Partager l'article ! Non à l’OTAN : réponse de Hervé Féron, député de Meurthe-et-Moselle (PS): Monsieur, Vous avez souhaité m’interpeller par mai ...
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Monsieur,
Vous avez souhaité m’interpeller par mail au sujet du débat parlementaire qui a porté sur la politique étrangère de la France à l’occasion de la décision du Président de la République de réintégrer le commandement militaire de l’OTAN, ce qui n’emporte pas votre adhésion.
Je rejoins pleinement votre argumentation, et étant présent lors de ce débat le mardi 17 mars, j’ai voté contre ainsi que mon groupe politique, le groupe socialiste.
Je m’oppose en effet à l’affirmation de l’existence d’un ensemble euratlantique, alors que les Etats-Unis ne se considèrent pas comme les partenaires de l’Europe dans un projet commun de perpétuation d’une civilisation occidentale. Les Etats-Unis défendent leur modèle national et rien d’autre. La présidence de George W. Bush en a été la caricature. Nicolas Sarkozy était d’ailleurs sans doute le dernier chef d’Etat européen prêt à lui servir de caution multilatérale dans une politique strictement nationale.
De plus, les garde-fous annoncés par la Présidence, maîtrise de l’arme nucléaire, pas d’engagement automatique, pas de commandement militaire permanent sur les forces nationales, sont de droit et paradoxalement inutiles entre pays démocratiques. En revanche, là où l’OTAN devait convaincre la France de participer aux opérations, désormais il faudra que la France se justifie de ne pas participer si elle le souhaite et cela inversera ainsi à son détriment la pression diplomatique. Si la France revient totalement dans l’OTAN parce qu’elle y est déjà à 80 %, la bonne question est de savoir si cela vaut la peine de sacrifier sa liberté pour 20 % de plus dont on ne sait pas bien quoi.
D’autant plus qu’une fois la France dans l’OTAN, toute l’Europe y est. La question d’une PESD distincte de l’OTAN et donc des Etats-Unis n’a plus de raison d’être. Cette notion avait été inventée et portée par la gauche d’un certain nombre de pays et par la France toute entière. Aujourd’hui, on donne raison à ceux qui n’ont jamais eu d’existence militaire en-dehors de l’OTAN (la RF d’Allemagne, la IIème République italienne…) et n’en n’ont jamais vu l’utilité (les militaires des deux pays en question) ou à ceux pour lesquels l’adhésion à l’OTAN a été l’un des attributs de la reconquête de la liberté démocratique (Espagne, Portugal, Grèce) et qui gardent une reconnaissance particulière aux Etats-Unis d’avoir contribué à les « libérer » et d’avoir poussé à leur intégration politique en Europe (ex-membres du Pacte). Quasiment seule (avec la Belgique, le Luxembourg, le SPD et le PSOE) à voir simplement l’utilité d’une démarche européenne indépendante de l’OTAN, la France aurait fort à faire. Gageons qu’elle se contentera désormais de tenter de sauvegarder ses propres intérêts au sein de l’Alliance. Comme tous les autres pays qui y adhèrent.
Concernant les interventions armées en Afghanistan, je vous assure également de mon soutien, prônant toujours une solution diplomatique et politique comme je l’ai à plusieurs reprises exprimée.
Je vous prie de croire, Monsieur, à mes sincères salutations.
Hervé Féron
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