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Dimanche 15 octobre 2006 7 15 /10 /Oct /2006 21:59

Dans “Le Monde” du 13 octobre, à propos de la campagne de Nicolas Sarkozy :

La nation, ensuite. Pour le ministre de l’intérieur, c’est d’abord la France. “Accueillante, mais qui ne veut pas qu’on s’installe chez elle sans respecter ses lois, ses moeurs, ses traditions, ses valeurs.” “Elle ne peut pas accepter le communautarisme, précise-t-il encore, elle ne veut pas de ceux qui ne la respectent pas, elle ne veut pas de ceux qui ne l’aiment pas. La France ne reniera pas non plus deux mille ans de chrétienté, deux mille ans d’héritage de valeurs spirituelles et de valeurs de civilisation.” Le passage le plus applaudi de son discours.

Ces propos sont infâmes… Pour éviter toute polémique inutile, je précise que j’ai reçu une éducation catholique intensive, et que, même si je me suis beaucoup éloigné, je n’ai pas d’animosité particulière pour les cathos, que mes rapports avec le catholicisme institutionnel français sont rarement conflictuels. Même chose pour les autres confessions chrétiennes. Inutile donc de me mettre sur le dos une étiquette de bouffeur de curés, de suppôt de Mahomet, etc.. Et j’aime mon pays, comme Jean Ferrat, j’ai aussi “ma France”, différente (un  peu) de la sienne. Je préfère Henri Grégoire à Robespierre, par exemple…

Respecter ses lois: c’est une évidence, mais, même si le Décalogue a inspiré beaucoup de lois (ou divinisé les règles minimales du vivre ensemble : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas piquer la femme du voisin), il n’y a pas de rapport entre le christianisme et le fait de payer ses impôts, respecter le code de la route, celui du travail, etc..). Et heureusement, car sinon, tout mécréant ou hétérodoxe serait un délinquant en puissance.

Respecter les moeurs. Il y a des obligations légales, et pour le reste chacun fait comme il veut, tant que c’est légal et entre adultes consentants.

Respecter les traditions ? Pour un juriste, la tradition n’est que rarement source du droit. L’exemple le plus souvent donné est celui des corridas, et beaucoup contestent le respect de cette tradition-là. Les autres traditions peuvent être sympathiques, comme offrir du muguet le 1er mai, et je suis pour leur maintien. mais je ne peux pas obliger quelqu’un  à la suivre.

D’autres le sont beaucoup moins : le bizutage, par exemple.

Nous avons en France des traditions, souvent locales. Qu’on les aime, qu’on les fasse vivre. Mais qu’on n’oblige personne à aller à la fête du boudin !!

Ses valeurs ? Je prends un exemple. Beaucoup de gens dans les pays du Sud sont horrifiés par notre pratique de la ségrégation selon les âges, notamment envers les personnes âgées : hospices mouroirs, rupture entre les générations.

Nos valeurs sont-elles toujours les meilleures ?

Et si certains n’aiment pas la France, se demande-t-on pourquoi ? Quelle image en ont-ils ? Le portier de discothèque qui leur refuse l’entrée, le patron qui a jeté leur CV de Bac+6 à la poubelle, le policier qui leur a demandé 10 fois leur papiers en les appelant par leur prénom ?

Quant à tous les ….. qui ont applaudit le passage sur les 2000 ans de chrétienté, de valeurs spirituelles et de civilisation, qu’ils aillent en discuter avec leur voisin juif qui sait que le bon roi Saint Louis a brûlé ses ancêtres, avec leur voisin athée qui sait qu’il ne peut s’afficher comme tel que depuis deux siècles, etc..

Et qu’ils retournent à l’école, ne serait-ce que pour apprendre que si Jésus est né il y a environ 2 000 ans, le christianisme est plus récent en France : Saint Martin et l’évangélisation des campagnes, c’est trois siècles plus tard.

Va-t-on rétablir le christianisme comme religion d’État ?

