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Racisme

Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 20:52
Par Michel Servet - Publié dans : Racisme
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Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 20:27

Serge Letchimy est la cible d’une attaque groupée ? Son crime ? avoir rappelé que les propos sur l’inégalité des « civilisations » relèvent d’une idéologie d’extrême-droite et ouvrent la voie à toutes les dérives.
Ses propos exacts à l’Assemblée nationale sont les suivants : « … Mais vous M. Guéant, vous privilégiez l’ombre !
Vous nous ramenez, jour après jour, à ces idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration, au bout du long chapelet esclavagiste et colonial.
Monsieur Guéant le régime nazi, si soucieux de purification, si hostile à toutes les différences, était-ce une civilisation ? La barbarie de l’esclavage et de la colonisation, était-ce une mission civilisatrice ?
Il existe, M. le Premier Ministre, une France obscure qui cultive la nostalgie de cette époque que vous tentez de récupérer sur les terrains du (F) front national… » (voir http://www.serge-letchimy.fr/2012/02/07/question-au-premier-ministre-sur-les-propos-de-mr-gueant/
On peut d’ailleurs remarquer sur  les vidéos que Guéant ne semble guère affecté par ces propos (link )
Le scandale est organisé par Fillon, qui avait lui-même insulté Eva Joly dans des termes xénophobes proches de ceux de Marine Le Pen (voir Eva Joly : un triomphe lepéniste ? ). 

 

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Par Michel Servet - Publié dans : Racisme
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Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 07:57

Racisme anti-blancs : un problème social, pas ethnique

Par Selami Varlik

 

http://www.zamanfrance.fr/sites/default/files/styles/full/public/1%20Anissa%20Ben%20Hamouda.jpg

 

Le racisme anti-blanc, expression employée par l’extrême droite à l’occasion notamment du procès contre la porte-parole du Parti des Indigènes de la République, Houria Bouteldja, soulève de nombreux paradoxes. Pour la doctorante Anissa Ben Hamouda, si le phénomène existe bien, il n’est pas d’ordre ethnique mais social car le blanc représente indirectement le système dominant. 

 

Houria Bouteldja, porte-parole du Parti des Indigènes de la République (PIR), comparaissait mercredi 14 décembre devant le tribunal correctionnel de Toulouse, pour propos racistes. La procédure a été initiée par l’AGRIF (Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne), présentée comme une organisation d’extrême droite visant le respect de l’identité française et chrétienne. Cette accusation fait suite à une émission de télévision au cours de laquelle Houria Bouteldja a employé le terme « souchiens » pour désigner les « français de souche ». L’AGRIF a interprété le terme comme étant orthographié « sous-chiens » et lui prête une connotation raciste.Le Dictionnaire de l’extrême droite indique que c’est cette même AGRIF qui aurait introduit l’expression « racisme anti-blanc » au début des années 80. Pour ces milieux d’extrême droite, qui ont fait de ce thème un cheval de bataille, il s’agissait de retourner l’accusation de racisme. Tarik Yildiz, auteur de Le racisme anti-blanc – Ne pas en parler : un déni de réalité(Puits de Roulle), estime que le constat doit être fait afin de « poser le débat ».

 

 

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Par Michel Servet - Publié dans : Racisme
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Samedi 24 décembre 2011 6 24 /12 /Déc /2011 09:30

http://img.over-blog.com/300x169/0/52/84/62/divers/carrel.jpgUn article de l'Est Républicain de ce jour,  à propos d'une incendie dans le quartier des Planchettes à Verdun, m'apprend qu'il y a encore une rue Alexis Carrel dans cette ville.

Qui est ce monsieur ?

La parole à ce blogueur indigné (en 2008) :

 

 

 

 

 

 

Hier, en essayant de contourner les travaux de la rue de Metz, je me suis retrouvé face à une plaque de rue portant le nom d'Alexis Carrel. Il n'est pas dans mes habitudes de pousser des coups de gueule sur ce blog mais il me semble que dans ce cas précis, cela est plutôt légitime. Au passage, si des élus du Conseil Municipal de Verdun lisent ceci je les invite à imprimer cet article et à prendre les mesures qui s'imposent.

Qui est Alexis Carrel ?

Chirurgien et biologiste français né à Lyon en 1873, il est surtout connu pour le prix Nobel de physiologie et de médecine qu'il obtint en 1908 pour ses travaux sur la chirurgie thoracique et sur la culture de tissus. C'est donc tout naturellement, à l'occasion du centenaire de sa naissance en 1973, que l'on donna son nom à des rues, mais aussi à des instituts, des collèges et même à une université. Mais dans les années 90 une étrange campagne de débaptisation débuta ; c'est en effet à cette époque que l'on se rendit compte que le bonhomme n'était pas si vertueux qu'il en avait l'air.

En 1935, Alexis Carrel publie un livre intitulé "L'Homme cet inconnu", manifeste en faveur de la solution eugéniste des problèmes sociaux. On peut y lire : "Il est nécessaire de faire un choix parmi la foule des hommes civilisés. Nous savons que la sélection naturelle n’a pas joué son rôle depuis longtemps. Que beaucoup d’individus inférieurs ont été conservés grâce aux efforts de l’hygiène et de la médecine. Que leur multiplication a été nuisible à la race". Dans le dernier chapitre de ce livre il expose sa solution : pour les individus inadaptés et pour "ceux qui ont gravement trompé la confiance du public, un établissement euthanasique pourvu de gaz appropriés, permettrait d’en disposer de façon humaine et économique".

