Syndication

  • Flux RSS des articles

Mes autres sites et blogs

Créer un Blog

Economie, société

Vendredi 24 septembre 2010 5 24 /09 /Sep /2010 07:36

Sur ce site "alter" qu'il ne faut pas confondre avec son presque homonyme contreinfo.com, beaucoup moins sympathique.

 

Le précédent de l’apurement des dettes de la seconde guerre mondiale - bien supérieures - montre sans équivoque quelle est la seule issue possible hors défaut de paiement. Elle requiert un taux de croissance nominal du PIB supérieur au taux d’intérêt. Ce qui en clair signifie une augmentation sensible de l’activité accompagné par une inflation soutenue. Willem Buiter, l’a rappelé récemment : aux USA la dette a été ramenée de 121% du PIB en 1946 à 31% en 1974. Dans ce désendettement nominal la contribution du facteur inflation a été aussi importante que celle de la croissance. Plus encore, la contribution budgétaire a été négative. Durant ces 28 ans, 20 exercices ont été déficitaires.

 

Suspectant la complaisance des politiques, la très vertueuse Europe s’est privée du bras armé de la politique monétaire, en déléguant la responsabilité de la création de la monnaie au seul privé - crédité contre toute vraisemblance d’un meilleur jugement et d’une plus grande prudence en la matière. Funeste erreur. En multipliant sans retenue les créances, qui sont une autre forme de la monnaie, les banques ont gravement compromis la valeur de celle-ci, bien avant que la crise n’atteigne sa phase aigüe. Nous sommes ces jours-ci tympanisés de discours se présentant comme empreints d’un épais bon sens sur la nécessaire rigueur, bien que le mot soit banni, afin de mieux faire passer la chose. Mais, comme dans les années 1930, cette rationalité n’est qu’apparente : en exigeant d’insupportables ponctions sur l’activité pour rembourser une dette odieuse, l’appauvrissement généralisé est garanti, aussi bien pour les débiteurs que pour les créanciers.

 

 

Article complet

Par Michel Servet - Publié dans : Economie, société - Communauté : les anti-capitalistes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 20 septembre 2010 1 20 /09 /Sep /2010 21:30

4982013583_81ac58ff0b.jpgCe n'est pas n'importe quel sénateur : Philippe Marini est rapporteur général du budget au Sénat. Il est connu pour défendre des positions libérales,  c'est lui qui avait proposé en 2008 que les pertes boursières soient déductibles du revenu imposable. Proposition que même le gouvernement n'osa pas reprendre à son compte.

Mais il passait jusqu'ici pour quelqu'un qui connaissait son sujet, indépendamment de ses opinions.

Soucieux de défendre la politique du gouvernement en fustigeant le Luxembourg, il vient de passer le mur du ç.. et le ministre luxembourgeois a parlé justement d ' "idées (qui) sont nulles du point de vue historique et culturel."

En effet,  Marini a successivement expliqué :

1. "il aurait préféré qu'en 1867 Napoléon III et Bismarck aient un entretien qui débouche autrement et que le Luxembourg n'existe pas"

2. "Il y a beaucoup de livres, de travaux historiques sur ce tournant et c'est la faiblesse de Napoléon III qui a permis à ce pays d'exister"

3. "Le Luxembourg, ce pays qui n'a même pas besoin de recouvrer ses impôts"

 

1. Le grand-duché de Luxembourg est un héritage de l'ancienne Lotharingie et de son émiettement féodal. En 1815, le congrès de Vienne l'attribue aux Orange-Nassau, souverains des Pays-Bas (le pays actuel plus la Belgique). Plus vaste que l'actuel Grand-Duché, il inclut aussi l'actuelle province belge du Luxembourg, francophone.

En 1830, la Belgique devient indépendante des Pays-Bas et le Luxembourg francophone y est rattaché en 1839. La partie germanophone reste à la famille d'Orange-Nassau et fait partie de la confédération germanique depuis 1815 et du Zollverein (l'union douanière qui préfigure l'unité allemande) depuis 1842.

Napoléon III essaie de réussir la même opération avec Bismarck qu'avec Cavour : son appui à la cause de l'unité (allemande/italienne) contre des gains territoriaux (Luxembourg / Savoie + Nice).

Il essaie également d'acheter le Luxembourg à son souverain.

