Mercredi 4 janvier 2012
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18:00
J'ai lu, il y a déjà quelque temps, sur un blog, que je défendrais le Coran « avec acharnement et
hargne. » De là à insinuer que je serais un propagandiste de l'islam, voire même de l'islamisme radical, il n'y a qu'un pas. L'article visé, sans mettre de lien pour permettre à ses lecteurs
de juger sur pièces est à cette adresse. J'avais quant à moi mis un lien vers le texte que je critiquais. Chacun ses méthodes.
De fait, je me suis borné à expliquer que pour critiquer un ouvrage, quel qu'il soit, il fallait d'abord l'avoir lu, et que visiblement, les exemples donnés par
l'auteur de l'article montraient qu'il ne l'avait pas lu, pas même un quart, pas même quelques lignes.
Si on veut faire une critique « défétichisante » (je préférerais personnellement le terme de scientifique ou matérialiste) d'un ouvrage, ce qui est le droit de
chacun, il faut commencer par connaître les conditions et le contexte de sa rédaction. On l'étudie et on le critique alors comme on étudie les œuvres d'Homère, Grégoire de Tours ou
Lénine.
Et cela suppose un minimum d'investissement personnel, de temps, de connaissances historiques, géographiques, ethnographiques, linguistiques. Et beaucoup de rigueur
dans le raisonnement.
Et il arrive parfois que les approximations ne pardonnent pas. Tout dépend du sujet et de la notoriété de l'auteur de la critique. S'attaquer à l'islam est facile,
sans danger : le sujet est mal connu, vaste, on peut raconter n'importe quoi, et il n'y a guère que les musulmans pour s'en offusquer. Vouloir annoncer le « crépuscule de l'idole »
Sigmund Freud après une « lecture express » est beaucoup plus dangereux. La psychanalyse freudienne a ses praticiens, ses spécialistes, ses défenseurs, et ils savent se faire entendre.
Michel Onfray l'a appris à ses dépens.
Si j'ai une obsession, ce n'est pas celle de la défense d'un texte religieux, qu'il s'agisse de la Bible, du Coran, du Talmud, du Bhagavad-Gîtâ ou même de tout
autre, religieux ou non, mais celle de la rigueur scientifique. Les gens qui se réclament du marxisme devraient y être particulièrement sensibles, pour en avoir fait les frais : Dans les
années 1970, les « nouveaux philosophes » ont expliqué le Goulag, Pol Pot, etc. par les œuvres de Lénine, Marx, Rousseau et Platon. Les critiques n'ont pas manqué, notamment de gens qui
avaient lu et étudié sérieusement les auteurs en question et qui se sont fait un malin plaisir à relever les erreurs, les oublis, les approximations.
Quand on reçoit un « pan sur le bec », il y a
deux attitudes possibles :
-
on répond et on oppose contre-argument à l'argument, ce qui fait avancer le débat.
-
on prend acte et on rectifie l'erreur.
Mais pourquoi chercher une explication complotiste, une sorte d'agenda caché, faire le lien entre ma modeste personne et un collectif de militants (sans d'ailleurs
donner aux lecteurs le lien vers leur blog d'expression collective).
Chacun s'exprime en toute indépendance et je défie JJL de trouver de la part de MRAP pluriel le moindre écrit prenant la défense des textes religieux.
Sur mon blog non plus, d'ailleurs. Uniquement des critiques de certaines critiques, et uniquement pour des raisons de rigueur intellectuelle.
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