"On bosse ici! On vit ici! On reste ici!"
par liberation
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Le blog du mois. Janvier 2012 : Laurent Mucchielli
Février 2012 : L'égalité d'abord |
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Sur son blog, Bernard Antony (Chrétienté solidarité) écrit le 26 janvier 2010, à propos des réfugiés kurdes débarqués le 22 janvier 2010 sur le rivage corse :
que les Kurdes n’ont pas de problèmes dans les pays où ils vivent, et que s’ils en ont, ils y sont pour quelque chose.
que ces personnes n’ont rien à faire en France, ne méritent pas d’être soutenues, et que :
Voilà tout ce que ne disent pas les organisations de la subversion humanitaire qui ont eu l’indécence ignoble de protester lorsque le gouvernement a décidé d’accueillir un petit nombre de chrétiens d’Irak expulsés de chez eux et menacés des pires sévices. Alors que des millions d’immigrés musulmans se sont installés en France, on a alors entendu le MRAP protester contre un choix sélectif de réfugiés chrétiens (sic !) au nombre de …500.
Cet article est un bel exemple de falsification des faits :
Il évoque les Kurdes de Turquie :
En Turquie, les kurdes représentent près du tiers de la population. Faudrait-il nous laisser conter que cette très forte minorité est persécutée ? Et l’on nous raconterait par ailleurs que la Turquie doit entrer dans l’Union Européenne ! Faudrait-il alors nous apprêter à accueillir les quinze millions de kurdes de Turquie ?
Pendant de nombreuses années, le simple usage de la langue kurde était interdit par les gouvernements turcs successifs et c’est le gouvernement AKP qui a mis fin à cette discrimination. Bernard Antony ne le sait pas et il est aussi brouillé avec les chiffres : il y a effectivement 15 millions de Kurdes en Turquie, ils représentent le cinquième de la population totale (plus de 75 millions) et non près du tiers.
En savoir plus sur les Kurdes de Turquie et les persécutions dont ils ont été victimes.
Et de plus, les Kurdes débarqués en Corse ne viennent pas de Turquie, mais de Syrie.
Quant à la touche finale, sur le MRAP (je n’ai pas trouvé trace de sa position) et d’autres, il s’agit d’une désinformation monumentale : des organisations humanitaires ont protesté fin 2007, non pas parce que le gouvernement français accueillait des réfugiés chrétiens d’Irak, mais parce qu’il n’accueillait que ces réfugiés, alors que des millions d’Irakiens avaient fuit leur pays. (Le Monde 12 décembre 2007)
DROIT-SOLIDARITE
(Association adhérente à l’Association Internationale des Juristes Démocrates)
c/o cabinet Weyl-Porcheron
160, rue du Temple 75003 PARIS
Fax 01 42 78 03 57
Libertés publiques et individuelles, SOS !
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INVITATION
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Comme heureusement tant d’autres organisations amies, Droit Solidarité est très préoccupée par la dégradation galopante des libertés publiques et individuelles en France et la banalisation, voire le soutien qui l’accompagne.
Il ne suffit pas d’en faire le bilan. Il devient urgent d’en analyser les causes pour mieux les combattre.
Nous avons donc décidé d’y consacrer une journée à laquelle sont conviées les principales organisations engagées dans le même combat.
Désirant comme d’habitude privilégier le débat sur les discours, nous espérons que vous y procurerez l’avantage d’y apporter votre participation.
Cette journée aura lieu samedi 30 janvier 2010
à la Maison des associations du 20ème
1-3, rue Frédérick Lemaître
75020 Paris
Programme :
9h 30 - 12h 30 : Etat des lieux.
Domaines : Justice, Police, Travail, Etrangers, Elus…
14h 30 - 17h : Que faire ?
Domaines : Education, Presse et information, Autres droits des citoyens.
Le repli identitaire tue, le débat citoyen libère !!