Bismarck,qui avait vaincu l'Autriche en 1866 et qui n'a pas besoin de l'appui militaire français, refuse de donner un "pourboire" à Napoléon III.

Ce dernier s'étant finalement "pris les pieds dans le tapis", accepte le traité de Londres, qui fait du Luxembourg un état souverain et neutre.

Il est probable que s'il avait insisté, la guerre franco-prussienne aurait eu lieu trois ans plus tôt, et on sait comment elle s'est terminée.

Le pays de 1867 est pauvre. L'exploitation du minerai de fer en fera ensuite un pays prospère. La finance prendra le relai. Le Luxembourg est aujourd'hui le principal employeur des Lorrains.

2. La plupart des pays du monde sont nés de circonstances historiques, la France n'échappe d'ailleurs pas à cette règle. Ce mépris pour les autres pays est intolérable.

3. Il y a des impôts au Luxembourg, la TVA fonctionne comme en France, harmonisation européenne oblige. Il y a un impôt sur le revenu, prélevé à la source pour les salariés.

Le Luxembourg est un paradis bancaire, pas un paradis fiscal, sauf pour les sociétés holding (comme les françaises qui bénéficient maintenant de la niche Copé).

 

 


Par Michel Servet - Publié dans : Economie, société - Communauté : les anti-capitalistes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 18 juin 2010 5 18 /06 /Juin /2010 18:00

exigences citoyennes

Communiqué des signataires de l’appel national « Faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites »

 
16 juin 2010


Ainsi, le gouvernement a-t-il tranché comme ses prédécesseurs l’avaient fait en 1993 et en 2003, en n’écoutant que le chant du Medef et restant sourd à toutes les propositions émanant de la société ne rentrant pas dans sa logique. Avant même qu’il entame un simulacre de concertation tout était dit : hors de l’obligation de travailler toujours plus, point de salut pour les retraites, et surtout pas de quartier pour les retraités.


Refusant de reconnaître que le niveau moyen des retraites par rapport aux salaires avait reculé de 15 à 20 % parce que nombre de salariés ne pouvaient déjà pas satisfaire à l’obligation actuelle de cotiser 40,5 ans et parce que les deux tiers d’entre eux étaient déjà hors emploi à 60 ans, il va encore aggraver cette baisse du niveau des pensions en portant la durée de cotisation à 41,5 ans en 2020.


Alors que l’âge moyen de cessation d’activité est inférieur à 59 ans, le gouvernement recule l’âge légal de départ à 62 ans dès 2018, ce qui est encore plus rapide que ce qui était envisagé, et, de manière parallèle, celui auquel on peut partir à taux plein, c’est-à-dire sans décote. Seront particulièrement pénalisés, non seulement ceux qui auront commencé à travailler tôt, mais aussi de nombreux salariés, essentiellement des femmes, qui devront attendre plus longtemps, en situation de précarité, l’âge du taux plein pour ne pas subir de décote. Annoncé comme devant être une « réforme juste », le projet présenté ne comporte rien qui soit à même de réduire les inégalités de pensions entre les hommes et les femmes et au contraire, celles-ci ne pourront que se creuser.

Donnant pleine satisfaction au patronat, il n’envisage de prendre en considération la pénibilité du travail qu’au cas par cas et ce sera au salarié de faire la preuve médicale que son métier à été pénible. La retraite devient vraiment une affaire de gestion individuelle dans laquelle le droit collectif à la protection disparaît.


Poursuivant la même tactique politicienne de division du salariat, les fonctionnaires sont encore montrés du doigt et pénalisés, alors que, à qualification égale, le niveau de leur pension est équivalente à celle des salariés du privé comprenant le régime général de base et le régime complémentaire. L’augmentation du taux de cotisation pour les fonctionnaires n’est en fait qu’une façon déguisée de baisser leur salaire.


Par petits bouts, à tour de rôle, toutes les catégories voient leurs conditions se dégrader, chaque recul de l’une servant à justifier le recul de la suivante, avec une double, voire triple peine pour les femmes, les travailleurs précaires et ceux qui sont restés longtemps au chômage. En condamnant les salariés âgés à travailler toujours plus tard, on aggrave les difficultés d’entrée dans la vie active des jeunes. L’Insee vient d’établir que dans le contexte de la crise, le taux de chômage des jeunes s’est encore accru, de même que la proportion de salariés, hommes et femmes, en sous emploi.


