C’est le temps des hommages. Ce fut certes une personnalité exceptionnelle, mais il ne faut pas cacher son “coté obscur”.
L’adieu à Jean-Marie Lustiger
LE MONDE | 06.08.07
et j’ai retenu cette phrase :
Fils de la République, il refuse pourtant, au nom du clergé victime de la Terreur, de s’associer, en 1989, à la commémoration du bicentenaire de la Révolution, comme à la “panthéonisation” de l’abbé Grégoire, prêtre constitutionnel.
Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites !!
Henri Grégoire, curé d’Emberménil en Lorraine,
puis évêque constitutionnel (”jureur”) de Blois, est certainement à mon avis un des acteurs les plus intéressants de la Révolution Française, et un des moins connus.
Artisan du ralliement du bas-clergé au Tiers-État lors des États-Généraux de 1789, militant de l’égalité civile des juifs et de l’abolition de l’esclavage, adversaire de la peine de mort, dénonciateur du “vandalisme” de certains révolutionnaires, militant de l’instruction publique, de la liberté de conscience, ses titres de gloire sont nombreux et un seul suffirait à en faire quelqu’un de remarquable.
Exposition du Conseil régional de Lorraine
L’hommage de la République en 1989 était donc tout à fait justifié. Mais son Éminence n’a pas souhaité s’y associer… et a donné des raisons assez spécieuses.
Passe encore pour la dénonciation des exactions révolutionnaires contre les prêtres qui avaint refusé de prêter le serment constitutionnel. La Constitution civile du clergé fut certes une erreur politique (Robespierre l’avait désapprouvée) et a entraîné une guerre civile pour des histoires de sacristies qui n’en valaient pas la peine. Mais de là à refuser de s’associer à l’hommage à Grégoire - qui n’était pas Hébert - tout en soulignant sa fidélité à l’Église, il fallait le faire !!
Mais le pire fut cette phrase : “PERSONNE ne peut douter que ce prêtre, cet évêque, n’appartienne d’abord à l’Eglise.” (entretien avec Henri Tincq dans “Le Monde” du 8 décembre 1989).
Décryptons : C’est à moi, comme chef, de dire, qui, dans ma tribu, mérite ou ne mérite pas d’être honoré, et de quelle manière.”
Bel exemple de communautarisme et de confessionnalisme !!
Pour la réfutation de ces propos, je renvoie à une tribune libre d’André Mandouze dans le même quotidien le 16 décembre 1989.
Et puisqu’un peu d’irrespect ne fait pas de mal, je renvoie au site de Golias :
http://www.golias.fr/spip.php?article1576
où on dit, entre autres choses, que c’était le Séguin de l’épiscopat..





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