Un an plus tard, dans la préface à l'édition allemande du même ouvrage, il écrira : "En Allemagne, le gouvernement a pris des mesures énergiques contre l'augmentation des minorités, des aliénés, des criminels. La situation idéale serait que chaque individu de cette sorte soit éliminé quand il s'est montré dangereux". Rappelons juste qu'Hitler est alors au pouvoir depuis trois ans.

En 1941, Alexis Carrel est membre du Parti Populaire Français, principal parti fasciste français d'avant guerrre et parti collaborationniste de 1940 à 1944. A la libération, plusieurs de ses compagnons furent condamnés à mort pour "intelligence" avec l'ennemi (parmi lesquels Georges Suarez). Le docteur Carrel échappa à la peine de mort grâce à une crise cardiaque qui lui fut fatale le 5 novembre 1944.

Comme si cela ne suffisait pas, ses compétences médicales sont également remises en cause, il faut dire que ses attestations de guérisons miraculeuses à Lourdes, alors qu'il était étudiant en médecine, n'ont pas laissé le milieu médical indifférent. Dans l'article "Dr Carrel’s immortal cells" publié dans la revue Medical History en 1980, J. A. Witkoski dénonce également la fraude scientifique de Carrel pour son travail tendant à démontrer l'immortalité des cellules. Et pour enfoncer le clou, le Quotidien du Médecin publie un article en octobre 1996 prouvant que les travaux qui avait valu son prix Nobel à Alexis Carrel avaient été publiés six ans plus tôt par le chirurgien lyonnais Jaboulais dans le périodique Lyon Médical.

Avec une telle biographie il n'est donc pas étonnant que l'Université Alexis Carrel de Lyon ait été débaptisée en 1996. Il en est de même pour des dizaines de rues à Grenoble, Metz, Béziers, Montpellier, Belfort, Limoges, Sarcelles, Blois, La Roche-sur-Yon, Brest, Dunkerque, Nantes, Nîmes, Perpignan, Quimper, Saint-Brieuc, Tourcoing, Tours, Noisy-le-Sec, Taverny, Paris, Reims...

Pour le symbole, la ville de Saint-Brieuc a choisi le nom d’Anne Frank pour remplacer celui du théoricien de l'eugénisme. Je suis sûr que les élus et les historiens verdunois trouveront un scientifique ou un résistant local pour corriger cette petite faute d'inattention. Et s'ils manquent d'idées, n'hésitez pas à leur faire des propositions.

PS : il faudra également penser à changer le nom de l'arrêt de bus ;)

Par Michel Servet - Publié dans : Racisme
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Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 21:39

Quick lance une campagne publicitaire, avec ce slogan : "Viande de race 100 % française".

 

  French-Burger.jpg

 

L'argument implicite de vente est évident  : vous allez manger ce sympathique broutard charolais que vous avez vu dans un pré lors de vos vacances, pas une bête venue d'on ne sait où, qui a mangé on ne sait quoi. Et vous sauvez l'emploi en France.

Est-ce que ça marchera ? Les publicitaires l'espèrent.

Est-ce la race, ou la viande, qui est 100% française ? on ne sait pas, mais le message subliminal est le même.


Mais d'autres personnes ont une autre analyse :

"Quand j'entends le mot race, j'entre en transes", pour pasticher l'autre.

Le premier à réagir est un certain Thomas Joly, qui a milité au FN avant de suivre Carl Lang au Parti de la France. Entendre parler de race, qui plus est de race française, a dû déclencher chez lui les mêmes réactions que celles d'un assoiffé à qui on propose de boire un coup.

J'imagine : "La race française existe ! Quick le reconnaît  ! J'avais donc raison de militer pour sa défense !"

(même si finir en viande hachée n'est pas une perspective très motivante).

Et bien sûr, on chante le couplet célèbre :

"Mais que font le MRAP, la LICRA et SOS Racisme ?!"


Alors, petite leçon de biologie pour ceux qui confondent leurs congénères avec des animaux.

Les spécialistes de biologie animale sont d'accord sur deux notions :

celle d'individu (pas besoin d'explications)

celle d'espèce : Les spécimens qui se ressemblent, qui descendent les uns des autres et qui se fécondent appartiennent à une même espèce. Ressemblance, descendance et interfécondité sont les trois relations essentielles qui unissent les êtres vivants, et, pour cette raison, représentent les trois critères retenus par le naturaliste lorsqu'il diagnostique une espèce.

Il y a une seule espèce humaine, dans toute sa variabilité génétique et au-delà de toutes les différences d'apparence extérieure.

Passons aux races : il n'y a pas de races humaines, ou alors très ponctuellement selon des critères totalement étrangers aux théories racistes (groupes tissulaires, etc.).

Pour les animaux, on parle de races dans deux cas :

Il peut y avoir des races chez certaines espèces sauvages, à cause de l'isolement géographique, et surtout chez les espèces domestiques, à cause de l'action humaine. Le résultat est le même :

On peut définir la race comme une population prise au sein de l'espèce, constituée par un groupe d'individus homozygotes pour un certain nombre de caractères conditionnant un ensemble de traits ou particularités morphologiques et une même tendance générale d'aptitudes.