Par Michel Servet - Publié dans : Laïcité
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Dimanche 8 octobre 2006 7 08 /10 /Oct /2006 22:00

Qu’y a-t-il de commun entre Emberménil en Lorraine, Fessenheim en Alsace, Champagney et Pontarlier en Franche-Comté ?

Réponse : la lutte pour l’abolition de l’esclavage.

Le 19 mars 1789, les habitants du petit village de Champagney lançaient le premier appel public en France pour l’abolition de l’esclavage. Henri Grégoire, curé d’Emberménil, député à la Convention nationale, fait voter le 4 février 1794 la première abolition de l’esclavage de l’histoire. Celui-ci sera rétabli par Napoléon et finalement aboli en France à l’initiative de Victor Schoelcher (Fessenheim). Après leur insurrection, les esclaves noirs de Saint-Domingue fondent la première république noire en Haïti. Vaincu, Toussaint Louverture, général et président, sera interné au fort de Joux (Pontarlier), où il mourut le 7 avril 1803.

La route des abolitions de l’esclavage et des droits de l’homme réunit ces quatre lieux de mémoire.

Par Michel Servet - Publié dans : Droits de l'homme
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Samedi 7 octobre 2006 6 07 /10 /Oct /2006 22:05

Pas pour le service "publicité" de l’"Est républicain", notre quotidien régional, qui a refusé cette insertion dans la rubrique nécrologique :

« Il y a 40 ans, le 11 septembre 1966, disparaissait à la fleur de l’âge, Fred Wolfsohn dit “ Volson”, des suites d’une mauvaise rencontre avec la barbarie nazie.
Ses fils, Patrick, Joël, Eric, sa sœur Paulette Slenzinski, et son ami de toujours, Marcel Chagnac vous demandent une pensée pour lui. »
Par Michel Servet - Publié dans : Antisémitisme et Cie
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Dimanche 1 octobre 2006 7 01 /10 /Oct /2006 22:20

Pétition de principe : il va de soi que les menaces de mort contre qui que ce soit sont inadmissibles, fut-il le dernier des s…

C’est à la justice de se prononcer s’il a enfreint la loi, point barre.

Maintenant, revenons à Robert Redeker. Ce Monsieur aime à se montrer, il écrit beaucoup, a son site web.

Il a publié une tribune libre dans "Le Figaro" qui a déclenché des vagues de protestations et les fameuses menaces de mort dont il serait l’objet. Un "collègue" à lui, Pierre Tevanian, a réagi à cette tribune et je partage son avis : http://oumma.com/spip.php?article2185 et http://oumma.com/spip.php?article2184.

J’aimerais ajouter  quelques observations :

Imaginons que l’on propose à un grand quotidien une tribune libre sur le gaullisme (pour ou contre) où il serait écrit que Sarkozy a été Premier ministre du Général. Elle serait refusée en l’état, et son auteur passerait pour inculte.

Eh bien, nous avons a peu près la même chose : Redeker écrit  le judaïsme commence par le refus du sacrifice humain   Référence au sacrifice d’Abraham, à qui Dieu avait demandé d’immoler son fils Isaac. Difficile de dire quand commence le judaïsme, puisque Dieu dans la Bible se révèle progressivement. J’aurais eu tendance personnellement à faire commencer le judaïsme à Moïse, mais qu’importe : la tradition du sacrifice humain transcendé en sacrifice d’un animal est partagée par l’islam, qui le commémore au cours d’une de ses plus grande fête : l’Aïd-el-Kébir. Simplement, Ismaël remplace Isaac. Redeker le sait-il ?

La "douce personne de Jésus" a aussi dit "Celui qui n’est pas avec moi est contre moi( Luc 11,23) " et aussi "si ta main est pour toi une occasion de péché, coupe-là.. (Marc 9-43)". Ce sont ces textes qui ont servi d’alibi à tous les inquisiteurs. Les théologiens chrétiens, qui avaient en général lu les Évangiles mais pas Robert Redeker, n’ont pas tous retenu et diffusé l’image d’un Jésus baba-cool.

Quant au reste, c’est un tissu de non-sens et d’allégations non fondées, sans compter les falsifications.

