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Religions

Mercredi 15 août 2007 3 15 /08 /Août /2007 22:47

Les lieux d’apparition supposée de la Vierge connaissent un regain d’intérêt
LE MONDE | 14.08.07

© Le Monde.fr

Petite chronique non conformiste, mais je tiens tout de suite à préciser que mes sources sont tout à fait canoniques, provenant exclusivement de membres du clergé catholique “dans la ligne”.

Nous avons eu en Lorraine des “apparitions-pirates”, non labellisées. A Bouxières-aux-Dames, en 1938, une femme affirma avoir vu la Vierge en allant chercher du bois dans une ancienne galerie de mine abandonnée.

Le curé, l’abbé Césard, marcha à fond, et le culte de “Notre-Dame du pauvre petit tunnel” démarra très fort. Elle prédit même en 1939 que la guerre allait bientôt arriver, ce que tout le monde pouvait faire, mais en donnant une date, mars 1939, je crois.

Rien ne se passa le jour dit, alors le curé retomba superbement sur ses pattes en disant une messe d’action de grâces pour “remercier la Vierge d’avoir retenu le bras de son fils et épargné ce fléau à la France”. Pas pour longtemps.

Dans les années 1960, l’abbé Césard rencontra un confrère, Michel Collin et le suivit.

Jeune séminariste, ce dernier avait expliqué au supérieur du séminaire que la Sainte Vierge lui était apparue.

“Et que vous a-t-elle dit, mon fils ?

 - Que ma place n’était pas au séminaire, père supérieur.

- Ah, si elle le dit, on ne peut pas aller contre. Il est 9 heures, il y a un train à 10 H 30, vous le prenez et quittez le séminaire !!”

Un fois éjecté du séminaire, il se rendit compte qu’il avait fait une bêtise, et chercha à entrer dans un autre. Mais comme on demandait des renseignements là d’où il venait, toutes les portes se fermèrent devant lui, jusqu’à ce qu’un ordre monastique l’accepte.

Comme me le raconta ce prêtre, très pince-sans-rire :

“Vous comprenez, c’était un ordre qui avait des problèmes de recrutement, et un moine qui pète un cable dans un monastère, cela peut se gérer, pas comme un curé de paroisse à 50 km de son évêque.”

Pendant son temps de séminaire, il se tint tranquille, et plus tard, il quitta cet ordre accueillant et imprudent.

C’était un partisan du “Grand Prétendant, seul héritier légitime du trône de France”,  descendant de Jean 1er le posthume ou Louis XVII échappé du Temple, je ne sais plus, qui doit évincer les Orléans, les Bourbon-Anjou, etc..

Le plus consternant est qu’il réussit presque à convaincre un évêque français pendant l’occupation (en zone Sud), qui faillit accueillir dans sa cathédrale ce “Grand Prétendant” sur son cheval blanc.

Les liens ci-dessous vous donneront plus de renseignements sur le “pape de Clémery”.

Deux anecdotes :

1. En mai 1968, il passait devant les usines occupées, soutane blanche et limousine blanche, pour bénir les grévistes goguenards.

2. Il avait des fidèles, qui venaient de loin (Canada, Benelux), qu’il fallait bien loger et nourrir. Le Direction Générale des Impôts, peu sensible aux choses spirituelles, estima qu’il y avait là un hôtel-restaurant non déclaré, et agit en conséquence.

Tous les fonctionnaires ayant traité le dossier furent excommuniés.

http://www.clemery.com/vatican.html

http://www.gerard-collin.com/clement%20xv/histoire%20resumee.htm

http://www.quid.fr/2007/Religions/Autres_Communautes_Et_Associations_D_Inspiration_

Par Michel Servet - Publié dans : Religions
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Vendredi 10 août 2007 5 10 /08 /Août /2007 22:58

C’est le temps des hommages. Ce fut certes une personnalité exceptionnelle, mais il ne faut pas cacher son “coté obscur”.

