Vendredi 14 mai 2010
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Le mercredi 31 mars, le corps d'un vigile, M. Saïd Bourarach, disparu la veille, est retrouvé dans le canal de l'Ourcq. La veille, une violente altercation avait
opposé la victime à un groupe de personnes auxquelles il avait refusé l'accès à un magasin après l'heure de fermeture.
Très vite, la question du meurtre raciste a été posée. Les agresseurs présumés ont été très vite identifiés et ont affirmé que la victime aurait proféré à leur
encontre des injures antisémites.
Les proches de cette dernière ont fait valoir que plusieurs des agresseurs militaient dans des organisations extrémistes pro-israéliennes et qu'il s'agissait alors
d'un crime raciste anti-arabe.
Tous les ingrédients sont alors réunis pour un cocktail explosif.
Des commentaires antisémites ont d'ailleurs été mis en ligne sur un site communautaire musulman et dénoncés par le MRAP 93.
Au départ, ce dernier, comme l'organisation nationale, est extrêmement prudent, le caractère raciste n'étant pas avéré au départ. Il y avait également un doute sur
les circonstances de la mort : accident ou meurtre.
Cela étant, il faut veiller à ce que la police et la justice déploient les efforts nécessaires pour faire la lumière sur les faits et que les proches de la victimes
ne pensent pas que pour la République, il y a des morts moins importantes que d'autres.
C'est probablement en vertu de ce principe que le MRAP avait soutenu et soutient toujours la famille et les proches d'Hakim Ajimi, mort à Grasse à la suite d'une
interpellation policière il y a deux ans.
Si on ne le fait pas, on ouvre un boulevard à tous ceux qui sont prêts à exploiter ce genre d'affaires pour déverser leur haine raciste et/ou exacerber les
violences communautaires.
Alors que rien ne filtre de l'enquête policière, des journalistes d'investigation dressent il y a quelques jours un portrait peu flatteur des agresseurs présumés,
dont l'un au moins aurait été proche de la LDJ, groupe extrémiste juif, interdit en Israël pour racisme.
Libération : Mort du vigile : la piste tenace du
racisme
Enquête
Retour à Bobigny après le décès de Saïd Bourarach. Connu pour sa violence, le principal suspect affiche aussi un sionisme virulent.
Bakchich
Le MRAP reste alors étrangement silencieux, il ne soutient d'ailleurs pas la marche contre l'islamophobie organisée à cette occasion le 16 mai à Paris avec l'appui
de personnalités et organisations très diverses, certaines respectables, d'autres plus contestables.
Il est vrai que le texte d'appel est très mal rédigé, en particulier quand il met sur le même plan islamophobie
et racisme, alors que cette première, comme l'antisémitisme, n'est qu'une des formes du racisme. La mention des racismes anti-noir et anti-arabe est curieuse : tous les Noirs sont pas musulmans,
et il y a des musulmans qui ne sont ni noirs, ni arabes, les Turcs par exemple.
Et si on vise toutes les formes de racisme, il ne faut pas non plus oublier les Rroms et les Tsiganes, premiers au hit-parade des victimes de
discriminations.
Quant au boucher nantais et ses quatre compagnes, j'aurais évité d'en parler, ou alors autrement, en effet, les islamophobes ne pouvaient pas rêver d'un meilleur
allié objectif. Ce qui pouvait être dénoncé, par contre, c'est la méconnaissance abyssale du droit par les gens chargés de l'appliquer, et qui confondent en plus ragots et informations
vérifiées.
Mais cette absence et ce silence du MRAP sont-ils conjoncturels ou annoncent-ils une inflexion de la ligne politique de ce mouvement ?
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