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Le blog du vieux singe

Crise financière : comment instiller l'antisémitisme

25 Juillet 2012 , Rédigé par Michel Servet Publié dans #Antisémitisme et négationnisme

 

Au début, cette vidéo est irréprochable1 sur le fond, même si je trouve la forme un peu embrouillée. Il s'agit d'une démonstration du pouvoir qu'ont les banques de créer de la monnaie scripturaire. C'est ce qu'on appelle le multiplicateur bancaire. Dans un société totalement bancarisée, il serait infini.

Explications : si 90 % des sommes prêtées par une banque se retrouvent sur un compte bancaire, ce qui est le cas par exemple si vous avez contracté un prêt à la consommation, acheté un bien à un vendeur qui a aussitôt mis l'argent sur son compte. La banque du vendeur pourra elle-aussi prêter ce somme, etc..

Avec une somme initiale de S, le système bancaire (peu importe la banque, car à grande échelle, leurs créances réciproques se compensent) pourra prêter, si une fraction x du prêt est redéposée sur un compte bancaire : S (1+x+x2+x3+x4+etc).

Cette série a une limite : S/(1-x).

Si x = 90 %, la limite est Sx10. Ce qui signifie qu'avec des fonds propres de 1000, le système bancaire peut prêter jusqu'à 10 000 et donc créer de la monnaie.

Jusque là, rien à redire.

Connaissant ce principe, les pouvoirs publics vont jouer sur le pouvoir monétaire des banques en leur imposant de déposer une partie de leurs disponibilités à la Banque centrale (les réserves fractionnaires) ou de disposer d'un volant de liquidité (le ratio Cooke).

La démonstration est plus contestable quand l'auteur évoque les modes de financement des États auprès des banques centrales.

Maintenant, les États européens ne peuvent plus se financer auprès de leurs banques centrales, puis de la BCE, et ils sont donc obligés de s'adresser aux marchés et aux banques, qui se financeront elles-même auprès de la BCE. Est-ce une des causes, sinon, la cause de la crise actuelle, je n'en sais rien et je n'ai pas les compétences nécessaires pour en juger.

pascal500.jpgEn France, c'est la loi du 3 janvier 1973 qui a formalisé cette interdiction, qui sera reprise ensuite au niveau européen. Elle a été préparée par le ministre des fiances de l'époque, Valéry Giscard d'Estaing, et Olivier Wormser, gouverneur de la Banque de France.

En général, quand on désigne une loi par le nom de son auteur, et non pas par son numéro ou un acronyme (CESEDA, TEPA, LOPPSI), on retient le nom du ministre ou du parlementaire qui en est à l'origine : lois Taubira (condamnation de la traite négrière), Scellier, de Robien, (les investissements locatifs), etc.

Plus rarement, on lui accole le nom du Premier ministre quand c'est lui qui est à la manœuvre : Loi Fillon sur la calcul de certaines cotisations sociales.

Cette loi, contestée par certains, aurait pu être appelée loi Giscard ou Giscard-Wormser. Le premier ministre de l'époque, Pierre Messmer, n'a pas joué de rôle particulier dans son élaboration, et personne ne pense à l'appeler loi Messmer.

Ce n'est qu'exceptionnellement qu'une loi porte dans l'usage courant le nom d'un président de la République.

La loi du 1er juillet 1972, qui pénalise le racisme, est appelée couramment loi Pleven (le ministre la la justice), jamais loi Chaban-Delmas (le premier ministre) ou loi Pompidou (le président de la République).

Or cette loi du 3 janvier 1973 est maintenant connue sous le nom de loi Giscard-Pompidou. Pourquoi ? Parce qu'on accole ensuite un troisième nom : Rothschild. Georges Pompidou a travaillé à la banque Rothschild, qui sert à illustrer les fantasmes antisémites sur la « finance juive ».

Peu importe que cette loi ait surtout favorisé les banques à réseau, de dépôt, et non les banques d''affaires, comme la banque Rothschild. Peu importe que les banques à réseau soient pour leur majorité à l'époque des banques nationalisées. L'idée subliminale, c'est de faire croire que la crise financière actuelle a son origine dans une banque considérée comme juive.

Je ne sais pas qui, des altermondialistes comme ATTAC ou l'extrême-droite, a sorti le premier cette référence à la loi de 1973, mais ceux qui lui accolent le nom de Rothschild jouent un drôle de jeu. Quant à ceux qui reprennent et diffusent le tout sans esprit critique, c'est le moment de dire qu'ils mettent en circulation de la fausse monnaie.

Quant au site http://jaiundoute.com/, le meilleur y côtoie le pire.


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