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Palestine

Jeudi 13 janvier 2011 4 13 /01 /Jan /2011 20:13

Portrait de Michel Warschawski
envoyé par StrasTv. - L'info video en direct.

 

Son livre "Au pied du mur" ne fera peut-être pas autant de bruit que celui de Stéphane Hessel ; il s'inscrit néanmoins dans le combat que mène Michel Warschawski contre l'occupation israélienne de la Palestine et le malaise qu'il provoque dans la société israélienne. Juif laïc, né à Strasbourg et fils du grand rabbin Max Warschawski, il est depuis plus de 30 ans un militant pacifiste de renom.

 

 

http://www.strastv.com/

 

Par Michel Servet - Publié dans : Palestine - Communauté : les anti-capitalistes
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Jeudi 13 janvier 2011 4 13 /01 /Jan /2011 13:15

http://www.aloufok.net/local/cache-vignettes/L380xH253/arton3021-8c759.jpgLe cinéaste anglais Ken Loach, militant de la cause palestinienne, en visite pour la première fois dans les Territoires occupés, a appelé les Palestiniens à ne pas sombrer dans les divisions s’ils veulent parvenir à la création d’un Etat indépendant.
M. Loach, 74 ans, est arrivé mardi dans les territoires palestiniens, où il a assisté le soir même à une présentation de son film "Le Vent se lève", qui décrit la lutte contre l’occupation britannique et pour l’indépendance de l’Irlande dans les années 20, et la guerre civile qui a suivi.
On y suit deux frères, militants républicains nationalistes, qui finissent par se déchirer en raison de divergences politiques —une situation qui n’était pas sans rappeler des similarités à l’audience, nombreuse, du Palais culturel de Ramallah (Cisjordanie).
"C’est exactement comme le Hamas et le Fatah", a murmuré un spectateur pendant la projection, frappé du parallèle entre les divisions internes des républicains irlandais et celles des factions palestiniennes.
"La leçon à tirer de l’expérience irlandaise, c’est que la division mène à votre perte", a expliqué aux spectateurs le réalisateur engagé, très applaudi, à la fin de la séance. Connu pour ses opinions de gauche, Ken Loach, qui a souvent critiqué la politique d’Israël au Liban et à Gaza, avait retiré en 2009 son film "A la recherche d’Eric" de deux festivals pour protester contre le parrainage apporté par l’Etat hébreu à un autre cinéaste.
"Ce n’est pas le moment de se taire, de faire du journalisme ou des films qui ignorent la réalité. C’est de justice qu’on a besoin ici", a-t-il plaidé, appelant à soutenir le boycottage commercial d’Israël et à "faire en sorte que ce pays devienne un paria".
Pour sa première visite, Ken Loach s’est dit très choqué par le mur de séparation entre Israël et les Territoires occupés.
"Rien ne vous prépare au choc de voir le mur", a-t-il dit à l’AFP. "C’est une réalité si brutale et si dure, si illégale, qu’elle provoque un sentiment de colère".
Enfin, il a qualifié les négociations directes israélo-palestiniennes, moribondes, de "factices" et "frauduleuses", estimant qu’elles n’avaient aucune chance d’aboutir tant que le droit international ne serait pas respecté.

(Jeudi, 13 janvier 2011 - Avec les agences de presse)

Photo : British director Ken Loach, center, screenwriter Paul Laverty, left, and producer Rebecca O’Brien talks to the audience prior a screening of their film " The Wind That Shakes the Barley " in the West Bank city of Ramallah, Tuesday, Jan. 11, 2011. (AP Photo/Majdi Mohammed)

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Par Michel Servet - Publié dans : Palestine - Communauté : les anti-capitalistes
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Lundi 27 décembre 2010 1 27 /12 /Déc /2010 13:00

UJFP

Mettre fin à l'impunité

  

 

Le gouvernement d'extrême droite israélien annonce désormais ouvertement que la colonisation va se développer indéfiniment, qu'aucun retrait n'est envisageable et que toutes les annexions seront définitives. Il n'est plus question d'État palestinien, alors que c’était le but affiché des discussions précédentes. La capitulation des dirigeants des États-Unis ou de ceux des pays européens vis-à-vis de ce positionnement est révélatrice de leur complicité. Dans ces conditions, les négociations n'ont plus de sens puisque plus rien n'est négociable, ni le droit au retour des réfugiés palestiniens, ni le statut de Jérusalem, ni l'évacuation des Territoires occupés ou le démantèlement des colonies.