Les repas "hallal" dans les écoles : Quand j’étais bidasse, il y avait des rations "M", comme musulman, en stock dans la caserne. J’ai connu Vatican II, et l’abandon par l’Église catholique de l’interdiction de manger de la viande le vendredi. Avant cette décision, aucune école publique et laïque ne se serait permis de ne proposer que de la viande comme plat principal à la cantine un vendredi. Si cela avait le cas, les évêques et curés auraient protesté, et le chef d’établissement aurait été désavoué.

Passons à Paris-Plage : la Mairie de Paris a interdit le port du string. Il n’est pas besoin d’être musulman ou croyant pour comprendre qu’il y a des règles de tenue vestimentaire en public, qu’un bord de mer n’est pas un jardin public ou une rue. Alors, à combien de cm2 mettre la limite entre le permis et l’interdit ? Peut-on se promener nu en ville, y faire l’amour en public ? Question  d’époque, de pays, et ça n’a rien à voir avec l’islam : les usages américains sont beaucoup plus stricts que les nôtres.

Parvis Jean-Paul II. Rien à voir avec les constructions de mosquées, et je suppose que les opposants admettent très bien qu’on construise des églises et tous autres lieux de culte. Reste qu’on a le droit, à tort ou à raison, de ne pas aimer certains aspects de la politique de Jean-Paul II, sur le sida et l’homosexualité en l’occurence. Paradoxe : il serait permis, voire encouragé de critiquer Mahomet et interdit de critiquer Jean-Paul II ?

"L’Occidental, héritier du christianisme, est l’être qui met son âme à découvert. Il prend le risque de passer pour faible."

Les Amérindiens (Nord et Sud) massacrés, les Chinois à qui on a fait la guerre pour les obliger à consommer de l’opium, les Congolais de Léopold II de Belgique, etc.. ont tous apprécié la faiblesse occidentale.

D’accord, des conquêtes musulmanes furent aussi cruelles, les sultans, émirs, etc.. furent souvent des tyrans. Mais de là à innocenter l’Occident!!  Et je ne parle pas des Croisades, y compris celles contre les Cathares, les Byzantins, les Baltes et Slaves. Toutes des accès de faiblesse !!

Ne bidonnons pas avec les tabous sur l’islam : rien n’est aujourd’hui plus "in" que de critiquer l’islam à tort ou à raison, et l’Encyclopédia Universalis est en vente libre, que je sache. La plupart des ouvrages récents qu’on trouve aujourd’hui en librairie sur l’islam sont critiques. Parler de tabou est mensonger. Redeker cite Rodinson. Juif de famille, marxiste athée de culture, il fut un grand islamologue et ami - sans complaisance - des musulmans.

Que Redeker cite intégralement son article dans l’Encyclopedia Universalis ! La tonalité générale est toute autre. Et qu’il finance éventuellement la réédition des oeuvres de Rodinson, puisqu’il s’en réclame !!

Visiblement, Redeker n’a pas lu le Coran, ni la Bible. Ce n’est pas le Coran qui nous renseigne sur la vie de Mahomet, et le fameux article Rodinson dans l’EU, s’il l’avait lu intégralement, lui aurait appris que le Coran est la source la plus réduite sur la vie de Mahomet.

La Bible contient au moins autant de passages violents que le Coran, et les biblistes peuvent en citer des dizaines tel que celui-ci:

"Fille de Babel, qui dois périr, heureux qui te revaudra les maux que tu nous valus, heureux qui saisira et brisera tes petits contre le roc (Psaume 137)"

Il ne viendrait à personne l’idée d’écrire, sous prétexte de la violence de certains textes bibliques :

Haine et violence habitent le livre dans lequel tout juif ou chrétien est éduqué, la Bible. Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, le judaïsme ou le christianisme, pour poser sa chape de plomb sur le monde.

Ce serait dénoncé, à juste titre, comme de l’incitation à la haine raciale. Alors, qu’attend-on ??