Le cas des races sauvages est assez marginal, mais il existe, au sein de la même espèce domestique, de nombreuses races, et des individus "hors race", soit parce qu'ils appartiennent à des souches qui n'ont fait l'objet d'aucune sélection humaine, soit parce qu'ils sont issus de multiples croisements aléatoires, comme les chats de gouttière.

Les races animales domestiques existent, mais elles ne représentent pas toute l'espèce, elles résultent de l'action empirique ou scientifique des éleveurs, elles évoluent d'ailleurs dans leur nombre, dans les standards, dans les noms.

Extrapoler à l'espèce humaine est donc un contresens magistral, à moins de penser que nous soyons tous comme des animaux dans une étable. Mais alors, qui est l'éleveur ? 

 

PS : Pour revenir à Quick, les races bovines présentes en France sont pour certaines, soit d'origine étrangères (Prim'Holstein), soit également présentes dans d'autres pays.


PS 2 : La pub de Quick ne me gêne pas, même si elle est erronée d'un point de vue zootechnique, par contre, ce qui me choque, ce sont toutes les théories racialistes et racistes qui fleurissent sur certains blogs, en transposant à l'espèce humaine ce qui est vrai pour certaines espèces animales.

 

 





 

 

 

 

Par Michel Servet - Publié dans : Racisme
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Samedi 3 décembre 2011 6 03 /12 /Déc /2011 13:29

L'association SOS Racisme et le Front de Gauche ont dénoncé samedi 3 décembre un billet "xénophobe" de l'écrivain Patrick Besson, paru cette semaine dans Le Point, et qui moque l'accent de la candidate franco-norvégienne à l'élection présidentielle Eva Joly pour Europe Ecologie-Les Verts.

http://s2.lemde.fr/image/2011/07/16/540x270/1549436_3_5275_la-candidate-ecologiste-a-l-election.jpg

"Zalut la Vranze !", écrit Patrick Besson en se mettant dans la peau d'une Eva Joly élue à la présidence de la République à la suite de la mort accidentelle de tous les candidats et qui menace de "mèdre en examen et égrouer doute intifitu qui s'élèfera gontre la falitité du scrudin hisdorique te mai 2012".

 

Lire la suite sur Lemonde.fr

 

Stupide, oui, xénophobe oui, mais pas seulement : de nombreux Français "de souche" parlent comme cela, en Alsace et en Moselle.

Par Michel Servet - Publié dans : Racisme
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Jeudi 17 novembre 2011 4 17 /11 /Nov /2011 07:26

Source.

 

L’anti-racisme des années 80-90 a consisté à lutter contre le « racisme » des individus à coup d’éducation anti-raciste et de concerts contre le racisme. Si la pédagogie sur ce qu’est le racisme est évidemment important, il est clair aujourd’hui que cela n’est pas suffisant.

La question des discriminations, n’est pas qu’une question de racisme mais est une question systémique du à des pratiques et mécanismes institutionnels.

Surfant sur l’échec de ces politiques passées, nous assistons aujourd’hui à une inversion de la logique anti-raciste voulant que ce soit les personnes discriminée qui sont les principaux responsables des discriminations qu’ils subissent. Rappelons qu’aujourd’hui en France, le fait d’être repéré comme « issu de l’immigration » divise par cinq les chances, à qualification équivalente, d’obtenir un entretien d’embauche.

Bien sur, dans cette histoire, toutes les immigrations ne sont pas équivalentes, quand on parle de « défaut d’intégration », ceux qui sont visés sont les français issus de nos anciennes colonies et en particuliers ceux de religion ou culture musulmane. En effet, selon les versions, il est expliqué que cette immigration serait « inintégrable » car le fait de personnes qui auraient une haine de la France du à un ressenti colonial ou alors de personnes de culture ou de religion différente les rendant incompatibles avec les valeurs française (sinon avec la République). Ces deux explications se croisant car la plupart des personnes issues de nos anciennes colonies sont de culture ou de religion musulmane.

Ce discours a atteint un nouveau palier avec la politique du gouvernement actuel visant à définir une « identité nationale » présentée comme mise en danger par l’immigration. Rappelons la phrase de Hortefeux expliquant que les immigrés, quand il y en a un ça va, c’est qu’en il y en a plusieurs que les problèmes commencent. Enfin, surfant sur un contexte international de « guerre des civilisations » popularisé par G.W. Bush et Ben Laden, l’instrumentalisation de la laïcité pour expliquer l’incompatibilité de l’Islam (et par voie de conséquence des musulmans) avec la République est probablement l’un des arguments qui a le plus fait mouche et ceci sur l’ensemble du spectre politique français, droite, gauche et écologiste compris. Le débat qui a eu lieu en notre sein lors de la loi sur le voile, ou les motions sur la laïcité (au moment des Verts, comme récemment lors du congrès avec l’adoption de la motion « laïcité n’est pas racisme »), montre que les écologistes restent ceux qui résistent le mieux au discours xénophobe ambiant et que ce sont eux qui sont les mieux armés pour apporter les vrais réponses à la question des discriminations et du vivre ensemble.