Plusieurs dirigeants de l'extrême droite européenne viennent de visiter Israël et ont été reçus à la Knesset. Ils ont manifesté leur admiration pour un pays à l'avant-garde de  la lutte contre « le terrorisme » et l'Islam..

La politique israélienne est marquée par la persistance du blocus hermétique de la Bande de Gaza, véritable crime de guerre voire crime contre l'humanité. Ce blocus consiste depuis quatre ans à rationner un million et demi de Palestiniens et à les priver des produits élémentaires de la vie quotidienne.

À Jérusalem, les destructions ou confiscations de maisons se poursuivent, notamment à Sheikh Jarrah et Silwan. Le nettoyage ethnique et la « judaïsation » de la ville sont à l’œuvre.

Les discriminations frappant les Palestiniens de 48, ceux qui ont théoriquement la nationalité israélienne, sont de plus en plus insupportables. Des dizaines de villages non reconnus existent en Galilée ou dans le Néguev. Régulièrement des villages sont détruits comme celui Al-Araqib. Ameer Makhoul, un des dirigeants d'Ittijah, association défendant les droits des Palestiniens en Israël, est en prison, accusé d' « espionnage ».

 

Dans ce contexte, l'UJFP appelle ses membres et sympathisants à s'impliquer activement dans les luttes actuelles et à :

-       soutenir les prisonniers politiques palestiniens en Israël, contribuer à leur défense et à la popularité de leur cause. Dénoncer les emprisonnements d'enfants et les tortures.  Une membre de l'UJFP a témoigné au procès d'Ameer Makhoul.

-       Participer à toutes les commémorations marquant les deux années passées depuis l'agression israélienne contre Gaza, en particulier le rassemblement du 26 décembre sur le Parvis des Droits de l'Homme à Paris.

-       Participer dans l'unité à la campagne « Un bateau français pour Gaza » dont le but est, avec une flottille internationale, de montrer que les sociétés civiles ne sont pas dupes sur les arguments avancés en toute impunité par les dirigeants israéliens. Il faut briser ce blocus inhumain.

-       Participer à la campagne internationale BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) initiée par 172 organisations palestiniennes pour isoler politiquement, économiquement, culturellement, sportivement,... l’État d'Israël tant que durera l'occupation. L'UJFP participera à la défense des militant-e-s poursuivi-e-s par la justice française pour des actions de boycott.

-       Participer aux campagnes internationales dévoilant la nature du KKL (Fonds national juif) qui a fortement contribué à déposséder les Palestiniens de leur propre pays. et de façon générale, intervenir partout pour que soit mis fin à l'impunité de la politique israélienne. C'est cette impunité qui participe à la fuite en avant criminelle.



Le BN de l’UJFP, Paris, le 26 décembre 2010

Par Michel Servet - Publié dans : Palestine - Communauté : les anti-capitalistes
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Vendredi 24 décembre 2010 5 24 /12 /Déc /2010 16:56
Par Michel Servet - Publié dans : Palestine - Communauté : les anti-capitalistes
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Mardi 21 décembre 2010 2 21 /12 /Déc /2010 21:20

La présidente de l’association CAPJPO- Europalestine, Olivia ZEMOR, a été arrêtée ce matin aux alentours de 3h, à sa descente d’avion à l’aéroport « Ben Gourion » de Tel Aviv.  Elle est détenue dans cet aéroport par le MOSSAD, services secrets Israéliens spécialisés dans les disparitions des opposants à leur politique. Nous sommes sans nouvelles, et exprimons nos inquiétudes quant au sort que peut lui réserver Israel.

Olivia Zemor est une citoyenne française, et nous demandons aux autorités d’intervenir rapidement pour sa libération. Nous condamnons ce rapt, qui soit dit au passage, organisé par la seule démocratie du proche Orient, et nous appelons les partis politiques, les associations, les citoyennes et les citoyens épris de justice d’interpeller rapidement :


Le ministère des affaires étrangères : en demandant à parler au chef de cabinet de Madame ALLIOT-MARIE :

37 Quai d'Orsay
> 75007 Paris
> 01 43 17 53 53


et la présidence de la République :

Présidence de la République Palais de l'Elysée

55 Rue Fbg Saint Honoré, 75008 Paris

01 42 92 81 00

Faites vite…..

