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Idées, débats

Vendredi 2 décembre 2011 5 02 /12 /Déc /2011 19:43

Fanon1.jpg

 

Actualité de l’auteur des Damnés de la Terre, par Y.M et A.V.

 

De la Martinique où il est né, et où il a vu à l’œuvre la domination coloniale, en passant par son engagement dans les Forces françaises Libres, où il prit conscience que la défaite du nazisme ne signifiait pas la fin du racisme, jusqu’à l’Algérie où son engagement fut total comme psychiatre à l’hôpital de Blida, mais aussi comme acteur de la lutte pour l’indépendance de ce pays – il rejoignit le FLN en Tunisie en 1957 après son expulsion d’Algérie et sera même membre de la délégation algérienne au Congrès panafricain d’Accra et Ambassadeur, toute la vie de Frantz Fanon – vie courte mais intense, il est mort à l’âge de trente-six ans -, s’est articulée autour de la question coloniale.

 

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Par Michel Servet - Publié dans : Idées, débats
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Dimanche 27 novembre 2011 7 27 /11 /Nov /2011 20:57

Les islamistes modérés du Parti justice et développement (PJD) ont remporté les législatives du 25 novembre au Maroc avec 107 sièges sur 395, a annoncé dimanche le ministère de l'intérieur marocain.
Cette victoire va permettre au roi Mohamed VI de désigner au sein de ce parti, qui comptait 47 députés dans la précédente chambre, le chef de gouvernement qui sera chargé de former un cabinet de coalition.

(Le Monde 27/11/2011).

 

Elections législatives : "Un raz-de-marée des islamistes marocains du PJD est exclu" (Alexandre Adler) sur Atlasinfo.fr

Le même expliquait le 22 novembre que le parti de l'Istiqlal serait le grand perdant de ces élections. Or, ce parti arrive en second et c'st surtout l'USFP, le PS marocain, qui connait la déroute.

 

Pour mémoire, Élisabeth Teissier avait vu dans les astres que l'année 2011 serait faste pour DSK.

Par Michel Servet - Publié dans : Idées, débats
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Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 20:52

Samedi 19 novembre, 400 personnes sont venues assister aux premières Assises nationales de la diversité culturelle à Paris. La journée composée de conférences et d'ateliers, organisée par Témoignage chrétien et Salamnews, s'est clos par un appel pour une société interculturelle.

 

assisesdiversiteculturelle.jpg Notre société a connu en un demi-siècle une mutation sociétale et économique inédite. La cohésion sociale fondée sur des siècles d’Histoire et de valeurs nationales, religieuses et identitaires collectives a été balayée par un individualisme forcené, porté par un libéralisme réduit à sa plus simple expression, la consommation. Aujourd’hui, face au désarroi de la crise économique et dans une société morcelée, la tentation est générale d’en faire porter l’échec sur l’étranger, sa religion, sa culture. Or, ces populations et leurs cultures issues d’Orient, d’Asie, d’Afrique… sont désormais partie intégrante de la société française et de son Histoire. Elles doivent être pleinement actrices de la construction du vivre-ensemble de nos sociétés du XXIe siècle.

Pourtant, au lieu d’être considérés comme une chance pour construire une société de solidarité, les femmes et les hommes porteurs des cultures du monde qui habitent depuis des décennies en France sont de plus en plus dénoncés comme des obstacles à la vie commune. L’obsession d’une identité nationale pétrifiée dans une Histoire plus mythique que réelle impose à tous un modèle d’assimilation qui nie les différences et appauvrit la démocratie.

Au lieu d’unir les citoyens pour vaincre ensemble les défis vitaux qui permettent l’accès de tous à une vie digne, de plus en plus de discours et de pratiques, en France et en Europe, alimentent les peurs et agitent le spectre d’une menace provenant de l’étranger et des personnes de cultures et de religions autres que celles qui ont dominé et dominent encore le Vieux Continent.

Les propagateurs de ces discours font des différences culturelles et religieuses des obstacles indépassables à la construction de la Cité et de la démocratie. Ils jettent la vindicte sur des boucs émissaires, notamment les musulmans ou encore les Roms, bafouent le devoir d’accueil inconditionnel de l’immigré, se servent de la détresse sociale, des difficultés du vivre-ensemble qui touche l’ensemble de la société, réduisent les personnes à leur appartenance communautaire ou religieuse, pour prôner le rejet de l’autre et laisser libre cours à la xénophobie, au racisme et à la discrimination.

