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Le blog du vieux singe

Financement de la vie politique

14 Septembre 2005 , Rédigé par Michel Servet Publié dans #Politique française

Le Journal officiel du 8 septembre 2005 publie le rapport de la CNCCFP les comptes des partis politiques pour 2003: ils étaient 238 qui ont :
soit bénéficié de financements publics parce qu’ils ont eu des élus ou des voix (au moins 1 %) à des élections nationales (financement direct);
soit désigné un mandataire financier pour pouvoir recevoir des dons privés donnant droit à une réduction d’impôt (financement indirect - déductibilité des dons aux oeuvres)
N’importe qui peut créer une association, un mouvement, même d’inspiration très ciblée et très locale, et bénéficier ainsi de l’argent public.
Je veux bien que ce soit le prix à payer pour la démocratie, et cela vaut mieux que les bureaux d’études bidons, les fausses factures, les valises de billets, mais il y a quand même des curiosités.

Ce sont 18 partis qui ont bénéficié de financement public direct parce qu’ils ont eu des élus nationaux. Étonnant, non ? Bien sûr, il a l’UMP, le PS, etc.. Les autres : des partis des DOM-TOM pour l’essentiel. Le JO ne dit rien sur leur programme. Il y a aussi bien des partis indépendantistes que des partis de notables.
Le premier de la liste est "Archipel demain" à Saint-Pierre et Miquelon : 51 938 euros de produits en 2003, dont 870 € de cotisations des adhérents, 47 098 € de financement publics, dont 2 258 € pour les voix obtenues et 44 840 € pour le parlementaire élu, qui reverse quant à lui 2 561 € sur ses indemnités. "Bâtir le pays Martinique" est comparable.

Des partis sont financés par les élus et pas par les militants: les ressources d’"aimer Angers" proviennent pour 1 880 € des adhérents et 47 700 € des élus. il y a aussi 3 194 € de produits financiers, avec une cagnotte de 187 697 €.

Des élus ont leur "parti à eux", comme si leur parti officiel ne leur suffisait pas : Les amis de Christian Estrosi. "Metz pour tous" est le parti de Jean-Louis Masson et perçoit donc 44 482 € de l’État grâce à son élu.

Il y a aussi des micro-partis, comme il y a des micro-états : 4 739 € de recettes pour l’Association 6e union, dont zéro cotisation, 2 333 € pour l’Association pour l’information des habitants du 16ème arrondissement (de Paris), qui en a dépensé 1932, mais zéro en communication…
Le plus petit : 0 € de recettes et 601 € de dépenses. Ce parti fut créé avec le soutien de Marcel Dassault.

Quelques cas à signaler :
Association de soutien à l’action de Nicolas SARKOZY, pas encore président de l’UMP : les seuls ressources sont des dons de 15 000 euros tout rond.
Il existe un comité central bonapartiste (2704 € de dons et une perte comptable du double), un comité de soutien à Patrick Bobet, etc..
Les 3/4 des produits du Parti Radical (André Rossinot, Laurent Hénart, etc..) sont représentés par des "contributions reçues d’autres partis politiques".
C’est aussi le cas, mais dans des conditions différentes, pour le PS et l’UDF, qui sont financés aussi par des associations qu’ils contrôlent.

Après les curiosités, quelques remarques sur les poids lourds de la politique.
Il n’y a pas eu d’élections en 2003, donc moins de frais, et beaucoup de partis ont fait des bénéfices.
Bravo à "Combat pour les valeurs", le parti de Philippe de Villiers, avec un taux de bénéfice de 67,92 % et seulement 80 euros de cotisations. Il est suivi par le MNR et le MPF (encore de Villiers)
Carton jaune pour le PCF (-3,70 %) et le PS (-1,73 %) et carton rouge pour le FN (-9,33 %).
L’UMP et le PS ont les plus gros budgets (43 M€), mais les recettes du PS proviennent à 42 % des cotisations (élus et militants), contre 6% pour l’UMP. Hypothèses (cumulatives) : l’UMP n’a pas de militants, les cotisations sont symboliques, les élus sont radins.
Le record est celui du PCF, dont 63 % des ressources proviennent des cotisations.
Qui dit économies dit cagnotte et trésor de guerre. Certains partis ont profité de l’accalmie électorale pour se refaire, mais il leur reste du chemin à parcourir pour avoir une situation nette positive.
Record absolu pour l’UMP, avec une situation nette négative de 6 M€, et il leur faudra 5 ans pour revenir à zéro, si les produits et les charges restent au même niveau.
La plus belle cagnotte est celle du PS (31 M€), ce qui lui permet, toutes choses égales par ailleurs, de vivre 40 ans avant d’être à zéro, mais ne représente que 9 mois de budget annuel.
Tout cet argent peut rapporter, et la gestion de la trésorerie est une science. J’ai donc calculé le taux de rentabilité financière de l’ensemble "valeurs mobilières de placement + disponibilités".
Les meilleurs gestionnaires sont, dans l’ordre, le PRG 7,72 %, puis Lutte Ouvrière (4,34 %)! L’UMP (0,60 %), est derrière le PS (1,62 %) !

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