Syndication

  • Flux RSS des articles

Mes autres sites et blogs

Créer un Blog

Droits de l'homme

Vendredi 13 novembre 2009 5 13 /11 /Nov /2009 12:51

Le repli identitaire tue, le débat citoyen libère !!

 

Le gouvernement français a lancé un débat sur « l'identité nationale », en y consacrant les moyens publics importants. Les préfectures, les établissements scolaires sont mis à contribution pour l'organiser. Les internautes sont invités à s'exprimer sur un site dédié. Malgré des précautions oratoires, la problématique du débat lie défense de l'identité et migrations internationales :

« Comment mieux faire partager les valeurs de l’identité nationale auprès des ressortissants étrangers qui entrent et séjournent sur le territoire national ? »

Dans un pays qui connait une crise sociale, économique, financière grave, choisir de lancer un débat sur ce thème et dans ces conditions conduit à préférer désigner un bouc émissaire que chercher à la résoudre.

Le souci de fidéliser au profit de l'UMP et de ses alliés l'électorat du Front national n'a pas échappé non plus à la plupart des commentateurs.

Pour le MRAP, l'identité d'un pays, la France ou un autre, à un moment déterminé de son histoire ou dans son évolution, peut être un sujet de recherches ou de débats pour les historiens, les géographes, les sociologues, mais pas un projet politique.

Elle est le fruit de l'histoire, d'influences multiples et n'est jamais figée dans le temps.

Ce ne peut être qu'un constat, sans aucune valeur normative.

Vouloir fixer des normes pour une « identité nationale » présente plusieurs dangers :

  • Chercher un modèle de société dans un passé plus ou moins lointain, qui de toute façon ne reviendra pas et dans lequel peu de gens voudraient effectivement vivre est complétement illusoire.

  • Définir une norme « identitaire », fondée sur une origine ou des racines, qu'elles soient « raciales », ethniques, religieuses, etc.. conduit immanquablement à exclure celles et ceux qui sont jugés moins conformes à cette norme.

  • Elle bloque enfin toute évolution d'une société, la nouveauté étant par essence ce qui n'est pas dans la norme, ce qui n'est pas conforme à « l'identité » du moment.

 

C'est pourquoi un tel débat, dans ses intentions et dans ses objectifs, n'est pas acceptable pour le MRAP.

 

La vie ensemble, l'exercice de la démocratie par le peuple souverain, doivent s'organiser non pas sur une origine commune plus ou moins mythique, mais sur un vouloir vivre ensemble, un projet citoyen commun.

Ce qui ronge notre pays, ce n'est pas un crise « identitaire », mais une crise de citoyenneté, un déficit de démocratie, de solidarité sociale.

Les causes en sont nombreuses, multiformes, elles s'interpénètrent et concernent à des degrés divers tous les habitants de notre pays.

Citons, de manière non exhaustive :

- la destruction de services publiques au nom de la libre concurrence

- la mondialisation libérale et le dumping social

- la crise de la démocratie représentative qui éloigne de plus en plus le citoyen des centres de décision.

 

Au lieu de se crisper sur une « identité » qui est forcément passée et dépassée, il faut réfléchir et agir pour définir des projets citoyens communs pour le monde de demain :

citoyen dans son quartier, sa commune, etc..

citoyen dans son entreprise

citoyen dans son pays

citoyen d'une Union européenne qui doit elle aussi définir un projet de société pour le bien de tous et non se replier sur des « racines »

citoyen pour un monde en paix, solidaire et responsable devant les générations futures.

 

Le MRAP, avec ses comités locaux, ses commissions, ses instances, souhaite donc engager en son sein un grand débat sur la construction des citoyennetés de demain.

 

Il invite les associations, syndicats, mouvements et partis qui partagent les mêmes valeurs à lancer à leur tour de tels débats dans leur domaine d'action.

De la convergence et la synthèse de toutes les propositions, nous ferons naître ensemble une alternative citoyenne et porteuse d'avenir aux projets mortifères du gouvernement.

Par Michel Servet - Publié dans : Droits de l'homme - Communauté : les anti-capitalistes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /Nov /2009 23:21

Avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Madame Fourest,

Ayant eu le loisir d’écouter un certain nombre de vos chroniques sur France Culture, je me résous à vous écrire ce courriel qui s’adresse également à la rédaction.

