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Le blog du vieux singe

« Racisme anti-Blancs » et segmentation des classes populaires : enjeux et conséquences pour le mouvement antiraciste (Saïd Bouamama)

31 Mars 2013 , Rédigé par Michel Servet Publié dans #"Racisme anti-blanc"

Colloque du 9 février 2013

Sous les masques du « racisme anti-Blancs »

Réflexions sur les enjeux du racisme et de l’antiracisme aujourd’hui

« Racisme  anti-Blancs »

et segmentation des classes populaires :

enjeux et conséquences pour le mouvement antiraciste

Saïd Bouamama,sociologue à l’IFAR et militant du FUIQP (Front Uni des Immigrations et des Quartiers populaires)

 

Il est toujours difficile d’intervenir en dernier lorsque tout a été dit. Cependant je vais essayer d’avancer quelques idées qu’il me semble utile d’apporter au débat. Comme le dirait Césaire, pour comprendre une réalité, il faut accentuer les tendances et pousser jusqu’au bout les logiques, quitte à les relativiser et à les nuancer par la suite. Il faut regarder le réel dans toutes ses potentialités, quand bien même on pourrait rajouter des dimensions contradictoires. C’est suivant ce principe d’accentuation du réel que je m’exprimerai.

 

 

Rappel des principes

 

Bouamama.jpgComment expliquer le développement de la thématique du « racisme anti-Blancs ». Alain Gresh vient de faire le lien avec la dimension internationale, les rapports de forces internationaux qui sont le soubassement de cette question-là et je partage largement ce qu’il vient de dire. Pour ma part, j’insisterais sur les facteurs internes extrêmement puissants qui sont à l’œuvre.


Je le ferais à partir de deux principes qui me semblent être des principes de salubrité publique pour les temps qui viennent – Vous aurez compris que j’ai une inquiétude assez forte pour les temps qui viennent.

 

- Le premier principe, je l’emprunterais à un monsieur que l’on ne cite plus – Mao Zé Dong - qui nous dit en substance « qui n’a pas fait d’enquête, se tait, n’a pas droit à la parole ». C’est la raison pour laquelle il va falloir de plus en plus demander à ceux qui se permettent de parler de l’immigration, de parler d’islam, de parler des violences, de parler des quartiers, sur la base de quelle enquête ils se permettent de le faire.


Il n’échappera à personne que la caractéristique des discours de ces vingt dernières années est de ne plus hiérarchiser les choses et de comparer des phénomènes qui n’ont rien à voir entre eux, –et la thématique du « racisme anti-Blancs » en est un bon exemple- on dénombre dix, vingt, trente actes qui correspondent à la manifestation d’un contre racisme des dominés, ou d’un racisme réactionnel des dominés visant des Blancs, et ce phénomène va être mis sur le même plan que le racisme institutionnel.


Et là je partage entièrement ce que disait Christelle (Hamel) : le seul racisme qui intéresse l’être humain, c’est celui qui peut influer négativement sur sa vie, tout comme le seul sexisme qui concerne véritablement les femmes est celui qui a un pouvoir d’influence sur leurs vies.


En ce sens, ce n’est pas l’existence d’une idéologie ou d’un discours abstrait qui est grave en lui-même. Plus concrètement, et pour mieux me faire comprendre, que l’on m’aime ou que l’on ne m’aime pas ne présente aucun intérêt. Pour ma part il m’est totalement indifférent que des gens n’aiment pas les Arabes, ou n’aiment pas les Noirs, mais à la condition expresse qu’ils n’aient pas le pouvoir d’agir sur leurs vies, surmavie, et cela fait une différence énorme, essentielle et qui introduit immanquablement la différenciation totale qu’il faut établir entre le racisme subipar les dominés et le racisme réactionnel envers les dominants.

 

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