Par Michel Servet - Publié dans : Islamophobie
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Dimanche 1 octobre 2006 7 01 /10 /Oct /2006 22:18

Le racisme, c’est la discrimination ou la haine fondée sur l’appartenance ou la non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une race, une religion. Je mets "race" entre guillemets car ce n’est pas une notion scientifique. Il n’y a pas de races humaines comme il y a des races de chevaux, créées par l’homme en fonction de ses propres besoins.

Il y a eu un racisme se fondant sur de soi-disant différences biologiques. Il existe encore,  notamment dans certains cercles d’extrême-droite, mais il est devenu minoritaire. Ce qui est majoritaire, c’est le racisme fondé sur "les différences culturelles". Plus personne n’ose s’affirmer ouvertement antisémite ou raciste en général parce que les juifs, les noirs, les tsiganes, etc.. n’auraient pas les bons chromosomes, mais beaucoup n’hésitent pas à véhiculer des préjugés tels que "leur culture, leurs traditions, leur religion, etc.. les obligent à mal se comporter..".

C’est beaucoup plus pervers et c’est favorisé par la tendance de beaucoup à chercher des explications globalisantes et ontologiques à certains faits. Alain Ménargues en est un bon exemple : il écrit un ouvrage sur le "Mur de Sharon". S’il s’était contenté de décrire les faits, d’analyser la politique israélienne et ses conséquences, d’en chercher les motivations dans les principes des partis politiques au pouvoir, il y aurait certes eu polémique, avec des arguments pas toujours de bonne foi, mais elle serait resté au même niveau qu’une polémique sur la politique chinoise au Tibet ou russe en Tchétchénie. Après tout, Jabotinski, fondateur du parti Hérout, ancêtre du Likoud de Sharon, avait défendu l’idée d’un "mur de fer" et Ménargues pouvait s’en contenter pour trouver des justifications théoriques.

Mais il a cherché des explications dans la Bible, la séparation entre le pur et l’impur, etc.. explications qui tendent à faire de tout juif, quel que soit sa relation au judaïsme et son avis sur Israël, un ségrégationniste en puissance. Il a repris les thèses de l’extrême-droite antisémite.

Ces thèses essentialistes ont été dénoncées par le "Monde diplomatique" , peu suspect de complaisances pour Ariel Sharon.

La situation est aujourd’hui la même avec Redeker. Il y a le même amalgame entre des textes fondateurs, mal connus, mal compris, l’histoire des origines de la religion, non contextualisée (la polygamie est courante à cette époque), les pratiques religieuses, diverses, les attitudes politiques, tout aussi diverses.

Ces amalgames véhiculent le racisme, favorisent l’idée du "Choc des civilisations" et toutes les organisations démocratiques devraient les dénoncer. Liberté d’expression, oui, mais aussi liberté d’expression contraire.

Reste le volet pénal ; ce serait au juge de dire si les phrases suivantes :" Voilà en effet un rite, auquel chaque ………… est invité à se soumettre, inscrivant la violence comme un devoir sacré au coeur du croyant." "Haine et violence habitent le livre dans lequel tout …………est éduqué, .. ………. "

Je n’ai pas encore entendu beaucoup de défenseurs du communisme protester contre cette phrase :

À l’identique de feu le communisme, l’islam tient la générosité, l’ouverture d’esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des moeurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence.

Il faut donc condamner Redeker comme on a condamné Ménargues et aussi condamner les menaces de mort contre Redeker comme on a condamné l’agression physique contre Alain Soral, lui aussi coupable d’écrits contestables.

Aujourd’hui, l’islamophobie a pris le relais de l’antisémitisme, avec les mêmes arguments, le m^me vocabulaire. Et les islamophobes affirment, la main sur le coeur : "Je ne suis pas raciste, il n’y a pas de race musulmane". Il n’y a pas non plus de race juive, mais l’antisémitisme existe bel et bien. "J’ai le droit de critiquer une religion !! "" Oui, mais pas d’inciter à la haine contre les croyants ou ceux qui sont nés dans une famille de cette religion !!"

