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Laïcité

Jeudi 31 décembre 2009 4 31 /12 /Déc /2009 13:34
Étude très complète de Serge Denvers à cette adresse :

http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2009/12/27/la-liberte-de-religion.html

Mais qu’est-ce que la liberté de religion ? Tout part de la loi du 9 décembre 1905, et en particulier de ses deux premiers articles.

« Article 1. - La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public.

« Article 2. - La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. »

La messe n’est pas dite, mais si vous ne passez pas cette première étape, le reste de la procession juridique sera gravement hérétique. Et vous risquez l’excommunication par le premier arrêt du Conseil d’Etat venu.

 

(...)


Par Michel Servet - Publié dans : Laïcité - Communauté : Membres de Facebook
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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /Déc /2009 06:40

Cher Nicolas, Mon cher compatriote,

 Tu as écrit une tribune dans Le Monde (9 décembre) qui a retenu toute mon attention. En effet, tu t’adresse à tes « compatriotes musulmans », et c’est mon cas, moi Mouloud Baubérot, frère siamois de celui qui tient ce blog.

Comme une lettre ne doit pas rester sans réponse, alors j’ai décidé, à mon tour de t’écrire. Après tout, toi aussi tu es mon « compatriote ». Et puis, comme je suis professeur d’histoire en terminale, j’ai l’habitude de corriger des copies.

 Nous allons le voir, il y a plein de belles idées dans ta lettre, et je vais pouvoir te citer souvent.

Mais tu as commis une légère erreur de perspective, qui gâche un peu ton propos. Et comme cela vous concerne en particulier ton frère siamois et toi, permets moi de la rectifier.

Lire le texte complet

Par Michel Servet - Publié dans : Laïcité - Communauté : Membres de Facebook
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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /Déc /2009 07:51
Jean Baubérot est titulaire (et fondateur) de la chaire d’histoire et sociologie de la laïcité à l’école pratique des hautes études. C'est la seule chaire universitaire en France sur cette question.
On peut donc le considérer comme un des meilleurs universitaires français sur le sujet. C'est pour cela qu'il a été entendu par la Commission "anti-burqa" le 21 octobre 2009. Après l'audition de Tariq Ramadan, j'ai eu l'idée de visionner cette séquence,

http://www.assemblee-nationale.fr/13/commissions/voile-integral/voile-integral-20091021-1.asp

que je ne connaissais que par les commentaires qu'en avait fait Jean Baubérot sur son blog.

http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com/archive/2009/10/21/mon-audition-a-la-commission-voile-integral.html

http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com/archive/2009/10/28/une-mission-parlementaire-boumerang.html

Ce fut un grand moment. Comme on dit au foot : ils ne jouent pas dans la même division.
Il faut lire l'intervention subtile et argumentée de Jean Bauberot, et ses commentaires sur le débat : il est contre le port du voile intégral, mais contre toute interdiction légale. Visiblement, cela ne passe pas.
Sur un sujet qui concerne les femmes, ce sont uniquement les hommes qui sont intervenus, à l'exception de George Pau-Langevin, qui a demandé des précisions sur les "accommodements raisonnables" au Québec.
Une perle dans les débats qu'il n'a pas relevée : la loi de 1905 ne parle pas des musulmans, selon des députés, parce qu'il n'y en avait pas. Et bien si, l'Algérie était française, et le dernier article de la loi précise qu'elle ne s'y appliquera pas.
Si elle s'était appliquée, la gestion des mosquées et des imans aurait été confiées à des associations cultuelles musulmanes, c'est-à-dire algériennes, au lieu du pouvoir colonial.
Les patriotes algériens (Ben Badis) ont d'ailleurs demandé l'application de la loi de 1905 en Algérie !!
Quant à André Gérin, c'est un président de commission juge et partie.

Par Michel Servet - Publié dans : Laïcité - Communauté : Membres de Facebook
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Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /Déc /2009 21:14

Je connaissais l'homme par ses articles. J'avais assisté à une de ses conférences, devant un auditoire à 95 % musulman. Ce qui m'a permis de constater que les accusations de double discours, l'un pour les médias « chrétiens-laïques » et l'autre pour les musulmans, étaient infondées. Je ne me prononce pas sur sa compétence de ce jour-là comme islamologue ou comme théologien, mais je peux assurer que son discours « devant les musulmans des banlieues » était impeccable du point de vue républicain.

Il venait d'écrire « La réforme radicale ». J'avoue avoir été rebuté par les développements sur l'histoire de l'exégèse musulmane et il faudra que je me replonge dans le livre.

« Mon intime conviction » est d'un abord nettement plus facile. Il parle de lui à la première personne, de son parcours, ses expériences, sa confrontation à la mort par surdose d'un de ses élèves, etc..


Je retiens quelques extraits :


Sur la rencontre entre Occident (je n'aime pas ce terme) et Islam.

