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Economie, société

Samedi 13 décembre 2008 6 13 /12 /Déc /2008 21:45

Enfin, plus exactement ceux de Meurthe-et-Moselle.

J’ai signé cette pétition contre le travail du dimanche.

Mon nom a été communiqué aux parlementaires et j’ai reçu ces réponses :

De Valérie-Rosso Debord (UMP) :

Bonjour,

Je suis moi aussi très attachée à la défense du repos dominical qui permet de préserver la vie de famille.

Toutefois, il existe aujourd’hui des gens qui choisissent délibérément de travailler le dimanche (des étudiants notamment) et il me paraît
normal de régulariser cette situation d’un point de vue législatif, et je vous rappelle que cette autorisation de travail le dimanche resterait limitée aux zones de plus d’un million d’habitants ainsi qu’aux zones touristiques.

Je n’ai donc pour l’instant pas encore arrêté ma position sur ce projet de loi mais vous pouvez être sûr que je veillerai dans tous les cas à ce
que ce travail dominical reste un choix et non une obligation.

Cordialement,

Valérie Rosso-Debord
Députée de Meurthe-et-Moselle

De Jean-Yves le Déaut, Hervé Féron et Christian Eckert (PS), ces trois textes voisins :

Jean-Yves LE DÉAUT

Député de Meurthe-et-Moselle

1er vice-président du Conseil Régional de Lorraine

Réf : JMG/12.08 Paris, le 12 décembre 2008

Bonjour,

Vous avez appelé mon attention sur l’inquiétude d’une possible évolution législative concernant l’ouverture des commerces le dimanche.

L’amendement sénatorial du 13 décembre 2007 relatif à la législation du travail du dimanche pour tous les négociants d’ameublement d’Ile-de-France, m’a tout particulièrement choqué. Les députés socialistes se sont vivement élevés contre la possibilité de ce recul social d’une extrême gravité, adopté à la sauvette, dans un texte qui n’avait pas pour objet le droit du travail mais bien le développement de la concurrence.

Nous avons rapidement exprimé l’injustice du dispositif adopté sans aucune concertation avec les partenaires sociaux et sous la seule pression de deux enseignes internationales qui trouvaient ici l’occasion d’accentuer encore un peu plus leur position dominante sur le marché du meuble français. Cette position est d’autant plus inacceptable lorsqu’on sait que la grande majorité des négociants en ameublement s’opposent à cette mesure qui porte le coup de grâce à de nombreux artisans du meuble, incapables de répondre à cette libéralisation du travail dominical.

Au-delà des syndicats de salariés, on peut également noter que la CGPME a rendu publique une enquête faite auprès de ses adhérents lors du second trimestre 2008, très hostile à l’ouverture dominicale. Les résultats sont sans appel : « 87% des commerçants ayant participé à cette enquête sont favorables au maintien du principe du repos hebdomadaire, 90% d’entre eux souhaitant que ce repos hebdomadaire reste dominical. »

Dès lors, il s’agit bien, à notre sens, d’une décision volontairement brutale qui vise à faire céder les digues du repos dominical dont le principe date de 1906. Les paroles prononcées en séance publique devant le Sénat par M. Chatel sont sans ambiguïté à ce titre :  « Le Gouvernement souhaite modifier la législation sur le travail du dimanche, qui est ancienne ; elle date en effet de 1906. Elle n’est donc plus adaptée à l’économie d’aujourd‘hui. » De fait le Gouvernement estime qu’il serait plus actuel de retourner à un droit antérieur à 1906…

Pour la majorité, il s’agit de remettre en cause un principe fondamental du droit du travail qui garantit le droit des salariés à une vie collective hors du travail. Cette politique conduit à la déstructuration des temps sociaux et des temps de consommation. Par ailleurs, elle se fonde sur le postulat que l’encadrement du travail est cause du chômage. Toute la politique sociale est menée à l’aune de cette volonté de passage en force vers une société libérale sans régulation, comme nous pouvons aussi le remarquer à travers la récente recodification du Code du travail, qui a opéré des modifications du droit insidieuses.

Comme l’ensemble des députés socialistes, j’estime qu’il est nécessaire de conserver un point d’ancrage stable pour la vie familiale, le lien social et les activités associatives. Même si l’évolution des modes de vie et l’interpénétration des temps de travail et des temps de loisirs modifient les rythmes et confèrent une plus grande latitude quant aux choix individuels des jours de repos, le dimanche doit conserver un caractère structurant pour le plus grand nombre. Nous continuerons d’ailleurs à lutter contre la dérégulation à l’œuvre en alertant aussi nos concitoyens sur les risques de cette évolution.