Le développement de ces logiques de rejet fait courir des risques graves à la démocratie. Nous, citoyens, associations, médias, réunis dans ces Assises pour une société interculturelle, refusons de toutes nos forces ces dérives au moment où s’annoncent les élections présidentielle et législatives.

Nous nous devons de résister à la propagation de la peur et de la défiance. Nous nous appuyons pour cela sur les ressources et les initiatives développées par les citoyens, de multiples associations et des collectivités territoriales pour inventer une société interculturelle. Beaucoup font déjà l’expérience de manières fraternelles de vivre ensemble, qui répondent à la quête de justice et de dignité sans abolir les différences, sans nier les ressemblances et en augmentant les capacités d’être de chacun.

Nous ne voulons pas d’une société où chacun est sommé de nier ses multiples appartenances culturelles, ethniques, religieuses, spirituelles, pour se conformer à un moule républicain, qui, dans ce cas, nie ou réduit la singularité de chacun. Nous ne voulons pas plus d’une société qui soit l’addition de communautés repliées sur elles-mêmes, qui enferment chacun dans une partie de son identité et ne cherchent pas à construire avec d’autres un espace commun à tous les citoyens.
Nous voulons d’une laïcité qui, pleinement dans l’esprit de la loi de 1905, garantisse et permette la liberté de conscience et le libre exercice des cultes – et des cultures.

Nous croyons fermement qu’une société interculturelle est possible. En cette période de grande dépression économique et d’extrême fragilité sociale, nous croyons vivement qu’il est indispensable et vital de s’attacher dès aujourd’hui à sa construction pour éviter l’implosion de notre société et les replis communautaires destructeurs de la cohésion sociale.

Citoyens, politiques, associations, institutions, nous nous devons de construire un vivre-ensemble durable donc interculturel ! Il est temps d’apprendre à vivre « unis et divers » pour témoigner que notre commune humanité est une espérance.

Aussi, forts de nos expériences et de nos convictions, nous demandons aux responsables politiques de mettre définitivement fin dans leurs discours et leurs pratiques aux arguments désignant une religion, une communauté ethnique ou culturelle comme la cause des problèmes de la France et de l’Europe.

Nous exigeons que soient mises en place des politiques d’accueil respectueux des droits des migrants et que cessent les véritables chasses à l’homme auxquelles se livrent les forces de l’ordre pour atteindre ses objectifs d’expulsion des étrangers en situation irrégulière.

Nous demandons que cesse la mise à l’écart du travail d’une partie de la population du fait de son appartenance ethnique ou de son lieu d'habitation et que les personnes de nationalité étrangère, quel que soit leur pays d’origine, bénéficient du droit de vote aux élections locales dans les mêmes conditions que les citoyens de l’Union européenne à qui ce droit est déjà octroyé.
Enfin, nous demandons la mise en valeur, la mutualisation et l’accompagnement des expériences qui construisent un véritable vivre-ensemble interculturel, notamment dans les quartiers populaires, afin qu’elles servent de références aux politiques publiques dans ce domaine ; et nous proposons que l’école soit, dans un esprit de laïcité ouverte comme l’insuffle la loi de 1905, un lieu de connaissance des différentes cultures et religions du monde et un espace d’éducation au vivre-ensemble.



POUR VOUS JOINDRE À L'APPEL :

Cet Appel, fort de ses signatures, sera remis aux candidats aux élections présidentielle et législatives dans le courant du premier trimestre 2012. *

>> SIGNEZ L'APPEL EN LIGNE

Par Michel Servet - Publié dans : Idées, débats
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Jeudi 10 novembre 2011 4 10 /11 /Nov /2011 18:00

affaires stratégiques

 

L'attentat contre les locaux de Charlie Hebdo a suscité une vive émotion, un vaste mouvement de solidarité mais également des raisonnements manichéens et des dérapages en tous genres. Le temps de la réflexion pourrait utilement être venu.