Avec la répétition de vos interventions presque systématiquement axées sur les cercles d’une cible : l’Islam, les musulmans, Tariq Ramadan, l’Iran, la satisfaction que j’ai pu avoir avec quelques billets bien envoyés a laissé place chez moi à l’agacement et même bien davantage.

Afin que personne ne se méprenne, je précise tout de suite mon orientation philosophique : athée, partisan sans réserve de la laïcité, hostile à l’intrusion du religieux dans les sphères d’où il avait été exclu dans un mouvement d’émancipation historique, partisan de la poursuite de la laïcisation (suppression du concordat en Alsace-Moselle…) et de son renouveau (les enfants des collèges sont près de chez moi ignorants du fait que l’athéisme existe et vit en France), je n’accepte le religieux que comme pratique ou croyance personnelle ne remettant pas en cause la liberté de chacun de croire ou de ne pas croire en son dieu, celui de ses parents, de sa communauté…

Cette précision indispensable étant apportée, je reviens à mon propos. Vos chroniques sont donc de manière récurrente tournées vers les destinataires cités quelques lignes plus haut. Ce caractère répétitif et unilatéral a rendu l’écoute du vendredi matin plus que désagréable : c’est un véritable malaise que l’on ressent maintenant à vous entendre, sachant avant que vous parliez qui va être votre tête de Turc. L’image n’est pas exagérée : l’objet de votre litanie est généralement oriental et musulman. C’est inquiétant. Vous ne vous donnez presque plus le mal de viser ailleurs.

Et tout d’abord une question directe : vous prétendriez-vous universaliste ? Comment, dans ce cas, expliquer qu’un seul pays, probablement le plus menacé d’invasion sur la planète, retient sans cesse vos critiques ? Est-il plus archaïque et oppressif que l’Arabie Saoudite, dont je ne vous ai jamais entendu parler ?

Pour ce qui est de Tariq Ramadan, autre sujet dont vous vous repaissez sans jamais être rassasiée, j’aurais deux précisions à vous apporter, dont une personnelle :

  • un de mes amis, vivant au Burkina Faso, issu de la gauche laïque, s’est rendu à l’une des réunions africaines organisées par Ramadan. Il n’a pas entendu ce que vous cherchez sans cesse à montrer en nous expliquant que ce Monsieur avance masqué. Bien au contraire, il a entendu un discours progressiste ne portant pas en premier lieu sur la pratique religieuse mais sur le progrès social.

  • Une photo tronquée où apparaissait Tariq Ramadan a servi a diaboliser un responsable associatif, Mouloud Aounit. Cette photo, prise au forum social européen de Saint-Denis en 2003 et que l’on trouve en première occurrence si l’on recherche sur le net avec les mots “ forum social européen-Ramadan-Aounit, apparaît sans coup férir sur le site de Riposte laïque , dans un article qui est à l’aune de cette photo : fait pour tromper grossièrement. Or, il se trouve que je fais partie des individus bien informés sur la tromperie que représente ce demi-cliché. Demi ? Oui, exactement car quatre participants se trouvaient à la tribune pour un débat à ce moment-là. Devrais-je vous laisser chercher qui étaient les deux manquants ou bien vous livrer l’autre moitié de la photo stalinienne ? Ne cherchez pas : Madeleine Rebérioux, estimée comme intellectuelle et Présidente de la Ligue des Droits de l’Homme (c’est à ce titre qu’elle participait au débat aux côtés de Monsieur Ramadan) ainsi que Henri Wahlaum, du Réseau européens des juifs pour la paix).

Ces précisions sont gênantes, n’est-ce pas ? La plus vieille organisation des droits de l’homme en France et une organisation juive progressiste anticoloniale (pléonasme). Quelle intention claire peut-on avoir lorsqu’on s’appuie ainsi sur des informations aussi grossièrement triturées ? Sûrement pas celle d’éclairer la lanterne des citoyens. Avez-vous été choquée à l’époque par la manœuvre ?

