Mardi 13 juillet 2010 2 13 /07 /2010 21:32

Valérie Rosso-Debord est députée de Meurthe-et-Moselle et intervient souvent sur les « sujets de société ».

Le débat sur l'interdiction du voile intégral lui fait sortir des énormités :

« on foule aux pieds les principes républicains : la liberté, l'égalité et la fraternité. »,

« intégristes hostiles aux valeurs de l'Occident, dont l'égalité des sexes »,

« La France est un pays particulier qui a mis en place la laïcité, qui englobe le triptyque républicain. La règle du vivre ensemble s'impose à tous, y compris les musulmans, même s'ils ont du mal à comprendre ce qu'est la laïcité».

(Est Républicain 7 juillet 2010)


Alors, faisons quelques mises au point.

La laïcité, c'est l'indépendance de l'État (et des administrations, notamment scolaires) par rapport aux religions. Rien d'autre. Un État laïc peut être dictatorial, avec des inégalités de fortunes scandaleuses, ne connaître que les lois de la jungle pour les rapports sociaux. L'URSS de Staline, la Chine actuelle sont des États laïques.

La devise de la République est une belle devise, mais il y a souvent une grande différence entre les principes et la réalité :

Liberté, la concentration de tous les pouvoirs entre les mains du Président de la République, l'avalanche de lois sécuritaires, etc ??

Égalité, le bouclier fiscal, les bonus des traders, les parachutes dorés, etc..

Fraternité, la chasse aux sans-papiers, etc.. ?

Ces principes sont foulés aux pieds tous les jours, et en premier par ceux dont c'est la responsabilité de les défendre, alors, commencez à balayer devant votre porte !!

On pourrait gloser sur ce que sont les valeurs de l'Occident, l'Occident lui-même, et faire remarquer qu'il y a aussi une contradiction entre se revendiquer des principes de l'Occident et faire prévaloir le particularisme français.

Valérie-Rosso Debord plaque le discours de la « guerre des civilisations » sur la situation française. Elle expliquera peut-être un jour que les bombardements et « dommages collatéraux » des troupes alliées en Afghanistan contribuent au combat pour l'égalité des sexes.


Le discours sur les « valeurs de l'Occident » est une arme à double tranchant, car il entraîne la réplique : « vous voulez nous imposer vos valeurs, gardez-les et laissez-nous les nôtres ». Mieux vaut expliquer que nous défendons certains principes parce que nous pensons qu'ils sont bons pour l'humanité toute entière, et que presque tous les pays du monde s'y sont ralliés (avec plus ou moins de sincérité). Mieux vaut invoquer la Déclaration universelle des droits de l'homme que les « valeurs de l'Occident ».


Quant à la laïcité, n'oublions pas que chaque pays a cherché à organiser les relations entre le pouvoir civil et les appareils religieux, la France comme beaucoup d'autres.

Les résultats sont très différents, avec plus ou moins de bonheur, de liberté individuelle, d'absence de discrimination religieuse, mais il n'est pas utile de pousser un cocorico quand on sait que « notre » loi de 1905, de séparation des Églises et de l'État, est un copier-coller de la mexicaine, antérieure d'un demi-siècle.


Les règles du vivre-ensemble doivent s'imposer à tous, la première étant la liberté de conscience et de pratiquer une religion. Les seules limites à y mettre dont la liberté des autres et l'ordre public; stricto sensu.


Mais le bouquet est cette phrase, selon laquelle les musulmans ont du mal à comprendre ce qu'est la laïcité.

Oserait-on dire la même chose, à tort ou à raison, des juifs, des chrétiens, des athées ? Pour les catholiques, qu'il s'agisse de leur point de vue sur la laïcité ou sur les questions de morale, chacun commencerait à faire la distinction entre le pape, les évêques dans leur collégialité, la masse des croyants, distingués selon leur degré de pratique, leurs convictions. Il y aurait des pages et des pages d'études, d'enquêtes, d'analyses nuancées. Idem pour les juifs ou les protestants.

Pour les musulmans, Valérie Rosso-Debord fait un paquet global de préjugés et d'ignorance.

Lui a-t-on dit qu'imputer à un groupe de personnes déterminé sur des critères religieux une opinion ou un comportement jugé erroné ou incivique peut déboucher sur le racisme ?