Quant à certains défenseurs d’une laïcité de combat et du "droit au blasphème", j’imerais qu’ils soient plus vigilants : Il ne suffit pas d’envelopper un paquet de messages haineux dans un bon gros blasphème ou supposé tel pour pouvoir dire n’importe quoi. Sinon, il suffira aux racistes de tout poil de commencer et terminer leurs messages par des "blasphèmes" pour échapper à toutes poursuites.

Je termine sur le soutien apporté à Redeker par de Robien. L’administration doit apporter son soutien à ses fonctionnaires, dans l’exercice de leurs missions. Ceux-ci sont soumis à l’obligation de réserve, et ne doivent pas faire état de leurs fonctions dans d’autres activités, notamment lorsqu’ils s’expriment en tant que citoyens. J’aurais aimé que le gouvernement français, il y a deux ans, soit plus réactif après l’assassinat de sang-froid de deux collègues inspecteurs du travail qui faisaient leur travail.

Par Michel Servet - Publié dans : Islamophobie
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Jeudi 28 septembre 2006 4 28 /09 /Sep /2006 20:11

Ce texte n’est pas de moi, mais je le cite in extenso pour deux raisons :

il traite d’un sujet peu connu en en abordant les aspects les plus techniques.

il émane d’une source qualifiée : un syndicat de cadres de la Direction générale des Impôts.

Taxe sur les billets d’avion : un abus de langage et des modalités d’application qui en dénaturent le sens et la portée.
La taxe dite sur les billets d’avion a officiellement été mise en place à compter du 1er juillet de cette année.
Cette taxe a été proposée par Jacques Chirac dans un contexte de débat sur la nécessité et également la possibilité de mettre en place des impôts internationaux pour financer l’aide au développement.
Les Alter mondialistes proposent la Taxe TOBIN sur les transactions financières spéculatives, d’autres une taxe sur les armements et c’est finalement autour d’une taxe sur les billets d’avion que s’est dessiné un semblant de consensus international entre quatorze pays.
L’idée est séduisante : mettre en place un premier impôt international comportant des bases et des taux harmonisés présente un intérêt historique pour ceux qui croient au multilatéralisme organisé. Ensuite, affecter le produit de l’impôt ainsi prélevé à l’achat de médicaments pour lutter notamment contre la pandémie de SIDA en Afrique fait sens.
On se souvient à ce propos que les multinationales du médicament font obstacle pour des raisons financières à la diffusion de médicaments bon marché dans les pays pauvres.
Comment cette bonne idée a-t-elle été mise en pratique ?
Premièrement, la taxe sur les billets d’avion n’a pas été créée au sens juridique du terme puisque l’article 22 de la loi de finances rectificative pour 2005 la transforme en une simple majoration de la taxe de l’aviation civile « qui suit par défaut les mêmes règles que cette dernière » dit l’instruction. On s’éloigne beaucoup d’un nouvel impôt international.
Ensuite, et c’est probablement là le plus problématique, le produit de la taxe alimente un fonds de solidarité géré par l’agence française de développement pour contribuer au financement du développement et réaliser les objectifs du millénaire pour le développement. On est là dans le vague le plus complet voire le plus inquiétant sur la destination finale des fonds.
En fait, on part d’une bonne idée qui aurait dû donner lieu à une taxe spécifiquement identifiée, affectée à une agence internationale de gestion avec des objectifs précis et on se retrouve avec un « machin » privé de sens politique et à l’avenir incertain. Comme disait Coluche : « les technocrates, tu leur donnes le désert, six mois après ils achètent du sable ailleurs ».

Par Michel Servet - Publié dans : Economie, société - Communauté : les anti-capitalistes
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Mercredi 20 septembre 2006 3 20 /09 /Sep /2006 20:12

"Par ce contrat, l’étranger s’oblige à suivre une formation civique et, lorsque le besoin en est établi, linguistique. La formation civique comporte une présentation des institutions françaises et des valeurs de la République, notamment l’égalité entre les hommes et les femmes. "

C’est dans la nouvelle loi CESEDA (sur l’immigration) votée par un des Parlements les moins paritaires d’Europe, à la demande d’un gouvernement essentiellement masculin. Le ministre de l’intérieur qui a fait voter cette loi ne doit pas être confondu avec le président du parti qui préfère payer des amendes que de présenter paritairement des femmes aux prochaines élections législatives.