Que dirait-on si vous ne parliez que d’Israël et des juifs en les chargeant, dans une chronique sensée embrasser des problématiques de la société dans son ensemble ? Pourriez-vous vous maintenir à cette tribune matinale ? Des voix ne s’élèveraient-elles pas, avec raison, pour dénoncer le parti pris, voire l’antisémitisme de vos propos ? Antisémitisme dans un cas, racisme anti-musulman dans l’autre, c’est sans doute aussi simple que cela et ma voix s’élève contre votre acharnement douteux.

Il est aisé de constater que la tendance dans laquelle vous semblez vous inscrire est celle de l’impérialiste occidental, à l’opposé de l’universalisme puisqu’il nie l’autre, le musulman, comme était nié l’autre, le juif. C’est bien commode à toute époque, le bouc émissaire, n’est-ce pas ?

Où est donc votre courage intellectuel ?

Philippe Le Clerre, militant antiraciste

Par Michel Servet - Publié dans : Droits de l'homme - Communauté : Membres de Facebook
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 16 septembre 2009 3 16 /09 /Sep /2009 20:10

Sans manger et sans dormir durant 48 h, dans une cellule du commissariat de Nancy.

NANCY.- Le tribunal cor­rectionnel de Nancy a jugé, hier, qu’une garde à vue de 48 h s’étant déroulée dans une cellule du commissariat du boulevard Lobau, à Nan­cy, présentait «des conditions de détention contrai­res à la dignité humaine ».

Le tribunal examinait une affaire d’abus de biens so­ciaux. L’ex-dirigeant d’une petite société immobilière du Lunévillois comparais­sait pour avoir détourné quelques milliers d’euros des comptes de son ancien­ne entreprise, entre2004 et mai 2006.

Mais, dès le début de l’audience, son Avocate, Me Echer-Barthélémy, du barreau de Thionville; a invoqué une nullité de la procédure. Demandant au au tribunal de rejeter l’ensemble de l’affaire. Motif : les conditions dans lesquelles s’est déroulée la garde à vue initiale de son client.

Me Echer-Barthélémy a rap­porté que l’ex-patron a été placé dans une cellule nauséabonde du commissariat du boulevard Lobau, à Nan­cy, et n’a reçu ni eau, ni nour­riture, durant les 48 h qu’il a passées dans cet endroit. Il n’a pas, non plus, eu la possi­bilité de dormir, a poursuivi l’avocate. La couchette de sa cellule était occupée par un autre gardé à vue.

Me Écher-Barthélémy a éga­lement assuré qu’au mo­ment de la prolongation de garde à vue, les policiers en charge de l’affaire ont omis de préciser à son client son droit à être assisté d’un avo­cat.

Le tribunal, après délibéré, a donné raison à l’avocate. Déclarant la garde à vue illé­gale, et annulant purement et simplement tous les actes d’enquête effectués par la suite. Le dossier comportait plusieurs volumes !

A l’annonce du jugement, l’ex-patron, âgé de 38 ans, s’est effondré en larmes. Aucune charge n’est plus retenue contre lui.

 Est Républicain 10 septembre 2009

Par Michel Servet - Publié dans : Droits de l'homme - Communauté : les anti-capitalistes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 21 mai 2009 4 21 /05 /Mai /2009 16:01

Immigration:

comprendre, pour vivre ensemble

 

 

  • Pour comprendre :

 

Qui sont les migrants ?

 

Pourquoi et comment on émigre en France, en Europe ?

 

Les conséquences économiques, sociales, de la régularisation des « sans papiers ».

 

  • Pour défendre : les droits des immigrés.

 

  • Pour combattre les mesures et pratiques répressives des pouvoirs publics.

 

venez assister 

à la conférence publique :

Le 4 juin à 20 h à la MJC pichon

7 boulevard recteur Senn à Nancy

 

Intervenant : Vincent FERRY, chercheur au GREE(Groupe de Recherche sur l'Education et l'Emploi , Université Nancy 2)

 

Organisée par le MRAP Nancy(Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples)

 

 

Par Michel Servet - Publié dans : Droits de l'homme - Communauté : les anti-capitalistes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 8 mai 2009 5 08 /05 /Mai /2009 12:49

http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2009-05-07/la-retention-en-cellule-de-police-a-nancy-jugee-irreguliere/920/0/341699

La cour d’appel de Nancy a libéré une Sierra-Léonaise placée en rétention administrative au commissariat dans une cellule de garde à vue au motif que ces locaux étaient “non conformes”, a-t-on appris jeudi auprès d’une avocate et de la Ligue des droits de l’Homme (LdH).