 

« Il s'agit pour tous de faire preuve d'humilité, de respect et de cohérence. D'humilité en reconnaissant que personne, aucune civilisation n'a le monopole de l'universel et du bien, et que nos systèmes politiques et sociaux ne sont pas parfaits; de respect vis-à-vis de l'autre parce qu'il faut être persuadé que les richesses et les acquis de ce dernier peuvent nous apporter quelque chose; enfin de cohérence, car la présence de l'autre est comme un miroir qu'il faut utiliser pour pour affronter nos contradictions et nos incohérences dans l'application concrète et quotidienne de nos valeurs les plus nobles. L'exercice est difficile, mais il est impératif. Au lieu de comparer injustement l'idéal de nos valeurs théoriques avec les déficiences de la pratique de l'autre, il importe de comparer les pratiques, de mettre en évidence les contradictions et les hypocrisies mutuelles pour s'imposer ensemble une double exigence : clarifier l'espace de nos valeurs communes et nous efforcer d'y être toujours plus1. »

(..)

« Aux musulmans je répète que l'islam est une grande et noble religion, mais que tous les musul­mans, ou les sociétés majoritairement musulmanes, ne furent et ne sont pas – de loin – à la hauteur de cette noblesse, dans l'histoire comme à l'époque contemporaine. Une réflexion critique s'impose sur la fidélité à nos principes, notre regard sur l'autre, les cultures, les libertés et la situation des femmes.

Aux Occidentaux je répète de la même façon que les acquis indéniables de la liberté et de la démocratie ne sauraient faire oublier « les missions civilisatrices » bien meurtrières, les colonisations, l'ordre économique destructeur, les racismes, les discriminations, les relations entendues avec les pires dictatures. Nos contradictions et nos ambiguïtés sont innombrables. Une même exigence et une même rigueur entre deux univers2. »

 

Cette remarque, d'actualité à l'heure où on parle des converties qui choisissent de porter le niqab :

 

« Ce n'est pas toujours le cas : certains convertis, au lieu de tirer parti de leur connaissance de la société, se placent dans une position d'automarginalisation et d'autoségrégation et deviennent des étrangers dans leur propre société3. »

 

Lui aussi estime que les identités de chacun doivent se compléter et non s'exclure :

 

« il convient de résister à la tentation de réduire son identité à une dimension exclusive et prioritaire qui se distinguerait de toutes les autres »

« je suis suisse de nationalité, égyptien de mémoire, musulman de religion, européen de culture, universaliste de principe, marocain et mauricien d'adoption4 »

 

Il rappelle comment doit être comprise la solidarité entre musulmans au sein de « l'oumma5 » :

 

Le Prophète de l'islam dit un jour : « Aide ton frère qu'il soit juste ou injuste !» Ses compagnons ne pouvaient pas manque de s'interroger sur la nature du soutien à offrir au frère injuste : comment cela pouvait-il être ?! Et le Prophète ajouta, en renversant la perspective : « Empêche-le [le frère injuste] d'accomplir son injustice, ce sera ton soutien à son égard ! 6»

 

Il constate la naissance d'un islam européen (le second de fait, le premier étant l'andalou) :

 

« Même s'il y aura toujours de nouveaux immigrants musulmans, la question de l'islam doit dorénavant être distinguée du phénomène de l'immigration. Il s'agit désormais d'une question européenne et occidentale. »

 

Un hommage à l'école de Jules Ferry :

 

« ma position était d'encourager les citoyens musulmans à inscrire leurs enfants dans le système scolaire public où ces derniers vont apprendre à vivre avec leurs concitoyens de diverses origines et cultures 7»

 

Il condamne à la fois victimisation et paternalisme :

 

« Il est urgent de cesser de blâmer « la-société-qui-ne-nous-aime-pas » , « l'islamophobie » ou encore « le racisme », et de justifier ainsi une passivité coupable. Que ces phénomènes existent, cela ne fait aucun doute, mais il est impératif de les combattre en s'engageant en tant que citoyens et en luttant contre les injustices, le racisme, la discrimination, les discours populistes de stigmatisation et les hypocrisies. Cela signifie aussi lutter contre les discours paternalistes souvent néocolonialistes et les traitements infantilisants : depuis trente ans, l'Occident semble vouloir s'occuper des « jeunes musulmans » éternellement « jeunes » et qui tardent sérieusement à devenir des adultes dont la maturité permettrait de discuter d'égal à égal8. »

 

Passons aux femmes et à la sexualité, questions récurrentes :

 

« Je l'ai dit et répété : l'islam n'a pas de problèmes avec les femmes, mais il apparaît clairement que les musulmans ont effectivement de sérieux problèmes avec elles, et il faut en chercher, de l'intérieur, les raisons et parfois les (discutables) justifications9. »

« L'excision des femmes, les mariages forcés, les crimes d'honneur, par exemple, ne sont pas islamiques, même si certains savants ont essayé de les justifier religieusement.10 »

 