1. Cet attentat - car c'en est un - doit être condamné. Ceux qui l’ont commis sont aussi criminels qu’imbéciles.

2. On ne peut admettre l'argument « Charlie l’a bien cherché ». Rien ne justifie la violence dans une démocratie.

3. Si le Coran interdit la représentation du Prophète, Charlie Hebdo a parfaitement le droit de ne pas respecter cette règle. Il doit respecter les lois de la république pas celles de l'islam.

 (...)

11. Charlie a parfaitement le droit de participer à l'ambiance générale de la peur de l'islam. Mais il ne peut pas refuser le débat sur cette ligne politique, vouloir incarner un courageux combat pour les libertés alors qu'il suit le vent dominant. Il nourrit ce climat général qui profite à l’extrême droite qu’il dit vouloir combattre. Vis à vis de l’extrême droite qui se nourrit de la peur de l’islam, il fournit à la fois le poison et le contre-poison.

12. Le résultat de cette affaire est que l’islam fait un peu plus peur qu’avant, que les musulmans se sentent un peu plus rejetés. Bref, l’extrême droite et le communautarisme ont progressé, le vouloir vivre ensemble a reculé. Certes Charlie Hebdo n’a pas d’obligation particulière à le défendre, mais il ne peut d’un côté le revendiquer comme valeur et de l’autre, le piétiner.

J’admets bien volontiers que les dirigeants de Charlie ne sont pas islamophobes. Mais ce ne sont pas non plus de preux chevaliers de la liberté. Ce sont tout simplement des faux-culs opportunistes, qui ont voulu faire un coup et doper leurs ventes en jouant sur la peur (vas-y coco la menace islamiste c’est vendeur), au moment où le journal était en difficulté(*), sans tenir compte du coût social de leur coup médiatique.

 

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Par Michel Servet - Publié dans : Idées, débats
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Jeudi 3 novembre 2011 4 03 /11 /Nov /2011 13:44

L’unanimité paraît totale dans la société française sur l’affaire Charlie Hebdo et le saccage des locaux de l’hebdomadaire. Voici bien longtemps que je ne lis plus Charlie hebdo. Nous sommes dans un monde complexe, une société en crise économique, politique, culturelle et je suis toujours étonnée que dans un tel contexte puisse se réaliser des unanimités qui sont de surface et que l’on baptise alors « républicaines » en tentant d’oublier ce qu’il a fallu de réflexions et de contradictions assumées pour aboutir à cette république.

Il existe  des appartenances auxquelles je suis attachée, peut-être y a-t-il là un vestige communautariste, je ne le crois pas, mon identité vers l’universel, la reconnaissance de l’autre, de son humanité passe par l’acceptation et le dépassement (abolition et conservation dialectique) de ces identités qui ont toujours été problématiques c’est à dire un donné social qu’il a fallu reconstruire dans la perspective de l’universel humain.

 

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Par Michel Servet - Publié dans : Idées, débats
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Mardi 1 novembre 2011 2 01 /11 /Nov /2011 22:43

 

Les notions de démocratie et de souveraineté populaire sont en jeu dans ces trois cas :

vote99.jpg

Grèce.

La Grèce est confrontée à une crise économique et financière gravissime. Le gouvernement grec a l'intention de demander au peuple grec de décider. En effet, la démocratie représentative montre ses limites :

Les précédentes élections, gagnées par le PASOK, ne portaient absolument pas sur cette question, et les électeurs grecs peuvent légitimement dire à leurs députés : « On ne vous a pas élus pour ça ». Et ils ne se privent d'ailleurs pas de le dire.

La décision du Premier ministre grec est donc tout à fait justifiée, c'est pour lui la seule façon d'éviter une crise politique grave, des émeutes, etc..

Au lieu d'être saluée, elle est critiquée par la plupart des gouvernements européens et une grande partie des commentateurs. Et pour eux, le scandale absolu serait que les Grecs fassent comme les Islandais : refuser de payer.

Tunisie.

Après des décennies de dictature, avec la complicité des gouvernements occidentaux et le silence complaisant de beaucoup de journalistes, les Tunisiens ont pu enfin choisir librement une Assemblée constituante. A l'issue d'élections libres, transparentes, non truquées, ils ont donné la majorité au parti Ennahda, qui se revendique islamo-conservateur et se réfère au parti turc AKP. Les mêmes, qui avaient fermé les yeux sur les crimes du régime Ben Ali, se déclarent scandalisés et inquiets du résultat. Alors que le seul débat devrait être celui de la réversibilité du processus : les Tunisiens auront-ils la possibilité, si Ennahda perd leur confiance, de choisir une autre majorité ?