La jeune femme, âgée de 28 ans, “dormait sur une couche en béton, elle était enfermée dans une geôle, elle n’avait pas libre accès aux douches et aux WC, - elle devait taper à la porte de sa cellule -, et pas de téléphone”, a déclaré son avocate nancéienne, Me Brigitte Jeannot.

En outre, le commissariat de Nancy ne disposait pas d’un local réservé aux rencontres avec la famille et aux entretiens consulaires, qui devaient se dérouler en présence d’un gardien de la paix, au mépris de toute confidentialité et de la loi, a-t-elle déclaré.

La Ligue des droits de l’Homme de Nancy s’est félicitée dans un communiqué qu’il ne puisse plus y avoir dorénavant de “rétention administrative à Nancy tant que des locaux ne seront pas créés pour recevoir des personnes dans des conditions de dignité et d’humanité”.

Le 2 mai, la jeune Sierra-léonaise avait été remise en liberté pour vice de procédure après 41 heures de rétention administrative passées au commissariat de police de Nancy.

La préfecture avait fait appel, mais la cour d’appel a confirmé la décision en jugeant la rétention nulle, car les cellules de garde étaient des “locaux non conformes au Code des Etrangers”, indique l’association.

Selon l’avocate, des cas similaires ont déjà été sanctionnés à Douai, Bastia et Caen.

Alors qu’il existe seulement une trentaine de centres de rétention en France (notamment à Metz et Strasbourg), où les conditions de rétention sont “relativement confortables”, les préfectures ont mis en place dans les autres départements des “locaux de rétention” souvent non conformes au Code des étrangers.

Ainsi à Toul, les geôles du commissariat sont toutes équipées de caméras, qui rendent le séjour particulièrement difficile à des femmes kurdes se sentant surveillées jour et nuit par des gardiens de la paix, selon l’avocate.

Par Michel Servet - Publié dans : Droits de l'homme - Communauté : Membres de Facebook
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 29 avril 2009 3 29 /04 /Avr /2009 20:31

Plein droit, n°80 (Sans papiers, mais pas sans voix). Mars 2009. Édition Gisti, Paris, p.21-25.

 

Meryem Marzouki

Première publication : 30 mars 2009 -  Dernière mise à jour : 1er avril 2009

Résumé : L’immense mobilisation citoyenne contre le fichier Edvige a porté ses fruits : initialement publié le 1er juillet 2008, le décret a été retiré en novembre 2008, et sa nouvelle version n’était toujours pas annoncée fin février 2009. Même sans trop d’illusion sur la suite des événements, on ne peut qu’estimer cette première victoire exemplaire à plus d’un titre, en ce qu’elle a mobilisé syndicats, associations, élus et simples citoyens audelà des cercles militants traditionnels. Ce succès est-il dû à un simple sursaut conjoncturel ou à une prise de conscience durable du fichage ?

Lire la suite.

Par Michel Servet - Publié dans : Droits de l'homme - Communauté : les anti-capitalistes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /Avr /2009 16:07

Rarement une conférence des Nations unies aura donné lieu, en Occident, à une campagne aussi puissante de désinformation, de fantasmes et de mensonges.


Libération, le 21 avril, titre à sa Une : « Un antisémite à l’ONU ». Avec, en explication : « Après le discours du président iranien, qui s’en est pris à Israël avec une rare violence, la conférence Durban II est mal partie ».