L’adieu à Jean-Marie Lustiger
LE MONDE | 06.08.07

© Le Monde.fr

et j’ai retenu cette phrase :

Fils de la République, il refuse pourtant, au nom du clergé victime de la Terreur, de s’associer, en 1989, à la commémoration du bicentenaire de la Révolution, comme à la “panthéonisation” de l’abbé Grégoire, prêtre constitutionnel. 

Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites !!

Henri Grégoire, curé d’Emberménil en Lorraine, puis évêque constitutionnel (”jureur”) de Blois, est certainement à mon avis un des acteurs les plus intéressants de la Révolution Française, et un des moins connus.

Artisan du ralliement du bas-clergé au Tiers-État lors des États-Généraux de 1789, militant de l’égalité civile des juifs et de l’abolition de l’esclavage, adversaire de la peine de mort, dénonciateur du “vandalisme” de certains révolutionnaires, militant de l’instruction publique, de la liberté de conscience, ses titres de gloire sont nombreux et un seul suffirait à en faire quelqu’un de remarquable.

Exposition du Conseil régional de Lorraine

L’hommage de la République en 1989 était donc tout à fait justifié. Mais son Éminence n’a pas souhaité s’y associer… et a donné des raisons assez spécieuses.

Passe encore pour la dénonciation des exactions révolutionnaires contre les prêtres qui avaint refusé de prêter le serment constitutionnel. La Constitution civile du clergé fut certes une erreur politique (Robespierre l’avait désapprouvée) et a entraîné une guerre civile pour des histoires de sacristies qui n’en valaient pas la peine. Mais de là à refuser de s’associer à l’hommage à Grégoire - qui n’était pas Hébert - tout en soulignant sa fidélité à l’Église, il fallait le faire !!

Mais le pire fut cette phrase : “PERSONNE ne peut douter que ce prêtre, cet évêque, n’appartienne d’abord à l’Eglise.” (entretien avec Henri Tincq dans “Le Monde” du 8 décembre 1989).

Décryptons : C’est à moi, comme chef, de dire, qui, dans ma tribu, mérite ou ne mérite pas d’être honoré, et de quelle manière.”

Bel exemple de communautarisme et de confessionnalisme !!

Pour la réfutation de ces propos, je renvoie à une tribune libre d’André Mandouze dans le même quotidien le 16 décembre 1989.

Et puisqu’un peu d’irrespect ne fait pas de mal, je renvoie au site de Golias :

http://www.golias.fr/spip.php?article1576

où on dit, entre autres choses, que c’était le Séguin de l’épiscopat..

Par Michel Servet - Publié dans : Religions
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Mercredi 11 juillet 2007 3 11 /07 /Juil /2007 12:51

André Chouraqui, traducteur et homme politique
LE MONDE | 11.07.07

© Le Monde.fr

Deux grimaces en marge de cet hommage : 

1. Henri Tincq cite un extrait de traduction du Coran par André Chouraqui. Un mauvais esprit serait tenté de dire “traduit en quelle langue ?”

“Au nom d’Allah, le matriciant, le matriciel, la désirance d’Allah, le rab de l’univers.”

Sourate 1, versets 1 et 2.

Qu’est-ce qu’un matriciant, un matriciel, un rab ?

Jacques Berque, quant à lui, s’était imposé de traduire en français, et de n’employer que les mots du”Robert”, dans les sens donnés par ce dictionnaire, à cinq exceptions près, dont il se justifie dans sa préface.

Et le résultat est le suivant :

Au nom de Dieu, le Tout miséricorde, le Miséricordieux

Louange à Dieu, Seigneur des univers

Le lecteur lambda comprend le sens sans avoir besoin de lire les notes, qui lui apprennent s’il le souhaite que la racine arabe à l’origine des mots traduits selon les auteurs par clément, miséricordieux, est la même que celle du mot matrice.

Ce qui explique le matriciant et matriciel !!!

De la même manière, le sermon sur la montagne du Nouveau Testament (les Béatitudes), traduit dans la Bible de Jérusalem par “Heureux les miséricordieux, car il leur sera fait miséricorde” (Mathieu 5, 7) devient chez Chouraqui (je cite de mémoire) “Heureux les matriciants, car il seront matriciés”.