« Il est anti-islamique d'imposer le foulard à une femme et c'est une atteinte aux droits de l'homme que de lui imposer de l'enlever11 »

 

« L'Occident chrétien conservateur dessine un islam licencieux et permissif, l'Occident moderne et libre s'offre la caricature d'un islam de l'interdit et de l'oppression sexuelle12 »

 

A propos de l'homosexualité (rejeté par l'islam, et il partage ce rejet de principe) :

 

« Le fait de ne pas partager les opinions et les actions des homosexuels, quant à leur sexualité, ne m'empêche pas de respecter ce qu'ils sont (..). Si j'ai des réserves sur le mariage homosexuel ou sur l'adoption d'enfants par des couples homosexuels, je n'hésite pas à lutter contre les discours et les mesures homophobes dont ces derniers pourraient être les victimes et à m'engager à leur coté dans toutes les causes communes13. »

 

 

Sur le sentiment d'appartenance la quête identitaire :

 

« Ce discours et cette approche de l'intérieur imposent de revoir nos programmes officiels d'histoire afin de proposer une démarche inclusive. Nous avons besoin d'une histoire (nationale, européenne et occidentale) officielle intégrant les mémoires plurielles de citoyens (nouveaux ou pas) qui la composent : il s'agit d'en parler, de mettre en évidence les richesses culturelles et intellectuelles et de donner de la valeur à cette contribution et à cette présence. Il ne peut y avoir de sentiment d'appartenance à un corps social si celui-ci ne reconnaît pas officiellement la valeur et la contribution (historique et actuelle) de ses membres, de tous ses membres. Il n'est pas question de de produire un discours culpabilisant sur les colonisations passées, mais un discours positif et confiant qui sait reconnaître les erreurs, évaluer les richesses et les apports, parler de l'expérience douloureuse de l'esclavage, de l'exil et également de la participation des premières générations, mères et pères des nouveaux citoyens, à la construction des pays occidentaux.14»

 

Ce paragraphe mériterait de long développements : comment intégrer les mémoires bretonnes, occitanes, arméniennes et turques, chouannes et communardes, arabes et italiennes, dans l'histoire de France, qui ne se réduit pas à cette des 40 rois, des deux empires et des 5 Républiques ?

 

« A long terme, il faudra que les imams soient formés dans le contexte occidental, européen et national, de façon bien sûr indépendante, et qu'ils connaissent la langue et la culture du pays, qu'ils en soient imprégnés de l'intérieur afin d'apporter aux communautés religieuses une vision et des solutions en phase avec les réalités du terrain15 ».

 

« Peut-être que ce dont l'Occident, et l'Europe ce faisant, a le plus besoin aujourd'hui ce n'est pas d'un dialogue avec les autres civilisations, mais d'un vrai dialogue avec lui-même, avec les facettes de lui-même qu'il s'est trop longtemps refusé à voir.16.. »

 

Sur les migrations :

 

« Des hommes et des femmes fuient la misère, l'Occident a besoin de main-d'œuvre : comment, au delà des peurs, respecter la dignité des êtres humains en ne les transformant pas en criminels et en clandestins alors que les prévisions les plus objectives nous informent que nous aurons besoin d'eux ?17 »

 

Israël et le judaïsme :

 

Après avoir constaté que :

 

« Ce qui, hier, était dit à propose des juifs (double discours, double loyauté, et les connexions obscures de « l'internationale juive ») est reproduit dans des termes presuqes similaires vis-à-vis des musulmans.18 »

il est très clair :

« Je fus un des premiers, dès 1992, à m'opposer à l'antisémitisme parmi les musulmans, en affirmant que « l'antisémitisme était par essence anti-islamique » et qu'il fallait dénoncer les dérives que l'on trouvait dans certains discours musulmans justifiant le rejet des juifs par l'oppression perpétrée par les gouvernements israéliens19. »

 

 

De tout cela, que dire ? Quand il a été invité chez Ruquier, ce fut lui l'homme ouvert et Zemmour l'intolérant. Cette « intime conviction » est une « pièce à conviction », à lire.

1 Page 39

2 Page 40

3 Page 52, note de bas de page.

4 Page 58

5 La communauté des croyants

6 Page 64 Exemple type de la citation qui peut être tronquée pour lui faire dire le contraire de ce qu'elle dit.

7 Page 81

8 Page 88

9 Page 93

10 Page 95

11 Page 140

12 Page 143

13 Page 145. Lors de cette conférence, il a sèchement répondu à un salafiste qui l'attaquait sur ce point. Clair et net.

14 Page 101

15 Page 105

16 Page 120

17 Page 131

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19 Page 147

Par Michel Servet - Publié dans : Laïcité - Communauté : Membres de Facebook
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Dimanche 6 décembre 2009 7 06 /12 /Déc /2009 10:12
Sur l'excellent blog de Jean Baubérot, un rappel historique : l'exposé des motifs de l'amendement à la loi de 1905 qui voulait interdire le port de le soutane (l'amendement, pas la loi) :

1905 et LES TENUES RELIGIEUSES

(..) 