Le président Ahmadinejad est un personnage peu recommandable. Il a fait des déclarations négationnistes. Il dirige un régime qui poursuit les opposants, restreint les libertés, accapare les richesses du pays. Faut-il, pour autant, refuser de négocier avec ses adversaires ? Ce n’est en tout cas pas ce que pense le président Obama : « Iran : Obama veut continuer l’effort de dialogue malgré les propos d’Ahmadinejad. »


Faut-il déformer ses propos ? On peut lire son intervention intégrale : « President Ahmadinejad’s speech at the Durban Review Conference on racism ». Reprenons la phrase qui a déclenché les polémiques. « A la suite de la seconde guerre mondiale, ils (les pays vainqueurs) ont recouru à l’agression militaire pour transformer toute une nation en peuple sans abri sous le prétexte de la souffrance juive et ils ont envoyé des immigrants d’Europe, des Etats-Unis et d’autres parties du monde pour mettre sur pied un gouvernement totalement raciste en Palestine occupée. Et, pour compenser les terribles conséquences du racisme en Europe, ils ont aidé à amener au pouvoir le régime le plus cruel et le plus répressif en Palestine. » Dans tout le discours, on ne retrouve aucune des négations de l’holocauste dont le président s’était fait le porte-parole. Il a supprimé de son discours, à la demande du représentant des Nations unies, une phrase qui disait que l’holocauste était « ambigu et douteux » (« Ahmadinejad Anti-Israel Speech Was Toned Down : UN », par Bradley S. Klapper et Alexander G. Higgins, The Huffington Post, 21 avril).

 

Par Michel Servet - Publié dans : Droits de l'homme - Communauté : Membres de Facebook
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 21 avril 2009 2 21 /04 /Avr /2009 22:36

Dans ce sondage :

http://srv3.cawi.fr/cgi-bin/cawi/Q/profiling/profiling.pl?source=3


Au sein de votre foyer, vous êtes…

 

Marié, de sexe masculin, considérant que je n’étais ni chef de famille, ni conjoint du chef de famille, j’ai choisi la troisième réponse.

puis

 

Parlons maintenant du chef de famille…

Indiquez dans quelle situation il se trouve…

Veuillez choisir un réponse –> Exerce actuellement une profession à temps complet ou à temps partiel Chômeur ayant déjà travaillé En congé maternité, parental ou sabbatique Stagiaire pour une durée de 6 mois et + ou apprenti Retraité ou pré-retraité Étudiant, lycéen, scolaire ou stagiaire pour une durée de moins de 6 mois Autre situation (chômeur à la recherche d’un premier emploi, homme / femme au foyer, sans profession, invalide)
Par Michel Servet - Publié dans : Droits de l'homme - Communauté : Membres de Facebook
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 17 avril 2009 5 17 /04 /Avr /2009 21:36

Collectif de soutien des exilés du Xème arrondissement de Paris
exiles10@rezo.net
www.exiles10.org et http://actu.exiles10.org/

Paris, le 14 Avril 2009

Madame

Une fois de plus, nous souhaitons attirer votre attention sur la situation des mineurs isolés étrangers présents dans le 10ème arrondissement.

Ces jeunes, principalement originaires d’Afghanistan, sont encore et toujours plus nombreux à arriver à Paris. Nous en avions rencontré 450 en 2006, 483 en 2007, 668 en 2008. Durant les trois premiers mois de cette année, nous en avons vu 223, soit une cinquantaine de plus que durant la même période en 2007 et 2008.

Comme vous le savez, ils ne viennent pas ici par plaisir, ni parce que les conditions d’accueil sont attirantes mais parce qu’ils fuient une situation qui, après trente années de guerre, ne cesse de se dégrader de mois en mois. Ne pas prendre acte de cette évolution en Afghanistan, et s’accrocher, comme le font les pouvoirs publics, au phantasme de l’appel d’air nous semble irresponsable.
De même parler encore de « jeunes en transit », déterminés à aller nécessairement ailleurs qu’en France, ne correspond pas à la réalité. Ces jeunes, qui sont « en transition », comme l’avait justement dit Madame Gueydan lors de la réunion de 12 décembre 2007, cherchent d’abord et avant tout à construire leur avenir dans le pays qui les accueillera dans les meilleures conditions. Et ce pays peut parfaitement être la France si elle se rend acceptable.

