Mercredi 29 avril 2009
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C'est le héros
d'une multitude de contes dans tout le mode turc, d'Istanbul à Samarcande. Est-il stupide ou très intelligent ? A chacun d'en juger, et de mieux connaître la sagesse populaire turque, plus
sûrement par ces historiettes très diverses que par les généralisations hâtives des spécialistes de "l'Orient mystérieux et hostile". Il en est même de très crues et impubliables sur ce
blog.
J'en ai sélectionné deux, très sages mais très impertinentes vis-à-vis
de tous les pouvoirs.
(Éditions J'ai lu, traduction et présentation par Jean-Louis Maunoury)
Chrétien et musulman.
Un vendredi, Nasr Eddin surprend un des chrétiens d'Akshéhir à manger de la viande en cachette.
- Ô chrétien, toi qui a le devoir de charité, lui dit le Hodja, donne-moi un morceau, j'ai faim.
- Eloigne-toi, mahométan, c'est de la viande de porc, et tu n'as pas le droit d'en manger.
- Qu'importe! lui répond Nasr Eddin en s'asseyant à coté de lui, je suis chez les musulmans ce que tu es chez les chrétiens.
Identité.
Tout l'après-midi, Nasr Eddin s'est promené en compagnie des deux notables de la ville, l'imam et le cadi, mais l'heure est venue de se séparer.
- Tu es vraiment un homme surprenant, remarque le religieux. Parfois on dirait que tu es un filou capable de voler et de duper n'importe qui, et puis, quelques instants après, on croirait avoir
affaire à un imbécile.
- Allons, Nasr Eddin, sois franc pour une fois, continue le magistrat, dis nous qui tu es en réalité : un escroc, un idiot ?
- Cela dépend, répondit le Hodja, mais ce que je peux vous dire tout de même, chers amis, c'est qu'en ce moment, je suis juste entre les deux.
Le Hodja à Boukhara.
Par Michel Servet
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Publié dans : Dialogue des civilisations
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