L’Assemblée Nationale vient de voter une loi visant à pénaliser la négation du génocide arménien commis par l’empire Ottoman en 1915.
Ce texte pose de nombreux problèmes.
Est-ce au Parlement de légiférer sur l’Histoire ? Ce n’est pas vraiment dans la tradition démocratique. Ce sont plutôt les régimes autoritaires qui veulent imposer
une Histoire officielle. Lorsque l’État dirige le travail des historiens ce n’est pas bon signe.
Le Parlement français est-il habilité à légiférer sur l’Histoire des autres pays ? Mais alors, pourquoi ne pas adopter une loi pénalisant la négation du génocide
des amérindiens par l’empire espagnol ou des natifs américains par les Etats Unis ?
L’idée de faire l’Histoire est dangereuse politiquement. Faire celle des autres pays dénote un sentiment de supériorité qui n’est plus d’age à l’heure de la
globalisation. « Ne faisons pas aux autres ce que nous n’aimerions pas qu’ils nous fassent » et « ne nous croyons pas supérieurs aux autres » sont des principes qui ont été bafoués. Nous donnons
l’image déplorable d’un pays prompt à donner des leçons, à juger l’histoire des autres plus facilement que la sienne.
Si on souhaite que la Turquie se penche sur son histoire est-ce la meilleure méthode ? N’avons-nous pas au contraire créé une réaction de crispation et donner un
coup de pouce aux ultra nationalistes et aux négationnistes ? Que ferons-nous par ailleurs si le Parlement turc adopte une loi pénalisant la négation du génocide vendéen ou des crimes de guerre
de l’époque coloniale ? Nous serions scandalises !
La Turquie doit reconnaitre le génocide arménien. En le faisant, elle ne se diminuerait pas, elle se grandirait. Mais elle ne le fera pas sur l’injonction du
Parlement français.






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