Commencée sur la base d’un mensonge grossier « il n’y a qu’une solution, travailler plus », la contre-réforme Sarkozy-Fillon-Parisot s’achève en prévoyant un nouveau hold-up sur la richesse produite par les travailleurs. Le gouvernement et le patronat ont nié la possibilité de trouver de véritables sources de financement supplémentaire parce qu’ils entendaient conserver « l’acquis » des classes possédantes au cours des dernières décennies. La baisse historique de la part salariale dans la richesse produite est entérinée. Pourtant, la soumission à cotisation des revenus financiers distribués par les entreprises à leurs actionnaires et créanciers permettrait de réunir des ressources supérieures au déficit de toutes les caisses de retraite, et cela dès aujourd’hui et pour demain. Le gouvernement se contente de prévoir un prélèvement sur le capital ridiculement bas de 3,7 milliards en 2010 alors que le déficit annoncé dépasse 32 milliards.


Au-delà des contrevérités que gouvernement et patronat assènent quotidiennement en matière de financement des retraites, ce qui est en jeu, c’est la place du travail dans la vie, la place des travailleurs et des retraités à qui il n’est reconnu que le devoir d’exister comme subordonnés à l’exigence du capital et uniquement comme tels. Ce qui est en jeu aussi, c’est le type de développement humain qui est promu : à la nouvelle contre-réforme des retraites correspond un modèle d’où est exclue la possibilité d’utiliser les gains de productivité pour réduire la durée du travail et dans lequel la société est vouée à jamais au productivisme.


Tout cela serait simplement absurde si cela n’intervenait pas dans un moment caractérisé par une crise majeure, inédite par les multiples dimensions qu’elle comporte, du financier à l’économique, du social à l’écologique, et du politique au culturel. En un mot, la destruction progressive des retraites par répartition est la figure de proue de la stratégie des classes dominantes cherchant à faire d’une pierre deux coups : faire payer la crise aux salariés, aux retraités et aux populations les plus fragiles, et trouver de nouveaux espaces à la marchandisation et à l’accumulation financière. Ce n’est pas simplement absurde, c’est mortifère pour la société.


Contacts presse :
• Jean-Marie Harribey 06 85 71 25 82
• Christiane Marty 06 86 25 23 88
• Willy Pelletier 06 75 25 77 76

Par Michel Servet - Publié dans : Economie, société - Communauté : les anti-capitalistes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 11 juin 2010 5 11 /06 /Juin /2010 19:39

Publié le 11 juin 2010 par Mathias Reymond

2996570867_dcc167052a.jpgDeux semaines après une chronique sur Dominique de Villepin lui valant un avertissement et un sermon de Philippe Val, Didier Porte, chroniqueur dans la matinale de France Inter et dans l’émission « Le Fou du Roi », a pu apprécier le soutien que ses collègues ont apporté… à leur direction, sur Canal Plus et en son absence. Alors que sa chronique matinale semble devoir s’arrêter à la rentrée prochaine, après deux ans et demi d’existence, il faut sans doute y voir une sorte de pot de départ par contumace. Mais si c’est la « vulgarité » de Porte ou de sa chronique qui est en cause, comme le veut la version officielle, le patron de France Inter a la mémoire bien courte…

Lire la suite

Par Michel Servet - Publié dans : Economie, société - Communauté : Membres de Facebook
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /Juin /2010 18:00

Cela fait longtemps que je suis agacé par cette manie de réduire toute question, tout problème, à la réalisation d'un diaporama PowerPoint avec des "slides", pour ne pas dire des vues en bon français.

On place souvent plus de temps à réaliser ce diaporama qu'à comprendre un problème. Quant à trouver une solution...

J'ai donc lu avec beaucoup de plaisir cet article de Courrier International, repris du New York Times.

Le pire ennemi du Pentagone s’appelle PowerPoint

L’armée américaine consacre de plus en plus de temps et de ressources à la présentation de sa tactique, au détriment de la réflexion stratégique.

 

Et le schéma est extraordinaire !! Celui qui a tout compris aura gagné la guerre !!