En France, pendant de nombreuses années, les Français auraient bien fait le choix d'une majorité de gauche incluant le PCF, mais beaucoup hésitaient. Le précédent du « coup de Prague » en 1948, les déclarations de certains responsables communistes, du style : « Mais pourquoi voulez-vous que nous perdions la confiance des Français, ce sera tellement bien quand nous serons au gouvernement ! », ne les rassuraient pas. Quand le PCF a clairement indiqué qu'il respecterait toujours la volonté populaire, il n'y a plus ce problème.

Aujourd'hui, rien ne permet de penser qu'Ennahda ne respectera pas la volonté populaire, si ce parti perdait la confiance des Tunisiens.

Union européenne.

La crise de l'euro pousse certains à demander la création d'un gouvernement européen, qui exercerait sa tutelle sur les gouvernements des États-membres. Le tout est baptisé du joli nom d'Europe fédérale.

Il existe dans le monde, et même parmi nos voisins, des pays organisés sous une forme fédérale. Régulièrement, ils connaissent des débats sur les pouvoirs et compétences respectifs de la Fédération et des entités fédérées.

Les centralistes font valoir qu'un peu plus d'harmonisation fédérale, de regroupement des compétences serait souhaitable, pour permettre des économies d'échelle, etc..

Les autres défendent les gouvernements de proximité, et parfois l'égoïsme des régions riches par rapport aux régions pauvres.

Mais dans ces pays, les gouvernements locaux et fédéraux ont la même légitimité démocratique. Par exemple, en Allemagne, les exécutifs du Bund et des Länder sont responsables devant des parlements dont ils sont issus. La question de la répartition des pouvoirs et des compétences n'est donc pas polluée par celle du « déficit » de démocratie. Les électeurs saxons ou allemands ont la possibilité, s'ils sont mécontents de leur ministre-président ou de leur chancelière, de choisir une autre majorité.

Les citoyens de l'Union européenne peuvent-ils en faire autant avec M. Barroso ? Non, et c'est bien là tout le problème.

Alors, commençons par démocratiser les institutions européennes, et seulement ensuite on pourra discuter des compétences des uns et des autres.

Par Michel Servet - Publié dans : Idées, débats
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Jeudi 6 octobre 2011 4 06 /10 /Oct /2011 08:20
Dans le numéro actuellement en kiosque, le mensuel Courrier de l’Atlas, principalement axé sur les Marocains résidents à l’étranger (MRE), publie un dossier sur « les dérives de l’antiracisme ». A travers plusieurs articles signés du journaliste Yann Barte, le magazine s’attaque à un certain nombre d’associations antiracistes, dont les Indigènes de la République, Les Indivisibles, le Mrap, taxées d’antisémitisme et de pro-islamisme. Plus globalement, le magazine dénonce le glissement du mouvement antiracisme français vers l’extrémisme et le repli identitaire.

« On crache sur un universalisme qui se ressource dans la laïcité, elle-même dénoncée comme « intégriste », « dogmatique », voire « raciste ». De Mouloud Aounit (président du Mrap) à Esther Benkassa (chercheur et universitaire, spécialiste de l’histoire des juifs), de Houria Bouteldja (président des Indigènes de la République) à Rokhaya Diallo (membre fondateur des Indivisibles)… tous, oublieux de l’histoire de la philosophie du droit naturel, tirent à boulet rouge sur les valeurs universelles, décrites comme une abstraction, une hypocrisie. » C’est ce qu’on peut lire dans le numéro actuellement en kiosque du Courrier de l’Atlas. Le magazine, dans son numéro du mois, consacre un dossier aux « dérives de l’antiracisme ». Ainsi des associations comme les Indivisibles, Les Indigènes de la République, le Mrap, le CRAN, jusqu’aux Panthères roses, association LGBT ( lesbiennes, gays, bisexuelles et transsexuelles de France), toutes mises dans le même sac, sont accusées d’être les dangereux petits soldats d’un mouvement anti-universaliste, sous couvert de lutte anti-raciste, de favoriser les fanatiques de tout bord, contre les républicains, et de participer au repli identitaire qui ronge la société française.