Aussi, je défendrai la position du groupe socialiste lorsque le gouvernement jugera bon de discuter en séance cette modification inacceptable du code de travail. Je ne manquerai pas de faire remonter vos revendications au plus haut sommet de l’Etat.

Restant à votre écoute, je vous prie de croire à l’assurance de mes salutations les plus distinguées.

Jean-Yves LE DÉAUT

 Hervé FÉRON

Député de Meurthe-et-Moselle

Maire de Tomblaine

Réf : JMG/12.08 Paris, le 12 décembre 2008

Bonjour,

Vous avez appelé mon attention par mail sur la proposition de loi relative à l’ouverture des commerces le dimanche.

Déplafonnement des heures supplémentaires, fin des RTT et des jours fériés, disparition du repos compensateur, possibilité de travailler jusqu’à 70 ans… depuis deux ans, la liste des reculs sociaux présentés comme des avancées du modernisme ne cesse de croître. Mais elle pourrait encore s’allonger avec la fin annoncée du repos dominical des salariés. Plus de deux siècles de luttes sociales sont ainsi effacés en quelques traits de plume.

Loin de la prudence demandée à deux reprises par le Conseil Économique et Social (CES) sur ce sujet en 2007, le Gouvernement matraque une nouvelle fois le code du travail, officiellement au nom de la croissance contre la crise. En réalité, depuis des années la majorité souhaite supprimer le repos dominical. La crise n’est qu’une divine occasion de passer à l’acte. Pourtant, les pays les plus libéraux sont les premiers touchés par l’effondrement de ce modèle.

Cette proposition de loi révèle la vision mercantile inquiétante de la droite. Pour moi, il s’agit d’une triple erreur : économique, politique et sociétale.

Une erreur économique tout d’abord. L’augmentation attendue de 30 % du chiffre d’affaire des commerces est mensonger. Il repose sur quelques cas d’entreprises hors-la-loi qui ouvrent le dimanche, avec la complicité et les encouragements du Gouvernement. Un comble en matière de civisme ! Mais qui peut croire qu’une ouverture généralisée des commerces conduirait à une augmentation globale du chiffre d’affaire du commerce français ?

Les Français ne dépenseront pas le dimanche l’argent qui leur manque la semaine. Au mieux, les achats dominicaux se substitueront aux achats de la semaine, sans gain pour l’économie comme le montre le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) dans un rapport commandé par Bercy et publié en novembre 2008.

Loin des créations d’emplois annoncées, c’est plutôt une destruction d’emplois qui nous attend, et particulièrement ceux du commerce de proximité. L’ensemble des organisations patronales de l’artisanat et du commerce de proximité l’a compris. Il en va de la survie de leurs entreprises. Car à chiffre d’affaire égal, les artisans et les commerçants de proximité emploient trois fois plus de personnel que la Grande distribution.

Autre soucis pour le gouvernement : les études économiques montrent que l’ouverture dominicale augmente les prix. Ouvrir un dimanche coûte trois fois plus cher qu’ouvrir un jour de semaine : charges salariales, frais de communication, charges de fournisseurs augmentées par les prestations dominicales. L’ouverture des commerces le dimanche entraînera donc un surcoût des prix chiffré à 5 % minimum, même pour ceux qui achètent en semaine.

Une erreur politique ensuite. Le Gouvernement décrète que les Français veulent cette réforme. Ils attendraient l’ouverture dominicale. C’est faux. Dans les sondages, les Français expriment des avis très partagés. Parfois favorables en tant que consommateurs, ils sont bien plus réservés en tant que salariés… Manifestement, l’apport du travail dominical est contesté par ceux qui le subissent. Les pauvres devront travailler toujours plus pour vivre, tandis que les autres pourront choisir de ne pas travailler, jouir de leur temps libre. Mettre en avant la liberté et le volontariat du personnel traduit une réelle méconnaissance de l’inégalité de la relation employeur-salarié, accrue en cette période de crise et de hausse du chômage. Il faut le rappeler : le contrat de travail est un contrat de subordination. Le salarié ne s’embauche pas, ne se licencie pas, ne se distribue pas des primes et ne s’accorde pas des jours de RTT. La majorité des salariés de la grande distribution est composée de mères de famille, employées à temps partiel pour un salaire net mensuel de 750 €. Dans ces conditions, a-t-on la liberté de dire oui, ou de dire non pour venir travailler le dimanche ? Si le gouvernement veut vraiment augmenter le pouvoir d’achat de ses concitoyens, c’est par la revalorisation des salaires qu’il devra le faire, et non par des primes aléatoires !