C’est peut-être une belle performance linguisitique, un travail d’étymologiste, mais cela n’aidera pas le néophyte à comprendre le texte.

Cela me semble aussi relever d’une conception magique des mots. Le même sens, la même chose peut se dire dans deux langues différentes avec des mots qui ont des origines très différentes.

Kartoffeln, pommes de terres et potatoes ont des origines différentes, mais le même goût dans l’assiette.

S’agissant du nom de Dieu, il vaut mieux à mon sens insister sur le socle commun des religions abrahamiques, que de laisser croire que Allah est, de par son nom même, autre que le Dieu des Français et le Gott des Allemands.

2. André Chouraqui a beaucoup parlé de la réconciliation entre les religions, mais il ne faut pas oublier qu’il a été maire-adjoint de Jérusalem, notamment après l’annexion de 1967. En tant que tel, il a été un des acteurs de cette annexion illégale au regard du droit international, cela mérite d’être rappelé.

Par Michel Servet - Publié dans : Religions
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Mardi 6 février 2007 2 06 /02 /Fév /2007 19:54

http://cvuh.free.fr/articles/kaplan.pape.html

Le site semble très intéressant.

Peut-être bientôt dans mes favoris.

Par Michel Servet - Publié dans : Religions
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Samedi 16 septembre 2006 6 16 /09 /Sep /2006 20:16

Après l’affaire des caricatures danoises, les paroles du pape déclenchent des réactions vives, ce qui est admissible, et violentes, ce qui ne l’est pas, dans le monde musulman. Je joins en bas de note le texte incriminé, afin que chacun puisse juger.

Benoît XVI développe son point de vue sur les rapports entre foi et raison, et pourquoi pas? Je n’ai ni les compétences ni l’envie pour débattre de ce sujet, mais je crois qu’il a commis plusieurs erreurs majeures :

1. Avoir oublié qu’il était "le pape" et que ses propos auraient forcément un retentissement plus grand que ceux du simple professeur de théologie Ratzinger. Dans sa fonction, il doit réfléchir avant de parler, et penser que tout paragraphe d’un discours pourra être interprété isolément.

2. Avoir choisi pour illustrer les rapports entre foi et raison, non pas une des innombrables disputations christiano-chrétiennes, voire même catholico-catholiques sur ce sujet, ce qui n’aurait froissé personne, mais un débat entre un chrétien et un musulman, le premier présenté comme un champion de la foi raisonnée, et le second comme celui de la foi irrationnelle et brutale (mais on ne lui donne pas la parole !!). Le risque aurait été le même en prenant un exemple tiré d’un débat avec un juif ou un bouddhiste.

3. Ce choix est d’autant moins compréhensible que le christianisme a toujours été très pluriel sur ce sujet.  Mais peut-être que Joseph Ratzinger, adepte du centralisme romain, ne le sait pas ou ne veut pas le savoir.

4. Avoir une vision de l’islam - sur ce point particulier des rapports entre foi et raison- très réductrice, car le sujet est aussi débattu entre musulmans. Et de plus, il n’y a personne chez les musulmans qui prétende détenir le magistère universel, comme le pense l’Église catholique pour elle-même. Et de fait, on trouvera toutes les opinions, et aucune n’ayant de label officiel.

5. Alors, en opposant un christianisme fondé sur la raison (à ce propos, l’expression "credo quia absurdum" est bien une expression chrétienne, non ?) à un islam étranger à la raison, en l’agrémentant de commentaires sur le Jihad (et pourquoi pas les Croisades, car l ‘islam n’a pas le monopole des guerres au nom de la religion ?) et la nocivité de l’apport de Mahomet, il était inévitable que ce serait considéré comme une injure.

6. De plus, il y a deux aspects dans une religion, quelle qu’elle soit : d’une part la multiplicité des interprétations théologiques, et d’autre part la multiplicité des pratiques dans le temps et l’espace. Et il n’y a pas forcément de rapports entre elles. Et visiblement, Benoît XVI connaît très mal l’islam dans sa pluralité.

