Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog du vieux singe

Bien définir le racisme pour mieux dénoncer l’ineptie du « racisme anti-Blancs » (Houria Bouteldja)

25 Mars 2013 , Rédigé par Michel Servet Publié dans #"Racisme anti-blanc"

La suite des actes du colloque du 9 février 2013 :


 

Bien définir le racisme pour mieux dénoncer l’ineptie du « racisme anti-Blancs »

(Houria Bouteldja)

 

Conclusion de son intervention :


Actes racistes des dominés / racisme de domination

 

Pour ce qui est au premier chef l’objet de ce colloque, la notion de « racisme anti-Blancs », il est avant tout nécessaire de comprendre le racisme.

Si l’on définit le racisme comme un système de domination, celui qui subit le racisme ne peut être raciste. En conséquence, la thèse du « racisme anti-Blancs » se révèle une ineptie.

Comme Monsieur Beaud l’a dit tout à l’heure en rappelant la notion de « racisme édenté » d’Albert Memmi : celui qui souffre du racisme peut effectivement réagir de manière violente et, dans les formes, paraître raciste.

Ce « racisme édenté » ne peut être en aucune manière ni confondu ni assimilé au racisme adossé aux structures du pouvoir. C’est là la grande distinction qu’il nous faut opérer même si l’existence de manifestations de racisme contre les Blancs –violences dans les quartiers, insultes, « sale Blanc, sale Français » émanant de Noirs, d’Arabes ou de musulmans- ne peuvent être niées.

Cependant, ce phénomène n’est pas nouveau et son apparition ne date pas, comme certains tendent à le faire croire, de la création des Indigènes de la République. Par contre à l’opposé de certains antiracistes qui nient toute réalité à ces actes, et qui ne veulent pas les voir, nous devons chercher à les comprendre pour mieux assumer la situation dans toutes ses dimensions.

Cependant, on ne pourra absolument pas remédier au « racisme édenté » si on ne s’attaque pas prioritairement et de façon déterminée à sa cause, c’est à dire, au racisme tout court.

On ne peut se permettre le luxe d’évacuer cette question connaissant tous les risques d’instrumentalisation et pas simplement par Copé. Les craintes de voir dans l’avenir cette question devenir une vraie question politique et sociale, l’ampleur qu’elle va prendre mérite autre chose que des polémiques stériles ou les procès d’intention qui nous sont faits.

Nous devons nous préparer à être confrontés à ce véritable défi. Pour notre part, nous prendrons nos responsabilités, sans nier la réalité, mais sans pour autant perdre de vue l’essentiel : la dénonciation et la lutte contre le racisme structurel et le racisme d’Etat.

 

Partager cet article

Commenter cet article