Le gouvernement français a lancé un débat sur « l'identité nationale », en y consacrant les moyens publics importants. Les préfectures, les établissements scolaires sont mis à contribution pour l'organiser. Les internautes sont invités à s'exprimer sur un site dédié. Malgré des précautions oratoires, la problématique du débat lie défense de l'identité et migrations internationales :
« Comment mieux faire partager les valeurs de l’identité nationale auprès des ressortissants étrangers qui entrent et séjournent sur le territoire national ? »
Dans un pays qui connait une crise sociale, économique, financière grave, choisir de lancer un débat sur ce thème et dans ces conditions conduit à préférer désigner un bouc émissaire que chercher à la résoudre.
Le souci de fidéliser au profit de l'UMP et de ses alliés l'électorat du Front national n'a pas échappé non plus à la plupart des commentateurs.
Pour le MRAP, l'identité d'un pays, la France ou un autre, à un moment déterminé de son histoire ou dans son évolution, peut être un sujet de recherches ou de débats pour les historiens, les géographes, les sociologues, mais pas un projet politique.
Elle est le fruit de l'histoire, d'influences multiples et n'est jamais figée dans le temps.
Ce ne peut être qu'un constat, sans aucune valeur normative.
Vouloir fixer des normes pour une « identité nationale » présente plusieurs dangers :
Chercher un modèle de société dans un passé plus ou moins lointain, qui de toute façon ne reviendra pas et dans lequel peu de gens voudraient effectivement vivre est complétement illusoire.
Définir une norme « identitaire », fondée sur une origine ou des racines, qu'elles soient « raciales », ethniques, religieuses, etc.. conduit immanquablement à exclure celles et ceux qui sont jugés moins conformes à cette norme.
Elle bloque enfin toute évolution d'une société, la nouveauté étant par essence ce qui n'est pas dans la norme, ce qui n'est pas conforme à « l'identité » du moment.
C'est pourquoi un tel débat, dans ses intentions et dans ses objectifs, n'est pas acceptable pour le MRAP.
La vie ensemble, l'exercice de la démocratie par le peuple souverain, doivent s'organiser non pas sur une origine commune plus ou moins mythique, mais sur un vouloir vivre ensemble, un projet citoyen commun.
Ce qui ronge notre pays, ce n'est pas un crise « identitaire », mais une crise de citoyenneté, un déficit de démocratie, de solidarité sociale.
Les causes en sont nombreuses, multiformes, elles s'interpénètrent et concernent à des degrés divers tous les habitants de notre pays.
Citons, de manière non exhaustive :
- la destruction de services publiques au nom de la libre concurrence
- la mondialisation libérale et le dumping social
- la crise de la démocratie représentative qui éloigne de plus en plus le citoyen des centres de décision.
Au lieu de se crisper sur une « identité » qui est forcément passée et dépassée, il faut réfléchir et agir pour définir des projets citoyens communs pour le monde de demain :
citoyen dans son quartier, sa commune, etc..
citoyen dans son entreprise
citoyen dans son pays
citoyen d'une Union européenne qui doit elle aussi définir un projet de société pour le bien de tous et non se replier sur des « racines »
citoyen pour un monde en paix, solidaire et responsable devant les générations futures.
Le MRAP, avec ses comités locaux, ses commissions, ses instances, souhaite donc engager en son sein un grand débat sur la construction des citoyennetés de demain.
Il invite les associations, syndicats, mouvements et partis qui partagent les mêmes valeurs à lancer à leur tour de tels débats dans leur domaine d'action.
De la convergence et la synthèse de toutes les propositions, nous ferons naître ensemble une alternative citoyenne et porteuse d'avenir aux projets mortifères du gouvernement.
Avec l’aimable autorisation de l’auteur.
Madame Fourest,
Ayant eu le loisir d’écouter un certain nombre de vos chroniques sur France Culture, je me résous à vous écrire ce courriel qui s’adresse également à la rédaction.
Avec la répétition de vos interventions presque systématiquement axées sur les cercles d’une cible : l’Islam, les musulmans, Tariq Ramadan, l’Iran, la satisfaction que j’ai pu avoir avec quelques billets bien envoyés a laissé place chez moi à l’agacement et même bien davantage.