Mais ce texte ne se heurte pas seulement à l’ensemble de la gauche, aux organisations syndicales, aux associations familiales et aux responsables des cultes. Il trouve aussi des opposants dans la majorité, et non des moindres. L’actuelle Ministre de l’Economie, Christine Lagarde, avait elle-même émis des réserves à ce sujet, signalant qu’elle trouverait « dommage que le dimanche devienne un jour comme les autres ».

Cette opposition massive vient de la prise de conscience que cette réforme est aussi et enfin, une erreur sociétale. La loi de 1906 a fait société. Elle a permis à la France de développer un modèle envié de qualité de vie. Nicolas Sarkozy a décidé de la détruire avec sa « politique de civilisation ».

Une extension de l’ouverture dominicale des commerces entraînerait des modifications substantielles dans l’organisation du fonctionnement de la société. Nombre d’autres professions et notamment les services publics, les services à la personne (ouverture de crèches pour garder les enfants…), les services de logistique, de technique ou de maintenance seront touchés. L’ensemble des corps de métiers serait touché et c’est toute l’organisation de la société qui serait à revoir. Demain, le dimanche sera un jour de travail banal. Pourquoi le payer plus alors ?

Au lendemain du Grenelle de l’environnement, c’est aussi un recul formidable auquel nous assistons. Les grandes surfaces sont parmi les activités les plus énergivores, les plus polluantes : éclairages puissants entièrement artificiels, chauffages ou climatisations de volumes immenses, vastes rayons de réfrigération ouverts ou souvent manipulés. Il n’est donc fait aucune étude sur l’impact environnemental de la loi. Adieu Grenelle !..

Cette conception de la vie est une véritable menace pour la sphère familiale, amicale, culturelle, sportive, spirituelle ou associative. Nous refusons que la civilisation du caddie remplace la civilisation du loisir. La citoyenneté ne se résume pas à l’acte de consommation. Quelle vie privée, quelle vie de famille sans jours de repos hebdomadaire commun, alors que justement nos sociétés souffrent déjà d’une déstructuration des liens sociaux ?

Au « travailler plus, pour gagner plus » qui a montré son injustice depuis deux ans, les députés de toute la gauche (socialistes, radicaux de gauche, communistes et verts) opposent le « travailler mieux, pour gagner mieux » du prix Nobel de l’économie Joseph Stiglitz. Nous défendrons avec la plus grande énergie notre conception de la société et de la vie, lors du débat au Parlement.

Restant à votre écoute, je vous prie de croire à l’assurance de mes salutations les plus distinguées.

Hervé FÉRON

Christian ECKERT

Député de Meurthe-et-Moselle

Maire de Trieux

Réf : JMG/12.08 Paris, le 12 décembre 2008

Bonjour,

Vous avez appelé mon attention par mail sur la proposition de loi relative à l’ouverture des commerces le dimanche.

Déplafonnement des heures supplémentaires, fin des RTT et des jours fériés, disparition du repos compensateur, possibilité de travailler jusqu’à 70 ans… depuis deux ans, la liste des reculs sociaux présentés comme des avancées du modernisme ne cesse de croître. Mais elle pourrait encore s’allonger avec la fin annoncée du repos dominical des salariés. Plus de deux siècles de luttes sociales sont ainsi effacés en quelques traits de plume.

Loin de la prudence demandée à deux reprises par le Conseil Économique et Social (CES) sur ce sujet en 2007, le Gouvernement matraque une nouvelle fois le code du travail, officiellement au nom de la croissance contre la crise. En réalité, depuis des années la majorité souhaite supprimer le repos dominical. La crise n’est qu’une divine occasion de passer à l’acte. Pourtant, les pays les plus libéraux sont les premiers touchés par l’effondrement de ce modèle.

Cette proposition de loi révèle la vision mercantile inquiétante de la droite. Pour moi, il s’agit d’une triple erreur : économique, politique et sociétale.

Une erreur économique tout d’abord. L’augmentation attendue de 30 % du chiffre d’affaire des commerces est mensonger. Il repose sur quelques cas d’entreprises hors-la-loi qui ouvrent le dimanche, avec la complicité et les encouragements du Gouvernement. Un comble en matière de civisme ! Mais qui peut croire qu’une ouverture généralisée des commerces conduirait à une augmentation globale du chiffre d’affaire du commerce français ?