7. Enfin, tout débat théologique ne peut être compris qu’en fonction des conditions de son élaboration. Quelques années plus tard, des habitants ce qui reste de l ‘empire byzantin affirment, dans la haine du catholicisme: "Plutôt le turban ottoman que la mitre romaine !!" . Pour eux , la contradiction principale, comme disent les marxistes, n’était visiblement pas entre le christianisme rationnel et l’islam irrationnel !!

Il ne lui suffira pas de dire "Je suis désolé" mais il faudra dire "J’ai dit une c…., je la regrette, et vous demande de pardonner mon ignorance.." pour calmer le jeu.

Voici des extraits de la réflexion de Benoît XVI: trouvés sur le site du Monde :

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-813614@51-810140,0.html

Le dialogue porte sur l’ensemble des structures de la foi contenues dans la Bible et le Coran et insiste particulièrement sur l’image de Dieu et de l’homme, mais nécessairement aussi toujours de nouveau sur la relation entre – comme on disait alors – " les trois lois " ou les " trois ordres de vie "  : l’Ancien Testament, le Nouveau Testament, le Coran. Je n’ai pas l’intention de développer ce thème au cours de cette leçon ; je voudrai m’arrêter sur un seul point plutôt marginal dans la construction du dialogue dans son entier – qui dans le contexte du thème " foi et raison " m’a le plus fasciné et qui servira de départ à mes réflexions sur ce thème.

Dans la " septième controverse " (…) éditée par le professeur Khoury l’empereur aborde le thème du Djihad, de la guerre sainte. L’empereur savait certainement que dans la sourate II, 256 on peut lire  : " Aucune contrainte dans les choses de la foi ". C’est un texte de la période initiale, disent les experts, durant laquelle Mahomet était lui-même sans pouvoir et menacé. Mais naturellement, l’empereur connaissait aussi les dispositions développées plus tard et fixées dans le Coran concernant la guerre sainte. Sans s’arrêter sur les détails comme la différence de traitement entre les peuples du Livre [juifs et chrétiens] et les incroyants, il s’adresse à son interlocuteur d’une manière étonnement abrupte pour nous en lui posant la question centrale du rapport entre religion et violence. Il lui dit  : " Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau. Tu ne trouveras que des choses mauvaises et inhumaines, comme le droit de défendre par l’épée la foi qu’il prêchait. "  L’empereur expose ensuite minutieusement les raisons pour lesquelles il est absurde de diffuser la foi par la violence. Une telle violence est contraire à la nature de Dieu et à la nature de l’âme. " Dieu n’aime pas le sang- dit-il-, ne pas agir selon la raison (…) est contraire à la nature de Dieu. La foi est le fruit de l’âme et non du corps. Celui qui veut conduire quelqu’un vers la foi, doit être capable de bien parler et de raisonner correctement et non d’user de la violence et de la menace… Pour convaincre une âme raisonnable on n’a besoin ni bras, ni d’armes, ni non plus d’un quelconque moyen par lequel on peut menacer quelqu’un de mort…. ".

