Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog du vieux singe

Nos ancêtres les Germains, les archéologues au service du nazisme (Laurent Olivier)

10 Mars 2013 , Rédigé par Michel Servet Publié dans #Extrême-droite

archeologues-nazisme.gifL’archéologie arme de destruction massive ?

L’archéologie n’est pas une activité innocente. Le temps est la source essentielle de la légitimité. Cela commence à l’école : « c’est ma place ! J’étais là avant ! », et le « qui va à la chasse, perd sa place » aboutit au conflit…
Laurent Olivier est conservateur en chef du patrimoine, en charge des collections celtiques et gauloises au Musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye. Il nous offre un ouvrage original sur le nazisme, plus précisément  sur l’archéologie au service du régime. Cet ouvrage est né du coup de téléphone du professeur Leube de Berlin, demandant à l’auteur d’enquêter sur les rapports des archéologues allemands et Français pendant la guerre.
L’archéologie fondement d’une nouvelle culture
Dès 1933, l’archéologie bénéficie de toutes les sollicitudes du régime nazi. 86% des archéologues sont au NSDAP, même avant qu’Adolf Hitler bloque l’entrée au parti, pendant quelques années, pour empêcher un entrisme délétère, le nombre d’archéologues nazis est très important. L’archéologie est la clef de voûte de la « racialisation » de la culture car elle en porte la légitimité. Comme toujours en Allemagne nazie, les efforts se dispersent. Rosenberg, le théoricien du parti, affronte Himmler, le chef des SS, pour le contrôle de l’archéologie allemande. Dans un premier temps l’Ahnenerbe de Hans Reinerth- sous l’égide de Rosenberg- domine le secteur.  Ses techniques comme l’utilisation de la photographie, l’archéobotanique, l’archéozoologie, la sédimentologie, ont quarante ans d’avance ! Herbert  Jankuhn, de l’institut scientifique de la SS, le supplante peu à peu. Himmler ne cesse tout au long du Reich d’étendre les tentacules noirs de son ordre, tous azimuts. Reinerth sera le seul  à porter le chapeau de la compromission de la profession  où son caractère lui a valu de nombreuses inimitiés, et il sera mis au placard après la guerre. Jankuhn réussira sa « dénazification ».
Lire la suite de la critique de l'ouvrage par Didier Paineau
Le Canard Enchaîne du 26 décembre commente le même ouvrage et cite deux archéologues qui ont réussi leur reconversion après 1945 :
- le chantre de la Bourgogne germanique Jean-Jacques Thomasset
- le spécialiste des Vikings Herbert Jankuhn, engagé dans les SS, puis une des références du GRECE.

Après lecture de l'ouvrage, je suis un peu déçu :

La description des faits est très fouillée, par contre, la critique épistémologique des théories archéologiques nazies est trus succincte. Elle est à peine évoquée en une page (259), ce qui est d'autant plus regrettable que l'auteur affirme que beaucoup d'archéologues européens partagaient et partagent encore les mêmes présupposés archéologiques.

Par contre, j'ai trouvé une confirmation de ce que j'écrivais :

Faut-il débaptiser les lycées et collèges "Henri Vincenot"

 

Ces thèses trouveront une nouvelle vigueur après guerre, avec le retour du régionalisme dans les années 1970. L'écrivain bourguignon Henri Vincenot, par exemple, se considérera comme un héritier privilégié de la pensée de Roupnel et de Thomasset (p. 202)

 

Partager cet article

Commenter cet article