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Le blog du vieux singe

Palestine 2005

18 Janvier 2005 , Rédigé par Michel Servet Publié dans #Palestine

Courriel reçu d’une amie qui participe à une mission en Palestine :

L’histoire de Khalil Bachir.

“La maison de Khalil Bachir est occupée par l’armée, il ne peut rester avec sa famille qu’au rez-de-chaussée. Les soldats lui ont demandé de déménager mais il n’a pas voulu, c’est aussi ça la résistance. C’est en 67 que commencent les problèmes avec les Israéliens, quand ils chassent l’Égypte et envahissent la Palestine. En 69, une colonie juive s’installe à 70 m de chez lui. En 92, un colon a été tué alors qu’il traversait le champ de Khalil, alors les colons ont tout saccagé, sous la protection des soldats, brûlé les champs, arraché les orangers et détruit les serres…

Avec les accords d’Oslo, Khalil pense que la paix va bientôt venir et que les colonies n’en ont plus pour longtemps… donc il construit deux étages en plus pour sa maison, avec 10 enfants il a besoin de place… grosse erreur..
En 98, l’armée lui vole une partie de son terrain pour construire un poste armé, et dès la 2eme Intifada, sa maison est mitraillée pour la 1ere fois. Pendant 5 mois, ils n’arrêtent pas de tirer. Un de ses fils de 18 ans a été touché à la cheville.

Sa fille qui a 20 ans, écrivait des poèmes sur la paix pendants ces nuits de cauchemars… avec ses plus jeunes enfants, Khalil joue à Roberto Benigni, en faisant comme si tout ça n’était qu’un jeu… mais parfois ils craquent “l’autre jour ça a tiré toute la nuit et m’a fille s’accrochait à ma jambe comme si elle voulait rentrer dans ma poche”

Quand il pleut, les soldats descendent parfois dormir dans la même pièce que la famille… certains dorment d’autres surveillent… il est arrivé que pendant une nuit trop froide, un des jeunes soldats qui avait pitié de son collègue qui dormait, est allé prendre la couverture d’un des enfants pour la mettre sur son collègue…

Un jour, Khalil recevait des amis grecs… l’armée les a enfermés dans une pièce. Une des enfants a voulu aller aux toilettes mais l’armée a refuse qu’elle sorte… elle s’est fait dessus devant tout le monde…

Mais même en temps normal, quand ils veulent aller aux toilettes, ils doivent laisser la porte ouverte et parfois sont tenus en joue par un soldat…

Ils ne partiront pas, c’est leur résistance… ils sont même prêts à pardonner pourvu que ça amène la paix…”

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