La question a déjà préoccupé des Parlementaires français, cela précisément lors des débats sur la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, en juin 1905.

Des députés radicaux-socialistes proposent d’interdire le port de la soutane[1] dans l’espace public et ne l’admettre qu’à l’intérieur des églises.

Sans plaquer une situation sur une autre, il vaut la peine de connaître leur argumentation, car les analogies sont indéniables.

Voilà, schématiquement, ce que dit le principal auteur de l’amendement[2] :

 

-         La soutane n’est pas, pour le clergé, une obligation religieuse, preuve en est qu’il ne la porte ni en Amérique, ni dans certains pays européens. C’est donc un vêtement politique, lié à l’ultramontanisme, terme qui signifie à l’époque un catholicisme étranger, fanatique, obscurantiste.

-         La soutane est une atteinte à l’ordre public car elle induit des « manifestations diverses » d’agressivité de la part de passants heurtés par la vision de soutanes dans la rue.

-         Les prêtres qui portent la soutane manifestent des sentiments anti-sociaux : ils croient être « plus que des hommes », ils la portent pour établir une « barrière infranchissable entre eux et la société laïque »

-         La soutane est un signe « d’obéissance directement opposée à la dignité humaine » qu’il faut interdire si on est soucieux « de la liberté et de la dignité humaines ». En ôtant sa soutane au prêtre vous lui permettrez de « lever la tête, causer avec n’importe qui (…), vous libèrerez son cerveau », vous mettrez fin à sa situation d’«esclave ».

-         D’ailleurs un grand nombre de prêtre attendent cette interdiction « qui les rendra libres » et ils deviendront partisans de la loi de séparation si elle leur permet d’enlever leur « robe ».

-          

A cela Aristide Briand oppose  qu’il serait contradictoire d’interdire le port de la soutane quand on instaure, par la séparation, « un régime de liberté » et qu’avec la laïcité, la soutane devient « un vêtement comme les autres ».

L’amendement proposant l’interdiction est repoussé par 391 voix contre 184.

L'histoire ne se répète pas, elle bégaie !!

 

[1] Rappelons que la soutane est une grande et ample robe noire que les prêtres catholiques français portaient alors sur leurs vêtements habituels. Différence avec le voile intégral : on voyait leur visage, mais en revanche, le fait qu’il s’agisse d’une « robe » était alors considéré par les laïques comme une atteinte à la « dignité » de l’homme, le symbole que le prêtre qui la portait n’était pas vraiment un homme. Cette robe noire faisait qualifier les prêtres de « corbeaux » (comme aujourd’hui on dit les « Belphégor »)

[2] Pour un compte rendu plus complet, cf. J. Baubérot, L’intégrisme républicain contre la laïcité, L’Aube, 2006, p. 179-183.

Par Michel Servet - Publié dans : Laïcité - Communauté : Membres de Facebook
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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /Nov /2009 11:37

Le droit.

http://www.laicite-laligue.org/index.php?option=com_content&task=view&id=1094&Itemid=283

La mairie a le monopole de la gestion des cimetières. Ils n’affichent pas d’emblèmes religieux, mais les tombes sont librement décorées. Ces dispositions datent d’une loi de 1887. La loi de séparation de 1905 réaffirme dans son article 28 “Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions”.

La loi de 1887 prohibait la création de zones spécifiques réservées à des religions. Mais la création de carrés confessionnels est devenue de plus en plus fréquente. Deux circulaires du ministère de l’Intérieur (28 novembre 1975 puis 14 février 1991) réglementaient cette pratique. La première constatant des “regroupements de fait”. La deuxième exigeant notamment un cercueil (ce qui n’est pas un usage musulman) mais laissant libre l’orientation des corps (tournés vers La Mecque pour les musulmans). Elles ont été remplacées par une nouvelle circulaire, datée du 19 février 2008 Texte de la circulaire . La création de carrés confessionnels est autorisée et même encouragée si elle répond à des demandes. En revanche la neutralité des parties communes est réaffirmée.

Il existe des cimetières privés, par dérogation du droit commun, tout à fait légaux. La plupart sont gérés par les consistoires israélites, quelques uns sont protestants. Il est interdit d’en créer de nouveaux, et même d’agrandir ceux qui existent.

Pour aller plus loin:
Cimetiere musulman en occident. Normes juives chrétiennes et musulmanes. Aldeeb Abu-Sahlieh . Editions L’Harmattan 2002.

Les faits.

C’est un exemple, et je connais aussi ailleurs des monuments aux morts communaux avec un crucifix. A partir du moment aucun des habitants de la commune ne se sent exclu, ça ne pose pas de problèmes.

Et aucun croisé de la laïcité intégrale (surtout quand elle concerne les musulmans) ne s’est encore inquiété de cette “intrusion intorérable de la religion dans l’espace public”.

