Dimanche 3 octobre 2010
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Régulièrement, les organisations soi-disant laïques mais réellement islamophobes qualifient de fatwa toute déclaration de ceux qui condamnent leurs attitudes,
actions et déclarations.
Par exemple ce communiqué du CFCM à propos d'un débat organisé par « La droite libre » et Riposte laïque » :
Aussi, le CFCM s’étonne qu’un débat organisé par des personnalités connues pour leurs prises de position outrancières et caricaturales à l’égard
de l’Islam et des musulmans puisse se tenir dans un lieu hautement symbolique, garant de l’égalité et de la fraternité entre les citoyens.
Le CFCM dénonce avec force l’amalgame inacceptable qui découle de cette association malheureuse et scandaleuse entre la religion musulmane et le
débat sur l’immigration.
Le CFCM formule le souhait que le Président de l’Assemblée Nationale, M. Bernard ACCOYER, annule la tenue de cette rencontre qui risque de
donner lieu à des dérapages de la part de certains intervenants.
Communiqué on ne peut plus courtois et pacifique, même si le CFCM est tombé dans le piège : le thème officiel du débat était immigration et – officiellement-
islamisme, que les organisateurs assimilent à l'islam.
Parler de fatwa à cette occasion est un contresens volontaire :
Le mot est passé dans le langage courant à l'occasion de la fatwa prononcée par l'ayatollah Khomeyni en février 1989 à l'encontre de Salman Rushdie, auteur des
« Versets sataniques ».
Une fatwa est en réalité un avis juridique (ou théologique) énoncé par une personnalité jugée qualifiée en la matière. Ce n'est pas obligatoirement une
condamnation. Le même ayatollah Khomeiny a, en 1980, donné, par fatwa, un avis favorable à la contraception.
Au cas particulier, tout-e-s les militant-e-s des droits des femmes devraient louer cette fatwa, tout autant qu'ils-elles condamnent la circulaire (= encyclique)
papale « Humanae vitae ».
Quand le procureur général près la Cour de cassation, M. Nadal, estime nécessaire de nommer un juge d'instruction pour traiter le dossier Woerth-Bettencourt, il
prononce, au sens strict du terme, une fatwa.
La fatwa de condamnation de Salman Rushdie était particulièrement grave non pas parce qu'elle désapprouvait le contenu du livre, ce qui est le droit de tout un
chacun, mais parce qu'elle jugeait que l'auteur méritait la mort, jugement qui émanait du premier personnage d'un État, État dont le gouvernement mettait un « contrat » sur la tête de
l'auteur, qui pouvait donc craindre pour sa vie.
Le terme est donc passé dans la langue française avec un contexte particulièrement odieux.
Admettons que les gens mal informés croient que fatwa signifie en arabe ou en persan « condamnation à mort » ou « condamnation tout
court ».
Mais là où les islamophobes sont intellectuellement malhonnêtes, c'est quand ils qualifient de fatwa tout désaccord avec leurs positions, comme s'il s'agissait
d'une condamnation à mort à leur encontre. Malhonnêteté aggravée par l'expression « lancer une fatwa », comme on lance un javelot
Symétriquement, il faut alors admettre que « Riposte laïque », par exemple, lance dans chaque numéro des fatwas contre tous ceux, à gauche et à droite, ne
partagent pas ses opinions. Même Jean-Marie Le Pen a eu la sienne !!
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