Jeudi 1 mars 2012
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Le choix des mots n'est pas innocent. Un linguiste de mon entourage m'a dit une fois qu'il n'y avait dans la langue française qu'un seul exemple de termes ayant
exactement le même sens : « vélo » et « bicyclette. »
Je ne sais pas si c'est exact, mais chacun sait que « voiture » (SNCF, à bras, etc..) a un sens plus large que « automobile ».
Dans le domaine social, le fait de parler de « charges sociales » ou de « cotisations sociales patronales » n'est pas innocent.
Certains termes sont délibérément choisis par des groupes politiques comme marqueurs identitaires. L'extrême-droite s'est spécialisée dans ce type d'opération. Cela
permet à la fois de pervertir le sens des mots, de se reconnaître entre soi, d'orienter les moteurs de recherche.
Par exemple, le négationniste Robert Faurisson est le plus souvent désigné comme le « professeur Faurisson », tout comme les islamophobes Robert Redeker
et Louis Chagnon.
Cet hommage aux titres universitaires (même si une agrégation de lettres ne qualifie pas spécialement pour parler de la Seconde Guerre mondiale) ne se retrouve pas
dans les autres familles politiques, ni à l'extrême-droite pour qualifier les gens d'en face.
Certains termes et concepts sont forgés pour les besoins de la cause ou dévoyés de leur sens initial. J'ai déjà parlé de la "dhimmitude". Il faut aussi signaler que celles et ceux qui refusent le choc des
civilisation sont qualifiés de « bisounours »
Beaucoup plus grave et tendancieux. : l'actuel président de la République, Nicolas Sarkozy, est désigné par son patronyme complet, avec l'orthographe
originale : Sarközy de Nagy-Bocsa, pour bien faire comprendre qu'il n'a pas la même origine que Martin ou Durand.
Qu'on trouve cette expression sur des sites
d'extrême-droite n'a rien de surprenant. Ce qui est plus choquant, c'est que des militants qui se réclament de l’amitié
entre les peuples tombent dans ce panneau.
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