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Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /Nov /2009 13:13
Par Michel Servet - Publié dans : Laïcité - Communauté : Membres de Facebook
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Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /Oct /2009 07:39

C’est dans le numéro 106 de leur journal en ligne :


Dans une interview, Mohamed-Ali Bouharb ne cachait pas sa volonté, par petites touches, de faire accepter à la gendarmerie quelques pratiques spécifiquement musulmanes, notamment alimentaires. Exhibant un croissant sur son képi, il affirmait qu’il entendait organiser, en 2011, le pèlerinage des militaires musulmans à La Mecque. Bref, cet homme se montrait bien davantage militant musulman que gendarme.

Il a été entendu par sa hiérarchie, au-delà de ses espérances, puisque nous apprenons que ce sera l’armée française qui, au détriment des lois laïques de 1905, encadrera le pèlerinage des soldats musulmans, dans quelques semaines, à La Mecque ! (3)

A quand le financement d’une partie des frais de voyages des soldats juifs en Israël ? Des déplacements des soldats bouddhistes au Tibet ? Des voyages à Rome, pour les soldats catholiques qui veulent écouter le pape ?

A une époque où le déficit de la France ne cesse de se creuser, quand des coupes drastiques ont été effectuées dans le budget militaire, le ministre de la Défense, Hervé Morin accepte sans vergogne que l’armée française dépense de l’argent pour accompagner des soldats qui iront faire le pèlerinage de La Mecque ! On n’ose même pas imaginer les dérogations qu’ils ont dû obtenir, s’ils étaient, à cette époque, astreints à d’autres missions !


Mohamed-Ali Bourab est le premier aumônier musulman de la Gendarmerie. “Riposte laïque” extrait ses informations d’un autre site islamophobe, Bivouac-Id, en les tronquant pour les rendre encore plus alarmantes.

Et comme toujours, une ignorance colossale des sujets traités, indépendamment de toute référence à l’islam.

Commençons par le képi avec un croissant. Dans l’armée française, les aumôniers sont assimilés aux officiers, et ils portent  (et non exhibent) depuis très longtemps un signe distinctif du culte représenté : croix pour les aumôniers chrétiens, Tables de la Loi pour les juifs.


Pour les régimes alimentaires, quand j’ai fait mon service national, en 1974, il y avait au régiment des stocks de rations militaires marquées “M” comme musulman, avec de la nourriture hallal. C’était un héritage de la guerre d’Algérie, où il y avait des recrues musulmanes dans l’armée française. Rien de nouveau sous le soleil, donc.

Autre héritage des guerres coloniales : en argot militaire, l’aumônier est appelé parfois le “marab”, le marabout.

Quand aux lois laïques de 1905, il faut tout d’abord préciser qu’il n’y en a qu’une, et elle commence par ces mots :

 

ARTICLE PREMIER. - La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public


Elle prévoit des services d’aumônerie, aux frais de l’État, dans les lieux fermés, où ne peut pas dire aux gens :”Allez prier dehors”.


ART. 2.- La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes. Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d’aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons.
Les établissements publics du culte sont supprimés, sous réserve des dispositions énoncées à l’article 3.


Les aumônerie militaires ne sont pas visées par la loi de 1905, mais régies par la loi du 8 juillet 1880 et plus récemment le décret 2008-1524 du 30 décembre 2008.

Parlons maintenant de pèlerinages.

L’idée d’un pèlerinage de soldats bouddhistes au Tibet se heurte à deux obstacles :

le bouddhisme tibétain est celui le plus connu des Occidentaux, grâce à l’action du dalaï-lama, mais il est très minoritaire au sein du bouddhisme.

je doute que les autorités chinoises donnent leur accord.

Cela étant, il y a déjà d’autres pèlerinages militaires, notamment celui catholique à Lourdes.

Reste la question du financement, Bivouac-ID parle de 3 000 euros restant à la charge des participants, ce qui est déjà une belle somme. C’est certes moins que ce que paient les pèlerins ordinaires (3 700 à 4 000 euros). Mais vu ce que les divers intermédiaires empochent d’habitude au passage, je doute que le pèlerinage coûte beaucoup à l’armée française.

Pour terminer avec une petite provocation, voici l’insigne du premier régiment de tirailleurs, à Epinal.


Par Michel Servet - Publié dans : Laïcité - Communauté : Membres de Facebook
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Mercredi 9 septembre 2009 3 09 /09 /Sep /2009 20:27

Faut-il en rire ?

http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2009/09/05/les-francs-macons-sont-ils-marteaux.html

http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com/archive/2009/09/06/le-grand-orient-oui-aux-loges-piscines-exclusivement-reserve.html

Avec ces perles, recueillies par “Le Monde” :

“immense majorité ne souhaitait pas travailler directement avec des femmes. La loge est un endroit fermé, particulier, et nous souhaitons y travailler en masculinité”

Quand, avec des copains, on voulait rester “entre mecs”, ce n’était absolument pas pour des travaux intellectuels, et d’ailleurs les nanas n’étaient pas intéressées.