 

Mise à jour 22/12/2010 6 h 22 :  elle aurait été libérée

 


Par Michel Servet - Publié dans : Palestine - Communauté : les anti-capitalistes
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Mardi 21 décembre 2010 2 21 /12 /Déc /2010 13:08

http://www.aloufok.net/local/cache-vignettes/L350xH233/arton2933-9bc81.jpg

 

Une crèche au pied du "mur". Bethléem, 20 décembre 2010.

 

source

Par Michel Servet - Publié dans : Palestine - Communauté : les anti-capitalistes
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Samedi 18 décembre 2010 6 18 /12 /Déc /2010 18:00

Extraits de l'article du Monde Diplomatique de mai 2010 consacré à ce sinistre personnage.

 

Largement discrédité dans le monde arabe, sinon en Palestine, avant même son exil européen, Al-Husseini rencontra si peu d’écho que, malgré toutes ses exhortations à rejoindre les troupes de l’Axe, seuls 6 300 soldats originaires de pays arabes, selon les calculs d’un historien militaire américain, « passèrent par les différentes organisations militaires allemandes », dont 1 300 originaires de Palestine, de Syrie et d’Irak, le reste en provenance d’Afrique du Nord. Ces chiffres doivent être comparés aux 9 000 soldats arabes de la seule Palestine engagés dans l’armée britannique et aux 250 000 Maghrébins qui combattirent dans les rangs de l’armée française de la libération et fournirent la majeure partie de ses morts et blessés

(..)

Peter Novick a relevé, de son côté, que l’article sur le mufti dans l’Encyclopedia of the Holocaust, publiée en association avec Yad Vashem, est beaucoup plus long que les textes sur Heinrich Himmler, Reinhard Heydrich, Joseph Goebbels ou Adolf Eichmann, et n’est dépassé — de peu — que par l’article sur Adolf Hitler.

 

J'ajouterai quelque chose :

Avant la seconde guerre mondiale, il n'y a que trois pays arables qui sont privés de toute représentation nationale spécifique : l'Algérie, composée de départements français, la Libye, colonie italienne, et la Palestine sous mandat britannique.

Les autres pays sont des protectorats, sous mandats de la SDN, plus ou moins indépendants. Les dirigeants locaux sont soit élus (Liban, Syrie) soit des dynasties locales, indigènes ou importées.

Rien de tout cela en Palestine. Pas de gouvernement local, même fantoche. Pas de parlement local, comme au Liben et en Syrie. Il y a bien un proto-État, très structuré, mais c'est celui des colons sionistes, dont l'objectif est de prendre la place des Palestiniens.

Ce sont les Britanniques qui vont faire de Al-Husseini, héritier d'une vieille famille de notables de Jérusalem, un responsable religieux et leur interlocuteur privilégié. Avant qu'il ne tourne casaque et se retourne contre eux.

Dans la plupart des pays occupé par les nazis, des leadeurs locaux ont collaborés spontanément et ont apporté à la machine de guerre et d'extermination nazie un soutien bien plus important que Al Husseini.

 

 

Par Michel Servet - Publié dans : Palestine - Communauté : les anti-capitalistes
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Vendredi 17 décembre 2010 5 17 /12 /Déc /2010 06:00

(....)

L’organisation note :

- Nombre de jeunes Palestiniens sont arrêtés la nuit, dans leur lit, et immédiatement conduits dans des centres d’interrogatoire ;

- Les parents sont souvent empêchés d’assister à ces interrogatoires, alors même que la loi garantit cette présence ;

- Nombre de ces jeunes ont fait état de mauvais traitements ;

- Quatre des personnes arrêtées avaient moins de... 12 ans. Un garçon de 8 ans a lui aussi été arrêté dans son lit parce que son nom était le même que celui d’un jeune soupçonné d’avoir lancé des pierres.

Le 14 décembre, le porte-parole du ministère français des affaires étrangères était interrogé sur ce rapport. Voici le compte-rendu de sa réponse hallucinante :

(..)