Motif invoqué : les sortants sont des hommes et ils n’ont pas démérité ! La preuve, ils donnent même des leçons aux étrangers qui voudraient vivre chez nous. A la condition qu’ils ne fassent pas comme nous !!!

Par Michel Servet - Publié dans : Droits de l'homme
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Dimanche 17 septembre 2006 7 17 /09 /Sep /2006 20:14

En commentaire à mon texte :

http://vieuxsinge.blog.lemonde.fr/vieuxsinge/2006/08/kyriat_shmona_o.html

heymann écrit : “comme vous le faites remarquer, ‘avant’ cette ville était habitée par des palestiniens (mais au fait qu’est-ce qu’un palestinien).”

Quelques éléments de réponse :

Si demain, les habitants d’Espalion (je prends cette ville au hasard) étaient chassés de chez eux par une troupe armée, commencerait-on par savoir si on doit parler d’Espalionnais, de Haut-Rouerguats, d’Aveyronnais, d’Occitans, de Français ? Et en demandant éventuellement “qu’est-ce qu’un aveyronnais, etc.. ?”

La question n’est pas innocente, le remplacement du terme “palestinien” par celui d”arabe de ..” permet de zapper la spécificité de la question palestinienne.

Beaucoup de pays représentés au Nations Unies sont issus de découpages coloniaux arbitraires, mais personne n’ira demander “qu’est-ce qu’un Tchadien ?”.

Un Tchadien, c’est un habitant du Tchad (découpage colonial totalement arbiraire). C’est tout simple, et ça recouvre des gens très différents par la langue, la culture, la religion, et qui ont du mal à vivre ensemble.

Un Palestinien, c’est un habitant autochtone de la Palestine telle que découpée par le mandat britannique. C’est un arabe de langue et de culture, musulman, chrétien ou juif de religion. Il n’y a pas plus de tensions internes qu’entre habitants de villes rivales comme Nancy et Metz, riches et pauvres, etc.. Leur destin commun à tous et différent de celui de leurs voisins jordaniens, libanais, syriens ou égyptiens naîtra de l’exil et de la colonisation :

http://www.france-palestine.org/article17.html

S’il n’y avait pas eu la déclaration Balfour et le découpage colonial (je simplifie), on aurait peut-être parlé de Grands-Syriens, d’habitants d’une Arabie hachémite, comme il y en a une saoudite aujourd’hui. Mais il en fut autrement, et un destin commun s’est forgé, comme le protectorat turc et la colonisation française ont créé la nation algérienne.

Alors, si vous voulez, parlons de Syriens du sud, ou d’Arabes de … , ce qui ne changera rien aux droits individuels des personnes (indemnisation des biens, droit au retour chez elles, égalité de droits pour celles qui sont restées, etc..) et il faudra ensuite laisser aux habitants de la région le soin de déterminer s’ils veulent vivre ensemble, adopter une dénomination  commune, avoir leur État, à la seule condition que ce “vouloir vivre ensemble” ne se fasse pas sur l’exclusion et l’injustice pour les autres.

Par Michel Servet - Publié dans : Palestine
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Samedi 16 septembre 2006 6 16 /09 /Sep /2006 20:16

Après l’affaire des caricatures danoises, les paroles du pape déclenchent des réactions vives, ce qui est admissible, et violentes, ce qui ne l’est pas, dans le monde musulman. Je joins en bas de note le texte incriminé, afin que chacun puisse juger.

Benoît XVI développe son point de vue sur les rapports entre foi et raison, et pourquoi pas? Je n’ai ni les compétences ni l’envie pour débattre de ce sujet, mais je crois qu’il a commis plusieurs erreurs majeures :

1. Avoir oublié qu’il était "le pape" et que ses propos auraient forcément un retentissement plus grand que ceux du simple professeur de théologie Ratzinger. Dans sa fonction, il doit réfléchir avant de parler, et penser que tout paragraphe d’un discours pourra être interprété isolément.