Ce discours par d’une vision essentialisme de l’Islam vu comme une religion qui serait dans son essence rétrograde et incapable de faire la séparation entre ce qui serait de l’ordre politique et ce qui serait de l’ordre du spirituel. Ainsi, on assiste à une analyse culturaliste de la montée des mouvements « islamistes » ou de « l’Islam politique » dans le monde arabe. Les difficultés que traversent nombre de pays arabes seraient inhérentes à leur culture. L’échec des mouvements nationalistes arabes consécutifs aux décolonisations ou aux diverses instrumentalisations de ces mouvements par des Etats. Le fait l’Arabie Saoudite aie fait de l’Islamisme un moyen d’influence politique à coup de pétro-dollars, que les Etats-Unis en fait une arme contre l’Union Soviétique en Afghanistan, que Israël a laissé se développé le Hamas pour affaiblir le Fatah ou encore les dictatures arabes aie utilisé ces mouvements pour justifier leur présence, n’aurais rien à voir avec l’émergence de ces mouvements. Non, pour certains « l’islamisme » serait inhérent à l’Islam et aux musulmans, ceci dans le monde arabe comme pour les immigrés en France. L’exemple de la Turquie, ne serait qu’une exception du à la politique laïque d’Ataturk et non reproductible ailleurs…

Du monde arabe, ce discours se décline sur nos quartiers populaires et sur les personnes issues de l’immigration qui seraient, du fait de leur religion et communautarisme supposé incompatible avec la République…

Heureusement, les révoltes démocratique arabes sont en train de casser ces visions culturalistes héritée de notre passé colonial. Il n’est pas à douter, que la rupture dans nos représentations coloniales aura in fine un impact sur la représentation que nous avons en France des personnes issues de l’immigration.

Ce discours, est entré en phase avec une tradition politique très présente à gauche de lutte contre l’aliénation et se décline selon plusieurs approches. Nous allons essayer d’évoquer comme ces luttes se croisent avec la question des discriminations afin de comprendre ces mécanismes et de voir comment il est possible d’allier lutte contre l’aliénation et lutte contre les discriminations.

I. Anticléricalisme et lutte contre l’aliénation religieuse

Rappelons que la loi de 1905 a été le fruit d’un compromis entre républicains modérés et religieux d’une part et d’autre part des Républicains intransigeants face au totalitarisme exercée par l’église Catholique sur la vie publique et privée à l’époque.

Aujourd’hui encore, la tradition Républicaine anti-cléricale reste très présente en particulier à gauche. De nombreuses personnes s’attaquent à la religion musulmane de la même manière qu’ils le font contre l’église catholique. Or, le nombre de catholiques en France est beaucoup plus important que le nombre de musulmans et ont une influence politique beaucoup plus importante. Rappelons qu’il y a par exemple un parti chrétien démocrate au sein de l’UMP. Ainsi, une lutte égale contre toutes les religions aura un impact beaucoup plus important sur la réalité des musulmans que sur celle des chrétiens et crée de fait une discrimination anti-musulmane qui s’ajoute aux discriminations racistes existant par ailleurs. Ce type de mécanisme se voit clairement par exemple quand on voit les difficultés qu’il y a lors des dépôts de permis de construire pour la construction de mosquées. Peu de politiques oseront s’attaquer de front à la « communauté catholique » alors que la mise en place de lois et de politiques visant spécifiquement les musulmans est devenu un sport national. Ainsi, si au sein de la société la critique des religions et de toutes les religions est légitime, au sein de l’institution politique, il est important de faire très attention à l’égale application des règles conformément d’ailleurs au principe de laïcité.

II. Féminisme et lutte contre le patriarcat

Si la « patriarcat » est antérieur aux religions, celles-ci, dans leur version traditionnelle véhiculent une vision inégalitaire de la famille et des rapports hommes/femmes. Ainsi, une partie du mouvement féministe estime que la lutte contre les religions (souvent confondu avec la défense de la laïcité) fait parti de la lutte féministe. Le fait que les personnes issues de l’immigration post-coloniale viennent de pays dont les pratiques sont souvent plus conservatrices qu’en France, amplifie l’idée qu’il est nécessaire d’avoir une lutte féministe spécifique au sein de ces populations.

Or, en particularisant la lutte féministe au cas des personnes issues de l’immigration, on prend le risque de perdre le sens universel de ces luttes. Ce qui va avoir plusieurs effets pervers :

-  Provoquer une réaction identitaire de rejet des personnes concernées qui risquent de considérer que c’est leur origine et culture qui est visée et non pas leur droit individuel à l’égalité.

-  Faire passer au second plan la lutte pour l’égalité de toutes les femmes en focalisant la question sur le cas des femmes issues de l’immigration. Surtout dans un contexte politique de recherche de boucs émissaires où il sera beaucoup plus facile d’avoir des position radicales contre des populations minoritaires et omettant une électorat jugé « majoritaire » qu’on préférera caresser dans le sens du poil.

Il ne s’agit pas de nier les besoins de luttes pour l’égalité homme/femme dans les quartiers mais de bien s’assurer que les principales concernées restent au cœur des luttes qui les concernent. Enfin, il est important de bien comprendre que, la situation en France, n’est pas celle du monde arabe et qu’il faut donc faire très attention aux parallèles qui sont parfois fait entre la situation par exemple de l’Algérie et celle de nos quartiers.

