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Le blog du vieux singe

Libération d'Auschwitz : à dire et ne pas dire.

26 Janvier 2015 , Rédigé par Michel Servet Publié dans #Racisme, #Histoire, #Antisémitisme et négationnisme

La manière de présenter les crimes nazis a souvent balancé entre deux tendances :

- mettre l'accent sur le génocides des Juifs par les nazis, au risque de négliger les autres victimes;

- dénoncer de manière globale l'ensemble des crimes nazis, au risque d'oublier la spécificité au sein de ces crimes, du génocide des Juifs. Il y a aussi un risque grave : les confusions, imprécisions, généralisations sont systématiquement exploitées par les négationnistes pour nier le génocide.

Concernant ce dernier, la même problématique se pose concernant les comparaisons avec d'autres génocides.

Un article de "Mémorial 98" évoque ces jours-ci les différentes manières d'analyser ces évènements.

Il y a donc une série d'erreurs à ne pas commettre :

Par exemple, il ne faut pas confondre camps de concentration et camps d'extermination, avec un cas particulier pour Auschwitz (3 camps).

Il faut bien distinguer les déportés raciaux (ou par mesures d'eugénisme), condamnés à une mort rapide, des déportés politiques, condamnés au travail forcé dans des conditions très dures. les premiers avaient une "espérance de vie" de quelques jours, les autres de quelques mois, voire plus.

Par exemple, en France, 76 000 Juifs ont été déportés, et seuls 2 500 en sont revenus. Il y eut 86 000 déportés "de répression", et 60 % sont revenus.

Au niveau européen, on compte 5 100 000 victimes juives, 250 000 victimes tsiganes et environ 600 000 déportés "politiques"

Bien sûr, si la guerre avait duré plus longtemps ou si le nazisme avait triomphé, il y aurait eu encore plus de déportés raciaux, presque tous exterminés à leur arrivée au camp, et les déportés politiques auraient été plus nombreux et beaucoup moins auraient survécu.

Il faut aussi savoir que le projet eugéniste a été contrarié par les protestations des responsables religieux. Ce qui prouve que les protestations sont utiles, et l'absence de protestation criminelle.

Alors, quand on écrit :

La libération d’Auschwitz, puis des autres camps de concentration, révélait au monde entier les indicibles souffrances endurées par dix millions d’enfants, de femmes, d’hommes, que le régime nazi, ses sbires de la Gestapo et leurs complices, avaient recensés, pourchassés, arrêtés, raflés, marqués, dépouillés de tous leurs biens, d’abord en Allemagne puis dans tous les pays de l’Europe occupée.

Juifs, Tsiganes, Francs-maçons, handicapés, malades mentaux, syndicalistes, militants politiques opposés au régime, communistes, socialistes, chrétiens, protestants, catholiques, témoins de Jéhovah, homosexuels, tous ont été livrés à l’esclavage et à la mort, broyés par la gigantesque machine à exploiter et à exterminer, mise au point par Hitler et le pouvoir nazi. Ce furent 203 camps au service d'une entreprise d'extermination scientifiquement organisée.

Cela revient à accumuler les généralisations et les erreurs qui nuisent à l'intention du texte:

Confusion entre les deux types de camps, additions de catégories traitées différemment par les nazis : extermination systématique, travail forcé.

Le premier camp libéré a été celui de Lublin-Maïdanek (28 septembre 1944).

Il ne faut pas non plus mettre sur le même plan les Témoins de Jéhovah, emprisonnés ou déportés (pas systématiquement) à cause de leur religion, avec les fidèles chrétiens, déportés à cause de leurs actes de résistance.

Si catholiques et protestants avaient été déportés dans les mêmes proportions que les témoins de Jéhovah (10 000 déportés, dont 1 200 morts sur 25 000 TJ allemands), cela aurait fait beaucoup plus de monde dans les camps.

Le chiffre de 10 millions est quant à lui obtenu ainsi :

Il oublie notamment toutes les victimes civiles des privations et exactions imposées dans les territoires de l'Est occupés : soviétiques, polonais.

Dommage qu'il y ait tant d'erreurs, et que ce soit le MRAP qui les commette.

Et dommage également qu'il n'y ait pas d'hommage à tous ceux qui sont morts pour stopper la machine nazie, notamment les libérateurs soviétiques d'Auschwitz.

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