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Le blog du vieux singe

Du mauvais usage des catégories politiques françaises

30 Mars 2006 , Rédigé par Michel Servet Publié dans #Politique internationale (autre), #Afrique, #Iran

Autres exemples, ailleurs qu’en Israël.

Pendant longtemps, les dirigeants africains ont été classés en deux catégories : progressistes et modérés. Sékou Touré était progressiste ! Bokassa modéré !

Idi Amin Dada avait commencé sa carrière présidentielle comme modéré, et avait fini comme progressiste. Les victimes n’ont pas senti d’évolution, elles.

En clair, il y avait ceux qui votaient à l’ONU avec l’URSS ou la Chine, et ceux qui votaient avec les États-unis ou la France. Rien à voir avec le progrès ou la modération.

Dans beaucoup de pays, nos commentateurs distinguent maintenant conservateurs et progressistes. Mais les conservateurs peuvent n’avoir rien à voir avec les Tories britanniques : archéostaliniens, cléricaux iraniens, et les progressistes rien à voir la gauche européenne : partisans du libéralisme économique.

Par exemple, lors des dernières élections présidentielles iraniennes, on a parlé du "modéré" Rafsandjani, et on a été surpris de sa défaite électorale. Ce qui n’avait pas été dit, c’est que cet homme était un des plus riches d’Iran, le roi de la pistache, passait pour être corrompu, et était responsable de six des huit années de la guerre Iran-Irak. Si les Iraniens ont rejeté le "modéré", ce n’est pas à cause de sa "modération" !

La solution: expliquer que l’Iran n’est pas le Viet-Nam, que les deux ne sont pas la France, qu’il y a des partisans de telle politique, avec telle base sociale, et des gens qui sont contre.. Mais c’est un peu plus compliqué.

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