2005-powerPoint.jpg


Et cette conclusion :

 

Les officiers concèdent cependant que le programme se révèle pratique lorsqu’il s’agit de ne pas divulguer d’informations stratégiques – lors des briefings avec la presse, par exemple. Ces séances avec les médias durent souvent vingt-cinq minutes, dont cinq minutes réservées, à la fin, aux questions des quelques journalistes qui ne se sont pas assoupis en cours de route. Dans le jargon des militaires, ces présentations en PowerPoint spécialement destinées à la presse servent à “hypnotiser les poulets”.

Par Michel Servet - Publié dans : Economie, société - Communauté : Membres de Facebook
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /Mai /2010 18:00

  cac40.jpg

 

Pour visualiser cette infographie en taille réelle, cliquer ici.

 

Alternatives-economques.gif 39 des 40 entreprises du CAC 40 ont au moins un administrateur en commun les unes avec les autres. Certains administrateurs siègent même dans six conseils à la fois. Malgré les promesses et les réformes, la consanguinité du capitalisme français est toujours aussi prégnante. Démonstration en images.

 

 

 

 


Par Michel Servet - Publié dans : Economie, société - Communauté : les anti-capitalistes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 15 mai 2010 6 15 /05 /Mai /2010 20:12

C'est la nouvelle campagne publicitaire du distributeur Saturn (TV, hi-fi, informatique, etc..) toute en finesse concernant une éventuelle victoire des Bleus et les qualités d'entraineur de Raymond Domenech.  

J'aimerais bien connaître les calculs faits par Saturn, avec le coût de la campagne (les affiches, les spots, etc..), l'augmentation des ventes escomptée et le risque économique pris. Se sont-ils assurés contre une victoire française ?

De même, combien d'acheteurs potentiels vont-ils se décider en pensant qu'ils ont une chance d'être remboursés ?

 

saturn.jpg

Par Michel Servet - Publié dans : Economie, société - Communauté : Membres de Facebook
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 9 mai 2010 7 09 /05 /Mai /2010 09:02

Ce proche de Nicolas Sarkozy veut que les dépenses de santé des "très vieux" soient prises en charge par eux-même ou par leur famille. Progressiste ?

 

A lire sur Le Post

 

Et je suis aussi sur Le Post, maintenant.

 

 Les nazis avaient fait exactement le même raisonnement économique que Minc, et ce fut l'opération Gnadenstoss (coup de grâce) : l'assassinat programmé des handicapés mentaux. Beau précédent !!

 



Par Michel Servet - Publié dans : Economie, société - Communauté : Membres de Facebook
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 4 mai 2010 2 04 /05 /Mai /2010 07:22

Ce qui me choque dans cette affaire, ce n'est tant pas l'envoi de la facture, quoiqu'il ne faut jamais faire totalement confiance aux systèmes informatiques et toujours lire ce qu'on signe, mais les explications totalement déhumanisées données en pur jargon administratif :

"La somme, élevée, est inhérente à la prestation apportée, et pour nous, il est plus que temps de la solder. Le moment est largement venu de présenter la facture", et (selon le CHU) M. Stoeckel doit l'acquitter pour être éventuellement remboursé.

Et de s'étonner ensuite de "l'incompréhension"

Source : Est Républicain des 27 avril et 29 avril 2010.


Je précise que M. STOECKEL est employé et ne dispose pas de cette somme.

 

Article du "Parisien"


Le CHU de Nancy a annoncé mercredi qu'il renonçait pour l'instant à réclamer à Denis Stoeckel, un habitant de Meurthe-et-Moselle, le remboursement des frais de séjour de sa mère, soit une somme de près de 100 000 euros.

Seulement, cette dernière avait été hospitalisée entre 2002 et 2008 à la suite d'une erreur médicale dans ce même hôpital, et depuis mardi, la polémique enflait.

«Devant l'incompréhension soulevée (...), la direction générale (du CHU) confirme expressément que ce dernier n'a pas à payer la facture qui lui a été adressée, tant qu'une issue transactionnelle ou judiciaire ne sera pas intervenue», indique la direction de l'hôpital dans un communiqué.

Une erreur de l'anésthésiste


Denis Stoeckel s'était vu réclamer 98 462,41 euros par le CHU de Nancy, les frais de séjour à l'hôpital de sa mère, tombée dans le coma à la suite d'une erreur médicale d'un médecin anesthésiste du CHU. Agée de 72 ans, la patiente, était restée dans un état végétatif à la suite d'un surdosage d'anticoagulants alors qu'elle devait se faire opérer d'une opération bénigne.