Ces jeunes mineurs isolés doivent par ailleurs être d’abord considérés comme des mineurs en danger qui doivent être protégés et non comme des étrangers. Or, en s’appropriant la question des mineurs étrangers isolés par la récente création d’un groupe de travail ad hoc, le ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire renverse la problématique. Dans un tel cadre administratif, ils seront compris comme étrangers avant d’être éventuellement appréhendés comme mineurs. Pour espérer une approche correcte, le Ministère du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville aurait éventuellement été un meilleur pilote.

Pour nous, la loi française sur la protection de l’enfance et la Convention internationale des droits de l’enfant doivent être appliquées.

Et pourtant chaque jour cette loi et cette convention sont bafouées.

Devant les défaillances de l’ASE à assurer la protection de ces mineurs isolés, des dispositifs dérogatoires au droit commun se multiplient, de plus en plus précaires.

L’extension du dispositif parisien de primo accueil, augmentant le nombre de places à l’hôtel sans fournir les moyens humains nécessaires à une véritable prise en charge socio-éducative, nous posait déjà problème. Les jeunes hébergés dans les hôtels gérés par France Terre d’Asile ne sont pas « pris en charge ». Ils sont seulement « mis à l’abri », faute du suivi indispensable qui pourrait les convaincre de rester en France et de cesser de se mettre en danger. Ils sont livrés à eux-mêmes, non scolarisés, passant leur journée dans les rues faute d’un accueil de jour adapté, beaucoup allant même chercher leur repas dans les distributions caritatives. Lorsque certains finissent néanmoins par prendre la décision de rester, ils attendent trois mois voire plus avant d’être pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance. Découragés, certains reprennent la route.

Certains de ceux voulant rester en France, décident d’aller eux-mêmes se présenter à l’Aide Sociale à l’Enfance. Ils sont alors systématiquement soumis à l’expertise médicale pour déterminer leur âge. Et la plupart, comme d’habitude, sont déclarés majeurs.

Le dispositif actuel s’est révélé insuffisant pour la protection des jeunes présents dans le 10ème et nous vous avons interpellée plusieurs fois au sujet de ceux, souvent près d’une vingtaine, restant à la rue.
La réponse de la DASS nous semble inacceptable.
Le 10 février 2008, nous vous avions adressé une lettre dans laquelle nous dénoncions une première tentative de précarisation de la protection avec l’organisation d’une mise à l’abri de nuit dans un accueil de jour pour personnes sans domicile fixe. Nous indiquions alors qu’il s’agissait « d’un nouveau cache-misère au rabais qui continuait à ignorer l’obligation de protection de ces mineurs en danger en leur refusant un hébergement digne de ce nom ainsi que le droit à l’information et au suivi socio-éducatif ».
Cette année, ce dispositif a été réactivé, cette fois avec l’Armée du Salut. Il en est à son quatrième mois d’existence. Les jeunes hébergés dans des conditions précaires de 20h à 7h30 sont de fait abandonnés. Ils ne bénéficient d’aucun suivi socio-éducatif, d’aucune aide notamment pour leurs repas, de très peu d’information. Ils ne disposent même d’aucun document des associations attestant de leur mise à l’abri, qui pourrait leur prouver l’amorce d’un processus quelconque en leur faveur.

De plus malgré ce dispositif, chaque soir des mineurs restent dans la rue. Ils étaient une dizaine le 10 avril à devoir dormir dehors.

Comment imaginer que ces jeunes puissent prendre la décision de rester en France ? Comment pourraient-ils croire en leur avenir ici, dans une possible régularisation conforme à la loi, si déjà les lois censées les protéger ne sont pas appliquées ?

La multiplication des dispositifs dérogatoires et précaires ne semble avoir pour but que de les décourager et de les renvoyer le plus rapidement possible sur les routes de l’exil.

Il est urgent de repenser l’accueil et la protection des mineurs isolés étrangers à Paris.

Il est nécessaire de redéfinir ce dispositif, dans le cadre du droit commun et de mettre fin à cette précarisation croissante.

Aucun mineur ne doit rester sans protection, et l’hébergement dans des hôtels ne peut être une solution acceptable si les moyens humains et financiers nécessaires ne sont pas mis en place. Il n’est pas impensable d’envisager la création dans le 10ème d’un ou de plusieurs foyers où ces jeunes pourraient être accueillis, suivis par des éducateurs et également bénéficier des informations et d’un temps de réflexion absolument nécessaire après des mois d’errance afin de prendre une décision concernant leur avenir. Enfant du Monde Droit de l’Homme avait par exemple indiqué sa disponibilité pour ce faire lors de la réunion de décembre 2007. Ce dispositif pourrait être géré par l’ASE de Paris, avec l’aide de l’Etat.