Les Français ne dépenseront pas le dimanche l’argent qui leur manque la semaine. Au mieux, les achats dominicaux se substitueront aux achats de la semaine, sans gain pour l’économie comme le montre le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) dans un rapport commandé par Bercy et publié en novembre 2008.

Loin des créations d’emplois annoncées, c’est plutôt une destruction d’emplois qui nous attend, et particulièrement ceux du commerce de proximité. L’ensemble des organisations patronales de l’artisanat et du commerce de proximité l’a compris. Il en va de la survie de leurs entreprises. Car à chiffre d’affaire égal, les artisans et les commerçants de proximité emploient trois fois plus de personnel que la Grande distribution.

Autre soucis pour le gouvernement : les études économiques montrent que l’ouverture dominicale augmente les prix. Ouvrir un dimanche coûte trois fois plus cher qu’ouvrir un jour de semaine : charges salariales, frais de communication, charges de fournisseurs augmentées par les prestations dominicales. L’ouverture des commerces le dimanche entraînera donc un surcoût des prix chiffré à 5 % minimum, même pour ceux qui achètent en semaine.

Une erreur politique ensuite. Le Gouvernement décrète que les Français veulent cette réforme. Ils attendraient l’ouverture dominicale. C’est faux. Dans les sondages, les Français expriment des avis très partagés. Parfois favorables en tant que consommateurs, ils sont bien plus réservés en tant que salariés… Manifestement, l’apport du travail dominical est contesté par ceux qui le subissent. Les pauvres devront travailler toujours plus pour vivre, tandis que les autres pourront choisir de ne pas travailler, jouir de leur temps libre. Mettre en avant la liberté et le volontariat du personnel traduit une réelle méconnaissance de l’inégalité de la relation employeur-salarié, accrue en cette période de crise et de hausse du chômage. Il faut le rappeler : le contrat de travail est un contrat de subordination. Le salarié ne s’embauche pas, ne se licencie pas, ne se distribue pas des primes et ne s’accorde pas des jours de RTT. La majorité des salariés de la grande distribution est composée de mères de famille, employées à temps partiel pour un salaire net mensuel de 750 €. Dans ces conditions, a-t-on la liberté de dire oui, ou de dire non pour venir travailler le dimanche ? Si le gouvernement veut vraiment augmenter le pouvoir d’achat de ses concitoyens, c’est par la revalorisation des salaires qu’il devra le faire, et non par des primes aléatoires !

Mais ce texte ne se heurte pas seulement à l’ensemble de la gauche, aux organisations syndicales, aux associations familiales et aux responsables des cultes. Il trouve aussi des opposants dans la majorité, et non des moindres. L’actuelle Ministre de l’Economie, Christine Lagarde, avait elle-même émis des réserves à ce sujet, signalant qu’elle trouverait « dommage que le dimanche devienne un jour comme les autres ».

Cette opposition massive vient de la prise de conscience que cette réforme est aussi et enfin, une erreur sociétale. La loi de 1906 a fait société. Elle a permis à la France de développer un modèle envié de qualité de vie. Nicolas Sarkozy a décidé de la détruire avec sa « politique de civilisation ».

Une extension de l’ouverture dominicale des commerces entraînerait des modifications substantielles dans l’organisation du fonctionnement de la société. Nombre d’autres professions et notamment les services publics, les services à la personne (ouverture de crèches pour garder les enfants…), les services de logistique, de technique ou de maintenance seront touchés. L’ensemble des corps de métiers serait touché et c’est toute l’organisation de la société qui serait à revoir. Demain, le dimanche sera un jour de travail banal. Pourquoi le payer plus alors ?

Au lendemain du Grenelle de l’environnement, c’est aussi un recul formidable auquel nous assistons. Les grandes surfaces sont parmi les activités les plus énergivores, les plus polluantes : éclairages puissants entièrement artificiels, chauffages ou climatisations de volumes immenses, vastes rayons de réfrigération ouverts ou souvent manipulés. Il n’est donc fait aucune étude sur l’impact environnemental de la loi. Adieu Grenelle !..

Cette conception de la vie est une véritable menace pour la sphère familiale, amicale, culturelle, sportive, spirituelle ou associative. Nous refusons que la civilisation du caddie remplace la civilisation du loisir. La citoyenneté ne se résume pas à l’acte de consommation. Quelle vie privée, quelle vie de famille sans jours de repos hebdomadaire commun, alors que justement nos sociétés souffrent déjà d’une déstructuration des liens sociaux ?