«Par nécessité, elle a donc été hébergée dans le centre long séjour de l'hôpital», avait expliqué Me Elyane Polèse-Person, l'avocate de Denis Stoeckel, qui avait par ailleurs obtenu la condamnation de l'anesthésiste devant le tribunal correctionnel. Les dommages et intérêts sont toujours en de discussion devant le tribunal administratif.

Le directeur général de l'hôpital, Philippe Vigouroux, avait expliqué mardi «comprendre à 100% ce que ressent M. Stoeckel», mais avait souligné qu'il s'agissait «d'argent public» et qu'il n'avait «pas le droit d'en faire cadeau». C'est «à l'assurance de couvrir ces risques : s'il y a eu erreur médicale, (l'assurance) doit prendre en totalité les choses», s'est ému mercredi le médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye. «La direction reste à l'écoute de M. Stoeckel», précise le communiqué du CHU.

Par Michel Servet - Publié dans : Economie, société - Communauté : Membres de Facebook
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 27 avril 2010 2 27 /04 /Avr /2010 07:11

Les associations citoyennes doivent agir ensemble

 


 

Signer la pétition   -   Voir les signataires

 


 

Une circulaire du Premier Ministre, signée le 18 janvier 2010, prétend « clarifier et sécuriser le cadre juridique des relations financières entre pouvoirs publics et associations ». Elle réaffirme la liberté d’association comme un droit fondamental inscrit dans la déclaration des Droits de l'Homme. Mais elle impose aussi aux associations et aux collectivités des conditions si restrictives que, dans la pratique, elle remet en cause ce droit fondamental.


De nouvelles formes de mobilisation sont aujourd’hui nécessaires


La négociation qui a conduit à la circulaire du 17 janvier 2010 a été menée par les instances représentatives des associations. Nous regrettons qu’elles n’aient pas été entendues malgré plusieurs mois de négociations. D’autres formes de mobilisation et d’action sont aujourd’hui nécessaires face à un texte inacceptable et inapplicable, qui soumet l'ensemble des associations au bon vouloir du prince.

C’est pourquoi les citoyens, les associations et les collectivités signataires appellent tous ceux et celles qui sont attachés à une action associative au service du bien commun1 (citoyenneté, coopération, lien social, pratiques culturelles, éducation des jeunes,…) à refuser ce texte inacceptable, à en faire largement connaître les risques pour les libertés associatives, à agir ensemble pour construire des propositions, les faire valoir au sein des instances représentatives des associations, des Pouvoirs publics et de l’Union européenne
Ils appellent en particulier les collectivités à refuser l'application de cette politique et à mettre en place des politiques de soutien à l’engagement bénévole et aux projets associatifs porteurs de solidarité, de coopération, et de participation citoyenne, à se déclarer «hors Directive Services ».


Une atteinte grave à la liberté d'association


Le principe de la liberté d'association est inscrit dans la déclaration des Droits de l'Homme et repris par toutes nos Constitutions successives. Il donne liberté aux citoyens pour s'associer librement et prendre des initiatives. Au-delà de modalités inapplicables, cette circulaire pose un problème de principe : elle revient sur une liberté fondamentale en inversant la charge de la preuve. « Les associations peuvent être aidées (…) dans le cadre d'une délégation de service public, d'une convention et d'un calcul au plus juste du montant de l'aide en termes de distorsions de concurrence » . Cela est inacceptable au regard de la libre administration des collectivités et de l’apport essentiel des associations. Des associations qui, partout en France, cherchent à promouvoir la citoyenneté, la coopération, le lien social, à développer les pratiques culturelles, à contribuer à l'éducation des jeunes, etc.

Une circulaire inacceptable et déconnectée des réalités


1 Toute action associative est assimilée à une activité économique.


L'objectif principal de cette circulaire est de redéfinir les modalités de financement des associations au regard de la réglementation européenne relative aux aides de l'État. En clair, il s'agit de transposer le droit européen dans le droit français, avec un syllogisme imparable : « La réglementation dite des « aides d'État » s'applique à toute « entreprise » recevant un financement public dès lors qu'elles exercent une activité « économique » d'intérêt général. « Dans la pratique la grande majorité des activités exercées par des associations peuvent être considérée comme des activités économiques » . Dès lors qu'on accepte ce syllogisme, les associations deviennent toutes des entreprises relevant de la concurrence libre et non faussée. Par exemple, de nombreuses associations travaillent au soutien scolaire. Dès lors qu'une entreprise privée se crée pour vendre du soutien scolaire, celui-ci devient un marché et les subventions au soutien scolaire deviennent impossibles.