2. Avoir choisi pour illustrer les rapports entre foi et raison, non pas une des innombrables disputations christiano-chrétiennes, voire même catholico-catholiques sur ce sujet, ce qui n’aurait froissé personne, mais un débat entre un chrétien et un musulman, le premier présenté comme un champion de la foi raisonnée, et le second comme celui de la foi irrationnelle et brutale (mais on ne lui donne pas la parole !!). Le risque aurait été le même en prenant un exemple tiré d’un débat avec un juif ou un bouddhiste.

3. Ce choix est d’autant moins compréhensible que le christianisme a toujours été très pluriel sur ce sujet.  Mais peut-être que Joseph Ratzinger, adepte du centralisme romain, ne le sait pas ou ne veut pas le savoir.

4. Avoir une vision de l’islam - sur ce point particulier des rapports entre foi et raison- très réductrice, car le sujet est aussi débattu entre musulmans. Et de plus, il n’y a personne chez les musulmans qui prétende détenir le magistère universel, comme le pense l’Église catholique pour elle-même. Et de fait, on trouvera toutes les opinions, et aucune n’ayant de label officiel.

5. Alors, en opposant un christianisme fondé sur la raison (à ce propos, l’expression "credo quia absurdum" est bien une expression chrétienne, non ?) à un islam étranger à la raison, en l’agrémentant de commentaires sur le Jihad (et pourquoi pas les Croisades, car l ‘islam n’a pas le monopole des guerres au nom de la religion ?) et la nocivité de l’apport de Mahomet, il était inévitable que ce serait considéré comme une injure.

6. De plus, il y a deux aspects dans une religion, quelle qu’elle soit : d’une part la multiplicité des interprétations théologiques, et d’autre part la multiplicité des pratiques dans le temps et l’espace. Et il n’y a pas forcément de rapports entre elles. Et visiblement, Benoît XVI connaît très mal l’islam dans sa pluralité.

7. Enfin, tout débat théologique ne peut être compris qu’en fonction des conditions de son élaboration. Quelques années plus tard, des habitants ce qui reste de l ‘empire byzantin affirment, dans la haine du catholicisme: "Plutôt le turban ottoman que la mitre romaine !!" . Pour eux , la contradiction principale, comme disent les marxistes, n’était visiblement pas entre le christianisme rationnel et l’islam irrationnel !!

Il ne lui suffira pas de dire "Je suis désolé" mais il faudra dire "J’ai dit une c…., je la regrette, et vous demande de pardonner mon ignorance.." pour calmer le jeu.

Voici des extraits de la réflexion de Benoît XVI: trouvés sur le site du Monde :

http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-813614@51-810140,0.html

Le dialogue porte sur l’ensemble des structures de la foi contenues dans la Bible et le Coran et insiste particulièrement sur l’image de Dieu et de l’homme, mais nécessairement aussi toujours de nouveau sur la relation entre – comme on disait alors – " les trois lois " ou les " trois ordres de vie "  : l’Ancien Testament, le Nouveau Testament, le Coran. Je n’ai pas l’intention de développer ce thème au cours de cette leçon ; je voudrai m’arrêter sur un seul point plutôt marginal dans la construction du dialogue dans son entier – qui dans le contexte du thème " foi et raison " m’a le plus fasciné et qui servira de départ à mes réflexions sur ce thème.