Au « travailler plus, pour gagner plus » qui a montré son injustice depuis deux ans, les députés de toute la gauche (socialistes, radicaux de gauche, communistes et verts) opposent le « travailler mieux, pour gagner mieux » du prix Nobel de l’économie Joseph Stiglitz. Nous défendrons avec la plus grande énergie notre conception de la société et de la vie, lors du débat au Parlement.

À ce titre, je serai chargé de défendre la position du groupe socialiste lors de son passage dans l’hémicycle. Aussi, je ne manquerai pas de faire remonter vos revendications au plus haut sommet de l’Etat.

Restant à votre écoute, je vous prie de croire à l’assurance de mes salutations les plus distinguées.

Christian ECKERT

On pourra comparer le détail des motifs PS (clonés !!) et la faible argumentation de Mme Rosso-Debord.

Par Michel Servet - Publié dans : Economie, société - Communauté : les anti-capitalistes
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Samedi 29 novembre 2008 6 29 /11 /Nov /2008 06:18
Le sujet revient régulièrement à la une de l’actualité. Il parait que les quartiers populaires sont gangrenés par l’économie parallèle. Et beaucoup de gens raisonnent comme si c’était un phénomène propre et limité aux "quartiers sensibles". Régulièrement, on entend parler de gens qui gagneraient très bien leur vie en vendant de la drogue, des caïds qui roulent en BMW au vu et au su de tous, etc..
Les GIR, ces fameuses structures de coordination de la police, la gendarmerie, les douanes, les impôts, etc.. ont été créés par Sarkozy 1er en 2002 pour mettre fin à tout cela, et on allait voir ce qu’on allait voir…
Raisonnons comme les mathématiciens : supposons que cela soit vrai.
Si c’est vrai, personne ne fait le deuxième constat : il n’y a pas demande normalement et légalement solvable sur les lieux de consommation. Les consommateurs ne sont pas des vedettes du show-biz ou des fils-à-papa, ils vivent des minima sociaux. Donc il faut trouver l’argent ailleurs.
Si c’est par le vol, il faut écouler le produit de ce vol, ailleurs.
Et il faut alors se poser la question des receleurs, les plus efficaces étant des commerçants ayant pignon sur rue, là où existe une demande solvable.
Si l’histoire des voitures est vraie, elles ont bien été vendues par des garagistes. Comment ont-ils été payés ?
La police connaît les numéros et a tous les moyens, en liaison avec le fisc, pour faire une enquête. Quels sont les résultats ?
On parle de travail illégal. Le produit de ce travail est forcément consommé ailleurs.
Donc, si tout cela est vrai, il serait plus efficace de commencer par s’intéresser à l’économie parallèle là où elle débouche sur l’économie officielle, aux résurgences, dirait un géologue.
Cela aurait deux avantages : sanctionner les véritables profiteurs du système, ne pas provoquer des affrontements en envoyant la police là où sont les risques de violences.
Alors, si tout cela est vrai, pourquoi ne pas en tirer les conséquences ?
Par Michel Servet - Publié dans : Economie, société
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Vendredi 28 novembre 2008 5 28 /11 /Nov /2008 18:16

Dans un village avec une église classée monument historique, il y a un périmètre de protection et les travaux immobiliers sont soumis à l’avis de l’architecte des bâtiments de France (ABF).

L’ancien titulaire du poste déclara au maire de la commune, qui contestait son avis : "Monsieur, vous n’avez pas fait 7 ans d’études, vous ne savez pas ce qu’est l’esthétique".

Par Michel Servet - Publié dans : Economie, société
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Mercredi 19 novembre 2008 3 19 /11 /Nov /2008 19:42

J’ai relu ce texte de Dickens cité par Georges IFRAH dans sa monumentale et passionnante "Histoire Universelle des chiffres" (Bouquins Laffont)

……..Bref, ces bergers avaient ainsi élaboré un véritable système de comptabilité.

Autre survivance des temps préhistoriques l’impôt, qui fut autrefois prélevé par les seigneurs et les rois de France sur les serfs et les roturiers, porta le nom de taille, pour la bonne et simple raison que ses collecteurs avaient l’habitude de marquer sur une taille en bois ce que donnait chaque contribuable.

Curieusement, le même système servait encore au début du XIXe siècle en Angleterre pour certifier le paiement des impôts ou encore à comptabiliser les rentrées et les sorties d’argent. Sur des bâtons entaillés, des encoches plus ou moins profondes représentaient une livre, dix livres, cent livres, etc., ou encore des sous-multiples de cette unité monétaire. Et il y a seulement cent quatre-vingts ans, le très sérieux ministère britannique des Finances tenait encore ses archives sous cette forme!