La phrase décisive dans cette argumentation contre la conversion forcée est la suivante  : agir de manière déraisonnable est contraire à la nature de Dieu. L’éditeur Théodore Khoury, commente  : pour l’empereur, un Byzantin éduqué dans la philosophie grecque, cette phrase est évidente. En revanche pour la doctrine musulmane, Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n’est liée à aucune catégorie, pas même celle de la raison. Dans ce contexte, Khoury cite l’œuvre du célèbre islamologue français Roger Arnaldez qui relève que Ibn Hazm va jusqu’à déclarer que Dieu ne serait pas même engagé par sa propre parole et que rien ne l’obligerait à nous révéler la vérité. Si telle était sa volonté l’homme devrait pratiquer l’idolâtrie. C’est ici que s’ouvre, dans la compréhension de Dieu et donc dans la réalisation concrète de la religion, un dilemme qui nous interpelle très directement. La conviction qu’agir contre la raison est contraire à la nature de Dieu est-elle seulement une pensée grecque ou est-elle valable en soi et toujours. Je pense que sur ce point se manifeste la profonde concordance entre ce qui est grec dans le meilleur sens du terme et ce qui est foi en Dieu fondée sur la Bible. Modifiant le premier verset du Livre de la Genèse, le premier verset des Ecritures Saintes, Jean commence le prologue de son Evangile par ces mots  : Au commencement était le verbe, était le verbe (logos). C’est précisément les mots qu’emploient l’empereur, Dieu agit (synlogô), avec le logos. Logos signifie à la fois raison et verbe – une raison qui est créatrice et peut se communiquer mais justement, comme raison. Jean nous donne ainsi le dernier mot sur le concept biblique de Dieu. Le mot dans lequel toutes les voies souvent pénibles et tortueuses de la foi biblique rejoignent leur but, trouvent leur synthèse. Au commencement était le logos, et le logos est Dieu. La rencontre entre le message biblique et la pensée grecque n’était pas un simple hasard. La vision de Saint Paul devant qui s’étaient fermées les voies de l’Asie et qui vit en songe un Macédonien et entendit sa supplique  :  " Passe en Macédoine, viens à notre secours !"- (Ac 16,6-10) - cette vision peut être interprétée comme un condensé de la nécessité intrinsèque qui unit la foi biblique et le questionnement grec.

Par Michel Servet - Publié dans : Religions
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Lundi 31 juillet 2006 1 31 /07 /Juil /2006 20:39
Pendant très longtemps, le texte de la Bible a été considéré comme incontestable, notamment dans les sociétés chrétiennes, et ce pour plusieurs raisons.

Dans des sociétés religieuses, la remise en cause pouvait conduire au bûcher, et cette perspective est un excellent antidote à l’esprit critique.

Fort peu de gens l’avaient lue, parce que peu savaient lire, et les autres ne connaissaient qu’un aperçu synthétique, l’”histoire sainte”.

La critique n’avait que peu de points d’appuis, seuls les lecteurs avertis du texte complet pouvaient déceler des contradictions et des incohérences.

Tout changea avec la généralisation de la lecture de la Bible par les Églises réformées, le retour au texte d’origine- hébreu ou grec, les découvertes astronomiques, archéologiques, paléontologiques.

Le développement de l’esprit scientifique fit que l’on osa analyser la Bible comme on analyse Homère ou Tite-Live.

Les biblistes découvrirent que le texte avait plusieurs auteurs, de styles très différents, que certains livres avaient été remaniés, qu’ils ne pouvaient pas avoir été écrit par leurs auteurs présumés à la date communément admise.

Le premier livre à être contesté fut celui de la “Genèse”. Le monde (univers, système solaire, Terre, vie terrestre, espèce humaine, civilisations) avait bien plus de 6 000 ans, et il ne s’était pas fait en 6 jours. Le “déluge universel” n’avait pas eu lieu, ce n’était de de très grandes inondations locales.

Ensuite, certains phénomènes merveilleux furent remis en cause. Comment Josué pouvait-il arrêter le soleil, puisque c’est la Terre qui tourne sur elle-même et autour du soleil ?

On ne connaissait l’histoire de cette région que par la Bible et ce qu’en avait dit les auteurs grecs. Grâce à Champollion et d’autres, l’Égypte, l’Assyrie, Babylone et d’autres se mirent à parler. Et ils ne disaient pas la même chose que la Bible !! Et les textes étaient contemporains des évènements cités, eux !!

Les résultats de fouilles archéologiques, notamment par les Israéliens, avides de découvrir des preuves irréfutables de la véracité de la Bible et partant de justifications historiques à leurs revendications territoriales, ne donnèrent pas les résultats escomptés.

En bref et je synthétise : l’histoire biblique des derniers rois de Juda et ultérieure “colle” a peu-près avec les textes des empires voisins et les découvertes généalogiques, mais avant !!