Par Michel Servet - Publié dans : Idées, débats
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Dimanche 4 septembre 2011 7 04 /09 /Sep /2011 06:00

 

J'aime voyager, découvrir de nouveaux pays, d'autres cultures, rencontrer des gens différents. Et je reçois donc les publicités de nombreux voyagistes.

Il y en a pour tout le monde.

Les sportifs peuvent aller chez Allibert, en regardant attentivement de nombre de chaussures avant de s'engager.

D'autres, comme Club Aventure, privilégient dans leur communication la découverte, le contact avec les habitants et c'est en général assez réussi.

Il y a aussi les « culturels », avec lever aux aurores, visites en chaîne de temples, églises, musées, etc.. Depuis le jour où nous avons été doublés par un de ces groupes lors de la visite du musée arménien d'Ispahan : « vous avez la vitrine n°1 avec …., là vous pouvez voir …, et maintenant on s'en va ailleurs », j'hésite à m'embarquer dans ce type de marathon culturel.

Et il y a enfin le haut de gamme : croisières, hôtels de luxe, prix en rapport. Et bien entendu, en prime des conférenciers célèbres et médiatiques.

intermedes.jpg

A titre d'exemple, « Intermèdes, le voyage culturel », propose de voyager en compagnie de Luc Ferry. Il est vrai que maintenant, il pourra le faire sans manquer à ses devoirs de professeur d'université.

On propose donc à ceux qui pensent que côtoyer de tels penseurs les rendra plus intelligents et leur permettra de mieux comprendre le monde, de faire un « parcours entre foi et raison », d’Athènes à Jérusalem.

La présentation est un chef-d’œuvre de dits et de non-dits :

C'est une citation de Léo Strauss, un des inspirateurs des néo-conservateurs, qui présente la thème du voyage.

Certains des conférenciers invités n'ont pas de compétences particulières sur les religions. Bien connaître la philosophie grecque ne garantit pas une bonne compréhension de saint Augustin. Raphaël Draï est peut être un bon connaisseur de la philosophie juive, qui affirme militer pour le dialogue entre les religions, mais il s'exprime beaucoup sur les sites pro-israéliens extrémistes, comme DRZZ et JSSnews.

Alexandre Adler est surtout connu pour ses prophéties géo-politiques aussi fiables que celles d'Élisabeth Tessier.

Bref, tout cela sent très fort le néo-conservateur. Et masquer le conflit actuel, celui de la reconnaissance des droits des Palestiniens, derrière un « débat pluri-millénaire entre philosophie (grecque) et religion » s'apparente à de l'enfumage. C'est vrai aussi pour les conflits précédents dans cette région du monde.

Les croisiéristes sauront peut-être plein de choses sur le Talmud et Spinoza, mais rien sur les batailles pour l'eau, pour la terre, pour la vie qui sont le lot quotidien des habitants de la région.

Et il y a un absent de marque dans ce parcours philosophico-religieux : le monde musulman. Jérusalem est la ville sainte des trois religions, les « hauts lieux superbes » visités ne sont pas seulement ceux du monde juif et du monde chrétien. Et les philosophes musulmans ont eux aussi réfléchi sur les liens entre foi et raison, ce sont même eux qui ont fait connaître Aristote à la chrétienté1 médiévale.

 

 

1 Je connais beaucoup moins bien le christianisme oriental, mais je suppose qu'il a lui aussi apporté sa contribution à la connaissance universelle. C'est l'autre grand absent de cette croisière.

Par Michel Servet - Publié dans : Idées, débats
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Samedi 30 juillet 2011 6 30 /07 /Juil /2011 12:07

ferro retournement

Longue discussion ce matin avec deux amis, qui comme moi, rencontrent de grandes difficultés à s'exprimer au sein d'un organisation militante. Comme ils constataient avec amertume que les militants faisaient passer la fidélité à la direction et à la ligne défendue, fut-elle fluctuante, je me suis rappelé ce passage de l'ouvrage de Marc Ferro "Le retournement de l'histoire", paru chez Robert Laffont en 2010 (pages 77 et 78) :

 

 