Quant à avoir du mal à comprendre ce qu'est la laïcité, Valérie Rosso-Debord et son maître devraient aussi se regarder dans le miroir.

 

Par Michel Servet - Publié dans : Laïcité - Communauté : Membres de Facebook
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Mardi 13 juillet 2010 2 13 /07 /2010 06:00

Voile intégral dans l’espace public : le juste milieu

 

Le débat sur l’identité nationale voulu par le président de la République – et organisé par son gouvernement – et plus particulièrement celui qui porte sur l’exercice des libertés religieuses ont pris ces derniers mois une tournure inquiétante. Avec une fixation toute particulière sur le port du voile intégral dans l’espace public.

Nous souhaitons mettre d’emblée l’accent sur une évidence : nous ne sommes pas dans un débat sur le goût, mais bien dans un débat sur le droit.

Dans ce débat, il est indispensable que chacun garde à l’esprit le cadre juridique qui organise l’exercice des libertés religieuses sur le territoire de la République. Il s’agit des articles 9, 14 et 17 de la Convention européenne des droits de l’Homme, de l’article 1er de la Constitution, de l’article 1er de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l’Etat et de la législation anti-discrimination directement inspirée du droit communautaire européen.

Ce cadre établi, il est possible d’envisager certaines restrictions légales, pour autant que le but poursuivi par le législateur soit légitime et que la mesure soit proportionnée, que le principe de non-discrimination soit respecté et que cela n’aboutisse pas à une destruction des droits protégés.

De notre point de vue, seuls deux éléments sont à retenir : la sécurité publique au regard du critère de l’identifiabilité – et non de la reconnaissabilité – de chaque citoyen (devoir décliner son identité si nécessaire et dans des circonstances déterminées) et l’importance – pas l’obligation – du maintien du lien social.

L’interdiction de toute tenue vestimentaire couvrant intégralement le corps dans l’espace public a ceci de disproportionnée qu’il n’a jamais été démontré adéquatement que le port du voile intégral représente en soi un danger pour la sécurité publique, la protection de l’ordre, de la santé ou de la moralité publics, ou encore la protection des droits et libertés d’autrui.

Le critère de la dignité ne peut servir de fondement à pareille interdiction : la puissance publique ne peut nullement se substituer aux personnes afin de se faire juge de leur dignité. Le contraire reviendrait à créer une querelle théorique entre les principes de liberté et de dignité, alors que la liberté doit permettre de développer sa propre conception de la dignité, dans le respect des balises prévues à l’article 9.2 de la Convention. Cela reviendrait à supprimer le principe de liberté.

Loin d’être une affirmation du principe d’égalité entre les hommes et les femmes, une loi d’interdiction générale du port du voile intégral dans l’espace public en constitue une rupture, dans la mesure où elle prive une femme qui le souhaite du droit d’exercer cette liberté.

Si la laïcité est un principe constitutionnel, il ne nous semble nullement être de nature à justifier une interdiction générale. Au contraire, ce principe doit conduire à la préservation des principes de liberté et d’égalité et non à leur négation. Il emporte l’obligation pour l’Etat de protéger le pluralisme et non de le limiter. De plus, une telle interdiction générale violerait le principe de proportionnalité et le prescrit des articles 14, 17 et 18 de la Convention.

En vertu du principe de séparation du religieux et du politique et conformément à la jurisprudence établie de la Cour européenne des droits de l’Homme, il ne revient pas à l’Etat de définir le contenu d’une pratique religieuse ou de se prononcer sur la validité ou la légitimité des croyances religieuses ou des modalités d’expression de celles-ci. De façon générale, constitue une pratique religieuse la pratique qui est qualifiée comme telle par la personne concernée.

Ces différents principes ont été rappelés par la Cour dans un arrêt Ahmet Arslan c. Turquie du 23 février 2010 donnant raison à des requérants qui avaient été sanctionnés pour la tenue vestimentaire qu’ils portaient dans des lieux publics ouverts à tous.