III. Multiculturalisme et laïcité

La France est multiculturelle, c’est un état de fait. La laïcité consiste à mettre en place les moyens de l’autonomie de l’individu et par conséquent, dans un état laïc, les identités individuelles appartiennent aux individus et l’Etat n’a pas à s’ingérer dans ces questions. L’Etat doit par contre s’assurer du respect des droits individuels de tous ses citoyens donc celui d’avoir un égal accès à l’instruction.

Le discours voulant que le « multiculturalisme » est mort ou est un échec (dixit Angela Merkel et Sarkozy) et prônant donc « l’assimilation », n’est qu’une variante plus soft du discours anti-immigrés de l’extrême droite. Le multiculturalisme étant un fait, le refuser, c’est dire que les personnes qui ne sont pas de la « culture majoritaire » sont à exclure ou à cantonner dans une position d’éternels accusés justifiant en fait une sous-citoyenneté et des politiques d’exception à leur encontre.

La loi de 1905 sur la séparation des institutions politiques et religieuse a été pensée dans un cadre d’une société très majoritairement chrétienne et donc qu’on soit athée ou croyant, on avait en général la même culture. Aujourd’hui, avec la visibilité de la religion musulmane, certains remettent en question la philosophie de la loi de 1905 en affirmant que la religion (sous-entendu l’Islam) devait rester cotonnée à l’intime et ne pas apparaître dans la sphère publique. Une telle vision qu’on qualifie de « laïcarde », ne touche en rien les intégristes chrétiens par exemple dont la tenue vestimentaire est par exemple la même que la tenue traditionnelle portée en France. Par contre, qu’une personne soit habillée dans une tenue qui sort de « l’ordinaire culturel » et certains estiment qu’ils portent atteinte à la laïcité. Là encore, sous couvert de « laïcité », on adopte dans les faits une posture discriminante envers les citoyens.

Rappelons donc que la laïcité et la loi de séparation de 1905 ne concerne pas les individus et leur culture ou tenue vestimentaire mais uniquement les institutions et ne tombons pas dans l’instrumentalisation qui est faite de la laïcité par exclure certaines catégories de population.

IV. La sociale contre la coloniale

Dès qu’il s’agit de la question des discriminations post-coloniales, on est toujours confronté à la mise en concurrence de la question sociale et de la question coloniale. Parler des discriminations est souvent interprété comme une diversion à la question sociale, question qui engloberait toutes les autres. Je me rappel par exemple un collègue « de gauche » qui m’expliquait que la question des discriminations n’était pas pertinente par ce que quand il n’y aura plus de chômage, il n’y aura plus de discriminations à l’emploi !

Or ces deux questions ne sont pas en contradictions mais s’alimentent l’une l’autre. Si les questions identitaires et la laïcité sont effectivement instrumentalisées par certains politiques pour faire diversion de la question sociale, nier ces questions ne peut être une réponse.

Certains vont encore plus loin dans ce raisonnement est affirment que l’anti-racisme excite les racistes et que pour avancer, il faut calmer le jeu sur ces questions. Cela se traduit in fine par la course derrière l’électorat du front national dans le but de passer à autre chose. Or, on ne sort pas comme cela des logiques identitaires. Au contraire, les logiques identitaires, sont souvent l’expression d’un mal être culturel et social (les deux vont souvent ensemble) et il faut s’attaquer de paire aux deux questions si on veut apporter une vrai réponse.


Frédéric Farid Sarkis, membre initiateur de la coopérative « laïcité n’est pas racisme »

Par Michel Servet - Publié dans : Racisme
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Mercredi 16 novembre 2011 3 16 /11 /Nov /2011 07:04

Après Bariza Khiari, qui préside la République (par intérim) dans les cauchemars de l'extrême-droite, une nouvelle information tourne sur la toile, et je vous la livre en l'état :

Profanation d’une église à Vauréal : où sont passées l’indignation et la compassion du gouvernement ?

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/16/Eglise_Sainte-Claire,_Vaur%C3%A9al.pngCommuniqué d’Alexandre Simonnot, membre du Comité central, secrétaire départemental du Val-d’Oise1
L’église Sainte-Claire de Vauréal a été profanée samedi dernier2, de nombreux dégâts ont été constatés, le cierge pascal a été détruit, les fonds baptismaux saccagés et un tag a été tracé sur le mur extérieur de l’édifice.
S’il s’agissait d’une mosquée, cette information provoquerait immédiatement le grand émoi des professionnels de l’antiracisme.
Mais là, il ne s’agit que d’une église catholique, alors évidemment on n’en parle pas ou à peine, on « évoque ».
Où sont passées l’indignation et la compassion habituelles du gouvernement ? Où sont les ministres avec leurs traditionnelles têtes d’enterrement ? Que fait la HALDE ? Qu’ont déclaré SOS-Racisme, la LICRA, le MRAP et la LDH ? Est-ce cela la « laïcité positive » si chère à Nicolas Sarkozy ?
Le respect des lieux de culte ne se partageant pas, les chrétiens ont droit, eux aussi, au respect de leur religion et de leurs églises !

A part la dernière phrase, presque tout est à reprendre dans ce communiqué :

Les faits eux-mêmes sont difficiles à vérifier, je n'ai trouvé pour l'instant qu'une seule source d'information : le communiqué ci-dessus, repris par de nombreux sites et blogs de la même mouvance. Je n'ai rien trouvé sur le site du Parisien libéré, qui informe simplement de l'inauguration d'une statue de Gandhi dans la même commune, ni sur vonews.fr, ni sur le site de l'évêché.

