrons des problèmes avec les élèves, très souvent ceux-ci peuvent être très rapidement résolus grâce à un dialogue ouvert et constructif avec les familles. C’est en travaillant main dans la main que les parents et l’équipe éducative contribuent à la réussite des élèves. Bien entendu, le raisonnement inverse peut être tenu, les problèmes s’empirent lorsque les élèves sentent que leurs parents se désinvestissent de leur scolarité.

D’où mon incompréhension face à cette polémique. Des mères de familles (certes musulmanes et alors c’est leur droit et leur choix) souhaitent encadrer des sorties scolaires. Comment et de quel droit le leur interdire ? Comment se plaindre après cela, que les familles soient démissionnaires lorsque dès le plus jeune âge on empêche certaines d’entre elles de s’impliquer pleinement dans la vie de la cité scolaire ? Quel délit ont-elles commis ?

Lorsque j’étais professeur stagiaire, nous avons eu tout un cours sur les obligations des fonctionnaires notamment en terme de neutralité. Il nous a bien été rappelé que cette obligation ne s’applique pas aux usagers des services publics. La contrepartie du respect de cette obligation et le contrat qui me lie à l’Etat, mon salaire de fonctionnaire ce n’est absolument pas le cas de ces mamans.

            Par ailleurs, pensez-vous un instant à l’enfant à qui l’on va expliquer que sa maman ne pourra pas l’accompagner à une sortie alors que la maman de son petit copain pourra le faire et ceci simplement en raison de ses convictions religieuses. Quelles sentiments d’injustices et de marginalisation vont se développer en lui ? Quelles pourront être les conséquences de cela sur son épanouissement futur dans la société ?

 

Espérons que votre esprit de justice et d’équité vous amène à mettre fin à ce débat dangereux (car il laisse la porte ouverte à toute forme d’intolérance), je vous prie de recevoir, monsieur le Premier ministre, monsieur le Ministre de l’Education nationale, mes respectueuses salutations.

 

M.H-A

 

Signez la pétition

 

mté

Par Michel Servet - Publié dans : Laïcité
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