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Le blog du vieux singe

Festival Nyasanpo. Le MRAP des Landes hurle avec les loups

3 Juin 2017 , Rédigé par Michel Servet Publié dans #MRAP

Un article du Monde résume assez bien la situation et présente les arguments "pour" et "contre" les choix opérés par les organisateurs :

 

Il rappelle aussi, et c'est important,

la chronologie des indignations :

Le 25 mai, le site d’extrême droite Fdesouche a lancé la polémique sur Twitter, rapidement relayé par Wallerand de Saint-Just, président du groupe Front national au conseil régional d’Ile-de-France, qui a fustigé un festival « interdit aux Blancs ». La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) et SOS-Racisme ont également réagi, suivi d’Anne Hidalgo, maire socialiste de Paris, qui a menacé d’interdire l’événement.

Si la polémique témoigne d’une réelle tension sur le sujet, la « non-mixité » est pourtant un mode de militantisme qui n’a rien de neuf.

et d'autres exemples de non-mixité :

Mais si la non-mixité est critiquée, elle est aussi mieux acceptée qu’auparavant, y compris par les pouvoirs publics. La Maison des femmes de Paris, ou celle de Montreuil (Seine-Saint-Denis), sont ainsi des lieux financés par l’argent public et exclusivement réservés aux femmes.

 

Frantz Durupt, dans Libération, fait la même analyse :

C'est le dernier acte d'une polémique lancée par l'extrême droite et relayée par la Licra.

(..)

Le problème, c’est qu’Anne Hidalgo a cru que l’intégralité du festival se déroulerait dans les locaux de la Générale. Or, les ateliers organisés en non-mixité se tiendront dans un lieu privé, explique le collectif Mwasi. La mairie de Paris ne devrait donc avoir aucun droit de regard dessus.

(..)

Par ailleurs, la mairie finance déjà au moins un lieu non-mixte : une maison des femmes, située dans le XIe arrondissement, qui sert notamment à organiser des groupes de paroles et des actions contre les violences masculines, a souligné sur Twitter l’association féministe et LGBT les Effronté-e-s. Mais pour la mairie de Paris, les deux cas ne sont pas comparables, la maison des femmes étant une «association». Elle est également partenaire, souligne le collectif Mwasi, d’un festival du film lesbien et féministe dont l’accès est réservé aux personnes s’identifiant en tant que femmes.

(..)

La Licra affirme avoir été informée dès jeudi, au soir, de l’existence du festival, par plusieurs de ses militants. Mais de fait, dès l’après-midi du même jour, c’est l’extrême droite qui la première a lancé le sujet, via ses canaux habituels, et notamment le site Fdesouche :

C'est sur la page Facebook du MRAP 40 :

Contre un festival discriminatoire et raciste

Dans nos quartiers populaires qui subissent le relégation sociale et l’exclusion, des forces vives s’organisent dans des associations sportives et culturelles pour tisser les liens sociaux. Ils se prénomment Thomas ou Mohamed, Muriel ou Aminata, Ramon ou Lucas, peu importe leur couleur de peau, leur religion ou non religion, peu importe qu’ils soient nés ici ou ailleurs, ils vivent la même relégation et s’unissent dans un même élan citoyen contre la fracture territoriale et sociale dans un environnement politique où l’extrême-droite raciste et identitaire menace la paix civile.

C’est dans ce contexte que des antiracistes dévoyés qui ne sont donc plus des antiracistes, jouent les supplétifs de l’extrême-droite identitaire en voulant organiser à Paris, un festival « afroféministe NYANSAPO » dont le programme comporte cette séquence :
« Espace non mixte personnes noires : Réflexions autour de la communauté noire, et les luttes afros »

Imaginons les identitaires d’extrême-droite organisant « un espace non mixte personnes blanches : réflexions autour de la communauté blanche, et les luttes des blancs ».

Le tollé serait unanime et les plaintes en justice suivraient le festival raciste.

Les groupuscules communautaristes identitaires qui organisent ce festival racistes n’ont rien à voir avec les acteurs de quartiers évoqués plus haut/ Leurs provocations racistes ont une vocation essentiellement médiatique qui leur ouvre l’accès aux plateaux télés tandis que les acteurs de terrain, évoqués plus haut ; ceux qui construisent la citoyenneté, en sont exclus.

Le MRAP des Landes partage l’analyse de SOS-Racisme concernant ce festival scandaleux.
http://sos-racisme.org/…/sos-racisme-condamne-la-tenue-dun…/

Anne Higaldo a raison de s’opposer à la tenue de ce festival racial dans sa ville. Si des radicaux communautarises entendaient dans les Landes organiser des réunions interdites aux juifs, aux arabes au noirs ou aux blancs nous en demanderions l’interdiction.

Le hic, c'est que Anne Hidalgo a dû faire un rétropédalage en faisant semblant d'avoir réussi à imposer ce qui était prévu dès le départ par les organisateurs du Festival :

- le festival, dans des locaux publics, est ouvert à tous

- des ateliers sont réservés aux femmes noires, dans des locaux privés.

L'autre hic, et il est plus grave, c'est qu'à force de vouloir récuser l'action autonome des personnes victimes de racisme, on finit par noyer le racisme dans un système de discriminations plus vastes et fondé sur d'autres critères, sociaux, géographiques etc..

peu importe leur couleur de peau, leur religion ou non religion, peu importe qu’ils soient nés ici ou ailleurs, ils vivent la même relégation et s’unissent dans un même élan citoyen contre la fracture territoriale et sociale

Et il suffirait de tisser du lien social pour y mettre fin !!

Et dans ce cas, à quoi sert une organisation dédiée spécifiquement à la lutte contre le racisme ? Il y a des dizaines d'associations qui créent du lien social, et il suffit alors de les rejoindre.

Et affirmer que le choix des organisatrices du festival exclut

les acteurs de terrain, évoqués plus haut ; ceux qui construisent la citoyenneté,

et non pas "des acteurs" permet d'instiller l'idée que seuls les personnes non victimes de discriminations sont légitimes à lutter contre le racisme, puisqu'une femme noire ne peut en faire partie.

Des associations qui luttent pour un antiracisme politique ont de leur côté soutenu la légitimité d'une telle organisation.

 

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