Afin que personne ne se méprenne, je précise tout de suite mon orientation philosophique : athée, partisan sans réserve de la laïcité, hostile à l’intrusion du religieux dans les sphères d’où il avait été exclu dans un mouvement d’émancipation historique, partisan de la poursuite de la laïcisation (suppression du concordat en Alsace-Moselle…) et de son renouveau (les enfants des collèges sont près de chez moi ignorants du fait que l’athéisme existe et vit en France), je n’accepte le religieux que comme pratique ou croyance personnelle ne remettant pas en cause la liberté de chacun de croire ou de ne pas croire en son dieu, celui de ses parents, de sa communauté…
Cette précision indispensable étant apportée, je reviens à mon propos. Vos chroniques sont donc de manière récurrente tournées vers les destinataires cités quelques lignes plus haut. Ce caractère répétitif et unilatéral a rendu l’écoute du vendredi matin plus que désagréable : c’est un véritable malaise que l’on ressent maintenant à vous entendre, sachant avant que vous parliez qui va être votre tête de Turc. L’image n’est pas exagérée : l’objet de votre litanie est généralement oriental et musulman. C’est inquiétant. Vous ne vous donnez presque plus le mal de viser ailleurs.
Et tout d’abord une question directe : vous prétendriez-vous universaliste ? Comment, dans ce cas, expliquer qu’un seul pays, probablement le plus menacé d’invasion sur la planète, retient sans cesse vos critiques ? Est-il plus archaïque et oppressif que l’Arabie Saoudite, dont je ne vous ai jamais entendu parler ?
Pour ce qui est de Tariq Ramadan, autre sujet dont vous vous repaissez sans jamais être rassasiée, j’aurais deux précisions à vous apporter, dont une personnelle :
un de mes amis, vivant au Burkina Faso, issu de la gauche laïque, s’est rendu à l’une des réunions africaines organisées par Ramadan. Il n’a pas entendu ce que vous cherchez sans cesse à montrer en nous expliquant que ce Monsieur avance masqué. Bien au contraire, il a entendu un discours progressiste ne portant pas en premier lieu sur la pratique religieuse mais sur le progrès social.
Ces précisions sont gênantes, n’est-ce pas ? La plus vieille organisation des droits de l’homme en France et une organisation juive progressiste anticoloniale (pléonasme). Quelle intention claire peut-on avoir lorsqu’on s’appuie ainsi sur des informations aussi grossièrement triturées ? Sûrement pas celle d’éclairer la lanterne des citoyens. Avez-vous été choquée à l’époque par la manœuvre ?
Que dirait-on si vous ne parliez que d’Israël et des juifs en les chargeant, dans une chronique sensée embrasser des problématiques de la société dans son ensemble ? Pourriez-vous vous maintenir à cette tribune matinale ? Des voix ne s’élèveraient-elles pas, avec raison, pour dénoncer le parti pris, voire l’antisémitisme de vos propos ? Antisémitisme dans un cas, racisme anti-musulman dans l’autre, c’est sans doute aussi simple que cela et ma voix s’élève contre votre acharnement douteux.
Il est aisé de constater que la tendance dans laquelle vous semblez vous inscrire est celle de l’impérialiste occidental, à l’opposé de l’universalisme puisqu’il nie l’autre, le musulman, comme était nié l’autre, le juif. C’est bien commode à toute époque, le bouc émissaire, n’est-ce pas ?
Où est donc votre courage intellectuel ?
Philippe Le Clerre, militant antiraciste
Sans manger et sans dormir durant 48 h, dans une cellule du commissariat de Nancy.
NANCY.- Le tribunal correctionnel de Nancy a jugé, hier, qu’une garde à vue de 48 h s’étant déroulée dans une cellule du commissariat du boulevard Lobau, à Nancy, présentait «des conditions de détention contraires à la dignité humaine ».
Le tribunal examinait une affaire d’abus de biens sociaux. L’ex-dirigeant d’une petite société immobilière du Lunévillois comparaissait pour avoir détourné quelques milliers d’euros des comptes de son ancienne entreprise, entre2004 et mai 2006.