La Cour a relevé qu’« il ne ressort pas du dossier que la façon dont les requérants ont manifesté leurs croyances par une tenue spécifique constituait ou risquait de constituer une menace pour l’ordre public ou une pression sur autrui ». Quant à la thèse d’un éventuel prosélytisme dans le chef des requérants, la Cour a observé qu’« aucun élément du dossier ne montre que les requérants avaient tenté de faire subir des pressions abusives aux passants dans les voies et places publiques dans un désir de promouvoir leurs convictions religieuses ».

Dès lors, la Cour a estimé qu’en l’espèce la nécessité de la restriction litigieuse ne se trouve pas établie de manière convaincante. L’interdiction des signes religieux dans l’espace public n’est possible que dans un contexte de prosélytisme abusif.

Devant la mobilisation déraisonnable et disproportionnée de l’appareil législatif, la nécessité du rappel des principes fondamentaux de la démocratie et du cadre juridique existant s’impose à nous.

C’est le double objectif poursuivi par une proposition de circulaire (disponible sur www.neutralite.fr) que nous transmettons aux membres de l’Assemblée nationale et du Sénat. Elle rencontre selon nous les réserves exprimées par le Conseil d’Etat dans son rapport rendu public le 30 mars dernier. Elle constitue à nos yeux le moyen le plus approprié pour assurer le nécessaire équilibre entre garantie de la sécurité publique et respect des libertés individuelles.

 

 

 

Dans le cadre du groupe de travail neutralite.fr :

Abdelghani BEN MOUSSA, militant anti-discriminations
Christine DELPHY, auteure et chercheuse
Hajer MISSAOUI, juriste spécialiste des droits de l’Homme
Inès WOUTERS, avocate spécialiste des droits de l’Homme
Ismahane CHOUDER, auteure et militante
Jean BAUBEROT, historien et sociologue
Laurent LEVY, essayiste
Lila CHAREF, avocate
Mehmet SAYGIN, juriste
Nora MISSAOUI, chargée de communication
Pierre TEVANIAN, enseignant
Samy DEBAH, historien

 

Paris, le 5 juillet 2010

Par Michel Servet - Publié dans : Droits de l'homme - Communauté : Membres de Facebook
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Jeudi 8 juillet 2010 4 08 /07 /2010 21:24

baldassare.jpgQuand j''ai commencé le livre, j'ai aimé et retenu cette phrase du sage juif alépin Maïmoun, qui rêve d'Amsterdam la tolérante : "Lorsque la foi devient haineuse, bénis soient ceux qui doutent !"

Parlons maintenant du roman : Baldassare est un marchand génois de l'actuel Liban, qui part en 1665 à la recherche d'un livre qui révélerait le 100ème nom de Dieu, celui qui est caché.

D'autres estiment que 1666 sera l'année de la bête (celle de l'apocalypse, dont le chiffre est 666) et de la fin du monde.

Son périple  lui fera croiser Sabathaï Zvi, le "messie" de Smyrne, vivre l'incendie de Londres, etc..

Mon sentiment : ce n'est pas mal, mais Amin Maalouf a fait mieux.

Par Michel Servet - Publié dans : Dialogue des civilisations - Communauté : Membres de Facebook
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Jeudi 8 juillet 2010 4 08 /07 /2010 07:00

Jour après jour, il se confirme que comme nous l’avions annoncé dès le 1er juillet ( Woerth, Copé et le Front National : décryptage) , le pouvoir s’est maintenant calé sur la ligne de l’appel au « fascisme », face à la vague de révélations qui menacent de l’emporter.

Cette ligne va se poursuivre et s’amplifier dans les prochains jours, en accompagnement des attaques personnelles et politiques contre  Edwy Plenel et Mediapart,  déjà finement accusés de « fascisme » et de « trotskisme », recyclant ainsi la vieille formule stalinienne de « l’hitléro-trostkysme ».

 

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Par Michel Servet - Publié dans : Politique française - Communauté : Membres de Facebook
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Jeudi 8 juillet 2010 4 08 /07 /2010 06:00

 

 

Jordi Savall - Montserrat Figueras - La Capella Reial - Cançons De La Catalunya Mil·lenaria - Planys & Llegendes - Els Segadors

 

Hymne catalan

Par Michel Servet - Publié dans : Chants et musiques du monde - Communauté : Membres de Facebook
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