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Le blog du vieux singe

Déformation des textes ou débats d'idées ?

21 Décembre 2014 , Rédigé par Michel Servet Publié dans #MRAP

Débat politique, ou déformation partiale des textes ?
Je ne suis pas un défenseur inconditionnel des “Indigènes de la République”, ni de leur thèses. Un sociologue reconnu : Saïd Bouamama, a fait un bout de chemin avec eux.

J'avais lu sur la toile en 2009 ce texte le concernant. Il n'est plus en ligne sur le site d'origine, qui est régulièrement épuré des propos devenus inopportuns, mais au moins un site islamophobe -  Libertyvox - l'a publié :


Saïd Bouamama : un incendiaire des esprits

" les jeunes issus de l’immigration reconnaissait dans l’oppression palestinienne quelque chose qui ressemblait à l’oppression qu’il vivaient ici.. la matière dont on traite les palestinien la manière dont on parle des palestiniens les mots qui sont utilisés.. ces mots là ressemblent étrangement à ce que nous vivons….. vous savez lorsque des jeunes prennent le Keffieh nous avons là de quoi construire un véritable rapport de force dans ce pays "

Cet habillage idéologique des évènements des banlieues incite implicitement les jeunes des quartiers populaires à résister à la république «néo-coloniale » et à mener une intifada contre la république, comme d’autres jeunes, au proche-orient résistent aux colons israéliens

Ce sont des théories incendiaires incompatibles (…) .


http://www.dailymotion.com/relevance/search/bouamama/video/x6d6pm_resistance-enpalestine

Les gens pressés qui lisent ce texte incendiaire, et qui ne prennent pas la peine de cliquer sur le lien et d’écouter tout l’entretien, en concluent que ce Bouamama est vraiment un sale type et un pousse-au-crime.

J'ai pris l'habitude de systématiquement revérifier la véracité des messages provenant de certaines sources.

J’ai donc écouté l’intégralité de l’interview, et voilà le résultat :

La fameuse vidéo preuve des propos “incendiaires” de Saïd Boumama ne prouve rien :
Le sujet de l’entretien est le soutien à la cause palestinienne, notamment en France, pas une analyse des émeutes urbaines.
Sur cette video de 12 mn, une minute environ est consacrée au mouvement de soutien à la Palestine dans les quartiers populaires, je mets en rouge les membres de phrase éliminés de ces extraits mal choisis et je souligne ce qui me semble important :



" Les jeunes des quartiers populaires sont descendus dans la rue au moment de la seconde intifada (..) des milliers, des dizaines de milliers de personnes défilaient les jeunes issus de l’immigration reconnaissait dans l’oppression palestinienne quelque chose qui ressemblait à l’oppression qu’il vivaient ici. Bien sûr pas avec la même ampleur, bien sûr pas avec la même souffrance. la manière dont on traite les palestiniens la manière dont on parle des palestiniens les mots qui sont utilisés pour dévaloriser leurs revendications. ces mots là ressemblent étrangement à ce que nous vivons….. vous savez lorsque des jeunes prennent le Keffieh nous avons là de quoi construire un véritable rapport de force dans ce pays"

Il ne s’agit donc pas d’une analyse des émeutes urbaines, mais d’une analyse (avec une prospective) des forces et faiblesses du mouvement de soutien à la Palestine. Le rapport de forces dont il est question est un rapport de forces politique, pas insurrectionnel !!
On en pense ce qu’on en veut, mais ce n’est pas une justification des violences urbaines.

Quand j’étais jeune et lycéen chez les curés, j’ai eu un professeur (un prêtre) qui nous avait expliqué qu’on peut tout faire dire à un texte. Par exemple, disait-il, je peux prouver que la Bible dit que Dieu n’existe pas. Il suffit que je trouve un texte où il est écrit :”L’impie dit : Dieu n’existe pas” et que je fasse sauter le début de la phrase.

Dernière remarque : pourquoi cette republication, après modifications de forme, d'un texte de 2009 ? Parce qu'il y a eu récidive !!

La publication sur le site d'origine le 26 août 2009. N'est plus en ligne.

La publication sur le site d'origine le 26 août 2009. N'est plus en ligne.

Le texte complet de Saïd Bouamama

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