Mais, dès le début de l’audience, son Avocate, Me Echer-Barthélémy, du barreau de Thionville; a invoqué une nullité de la procédure. Demandant au au tribunal de rejeter l’ensemble de l’affaire. Motif : les conditions dans lesquelles s’est déroulée la garde à vue initiale de son client.
Me Echer-Barthélémy a rapporté que l’ex-patron a été placé dans une cellule nauséabonde du commissariat du boulevard Lobau, à Nancy, et n’a reçu ni eau, ni nourriture, durant les 48 h qu’il a passées dans cet endroit. Il n’a pas, non plus, eu la possibilité de dormir, a poursuivi l’avocate. La couchette de sa cellule était occupée par un autre gardé à vue.
Me Écher-Barthélémy a également assuré qu’au moment de la prolongation de garde à vue, les policiers en charge de l’affaire ont omis de préciser à son client son droit à être assisté d’un avocat.
Le tribunal, après délibéré, a donné raison à l’avocate. Déclarant la garde à vue illégale, et annulant purement et simplement tous les actes d’enquête effectués par la suite. Le dossier comportait plusieurs volumes !
A l’annonce du jugement, l’ex-patron, âgé de 38 ans, s’est effondré en larmes. Aucune charge n’est plus retenue contre lui.
Est Républicain 10 septembre 2009
Pour comprendre :
Qui sont les migrants ?
Pourquoi et comment on émigre en France, en Europe ?
Les conséquences économiques, sociales, de la régularisation des « sans papiers ».
Pour défendre : les droits des immigrés.
Pour combattre les mesures et pratiques répressives des pouvoirs publics.
venez assister
Intervenant : Vincent FERRY, chercheur au GREE(Groupe de Recherche sur l'Education et l'Emploi , Université Nancy 2)
Organisée par le MRAP Nancy(Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples)
La cour d’appel de Nancy a libéré une Sierra-Léonaise placée en rétention administrative au commissariat dans une cellule de garde à vue au motif que ces locaux étaient “non conformes”, a-t-on appris jeudi auprès d’une avocate et de la Ligue des droits de l’Homme (LdH).
La jeune femme, âgée de 28 ans, “dormait sur une couche en béton, elle était enfermée dans une geôle, elle n’avait pas libre accès aux douches et aux WC, - elle devait taper à la porte de sa cellule -, et pas de téléphone”, a déclaré son avocate nancéienne, Me Brigitte Jeannot.
En outre, le commissariat de Nancy ne disposait pas d’un local réservé aux rencontres avec la famille et aux entretiens consulaires, qui devaient se dérouler en présence d’un gardien de la paix, au mépris de toute confidentialité et de la loi, a-t-elle déclaré.
La Ligue des droits de l’Homme de Nancy s’est félicitée dans un communiqué qu’il ne puisse plus y avoir dorénavant de “rétention administrative à Nancy tant que des locaux ne seront pas créés pour recevoir des personnes dans des conditions de dignité et d’humanité”.
Le 2 mai, la jeune Sierra-léonaise avait été remise en liberté pour vice de procédure après 41 heures de rétention administrative passées au commissariat de police de Nancy.
La préfecture avait fait appel, mais la cour d’appel a confirmé la décision en jugeant la rétention nulle, car les cellules de garde étaient des “locaux non conformes au Code des Etrangers”, indique l’association.
Selon l’avocate, des cas similaires ont déjà été sanctionnés à Douai, Bastia et Caen.
Alors qu’il existe seulement une trentaine de centres de rétention en France (notamment à Metz et Strasbourg), où les conditions de rétention sont “relativement confortables”, les préfectures ont mis en place dans les autres départements des “locaux de rétention” souvent non conformes au Code des étrangers.
Ainsi à Toul, les geôles du commissariat sont toutes équipées de caméras, qui rendent le séjour particulièrement difficile à des femmes kurdes se sentant surveillées jour et nuit par des gardiens de la paix, selon l’avocate.
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