C’est sans doute ce qui poussa Charles Dickens (1812-1870) à formuler une violente critique contre la bureaucratie de l’époque et à rédiger un pamphlet intitulé La Réforme administrative " Il y a quelques siècles, écrivait-il, une mode sauvage de comptabilité s’était introduite à la Cour de l’Échiquier, en faisant des encoches sur des bâtons de bois, et l’on y tenait les comptes à peu près comme Robinson Crusoé dans son île tenait à jour son calendrier. Une multitude de comptables, de teneurs de livres, d’actuaires, étaient nés, étaient morts, et la routine officielle tenait à ces bâtons entaillés comme s’ils étaient les piliers de la Constitution les comptes de l’Echiquier continuaient à se tenir sur certains bouts de bois d’orme appelés tallies 1

" Sous le règne de George III, un esprit révolutionnaire vint à souffler: on examina la question de savoir si, étant donné l’existence des plumes, de l’encre, du papier, des ardoises et de leurs crayons, l’on continuerait à s’entêter dans cette coutume désuète et si l’on n’adopterait pas quelque système moderne. Mais la bureaucratie s’obstina dans sa routine, et les bâtons ne furent abolis qu’en 1826!

" En 1834, on s’aperçut qu’il en existait des amas considérables, et l’on se demanda ce que l’on pourrait bien faire de ces vieux bouts de bois pourris, usés, rongés par les vers. On les logea à Westminster, et certaine personne intelligente pensa qu’on ne pourrait rien trouver de mieux que de les distribuer aux pauvres gens du voisinage, comme bois de chauffage. Cependant, comme ils n’avaient jamais servi à rien, la routine bureaucratique exigea qu’ils ne servissent plus à rien désormais, et l’ordre fut donné de les brûler secrètement. Le bruit courut qu’on les avait brûlés dans un poêle de la Chambre des lords. Le poêle, bourré de ces antiques bâtons, mit le feu aux boiseries, et l’incendie se communiqua à la Chambre des communes; et les deux palais furent réduits en cendres. On convoqua des architectes pour en bâtir d’autres, et nous en sommes actuellement au second million de frais! "

1. Le terme anglais tally veut dire à la fois " entaille ", " petit morceau de bois entaillé ", "concorder ", " s’accorder > et " correspondre ". Quant au mot tallyman, il signifie proprement " marchand à crédit ".

Par Michel Servet - Publié dans : Economie, société
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Mardi 23 octobre 2007 2 23 /10 /Oct /2007 07:24

Le fiasco marocain du Rafale
LE MONDE | 22.10.07

© Le Monde.fr

Il s’agit d’armes et la vente d’armes est condamnable, certes..

Mais cette histoire aurait pu concerner des TGV, des équipements portuaires, etc..

Il paraît que si l’économie française va mal, c’est la faute aux syndicats, aux grèves, aux 35 heures, au code du travail, etc..

Dans cette histoire, point de tout cela. Alors ?

Et si c’était aussi parce que nos dirigeants (privés et publics) étaient mauvais ?

Par Michel Servet - Publié dans : Economie, société
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Mercredi 3 octobre 2007 3 03 /10 /Oct /2007 19:02

Taxis parisiens : il n’y a pas plus de licences qu’en 1937
LE MONDE | 01.10.07

© Le Monde.fr

Celui ou celle qui achète une pharmacie achète, cher, le droit de gagner très bien sa vie.

Celui ou celle qui achète une licence de taxi, plus de 100 000 euros à Nancy, achète le droit de gagner l’équivalent du SMIC.

Le principal bénéficiaire du système est la banque qui prête pour un investissement non productif, puisqu’il n’y a pas de véritable investissement créateur de richesses.

Par Michel Servet - Publié dans : Economie, société
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Samedi 22 septembre 2007 6 22 /09 /Sep /2007 20:33

L’Irlande, enrichie, a conservé les infrastructures d’un Etat pauvre
LE MONDE | 20.09.07

© Le Monde.fr

Extraits :

Coté pile :

Le plus pauvre pays d’Europe est devenu, en un temps record, le plus riche de l’Union européenne en termes de produit intérieur brut (PIB) par habitant derrière le Luxembourg, loin devant la France (11e). Sa croissance est plus de deux fois supérieure à celle de l’Hexagone (autour de 5 %), son taux de chômage est le plus bas de l’Europe (4,2 %), son budget est à l’équilibre. Quant à sa dette, elle est quasi nulle. De quoi faire baver d’envie.