Quand auront-ils fini d’enterrer leur vie de garçons, au GODF ?

Plus sérieusement, je me pose des questions sur la vie associative, politique, syndicale, professionnelle des gens qui profèrent ces énormités. Ont-ils participé à des réunions, des groupes de travail, des commissions, des conseils municipaux, etc.. avec des femmes ? Si oui, ils ont pu constater que leur présence n’enlevait rien à la qualité des débats, au contraire.

Le travail “en masculinité” sur des sujets de société peut d’ailleurs conduire à “marcher à coté de ses pompes”, comme lorsque les évêques catholiques parlent de la vie de couple.

“Si nous initions des dames, rien ne dit qu’elles ne postuleront pas au conseil de l’ordre et deviennent, pourquoi pas, grande maîtresse !”

Après ça, j’attends les leçons du GODF sur la parité en politique, les discriminations fondées sur le sexe, l’obscurantisme religieux qui brime les femmes.

Par Michel Servet - Publié dans : Laïcité - Communauté : Membres de Facebook
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Dimanche 6 septembre 2009 7 06 /09 /Sep /2009 12:34

Début de l'article

Normes publiques et libertés privées.

La vie en société suppose le respect de normes communes (obligations, interdictions), et les religions édictent de leur coté des normes.

Il y a conflit irréductible lorsque l'État interdit une pratique religieuse obligatoire, ou lorsqu'il oblige à des pratiques que refusent des religions.

Il y a également conflit lorsqu'un appareil religieux estime que c'est à l'État de faire respecter les normes religieuses (théocratie).

Les exemples sont nombreux dans l'histoire de France, bien avant l'émergence de l'islam dans la société française.

Dans la première catégorie, il faut citer les conflits sur les obligations militaires du clergé (« les curés, sac au dos ») et l'objection de conscience, caducs aujourd'hui, le refus des transfusions sanguines par les Témoins de Jéhovah, qui peut être assimilée à de la « non-assistance à personne en danger ».

Dans la seconde catégorie, il faut rappeler l'opposition de l'Église catholique aux lois permettant le divorce, la contraception, l'IVG, alors qu'aucune de ces lois ne faisait obligation aux catholiques de divorcer, etc..

On voit d'ailleurs que les cas de conflits sont très différents :

Il est normal et heureux que la République n'ait pas transigé sur l'affirmation de libertés individuelles, libre aux croyants de telle ou telle religion de ne pas en user.

Pour les questions d'égalité devant le service militaire, les solutions historiques trouvées ont souvent permis de concilier les différentes normes : beaucoup de prêtre ont été mobilisés en 1914-1918 comme brancardiers, ce qui n'était pas moins dangereux, mais leur évitait de combattre directement.

D'autres obligations légales peuvent gêner des croyants : les jours fériés et le repos hebdomadaire hérités des traditions chrétiennes, l'interdiction de l'abattage sauvage des animaux, qui a gêné les paysans qui tuaient le cochon à la ferme puis mettaient le veau dans le congélateur tout autant que les musulmans soucieux de commémorer le sacrifice d'Abraham.

Le plus souvent, avec un minimum d'intelligence et de compréhension de part et d'autre, on arrive à trouver des solutions satisfaisantes.

Il suffit de respecter quelques principes :

  • ne gêner la pratique d'un culte ou l'expression d'une conviction religieuse que s'il y a un intérêt général qui s'impose à tous

  • bien expliquer cet intérêt général. Par exemple, expliquer que l'interdiction de l'abattage individuel est motivée par des raisons d'hygiène publique et de protection de tous les consommateurs, les musulmans comme les autres.

  • à chaque fois que cet intérêt général peut être atteint en pensant autrement des règles conçues par et pour la majorité des Français, il faut privilégier cette solution.

Quelles sont alors les raisons objectives et matérielles qui s'opposent au port de tenues religieuses féminines dans l'espace public ?

Prosélytisme : je pense avoir démontré qu'il n'y a pas corrélation.

Droits de la femme : il faut les défendre, mais pas comme ça.

Agression visuelle des non-croyants et entrave à la liberté de conscience de ces derniers : s'il faut éliminer tout signe qui véhiculerait un message avec lequel on est en désaccord, cela peut aller très loin. Faudra-t-il interdire, au nom de la laïcité (!!), tous les messages publicitaires qui font appel au substrat religieux (chrétien) de la culture occidentale, et au nom des droits de la femme, tous ceux qui utilisent l'image de la femme-objet ou femme-nunuche1.

Sécurité publique (besoin d'identification et de reconnaissance des personnes). Il y a effectivement un problème, mais pour le seul voile intégral. Il existe d'abord pour le port de la cagoule masculine (militants corses par exemple) et de certaines capuches rabattues sur le visage. Pour l'instant, les atteintes à la loi ont été le fait des encagoulés et des encapuchonnés dans ce but, pas des femmes portant le voile intégral.