Lire l'article complet

Par Michel Servet - Publié dans : Palestine - Communauté : les anti-capitalistes
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Vendredi 3 décembre 2010 5 03 /12 /Déc /2010 23:16

A l’adresse de :


FNDIRP, 10 rue Leroux 75116 Paris.
Union des Déportés d’Auschwitz, 39 bd Beaumarchais 75003 Paris.
Mémorial de Drancy, M. R. Chemouni, 13 rue Arthur Fontaine Cité de la Muette 93 Drancy.

 

Mesdames, Messieurs,


5224422114_02a239de21.jpgVous avez marqué mon enfance, mais je n’aurais jamais pensé vous écrire. Vous avez empli ma jeunesse comme un antidote à l’ombre angoissante des camps de la mort posée sur ma famille juive. Et j’ai entendu votre serment de « ne jamais laisser renaître la bête immonde », « plus jamais ça ».


Aujourd’hui, bien des années plus tard, sans doute aspirez vous à la sérénité. Mais je suis au désespoir tant j’ai le sentiment d’assister à une descente toujours plus bas vers l’odieux, vers ces portes de l’immonde. J’ose vous écrire pour que votre clameur jette un stop, réveille les consciences.


C’est pour un des vôtres, un des nôtres, que m’est venu le sentiment que je devais absolument faire appel à vous. C’est pour Stéphane Hessel. Comment aurait on pu imaginer que cet homme, rescapé de Buchenwald, co-rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, cet homme des vôtres et de sagesse est aujourd’hui menacé. Menacé en justice ! Menacé « de lui casser la tête » ! Pas par un vulgaire paumé entre deux vapeurs d’alcool, non, par des notables, par des intellectuels, par des avocats ! Par leur qualité, les auteurs de ces bassesses donnent à voir jusqu’où se sont enfoncées les nauséeuses idées.


bds.jpgStéphane Hessel antisémite ! Il ne faisait, comme moi, qu’appeler à l’action, au boycott pour dénoncer une politique que nous jugeons criminelle. Derrière cet homme, ce sont 80 procès, qui déjà, menacent. Des procès pour faire taire, pour interdire de dénoncer le crime qui se perpétue au Moyen Orient. Des procès totalitaires pour réduire au silence.


Ce silence, ne l’ont-ils pas déjà en partie obtenu par la lâche démission du monde qui renonce à son devoir de justice. Il y a deux ans, 1 gazaoui sur 1000 mourrait sous les bombes, 5 sur 1000 étaient blessés et ne pouvaient pas même bénéficier d’hôpitaux équipés parce que sous embargo. Les enquêtes internationales, officielles, ont révélé des « crimes de guerre, voir contre l’humanité » et pas même un tribunal pour donner suite. Des enquêtes qui révèlent un blocus générant faim, maltraitance avec risques humanitaires… et un lourd silence pour toute suite.


Comment pourrais-je ne pas penser aux évocations par mes parents de ces ghettos en Pologne où régnait la faim, à leur reproche du silence et du manque de solidarité du peuple polonais ?


Je sens s’étendre une volonté et une pratique de négation d’un peuple. Je sens s’étendre une politique de racialisation d’un état et de confiscation des biens terrestres d’un peuple. Je vois accéder aux plus hautes marches du pouvoir un homme appelant à la bombe atomique. Je vois la bête immonde étendre son ombre et menacer la planète d’effacer ses constructions pour faire reculer la guerre par le droit.


Nous avons besoin de l’autorité de votre voix. Nous avons besoin que vous nous offriez un « ça suffit » pour que les sauvages qui menacent Stéphane Hessel soient dévoilés et empêchés de détruire, d’opprimer. Une révolte des consciences est nécessaire. J’ai appris avec bonheur qu’en Israël les députés de la Knesset passent chaque jour devant un mur réalisé par un artiste qui a décidé ce mois ci d’exprimer sa révolte et de se joindre à l’appel au boycott. Ces actes courageux se démultiplient, ils méritent le soutien de vos voix. Nous avons besoin de vos consciences et de votre promesse pour défendre la justice, la paix, la dignité humaine. Nous avons besoin de vos voix pour que prenne conscience une humanité que la radicalisation en cours porte en elle un chemin vers « la bête immonde ».


Le mot de solidarité que vous aurez pour celui des vôtres qu’est Stéphane Hessel sera porteur d’avenir et de message de paix, parce que de justice et de respect.