Dans la " septième controverse " (…) éditée par le professeur Khoury l’empereur aborde le thème du Djihad, de la guerre sainte. L’empereur savait certainement que dans la sourate II, 256 on peut lire  : " Aucune contrainte dans les choses de la foi ". C’est un texte de la période initiale, disent les experts, durant laquelle Mahomet était lui-même sans pouvoir et menacé. Mais naturellement, l’empereur connaissait aussi les dispositions développées plus tard et fixées dans le Coran concernant la guerre sainte. Sans s’arrêter sur les détails comme la différence de traitement entre les peuples du Livre [juifs et chrétiens] et les incroyants, il s’adresse à son interlocuteur d’une manière étonnement abrupte pour nous en lui posant la question centrale du rapport entre religion et violence. Il lui dit  : " Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau. Tu ne trouveras que des choses mauvaises et inhumaines, comme le droit de défendre par l’épée la foi qu’il prêchait. "  L’empereur expose ensuite minutieusement les raisons pour lesquelles il est absurde de diffuser la foi par la violence. Une telle violence est contraire à la nature de Dieu et à la nature de l’âme. " Dieu n’aime pas le sang- dit-il-, ne pas agir selon la raison (…) est contraire à la nature de Dieu. La foi est le fruit de l’âme et non du corps. Celui qui veut conduire quelqu’un vers la foi, doit être capable de bien parler et de raisonner correctement et non d’user de la violence et de la menace… Pour convaincre une âme raisonnable on n’a besoin ni bras, ni d’armes, ni non plus d’un quelconque moyen par lequel on peut menacer quelqu’un de mort…. ".

La phrase décisive dans cette argumentation contre la conversion forcée est la suivante  : agir de manière déraisonnable est contraire à la nature de Dieu. L’éditeur Théodore Khoury, commente  : pour l’empereur, un Byzantin éduqué dans la philosophie grecque, cette phrase est évidente. En revanche pour la doctrine musulmane, Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n’est liée à aucune catégorie, pas même celle de la raison. Dans ce contexte, Khoury cite l’œuvre du célèbre islamologue français Roger Arnaldez qui relève que Ibn Hazm va jusqu’à déclarer que Dieu ne serait pas même engagé par sa propre parole et que rien ne l’obligerait à nous révéler la vérité. Si telle était sa volonté l’homme devrait pratiquer l’idolâtrie. C’est ici que s’ouvre, dans la compréhension de Dieu et donc dans la réalisation concrète de la religion, un dilemme qui nous interpelle très directement. La conviction qu’agir contre la raison est contraire à la nature de Dieu est-elle seulement une pensée grecque ou est-elle valable en soi et toujours. Je pense que sur ce point se manifeste la profonde concordance entre ce qui est grec dans le meilleur sens du terme et ce qui est foi en Dieu fondée sur la Bible. Modifiant le premier verset du Livre de la Genèse, le premier verset des Ecritures Saintes, Jean commence le prologue de son Evangile par ces mots  : Au commencement était le verbe, était le verbe (logos). C’est précisément les mots qu’emploient l’empereur, Dieu agit (synlogô), avec le logos. Logos signifie à la fois raison et verbe – une raison qui est créatrice et peut se communiquer mais justement, comme raison. Jean nous donne ainsi le dernier mot sur le concept biblique de Dieu. Le mot dans lequel toutes les voies souvent pénibles et tortueuses de la foi biblique rejoignent leur but, trouvent leur synthèse. Au commencement était le logos, et le logos est Dieu. La rencontre entre le message biblique et la pensée grecque n’était pas un simple hasard. La vision de Saint Paul devant qui s’étaient fermées les voies de l’Asie et qui vit en songe un Macédonien et entendit sa supplique  :  " Passe en Macédoine, viens à notre secours !"- (Ac 16,6-10) - cette vision peut être interprétée comme un condensé de la nécessité intrinsèque qui unit la foi biblique et le questionnement grec.

Par Michel Servet - Publié dans : Religions
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Mercredi 13 septembre 2006 3 13 /09 /Sep /2006 20:17

Maxéville est une ville de Meurthe-et-Moselle, près de Nancy. Elle compte 9124 habitants, un maire UMP, Henri Bégorre. Jusque là, rien de bien extraordinaire.

Si j’en crois mon quotidien régional habituel (édition du 12 septembre), il a proposé à son conseil municipal de voter une subvention de 5 000 euros pour le Liban.

L’opposition (de “gauche plurielle”) s’y est opposée, avec un argument de poids : “Maxéville devrait se contenter d’aider les victimes de catastrophes naturelles”.

Et les autres n’ont qu’à se dém…

Serait-ce parce qu’ils sont arabes ?? Y aurait-il des raisons inavouables ??

Par Michel Servet - Publié dans : Lorraine. Politique
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