Coté face :

Pourtant, la pénurie de transports urbains crée parfois, outre un trafic routier monstre, d’incroyables embouteillages de piétons sur les trottoirs de Dublin. Une des principales villes du pays, Galway, est restée six mois sans eau potable. Les crèches, uniquement privées, proposent des tarifs inabordables pour un parent célibataire. Le ratio entre les dépenses d’éducation et de santé et le PIB par habitant est inférieur à la moyenne européenne. Or, la bonne santé de l’Etat permettrait davantage d’endettement.

Voilà les conséquences du dumping fiscal et social

Par Michel Servet - Publié dans : Economie, société - Communauté : les anti-capitalistes
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Jeudi 20 septembre 2007 4 20 /09 /Sep /2007 20:37

Nicolas Sarkozy veut introduire la “culture du résultat” dans la fonction publique
LEMONDE.FR | 19.09.07

© Le Monde.fr

A force de zapper d’un sujet à l’autre, de courir devant les médias, de fréquenter les people, Sarkozy, qui fut longtemps ministre ne sait même pas comment fonctionne l’administration française.

Il y a longtemps que l’action des fonctionnaires est quantifiée, leurs résultats analysés, avec quelquefois des indicateurs jugés incongrus.

La mise en place de la LOLF n’a fait qu’accélérer cette tendance à la quantification et cette culture du résultat déjà bien présente dans les administrations.

Quant à la prise en compte dans la rémunération des agents, les effets induits peuvent être catastrophiques :

Enseignement : qui voudra aller travailler dans des établissements difficiles, si non seulement les conditions de travail sont plus difficiles, mais la paie indexée sur le taux de réussite au bac et forcément plus faible ?

“Administrations de guichet” : jugera-t-on les agents en termes de personnes reçues, au risque de favoriser l’abattage ?

Dans beaucoup de cas, le travail administratif est un travail d’équipe. Le rôle des chefs de services est de savoir faire “jouer le collectif” et d’empêcher les gens de “garder la balle et jouer perso”. Faire le contraire est contreproductif.

Quand les policiers sont jugés, demain payés,  en fonction du taux d’élucidation, les résultats sont simples : on traitera plus facilement une bagarre entre deux ivrognes (taux d’élucidation 100 % ) qu’un vol de scooter (proche de zéro, sauf si..).  Et la plainte de la victime d’un vol de papiers et de moyens de paiements ne sera prise en compte que parce que c’est le seul moyen pour elle de faire opposition et d’obtenir de nouveaux papiers.

Chiffres de la délinquance : “les techniques de manipulation sont légion”
LE MONDE | 18.09.07

Par Michel Servet - Publié dans : Economie, société
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Dimanche 26 août 2007 7 26 /08 /Août /2007 22:09

Nouvelle hausse du prix du pain en septembre
LE MONDE | 25.08.07

© Le Monde.fr

Bon, j’exagère un peu, mais un tout petit peu. Le prix du blé a doublé, c’est vrai, mais il ne faut pas oublier qu’il faut à peu près un kilo de blé pour faire un kilo de pain.

Pour un pain de 400 grammes, il faut un peu plus de 400 grammes de blé, dont le prix est passé de 100 à 250 euros la tonne, soit 0,25 € le kg : 4 à 10 centimes !!

 Et les prix actuels sont à peu près ceux d’avant la réforme de la PAC, qui avait fait baisser de moitié le prix du blé payé au producteur, sans que le consommateur ne s’en aperçoive.

L’auteur de l’article le reconnait :  

De fait, ces dernières années, le prix du blé n’a eu que peu de répercussions sur celui du pain, qui n’a cessé d’augmenter. En partant d’une base 100 en 1990 alors que le prix du blé est tombé à 62, celui de la farine est passé à 92, tandis que celui du pain s’est envolé à 154 !

Source : http://www.onigc.fr/pdf/FR/cpin0906.pdf

Quant à la hausse du SMIC et des charges sociales, elle a bon dos, le prix du pain ayant augmenté plus que le dit SMIC ces dernières années.

Et j’ai des doutes sur les statistiques données par les professionnels sur l’importance des charges de personnel et que reproduit l’édition papier du “Monde”.