L'activisme religieux ou à prétexte religieux, la tentation sectaire.

Doit-on les combattre ?

Chaque personne est libre, en fonction de sa sensibilité religieuse, philosophique, etc.. de défendre ses idées et éventuellement de contredire celles et ceux qui défendent des points de vue opposés ou simplement différents.

La question est de savoir si certaines pratiques religieuses doivent être combattues, au-delà des questions théologiques, car elles sont jugées dangereuses pour le reste de la société ou pour des fidèles n'ayant pas les moyens de choisir en connaissance de cause.2

Ma position est la suivante, il faut :

Combattre toute tentative d'imposer un ordre totalitaire et négateur des libertés individuelles, que les prétextes soient religieux ou pas. Combattre donc tous les fascismes, sans distinction : la LDJ, le PMF, l'extrême-droite chrétienne ou païenne.

Combattre toute tentative de division de l'humanité sur des bases ethniques ou religieuses, ainsi que toute tentative d'enfermement sectaire d'une partie de la population.

Réaffirmer qu'un dogme religieux ne peut pas être mis sur le même plan que le raisonnement scientifique, et que sinon alors pourquoi en privilégier un plutôt qu'un autre ?

Affirmer la primauté de la liberté individuelle, qui s'arrête là où commence celle des autres.

Assurer la protection des mineurs et personnes incapables de se défendre.

Pour le reste, au risque de choquer, je dirais que le droit à la bigoterie est aussi un droit de la personne humaine.

Qui doit les combattre ?

A de rares exceptions près3, la ligne de partage sur tous ces points traverse toutes les familles religieuses. Bien souvent, ceux dont les références religieuses sont aussi invoquées par les extrémistes sont les plus motivés pour les combattre.

Le zèle extrémiste des « born again » sera plus combattu spécifiquement par des chrétiens pensant qu'« ils n'ont rien compris et nous font du tort » que par tous ceux qui pensent que les religions sont par principe nuisibles à l'humanité.

L'État peut interdire des organisations factieuses, certaines propagandes, mais il n'est ni souhaitable, ni efficace que son action aille au-delà. En particulier, il n'a pas à se lancer dans l'exégèse religieuse et encore moins à organiser la surveillance policière de toute une population.

C'est à la société civile de trouver en elle-même, dans toutes ses composantes, les ressources pour lutter contre ceux qui veulent nuire à sa cohésion et à la recherche du bien-vivre ensemble.

Comment les combattre ?

Il faut commencer par ne pas se tromper d'adversaire. Il est possible qu'il existe en France des groupes qui prêchent la violence et risquent de passer à l'acte.

Mais cela n'a rien à voir avec celles et ceux qui pratiquent une religion, de façon plus ou moins visible.

J'attends qu'on m'explique comment le port du niqab ou de la burqa conduit à poser des bombes4.

Il faut ensuite appliquer les mêmes règles à toutes les religions. Je réécoutais Philippe de Villiers opposé à Tariq Ramadan au cours de l'émission Ripostes de Serge Moati. Il faut être particulièrement gonflé et de mauvaise foi pour subordonner l'autorisation de construire des mosquées au respect par les musulmans de l'égalité des sexes, alors qu'on ne demande pas aux catholiques d'admettre les femmes à la prêtrise !!

Quand la police surveille des centres communautaires d'obédience soufie, elle devrait savoir que ce sont des gens quiétistes, alors pourquoi le faire? Quant à l'argument du risque de repli communautaire, pourquoi ne l'invoque-t-on pas pour les séminaires traditionalistes ?

Enfin, la contestation la plus efficace des dérives sectaires ne peut venir que de l'intérieur des traditions et religions que ces groupes utilisent à leur profit.

C'est Farhad Khosrokhavar qui a le mieux exprimé ce que je pense5 :

La délégitimation du foulard dans l'espace public a eu d'autres conséquences : des femmes portant le voile et revendiquant leur modernité ont, en grande partie, déserté la France où leur vie religieuse et professionnelle devenait infernale. Beaucoup de jeunes filles ou femmes qui avaient des diplômes ou préparaient un doctorat ou avaient un emploi ont quitté l'Hexagone pour les Etats-Unis, le Canada ou les Emirats, destinations moins rudes pour leur vie religieuse. Celles qui sont restées l'ont fait par manque de ressources intellectuelles ou économiques.

Cet état de fait apporte paradoxalement de l'eau au moulin des groupes fondamentalistes ou sectaires qui se réclament d'une vision fermée de l'islam pour exhorter leurs sympathisants à rejeter le mode de vie « impie » des Français. Pour les combattre, il aurait fallu avoir des femmes qui, au nom de l'islam et muni de la légitimité des symboles religieux (dont le foulard), puissent les combattre sur le terrain de la foi. Or ces femmes-là, qui sont elles-mêmes délégitimées dans l'espace public, ne peuvent plus servir de médiatrices contre la burqa, puisque, aux yeux de l'opinion publique, elles sont censées faire partie de celles-là mêmes qu'elles voudraient combattre. La République, de ce fait, manque cruellement de médiatrices crédibles aux yeux des musulmans eux-mêmes pour pouvoir mener le combat contre la burqa.