Sont remis en cause :

le séjour massif des Hébreux en Égypte et dans le Sinaï;

la conquête épique de Canaan par les troupes de Josué : il n’y eut pas de trompettes de Jéricho parce qu’il n’y avait pas de Jéricho dans le protectorat égyptien d’alors.

le royaume de David et Salomon est très contesté dans son étendue, son unité religieuse et m^me son existence, ce dont est sûr, c’est que c’est le royaume du Nord, Israël l’impie selon la Bible, qui comptait un siècle plus tard.

Finkelstein et Silberman sont deux archéologues israéliens, qui développent plus particulièrement de dernier point dans leur dernier ouvrage paru en France. Il faut le lire, c’est passionnant comme une enquête policière. En effet, archéologues et policiers doivent recueillir les indices et les faire parler.

A signaler, des mêmes auteurs :

La Bible dévoilée

Bayard 2002 400 pages 24

Le balayage historique est plus vaste que dans le dernier ouvrage, qui focalise sur une période.

et aussi,

Pierre Bordreuil et Françoise Briquet-Chatonnet.

Le temps de la Bible Fayard  2001 450 pages 150 FRF

  Les auteurs sont historiens et travaillent à l’Institut d’études sémitiques du Collège de France. Ce livre est à la fois un point sur la concordance (ou la divergence) entre le texte biblique et les sources archéologiques et épigraphiques et surtout une analyse de l’interprétation des faits que donne le texte biblique, au service d’une idéologie précise. Ils vont au-delà de la distinction des sources multiples pour monter que la réécriture au retour de l’exil n’est pas une simple compilation de textes contradictoires, mais un travail réfléchi. Après la Bible de Josias, au service de ses ambitions territoriales, celle d’Esdras crée le peuple sans roi mais serviteur de la Loi.

Conclusions de tout cela :

La Bible reste par son contenu, son message, son originalité, une des oeuvres majeures dans l’histoire de l’humanité.

Mais elle ne peut servir à justifier des revendications territoriales, et de toute façon, m^me si cela était vrai, Mohammed VI aurait encore plus de droits à revendiquer l’Espagne.

Et personne n’ose proposer un sionisme tsigane, avec colonisation du nord de l’Inde, ou afro-américain, en quelque sorte un “grand Liberia”.

Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman

Par Michel Servet - Publié dans : Religions
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Lundi 8 mai 2006 1 08 /05 /Mai /2006 19:35

Après l’avoir longtemps cherché sans le trouver, je l’ai trouvé sans le chercher : un CD des chansons de Parissa, chanteuse iranienne.

Et j’en profite pour raconter une scène qui nous avait profondément choqués, ma femme et moi. C’était le 16 novembre 1996, à l’Arsenal de Metz. Je précise pour les non Lorrains que c’est une salle de spectacle, magnifique à tous points de vue. Et c’est un Nancéien qui vous le dit …

Nuit des voix sacrées : trois chanteuses, les trois traditions issues d’Abraham : l’iranienne Parissa, la libanaise soeur Marie Keyrouz, l’israélienne Ora Sittner.  Et les trois furent magnifiques. L’ambiance était très oecuménique : la chrétienne vanta les talents de la juive, et tout le monde était à l’unisson.

Enfin, presque tout le monde. Nous vîmes arriver pile pour le début de la séquence chrétienne et partir pile à la fin, Monseigneur Pierre Raffin, évêque de Metz, accompagné d’un second couteau.

Il était juste à coté de nous, resta de marbre, n’applaudit pas. Est-ce un péché que d’aimer la musique, votre Éminence ? Est-ce un péché que d’écouter chanter musulmans et juifs ?

Par Michel Servet - Publié dans : Religions
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Dimanche 5 février 2006 7 05 /02 /Fév /2006 21:05
Fresque de la mosquée Manar e-Ali à Ispahan. Pour éviter le risque d’idolâtrie, le visage est masqué par un voile. Ce mode de représentation est courant dans le monde musulman.

Le personnage de droite, représenté complétement, est Ali, gendre et cousin de Mahomet, et premier iman des chiites.

Par Michel Servet - Publié dans : Religions
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