J’en ai trouvé d’autres, certes partielles, mais il n’y a pas de raison que les boulangers lorrains travaillent différemment des autres :

http://www.cerelor.net/autres/1508_ali_2006_n.pdf

Les charges de personnel représentent 23 % du chiffre d’affaires, pas plus.

Par Michel Servet - Publié dans : Economie, société
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Jeudi 23 août 2007 4 23 /08 /Août /2007 22:12

La Bourse trahit les entreprises, par Jean-Bernard Schmidt
LE MONDE | 20.08.07

© Le Monde.fr

Régulièrement, les gens de la “gauche de la gauche”, de la “gauche de gauche”, les “antilibéraux”, “altermondialistes”, etc.. qu’importe le nom qu’ils se donnent ou qu’on leur donne, entendent le discours suivant :

“Le capitalisme a définitivement gagné, après l’échec catastrophique des pays “socialistes” et le blocage des pays “sociaux-démocrates”. Il ne sert à rien d’imaginer autre chose, car il n’y a rien d’autre à imaginer. Nous avons le meilleur système économique qu’il soit possible de concevoir, et chose merveilleuse, il est capable de se réformer de lui-même, ses capacités d’adaptation et de progrès sont infinies !!”

Mais on peut entendre des paroles discordantes, qui viennent du coeur du système, comme Jean-Bernard Schmidt, partenaire-associé dans une société de capital-risque, ou bien, il y a deux ans :

 Le Capitalisme est en train de s’autodétruire, de Patrick Artus et Marie-Paule Viard.


Je cite la “quatrième de couverture” :

Editions La Découverte

Le capitalisme est en train de s’autodétruire…L’affirmation peut sembler saugrenue, voire provocatrice, au moment même ou les grandes entreprises de la planète, y compris en France, affichent des profits insolents, rémunèrent très confortablement leurs dirigeants et distribuent des dividendes record à leurs actionnaires…Alors que la croissance économique, en Europe en tous cas, se distingue par sa mollesse, que les délocalisations se multiplient et que chômage et précarité s’aggravent, on comprend que le débat devienne vif sur la légitimité d’une telle captation de richesses.

Dans ce livre décapant et remarquable de clarté, les auteurs n’y vont pas par quatre chemins pour qualifier ce paradoxe : c’est au moment où le capitalisme n’a jamais été aussi prospère qu’il apparaît le plus vulnérable, et nous avec lui. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’un capitalisme sans projet, qui ne fait rien d’utile de ses milliards, qui n’investit pas, qui ne prépare pas l’avenir. Face au malaise social, le gouvernement prétend encourager un meilleur partage de la production de richesses en augmentant le pouvoir d’achat, mais en vérité, il ne traite que les symptômes. Car au fond le débat est ailleurs : c’est l’absurdité du comportement des grands investisseurs, qui exigent des entreprises des rendements de leurs fonds propres exorbitants de tout sens commun. De telles exigences poussent celles-ci à privilégier le rendement à trois mois plutôt que l’investissement à long terme, quitte à délocaliser, à faire pression sur les salaires et à renoncer à créer des emplois ici et maintenant. Voilà pourquoi il est urgent, expliquent les auteurs, de réformer profondément la gestion de l’épargne, d’imposer de nouvelles règles de gouvernance aux gérants comme aux régulateurs. Faute de quoi on n’évitera pas une nouvelle crise du capitalisme, avec toutes ses conséquences politiques et sociales, notamment dans les pays industrialisés.

Patrick Artus est directeur des études économiques du Groupe Caisse d’Epargne et de la Caisse des dépôts et consignations, professeur à l’école Polytechnique et professeur associé à l’université Paris I- Panthéon –Sorbonne.

Marie-Paule Virard est rédactrice en chef du magazine Enjeux- les Echos.

http://www.senat.fr/presse/cp20070331.html

Alors, si des voix à l’intérieur du système lui trouvent des défauts, il n’y a pas de raison pour que des idéologues condamnent a priori comme ringards ceux qui cherchent une alternative à ce qui existe.

Il y a cinquante ans, il y avait les idéologues du “socialisme”, version Moscou, Pékin, etc.. et des gens qui, sans être forcément des défenseurs inconditionnels du capitalisme, essayaient d’analyser les systèmes économiques tels qu’ils étaient, et non pas tels qu’ils devraient être. Je pense à des gens très divers, qui ont été mes lectures d’étudiant: Raymond Aron, Galbraith, René Dumont et d’autres.

Aujourd’hui, l’idéologie a changé de camp, mais les idéologues sont parfois les mêmes.

Par Michel Servet - Publié dans : Economie, société
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