2 L’Union européenne n’oblige en rien le gouvernement français à classer l'ensemble des activités associatives comme des services économiques d'intérêt général.


Le choix gouvernemental est idéologique. Il repose sur un a priori : tout doit devenir marché, tout doit être marchandise. Il traduit l’absence de toute considération pour l’action des citoyens.
Cette politique méconnaît le travail des centaines de milliers d'associations qui oeuvrent pour le bien commun en s'appuyant principalement sur le travail bénévole. Elle méconnaît aussi le travail accompli depuis des décennies par d’autres associations qui certes ont une activité économique, mais dont les recettes servent à financer des actions porteuses d'éducation citoyenne, de solidarité, et plus récemment de transformation des modes de vie et de consommation. Cette politique n’est pas au service des usagers ni des citoyens. Elle vise à dégager de nouveaux champs de profit. Elle répond à la pression des opérateurs privés pour qui ces activités sont un marché important. C’est toute l’économie sociale et solidaire, dont se réclame le mouvement associatif, qui est contestée.


3 A partir de 66 000 euros par an, les subventions aux associations ne sont autorisées que dans le cadre de la "compensation d'obligations de service public"


« Les concours financiers versés sous forme de subventions à une association exerçant une activité économique d'intérêt général ne sont pas qualifiés d'aides d'État et ne sont soumis à aucune exigence particulière dès lors qu'il demeure inférieur à 200 000 euros sur 3 ans ». Ce seuil est apprécié toutes aides publiques confondues, en intégrant les facilités accordées à titre gratuit par les collectivités publiques (mise à disposition de locaux, de personnel et de matériel). Au-delà, ils ne sont acceptables que s'ils sont regardés comme la compensation d'obligations de service public ». Pour cela, il faut que l'association soit « explicitement chargée, par un mandat d'intérêt général d'exécuter des obligations de service public clairement définies dans leur consistance, leur durée et leur étendue. La compensation financière, calculée sur une base préalablement établie, est strictement proportionnée au coût occasionné par l'exécution des obligations de service public assuré de. Elle est périodiquement contrôlée et évaluée pour éviter la surcompensation ».
Le principe de la subvention n'est pas formellement remis en cause, mais celle-ci est tellement encadrée qu'elle devient exceptionnelle. Et surtout on observe un glissement sémantique de « subvention » à « compensation ». Ce texte traduit une tutelle de plus en plus pesante de l'Union européenne et de l’État sur les associations et sur la libre administration des collectivités territoriales, comme avec la réforme des Collectivités.


4 Des conditions de réalisation des actions très restrictives et irréalisables


« Le budget prévisionnel de l'action peut être modifié à la hausse et à la baisse dans la limite d'un pourcentage, à condition que cela n'affecte pas la réalisation du programme de l'action. L'association doit notifier ces modifications par écrit dès lors qu'elle peut les évaluer et avant le 1er juillet d'année en cours. Les retards dans l'exécution de la convention, pour une raison quelconque, doivent être signifié à l'administration par lettre recommandée avec accusé de réception. L'association doit fournir trois mois avant le terme de la convention un bilan d'ensemble qualitatif et quantitatif de la mise en oeuvre du programme d'action. L'administration procède conjointement avec l'association à l’évaluation des conditions de réalisation du programme. ».

Autant de conditions restrictives et irréalistes! L'administration et les collectivités ne décident que très tard dans l'année du montant de leurs subventions. Compte tenu de la réduction des effectifs des services de l'administration, celle-ci n'a plus les moyens aujourd'hui de procéder à un examen au cas par cas les conditions de réalisation de chacune des actions subventionnées. Ainsi, la circulaire fixe aux associations des obligations impossibles à satisfaire par celles-ci, mais aussi par les pouvoirs publics eux-mêmes. Elle met par définition les associations « à la faute ».

Par Michel Servet - Publié dans : Economie, société - Communauté : Membres de Facebook
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Pages archivées

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés