Mardi 1 novembre 2011
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Les notions de démocratie et de souveraineté populaire sont en jeu dans ces trois cas :
Grèce.
La Grèce est confrontée à une crise économique et financière gravissime. Le gouvernement grec a l'intention de demander au peuple grec de décider. En effet, la
démocratie représentative montre ses limites :
Les précédentes élections, gagnées par le PASOK, ne portaient absolument pas sur cette question, et les électeurs grecs peuvent légitimement dire à leurs
députés : « On ne vous a pas élus pour ça ». Et ils ne se privent d'ailleurs pas de le dire.
La décision du Premier ministre grec est donc tout à fait justifiée, c'est pour lui la seule façon d'éviter une crise politique grave, des émeutes, etc..
Au lieu d'être saluée, elle est critiquée par la plupart des gouvernements européens et une grande partie des commentateurs. Et pour eux, le scandale absolu serait
que les Grecs fassent comme les Islandais : refuser de payer.
Tunisie.
Après des décennies de dictature, avec la complicité des gouvernements occidentaux et le silence complaisant de beaucoup de journalistes, les Tunisiens ont pu enfin
choisir librement une Assemblée constituante. A l'issue d'élections libres, transparentes, non truquées, ils ont donné la majorité au parti Ennahda, qui se revendique islamo-conservateur et se
réfère au parti turc AKP. Les mêmes, qui avaient fermé les yeux sur les crimes du régime Ben Ali, se déclarent scandalisés et inquiets du résultat. Alors que le seul débat devrait être celui de
la réversibilité du processus : les Tunisiens auront-ils la possibilité, si Ennahda perd leur confiance, de choisir une autre majorité ?
En France, pendant de nombreuses années, les Français auraient bien fait le choix d'une majorité de gauche incluant le PCF, mais beaucoup hésitaient. Le précédent
du « coup de Prague » en 1948, les déclarations de certains responsables communistes, du style : « Mais pourquoi voulez-vous que nous perdions la confiance des Français, ce
sera tellement bien quand nous serons au gouvernement ! », ne les rassuraient pas. Quand le PCF a clairement indiqué qu'il respecterait toujours la volonté populaire, il n'y a plus ce
problème.
Aujourd'hui, rien ne permet de penser qu'Ennahda ne respectera pas la volonté populaire, si ce parti perdait la confiance des Tunisiens.
Union européenne.
La crise de l'euro pousse certains à demander la création d'un gouvernement européen, qui exercerait sa tutelle sur les gouvernements des États-membres. Le tout est
baptisé du joli nom d'Europe fédérale.
Il existe dans le monde, et même parmi nos voisins, des pays organisés sous une forme fédérale. Régulièrement, ils connaissent des débats sur les pouvoirs et
compétences respectifs de la Fédération et des entités fédérées.
Les centralistes font valoir qu'un peu plus d'harmonisation fédérale, de regroupement des compétences serait souhaitable, pour permettre des économies d'échelle,
etc..
Les autres défendent les gouvernements de proximité, et parfois l'égoïsme des régions riches par rapport aux régions pauvres.
Mais dans ces pays, les gouvernements locaux et fédéraux ont la même légitimité démocratique. Par exemple, en Allemagne, les exécutifs du Bund et des Länder sont
responsables devant des parlements dont ils sont issus. La question de la répartition des pouvoirs et des compétences n'est donc pas polluée par celle du « déficit » de démocratie. Les
électeurs saxons ou allemands ont la possibilité, s'ils sont mécontents de leur ministre-président ou de leur chancelière, de choisir une autre majorité.
Les citoyens de l'Union européenne peuvent-ils en faire autant avec M. Barroso ? Non, et c'est bien là tout le problème.
Alors, commençons par démocratiser les institutions européennes, et seulement ensuite on pourra discuter des compétences des uns et des autres.
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