Mais admettons que les faits relatés soient exacts.

Premier point : ce n'est pas une profanation.

Nous vivons dans un État laïque, qui ne reconnaît aucune religion, ce qui est sacré (fanum signifie temple en latin) pour les uns ne l'est pas forcément pour les autres.

Les lois de la République ne reconnaissent qu'un type de profanation, que le code pénal classe parmi les atteintes aux personnes : celles de cadavres, tombes, etc.


Article 225-17

Toute atteinte à l'intégrité du cadavre, par quelque moyen que ce soit, est punie d'un an d'emprisonnement et de 15000 euros d'amende.

La violation ou la profanation, par quelque moyen que ce soit, de tombeaux, de sépultures, d'urnes cinéraires ou de monuments édifiés à la mémoire des morts est punie d'un an d'emprisonnement et de 15000 euros d'amende.

La peine est portée à deux ans d'emprisonnement et à 30000 euros d'amende lorsque les infractions définies à l'alinéa précédent ont été accompagnées d'atteinte à l'intégrité du cadavre.

Le même code sanctionne les atteintes aux biens, et reconnaît comme facteur aggravant les motivations racistes :


Article 322-2

L'infraction définie au premier alinéa de l'article 322-13 est punie de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende et celle définie au deuxième alinéa du même article de 7 500 euros d'amende et d'une peine de travail d'intérêt général, lorsque le bien détruit, dégradé ou détérioré est :

1° (Abrogé)

2° Un registre, une minute ou un acte original de l'autorité publique.

Lorsque l'infraction définie au premier alinéa de l'article 322-1 est commise à raison de l'appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, de la personne propriétaire ou utilisatrice de ce bien à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, les peines encourues sont également portées à trois ans d'emprisonnement et à 45 000 euros d'amende.

Et les sanctions sont beaucoup plus sévères lorsque la vie humaine est mise en danger :

 

Article 322-8

 

L'infraction définie à l'article 322-6 est punie de vingt ans de réclusion criminelle et de 150000 euros d'amende :

1° Lorsqu'elle est commise en bande organisée ;

2° Lorsqu'elle a entraîné pour autrui une incapacité totale de travail pendant plus de huit jours.

3° Lorsqu'elle est commise à raison de l'appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, de la personne propriétaire ou utilisatrice du bien à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée.

Lorsqu'il s'agit de l'incendie de bois, forêts, landes, maquis, plantations ou reboisements d'autrui, les peines sont portées à trente ans de réclusion criminelle et à 200 000 Euros d'amende.

Les deux premiers alinéas de l'article 132-23 relatif à la période de sûreté sont applicables aux infractions prévues par le présent article.

Alors soyons rigoureux : si les faits sont exacts, il s'agit de saccage, d'acte de vandalisme, de dégradations volontaires, pas de profanation. Les actes de ce type sont bien sûr condamnables, qu'ils concernent un lieu de culte ou pas.

La motivation est-elle raciste ? Pour éviter tout procès d'intention, je précise une fois de plus qu'il n'y a pas de races humaines, mais que le racisme existe, et qu'il vise des personnes au motif de « l'appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, de la personne propriétaire ou utilisatrice du bien à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. ».

C'est possible, mais ce n'est pas obligatoire. Des stèles musulmanes avaient été renversées dans le cimetière militaire de Tarascon en mai 2010, il y avait eu de nombreuses réactions indignées, avant qu'on ne découvre que le jeune c.. qui avait fait cela l'avait fait parce que les stèles musulmanes étaient plus faciles à renverser que les croix chrétiennes !!

En général les actes motivés par le racisme sont revendiqués (tags, etc.).


Le communiqué du FN signale bien un tag, mais ne dit rien sur sa signification. Rien ne permet pour l’instant de conclure à une motivation raciste de type christianophobe et il existe des saccages d'églises qui ont d'autres motivations : le vol, la transgression et la provocation gratuite (on se croit plus révolutionnaire en saccageant une église qu'une blanchisserie). Je mets en réserve la question des groupes satanistes.

Si les associations anti-racistes n'ont pas réagi, c'est peut-être tout simplement parce qu'elles ne lisent pas la prose du FN et de ses amis, qui sont pour l'instant à ma connaissance, les seuls à avoir signalé cet acte. Et actuellement, rien ne prouve qu'il soit motivé par le racisme.

Enfin, il y a deux excellentes raisons au silence de la HALDE : la première est qu'elle avait été créée pour lutter contre les discriminations (logement, emploi, accès aux services publics) racistes ou non, pas les agressions. La deuxième est qu'elle n'existe plus. Mais la nouvelle n'est sûrement pas parvenue dans le Val-d’Oise.

Mais toute cette affaire a un côté positif : un de ces blogs a donné une information complémentaire : l'église vandalisée est celle où officie l'abbé Amaury Cariot. Par curiosité, j'ai cherché à savoir qui était cet abbé, et je suis tombé sur cet article de lui :


Christianophobie, on confond tout !

http://www.catholique95.com/actualites/presentation.php?identifiant=1110theatre

Article consacré à la pièce de théâtre de Roméo Castelluci « sur le concept du visage du fils de Dieu ».

