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Le blog du vieux singe

Rues Céline et rues Pétain.

22 Mars 2013 , Rédigé par Michel Servet Publié dans #Extrême-droite

J'ai lu ceci, du même auteur que celui qui avait confondu Simone Veil et Simone Weil :

"Plus généralement Obertone défend des thèses inégalitaires et anti-républicaines qui apparaissent comme des effluves des années 40 qui le conduisent à déplorer que les noms de Céline et Pétain disparaissent des plaques indicatives de nos villes."

Personnellement, je n'ai jamais apprécié la célinomanie, surtout celle dite de gauche, et les hommages rendus au "grand-écrivain-qui-a-révolutionné-la-langue-française-et-après-lequel-on-ne-peut-plus-écrire-comme-Anatole-France".

J'ai toujours pensé que le talent littéraire n'était pas une circonstance atténuante, mais une circonstance aggravante. En effet, si Céline, Brasillach, Rebatet, avaient écrit comme parle le Ribéry des "Guignols de l'info", leurs écrits antisémites n'auraient jamais trouvé d'éditeur et leurs invectives antisémites n'auraient pas eu plus de diffusion que des graffitis de pissotière.

Mais y a-t-il jamais eu des rues Céline en France ?

Après la Première guerre mondiale, de nombreuses communes ont donné à des rues, des places, le nom de Philippe Pétain, le « vainqueur de Verdun », et qui de plus avait une meilleure réputation auprès de la gauche que Foch « un jésuite en bottes » et le monarchiste Lyautey.

Après la Libération et la condamnation à mort de Pétain, la plupart des rues, etc. Pétain ont reçu un autre nom.

Parmi les dernières communes à avoir gardé une rue Pétain, il y eut Tremblois-lès-Carignan (Ardennes) (18/03/2011) (22/11/2010). Il y aurait encore une rue Pétain à Belrain, dans la Meuse1.

Par prudence, beaucoup d'édiles préfèrent maintenant ne donner le nom d'une personne illustre à une rue, une école, qu'après la mort de celle-ci. On ne sait jamais : le sportif enfant du pays peut avouer s'être dopé ou braquer une banque, etc..

Le conseil municipal qui aurait donné le nom de Céline à une rue après 1945 l'aurait fait en connaissance de cause. Avant 1939, donner le nom d'un écrivain vivant à une rue est peu probable.

Il y a bien une rue Céline à Clamart, mais est-ce à cause de l'écrivain ? Si oui, c'est à mon avis regrettable.

A-t-on fait subir à d'hypothétiques « rues Céline » le même sort qu'aux nombreuses rues Pétain ?

Que dit exactement Laurent Obertone ?

ganier-raymond
 Cet ouvrage est paru en 1975. Après l'impression, la veuve de Céline a obtenu et exigé qu'il soit "épuré" des citations les plus antisémites de son époux. Elle a obtenu satisfaction et l'éditeur a fait arracher les pages 165 à 178. Censure ??

Il tient une chronique sur le site « sur le Ring », lié aux éditions du même nom, et qui accueille des gens très à droite. Le 25 janvier 2011, il évoque « l'affaire Céline » :

Le ministère de la culture avait inscrit Céline sur la liste des personnalités à commémorer en 2011. Devant les protestations son nom a été retiré2. Personnellement, j'approuve cette dernière décision, qui n'a rien à voir de la censure.

Obertone écrit très exactement :

« Qu'on se rassure, la France, qui épure toujours, est venue à bout des dernières rues Philippe Pétain du pays : elle viendra à bout de Céline. »

Il ne parle jamais de « rues Céline ». De fait, il évoque la mémoire de Céline.

Je pinaille ? Non ?

Pour moi, c'est une preuve de sérieux de lire attentivement les textes que l'on dénonce. Ils sont suffisamment contestables à cause de ce qui y est écrit pour en rajouter.

Ensuite, il faut savoir que la technique des négationnistes consiste à s'acharner sur un point très accessoire d'un texte, à démontrer sa fausseté pour jeter le discrédit sur l'ensemble du texte. Alors, ne leur facilitons pas le travail !


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Manu 23/03/2013 16:52


Surlering un site d'extreme droite????!!


ah bon et en vertu de quoi?

Michel Servet 23/03/2013 21:01



Les mouvements politiques sont classés de l'extrême-droite  à l'extrême-gauche.


Selon Michel Winock, historien français, les discours de l'extrême droite répondent à neuf caractéristiques :



la haine du présent, considéré comme une période de décadence ;


la nostalgie d’un âge d’or ;


l'éloge de l’immobilité, conséquence du refus du changement ;


l'anti-individualisme, conséquence des libertés individuelles et du suffrage universel ;


l'apologie des sociétés élitaires, l'absence d’élites étant considérée comme une décadence ;


la nostalgie du sacré, qu'il soit religieux ou moral ;


la peur du métissage génétique et de l’effondrement démographique ;


la censure des mœurs, notamment la liberté sexuelle et l'homosexualité ;


l'anti-intellectualisme, les intellectuels n’ayant aucun contact avec le monde réel (Poujadisme).