Une interdiction contre-productive.

L'islamophobie

C'est la sœur jumelle de l'antisémitisme. Ils sont nés ensemble, dans l'Espagne de l'Inquisition, qui impose la pureté du sang (chrétien), première ségrégation raciale officielle sur une base religieuse. La persécution ne visait pas seulement les mal-croyants, mais aussi les convertis et leurs descendants.

Avant d'avoir un prétexte biologique pseudo-scientifique, l'antisémitisme avait des prétextes culturels, politiques – y compris à gauche- et religieux.

Ceux qui aujourd'hui disent que l'islamophobie n'est pas du racisme, car il n'y a pas de race musulmane, oublient que :

Il n'y a pas de races humaines, blanche, noire, jaune, arabe, etc.. et pourtant les racismes correspondants existent.

S'il existe des types physiques « blanc », etc.. il n'existe pas de type physique juif, et pourtant l'antisémitisme existe.

L'interdiction des signes religieux ostensibles à l'école a eu deux effets négatifs :

la déscolarisation de jeunes filles

un encouragement à l'islamophobie, le port du voile musulman étant alors stigmatisé en tous lieux et en toutes circonstances, et de là, l'appartenance à la religion musulmane.

Le repli communautaire

Les réactions des musulmans de France sont assez symptomatiques : ils craignent dans leur grande majorité que cette campagne « anti-burqa » ne devienne une campagne anti-musulmans.

Paranoïa ? Hélas non.

Certains, comme Riposte Laïque, ont déjà franchi le pas, en y ajoutant des campagnes anti-voile, anti-ramadan, anti-hallal. On attend la campagne anti-barbe..., puis celle anti-couscous.

Ce serait ouvrir un nouveau boulevard aux théoriciens du repli communautaire, qu'il soit piétiste ou djihadiste (heureusement rarissime).

L'enfermement à domicile

Les femmes en niqab limitent leurs sorties dans l'espace public. Elles resteront alors à la maison, libres ou contraintes. Ce sera l'effet exactement contraire de celui officiellement recherché.

Conclusion provisoire.

Une nouvelle loi sur le port du voile intégral serait totalement contre-productive et irait à l'encontre des buts invoqués.

Il faut tout faire pour faciliter l'intégration (participation à la vie commune, égalité de droits et devoirs) des musulmanes et musulmans dans la société française. Cela passe par la condamnation de toute forme de ségrégation.

Je laisse les mot de la fin à Farhad Khosrokhavar

Un islam muni de symboles religieux transformés (le foulard comme affirmation de soi plutôt que comme soumission au patriarcat ou inscription dans le djihad) aurait pu être un bastion contre ce type de religiosité sectaire ; mais la France est la championne de son rejet.

Reste la tentation de légiférer. En le faisant, on rendra délictueux le port de la burqa et, en cas de récidive, il sera criminalisé. Dès lors, non seulement les musulmans de France, mais aussi ceux des pays musulmans, crieront sus à une France islamophobe, en unisson avec les démocrates et les libéraux d'autres pays occidentaux qui y verront une nouvelle marque de l'arrogance et de l'outrance franchouillardes.

Au lieu d'une nouvelle loi, il faudrait accroître les capacités de dialogue des communautés musulmanes de France en réaffirmant solennellement la liberté du port des symboles religieux dans l'espace public et en dissociant l'interdiction du foulard à l'école publique de sa délégitimation dans le monde externe. Il faudra reconnaître le particularisme individuel des musulmans pour combattre le particularisme à caractère hyper-fondamentaliste des groupes sectaires.

Que j'approuve entièrement

et aux libres-penseurs « historiques »

dont je reconnais la cohérence intellectuelle (« à bas toutes les calottes ») et le refus du racisme.

1Par exemple, je me souvenais de cette publicité d'un goût très douteux pour une préparation pâtissière « Babette », mais il y en a d'autres :

http://ouvrelesyeux.wordpress.com/2007/12/09/non-a-la-publicite-sexiste/

2Je pense au refus de la transfusion sanguine par les Témoins de Jéhovah, et plus particulièrement au cas des mineurs et incapables majeurs.

http://www.chu-rouen.fr/actes/temoinJOR.htm

3Les mouvements qui se caractérisent à la fois par une originalité dogmatique et des pratiques sectaires.

4Quand Larbi Ben M'Hidi et Yassef Saädi ont envoyé des jeunes filles poser des bombes pendant la bataille d'Alger, ils ont commencé par leur donner une allure « européenne».

5Le Monde 01/08/2009

Par Michel Servet - Publié dans : Laïcité - Communauté : Membres de Facebook
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