Son analyse et celle d'une journaliste qu'il cite sont implacables.. pour les manifestants, qui n'ont rien compris ou font semblant :


Rien à voir avec les accusations de blasphème, d’offense au Christ, qui depuis plusieurs jours rassemblent des centaines de personnes. Dont de nombreux jeunes. Si l’on met à part les origines parfois douteuses des mouvements organisateurs de ses manifestations, force est de reconnaître que les jeunes qui se rassemblent au Chatelet ne sont pas tous à l’Action Française ou à la fraternité St Pie X. Toute cette machine s’est mise en route sur un mensonge qui a tourné en boucle sur internet et les réseaux sociaux piégeant des jeunes souvent de bonne foi. (..)

On peut ne pas aimer le théâtre contemporain, on peut aussi ne pas connaître ses codes… On peut aussi ne pas aimer cette pièce, la trouver provocante ou insupportable… Mais on ne peut, comme chrétien, desservir la vérité et asseoir ses actions sur des mensonges.
A brandir la christianophobie et le blasphème à tout bout de champ, et en l’occurrence à très mauvais escient, on risque de ridiculiser les vraies actions à venir et l’engagement chrétien dans la Cité.

(…)

A la sortie du théâtre, j’ai discuté avec deux femmes, une athée et une juive agnostique. Les deux étaient troublées, les deux m’ont dit avoir trouvé la pièce profondément chrétienne. Juste avant le spectacle, j’avais interrogé un trentenaire qui m’avouait venir voir la pièce pour la deuxième fois : férocement athée depuis des années, il avait « reçu un choc » une première fois et pris conscience que « le christianisme, en fait, ça a peut-être un sens ». Il voulait vérifier cette impression, courageusement, car elle ébranlait des années de combat forcené contre la foi.


1 Du Front national

2 Le 12 novembre 2011

3 La dégradation de biens appartenant à autrui.

Par Michel Servet - Publié dans : Racisme
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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 20:45

"La carte d'identité, elle n'est souvent que la carte bancaire, voire la carte Vitale pour certains", vient de  déclarer le 10 Novembre le député Lionnel Luca (Droite populaire/UMP)

« La carte  nationale d'identité n'est pas la Carte Orange  », écrivait Jean-Marie Le Pen, qui siégeait à l’’Assemblée Nationale entre 1986 et 1988,  dans l'exposé des motifs de sa proposition de loi n° 82 « tendant à modifier le code de la nationalité française ».

L'UMP s'est prononcée, jeudi 10 novembre, pour un retour à la loi Pasqua de 1993 sur l'acquisition de la nationalité. Le parti majoritaire entend aussi mener, lors de la campagne présidentielle, une "bagarre sans concession" contre le projet du PS d'accorder le droit de vote aux étrangers non communautaires pour les élections locales.

Actuellement, en vertu du droit du sol, - et de la loi Guigou de 1998 réformant la loi Pasqua de 1993 - tout enfant né en France de parents étrangers en séjour régulier  devient, sauf refus de sa part, automatiquement français à sa majorité s'il vit en France ou a vécu en France pendant cinq ans depuis ses 11 ans. Désormais, il devrait, à 18 ans, "en faire la demande" écrite.

La proposition avait été initiée dès l'an dernier par la Droite populaire, qui a obtenu la tenue de cette rencontre baptisée « atelier », organisée par l'UMP.  La réunion a été marquée par une protestation de Jeannette Bougrab. En "fille de harki", la secrétaire d'Etat à la jeunesse s'est élevée, contre "certains mots qui blessent". Elle visait l'historien Dimitri Casali et Malika Sorel-Sutter, connus pour leur hostilité aux personnes d’origine musulmane,  orateurs invités de cette réunion,  qui ont dénoncé une ghettoïsation des immigrés plus "voulue" que "subie".

Arno Klarsfeld, président de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, a du lui aussi  mettre en garde contre le risque de "faire des jeunes qui ont toutes leurs attaches en France des CDD de la nationalité française".

L’UMP, sous la houlette de Copé et de la Droite Populaire, veut-elle relancer la guerre du Code de nationalité et tenter de remettre en cause le "droit du sol", dont bénéficient chaque année 30 000 jeunes nés ici de parents étrangers  ?

(voir Sarkozy et Copé aux côtés du Front National.

Succès du Front National: quelles conséquences?)

C’est ce que suggérait déjà  le contenu du fameux discours de Sarkozy à Grenoble le 30 juillet 2010 sur les « déchéances de nationalité » et ce passage ;  « … Il est quand même invraisemblable que des jeunes gens de la deuxième, voire de la troisième génération, se sentent moins Français que leurs parents ou leurs grands-parents  ».

L’insistance personnalisée  sur ce  terme infamant de « déchéance » laissait alors penser que Sarkozy s’apprêtait à reprendre le « chantier » emblématique du code de nationalité  entamé en son temps par son maître Pasqua et sur lequel celui-ci dû reculer dans des circonstances particulières.

Ce faisant, Sarkozy, Copé et la Droite Populaire recycleront -une fois de plus- les théories du Front National, installées dans la panoplie de la droite dans les années 1980, par l’intermédiaire du Club de l’Horloge.

