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Le blog du mois. Janvier 2012 : Laurent Mucchielli
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Dans l'imaginaire collectif, ce sont les religions
monothéistes qui sont intolérantes, qui prétendent détenir la vérité, et qui même parfois tentent de faire taire leurs détracteurs en criant au blasphème, pire encore en le faisant condamner
pénalement.
Et pourtant, la bêtise et la méchanceté sont des choses bien partagées.
Dans le numéro du 5 janvier 2012, Courrrier international relate les difficultés rencontrées en Inde par une auteure qui a démontré la multiplicité et la diversité des versions du Ramayana, patrimoine communs des hindouhistes, des musulmans, des bouddhistes.
"Mais la vision universaliste et humaniste du Ramayana véhiculée par Ramanujan se heurte à celle de groupes hindous
extrémistes pour lesquels “il n’y a qu’un Ramayana, celui de Valmiki, c’est-à-dire la version aryenne et sanskrite du récit, venue de l’Inde du Nord”, comme l’explique la journaliste Sudha
Ramachandran dans le magazine en ligne Asia Times. Au terme de trois ans de combat, les militants hindouistes ont obtenu en octobre dernier de l’université de Delhi qu’elle retire de sa liste de
lectures recommandées en licence d’histoire ce texte, jugé “blasphématoire et insultant pour les croyances de millions d’hindous”. Les militants avaient saisi la Cour suprême et obtenu la
constitution d’un comité d’experts chargé de statuer sur le sort de Three Hundred Ramayanas. L’argumentation d’un seul de ces experts a suffi pour faire pencher la balance en faveur de la mise à
l’index, déplore le magazine Open.
“Cette décision m’effraie, car elle contribue à asseoir l’idée que le Ramayana est la propriété exclusive des hindous et feint
d’ignorer que ce récit a été raconté et re-raconté par des musulmans, des bouddhistes et des gens d’autres confessions”, réagissait l’auteure de Sita’s Ramayana, Samhita Arni, dans le quotidien
Indian Express. Les futures générations d’étudiants seront mal armées pour comprendre la réalité de l’Inde, redoutait-elle aussi dans le magazine Tehelka."
Voilà une critique "défétichisante" qui devrait mobiliser les gens qui se font gloire de pisser sur
les livres.
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