En témoigne un incident dont nous avons retrouvé la teneur aux Archives nationales1. Il se situe à la fin de l'année 1919, lorsqu'à un meeting de la Ligue des droits de l'homme, plusieurs orateurs, de retour de Russie, décrivent la terreur qui s'y exerce, non pas seulement contre les « bourgeois » (ce que chacun admet sans sourciller), mais contre les socialistes eux-mêmes, mencheviks ou socialistes-révolutionnaires ; les participants huent les orateurs, les qualifiant de traîtres, de renégats. « On vous connaît tous, social-patriotes, et nous n'avons pas confiance en vous. » « Non, dit un autre, taisez-vous, il n'y a qu'un seul révolutionnaire en qui nous aurions foi, Martov, ou encore Trotski ; ceux-là, nous les connaissons bien et nous savons qu'ils nous diraient la vérité. » À ce moment-là, on entendit comme un tumulte au fond de la salle, puis un début de brouhaha. Une rumeur parcourut l'assistance ; elle se fit ouragan : « Martov vient d'arriver, il est là. » Effectivement, Martov était là, accompagné de quelques camarades ; il revenait de Russie, retrouvait à la Grange-aux-Belles tous ses anciens compagnons du temps de la guerre et de la clandestinité.

« Martov, à la tribune... », « Martov, Martov », scandait la foule. Il parvint, non sans mal, à se frayer un chemin jusqu'à la tribune, tant chacun voulait approcher, toucher le leader internationaliste, le témoin et le participant des grands événements qui avaient illuminé le monde. On l' applaudit, les gens se levèrent. Il prit un temps et parla alors dans un silence religieux : « J'ai entendu ce que viennent de vous dire les camarades de Russie. Je peux témoigner que ce qu'ils ont dit sur la terreur est parfaitement exact. Il se passe actuellement des choses horribles en Russie. » Au silence de mort qui avait accompagné ces mots succéda soudain un déchaînement, une tempête ; l'assistance se dressa, hurlant de colère : « Ce n'est pas vrai, menteur », on le hua et le tonnerre gronda si fort que, sous les menaces et les quolibets, il dut quitter la tribune.

1 Archives nationales, F.7 — 1289. 77

 

 

Martov : De son vrai nom Yuly Ossipovitch Tsederbaum.

http://www.marxists.org/francais/img/martov.jpgFonde en 1895 l'Union de lutte pour l'émancipation de la classe ouvrière avec Lénine. Arrêté l'année suivante, passe 3 ans en prison. A sa libération participe ave Lénine à la fondation de l'Iskra.

En 1903, lors du second congrès du Parti Ouvrier Social-Démocrate de Russie, il s'oppose à Lénine sur les questions d'organisation et devient un des dirigeants de la fraction menchévique.

Martov sera pacifiste ("Menchévik internationaliste") durant la I° guerre mondiale et participera à ce titre à la conférence de Zimmerwald.

Après la révolution d'octobre, il s'oppose aux bolcheviques et finit par quitter le pays en 1920. Il mourra en exil.

Source

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Mardi 26 juillet 2011 2 26 /07 /Juil /2011 05:33

Extrait de l'article paru le 9 décembre 1989 :

Le meurtrier, Marc Lépine, avait vingt-cinq ans. Avant d'accomplir, carabine au poing, son funeste parcours dans les classes et les couloirs de l'école où les étudiantes représentent près du quart des effectifs, il avait pris soin d'écrire une lettre retrouvée sur son cadavre. Il y explique sa haine des femmes et des féministes en particulier, lui qui n'avait aucun succès dans ses relations amoureuses. Il y cite une quinzaine de personnalités féminines du monde politique et journalistique du Québec notamment, qu'il désigne comme des cibles.

(..)

Ses justifications ont toutefois donné matière, d'un bout à l'autre du Canada, à de graves interrogations sur les changements rapides intervenus dans les rapports entre hommes et femmes, ces dernières ayant fait valoir leurs droits dans tous les domaines, avec bien plus de succès que dans la plupart des autres pays occidentaux. " Cette tragédie illustre le fait que les hommes n'ont pas accepté l'égalité des femmes ", a ainsi déclaré le maire de Montréal, M. Jean Doré.

Par Michel Servet - Publié dans : Idées, débats
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