Ce club, qui se positionnait comme une passerelle idéologique entre le FN et la droite, écrivait dès 1984 : «  Aujourd'hui le code de la nationalité est une machine à fabriquer des "Français de papier", qui n'ont ni assimilé notre culture ni affirmé leur attachement à la patrie. Pour maintenir notre identité nationale, il est urgent de réformer cette législation. Le Club de l'Horloge, qui a lancé ce débat dans l'opinion, décrit ici la réforme qu'il faudra réaliser tôt ou tard… » 

La mise en pratique de  ces théories fut concrétisée par Chirac et Pasqua, en 1986, lors du retour de la droite aux affaires. 

Elle fut symbolisée par la tentative de supprimer le traditionnel droit du sol et le droit à la nationalité française pour les enfants nés en France et issus de parents étrangers. "Être Français, ça se mérite" disait déjà Pasqua. Dans cette bataille du code de nationalité, le gouvernement Chirac-Pasqua, qui pensait remporter une victoire décisive, fut contraint de reculer fin 1986, en raison des grandes mobilisations étudiantes contre la loi Devaquet et les « facs-Tapie ». L’épisode tragique de la mort du jeune Malik Oussekine, battu à mort par la police le 6 décembre de cette même année symbolisa la violence contenue dans les projets gouvernementaux  .

En 1993, la droite reprit son offensive et imposa notamment une "déclaration de volonté" des jeunes nés de parents étrangers; l'absence de cette déclaration avant 18 ans supprimait leur accession automatique à la nationalité.

 La remise en cause du code de nationalité est dans notre pays, un marqueur historique de la convergence-concurrence de la droite avec le Front National. Elle est aussi au cœur de l’obsession de l’ « envahissement », distillée depuis des décennies.

 En effet, la droite entretient depuis 30 ans des rapports ambigus avec le FN, depuis que l’UMP de l’époque s’est alliée avec le Front National lors de l’élection municipale de Dreux en Septembre 1983. Depuis le début de sa carrière politique, Sarkozy applique le principe de son inspirateur, Pasqua. Celui-ci a résumé sa doctrine, à la veille de la présidentielle de 1988, dans le magazine Valeurs actuelles du 2 mai 1988: « Sur l'essentiel, le Front national se réclame des mêmes préoccupations, des mêmes valeurs que la majorité »

(voir aussi Identité nationale : comment l’idée vint à Eric Besson

Sarkozy-Le Pen: le livre qui révèle

Sarkozy et le Front National: une liaison dangereuse

Mais au-delà du calcul électoral, le jeu avec le FN sert de paravent à une entreprise plus profonde et plus dangereuse, car venant du cœur du système de domination politique. L’enjeu stratégique porté par Sarkozy inclut toujours l’unification de la droite autour du thème de la défense de l’« identité nationale » menacée, thème récurrent et éternel de la droite nationaliste dans notre pays.

C’est la reprise du cri traditionnel de la droite nationaliste des années 1930 : Dehors les métèques !

Juifs dans les années 30, Musulmans et Roms  aujourd’hui, pour eux, il s’agit toujours de désigner un ennemi national contre lequel se rassembler.

 

Source

Par Michel Servet - Publié dans : Racisme
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Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 06:59

 

Rassurez-vous, pas à cause des désagréments qu'ont dû subir les riverains de la clinique de La Muette ! Non, à cause de son prénom, qui n'est pas assez français pour une fille de président de la République !

dictionnaire-des-prenoms.jpgEt Christine Tasin rappelle qu'une autre rédactrice de Riposte laïque avait déjà dénoncé le choix du prénom de sa fille par Rachida Dati : Zohra.

Et de marteler : la fille du président de la République française doit avoir un prénom français !! Sans dire d'ailleurs ce qu'est un prénom français : un prénom de racine gallo-romaine, ou porté depuis suffisamment longtemps pour qu'on oublie son origine étrangère1, ou bien un prénom traditionnel d'en France, comme Arbogast, Del, Soizic, Mireio, Bixente ?

Les parents ont peut-être tout simplement voulu faire plaisir à une amie ou une parente, qu'importe ! Ce qu'ils ont fait est selon Christine Tasin assimilable à une trahison devant l'ennemi :


Bien sûr, mais ils n’en ont cure. La seule chose qui compte c’est le « moi je », l’individualisme forcené, la société multiculturelle qu’ils appellent de leurs vœux avec leurs alliés socialistes, propre à faire disparaître  les traditions, la culture française et la langue française (y compris les prénoms) pour les remplacer par la grande soupe où ne surnageront que les musulmans, dont le communautarisme et la soumission à l’islam fera les défenseurs de leur culture, de leurs traditions, de leur langue, aux dépens des nôtres, noyées dans un magma européen et internationaliste.

Honteux. La petite Giulia ne se doute pas que son prénom est le signe de la trahison de la France orchestrée par ses parents et nos élites de l’UMPS depuis 30 ans. Tant mieux pour elle, qui n’y est pour rien. Tant pis pour nous ?


J'attends ce qu'elle va dire des parents qui, le plus souvent par effet de mode, ont appelé leurs enfants Kevin, Enzo, William, Inès. Dans les mines de sel ?


Alors qu'ils auraient pu donner les charmants prénoms du calendrier républicain : Âne (le 15 vendémiaire), pioche (le 10 frimaire), etc..


Si j'avais pensé qu'un jour j'en serais réduit à prendre la défense de Nicolas Sarkozy !!


1 Hébreu-araméen : Joseph, allemand : Bernard, grec : Irène, espagnol : Xavier

Par Michel Servet - Publié dans : Racisme
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