Pour finir nous réaffirmons ce que nous avions dit à Myriam El Khomri il y a un an

Il faut assurer la protection de TOUS les mineurs isolés étrangers présents dans le 10ème arrondissement sans limitation des places. C’est au dispositif de s’adapter et non aux mineurs de rester dehors en situation de danger

Le temps de primo accueil doit permettre aux jeunes de se poser après leur parcours, de disposer des informations et du temps nécessaires à la prise d’une décision qui engage leur avenir

Ceci suppose une réelle prise en charge socio-éducative et non seulement une mise à l’abri, ce qui nécessite de débloquer d’urgence les moyens financiers et humains nécessaires. Si FTDA n’est pas à même de réaliser seule cette prise en charge, il faut envisager d’inclure d’autres organisations dans ce dispositif

La présomption de minorité doit être la règle qui s’impose aux structures du primo accueil
Les documents d’état civil doivent être reconnus par le parquet et le juge pour enfants, si aucun élément n’indique qu’il y a eu falsification
Le recours aux expertises médicales doit être abandonné compte tenu du peu de fiabilité prouvé de cet examen

Le passage dans le dispositif de droit commun doit se faire rapidement dès que le jeune en manifeste l’envie et la décision du juge doit suivre aussi rapidement. Il n’est pas concevable que des jeunes ayant décidé de rester en France puissent rester dans une situation incertaine en hôtel et sans aller à l’école durant trois mois.

Une évaluation du dispositif de primo accueil à Paris devrait être mis en place et réalisé par une structure indépendante. Cette évaluation devrait comprendre une analyse du devenir des jeunes passés par ce dispositif (comme Hors la Rue l’avait fait pour les jeunes roumains)

Nous sommes prêts à en discuter avec vous, et dans l’attente de votre réponse,

Veuillez agréer, Madame, l’expression de notre considération

Pour le Collectif
Jean michel Centres

Contact : c/o MRAP 43 boulevard Magenta 75010 Paris

Copies :

Comité pour les droits de l’Enfant, Haut Commissariat aux droits de l’homme, 1211 Genève 10 Suisse
Commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, Conseil de l’Europe, 67075 Strasbourg cdx
Président du Conseil de Paris, place de l’Hôtel de Ville, 75004 Paris
Président du tribunal pour Enfants de Paris, 4 boulevard du Palais 75001 Paris
Procureur de la République de Paris, TGI, 4 boulevard du Palais 75001 Paris
Directeur de la DDASS, 75 rue de Tocqueville 75850 Paris cdx 17

 

Par Michel Servet - Publié dans : Droits de l'homme - Communauté : Membres de Facebook
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 16 avril 2009 4 16 /04 /Avr /2009 21:33
 IMMIGRATION. Interrogé sur France Inter mercredi 8 avril, en pleine polémique sur le « délit de solidarité », le ministre de l’Immigration a multiplié les contrevérités. Démonstration.

1 « Toutes celles et ceux qui, de bonne foi, aident un étranger en situation irrégulière doivent savoir qu’ils ne risquent rien. »

Au contraire, l’article L. 622-1 amalgame passeurs et humanitaires en punissant « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d’un étranger en France ». L’article L. 622-4 exonère de poursuites les « ascendants ou descendants » de l’étranger, les « frères, soeurs », le « conjoint », ainsi que « toute personne physique ou morale lorsque l’acte reproché était, face à un danger actuel ou imminent, nécessaire à la sauvegarde de la vie ou de l’intégrité physique de l’étranger ». Nulle mention de « bonne foi ». Si un citoyen héberge un sans-papiers qui n’est ni en danger de mort ni son frère, il tombe sous le coup de la loi.

 

Lire la suite.

Par Michel Servet - Publié dans : Droits de l'homme - Communauté : les anti-capitalistes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Pages archivées

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés