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Le blog du vieux singe

Le jeu dangereux de Caroline Fourest avec «les radicaux de l’islam»

27 Février 2013 , Rédigé par Michel Servet Publié dans #Islamophobie, #Caroline Fourest

Les historiens Julien Gaertner et Yvan Gastaut reprochent à Caroline Fourest de confondre enquête journalistique et documentaire militant avec Les radicaux de l’islam car ses images et commentaires «jettent la suspicion sur une partie de la population française, celle de confession musulmane». En laissant croire que «les musulmans comploteraient en groupe contre la République», la chroniqueuse mène un «jeu aussi dangereux que les dérives radicales dénoncées».


L’intrigue commence dans une ambiance digne d’un film d’espionnage, même si le générique de l’émission fait davantage penser à Faites entrer l’accusé plutôt qu’à un épisode de la saga James Bond. Les mains enfoncées dans les poches de son trois-quarts cuir, le menton engoncé dans une écharpe pour se protéger du froid à la sortie d’une bouche de métro, Caroline Fourest s’extraie des bas-fonds pour mettre à jour un complot menaçant de faire s’écrouler la République laïque. L’islam est à nos portes et la journaliste, trait d’union entre Jeanne d’Arc et Charles Martel, entend bien mettre le spectateur en garde. C’est bien elle l’héroïne du film et, tandis qu’elle avance sur des pavés mouillés et jonchés de feuilles mortes – risquant la glissade à tout moment –, le spectateur est invité à observer un environnement à la fois familier et étrange, scènes de rue ordinaires mais troubles comme nous le suggèrent les nombreuses images floues qui se succèdent.

Ce prégénérique ne doit rien à la myopie du chef-opérateur mais relève d’une soigneuse mise en scène. On nous présente la devanture d’une librairie où langues française et arabe se côtoient. L’image se fixe ensuite sur une étoffe de tissu, puis sur une autre, furtive, d’une femme voilée présentée de dos, puis encore une autre de profil. S’ensuivent une nuée de pigeons effrayés s’éloignant dans le ciel parisien et l’intriguant reflet d’un vieil homme coiffé d’une chéchia dans une vitrine. Enfin, deux autres hommes barbus, dont l’un porte une veste militaire, marchent sur le trottoir opposé, conversant sans que l’on puisse distinguer le son de leurs voix. Autant de personnages anonymes, mis à distance et muets. Ils n’auront d’ailleurs guère droit à la parole dans ce « documentaire ». Et pour peu qu’on leur accorde quelques instants, celle-ci est immédiatement couverte par le docte commentaire de Caroline Fourest.

Après avoir posé le décor, la chroniqueuse lance son film face caméra, assise sur un banc pour expliquer sa démarche. Elle veut nous « aider à mieux cerner les islamistes » avant que la caméra ne s’attarde sur une inscription en arabe située derrière elle (il s’agit de la porte de la mosquée Omar Ibn Khattab de Paris dont on distingue les lettres en s’arrêtant sur l’image) : l’alphabet arabe dans les rues de Paris, comme le symbole du péril qui rôde. Le tout est surligné à grand renfort de musique inquiétante appuyant le sentiment trouble d’une sourde menace.

Il est d’ailleurs temps pour Caroline Fourest de redescendre dans le métro. L’heure est venue de découvrir le monde interlope des « radicaux de l’islam ».

 

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