Avec l’immense remerciement d’un fils d’interné, juif, angoissé de voir comme l’oubli peut vite venir et la facilité pour que la barbarie renaisse.


Veuillez recevoir tout mon respect.


Serge Grossvak
Groslay, le 07 novembre 2010

Par Michel Servet - Publié dans : Palestine - Communauté : les anti-capitalistes
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Mercredi 3 novembre 2010 3 03 /11 /Nov /2010 13:03

amosoz1

  En 1983, l'écrivain israélien Amos Oz, considéré comme pacifiste, publie un recueil d'entretiens réalisés en 1982 et publiés dans le journal israélien Davar avec des Israéliens, et aussi des Palestiniens. Ce recueil est traduit et publié en France en 1983. Parmi ceux-ci, un texte d'une violence inouïe, d'un personnage T. qui assume le terme de "judéo-nazi", employé par Leibowitz.

Personne ne conteste la réalité de ces propos, ni le fait qu'ils ne sont pas ceux d'un cas isolé. Oz explique d'ailleurs que, si certains de ces lecteurs ont cru que le personnage était inventé, d'autres lui ont écrit pour "exprimer leur accord total" avec T..

Beaucoup de militants de la cause palestinienne ou de causes moins avouables au nom de cette cause, se sont emparés de ce texte, pour l'attribuer à Ariel Sharon, et en faire donc le fil conducteur de la politique des gouvernements Likoud et Kadima.

Effectivement, c'est à bon droit que l'auteur des propos revendique le terme de "judéo-nazi". Il se déclare prêt à employer vis-à-vis des Palestiniens des méthodes comparables à celles des nazis. Il emploie également, pour désigner les juifs qui n'ont pas voulu s'installer en Israël,  un terme traduit par l'éditeur français par "yid", terme injurieux utilisé par les antisémites germanophones pour qualifier les juifs.

La question de savoir qui est réellement celui que l'édition française désigne par T est à mon avis secondaire, ce qui n'empêche pas de faire le point sur les informations disponibles, pour savoir comment marche la machine à fantasmes


Oz présente ainsi son interlocuteur :

amosoz2Installés, T. et moi, sur la terrasse de son agréable maison villageoise, dans un moshav1 des plus aisés, nous contemplons le spectacle d'un coucher de soleil flamboyant sur la crête des nuages, allumant a l’horizon des incendies incertains aux lueurs changeantes de feu, d’or, de mauve et de gris chatoyant. Les orangeraies nous enveloppent de leurs senteurs lourdes et sensuelles. Nous sommes assis devant un café liégeois-maison servi dans de hauts verres fins. T., quinquagénaire dont le nom s’est trouvé plus d'une fois mêlé à de glorieux épisodes, est un homme fort et lourd, vêtu d'un short, dont a peau a pris le hale métallique des blonds qui vivent sous le soleil. Il a étendu ses jambes poilues devant lui et pose sur les accoudoirs de son siège ses mains noueuses semblables à deux bêtes de somme, énormes et lasses. Une cicatrice se devine à son cou. Tout en promenant son regard sur son orangeraie et ses vergers qui s’étendent sur le flanc de la colline, il me dicte d'une voix posée, enrouée par la cigarette, l'essentiel de sa philosophie :

Ailleurs, il dit :

Et je vous l’ai déjà dit, le casier judiciaire2, je suis prêt à l’assumer avec Sharon, Begin et Rafoul’3.

Interrogé plus tard sur l'identité de T. Amos Oz déclara que ce n'était pas Sharon et qu'il était mort. Il est aussi possible qu'il ait volontairement brouillé les pistes en donnant une description inexacte du personnage. Rien ne permet aujourd'hui de dire que T. est plutôt X que Y. L'histoire de cette falsification est détaillée sur ce site.

Seul Oz connait donc la vérité et il l'emportera peut-être avec lui.

S'il y a eu falsification du nom de l'auteur, le texte existe réellement et les propos ont été tenus. Par analogie avec une affaire politico-policière qui avait popularisé le terme de vrai-faux passeport, c'est-à-dire établi par une autorité légale (Vrai) à une fausse identité, on devrait parler d'un vrai-faux ou d'un faux-vrai (vrai document, faux auteur).

Ce qui est important, c'est de savoir combien d'Israéliens pensent aujourd'hui la même chose que T. Et je crains, au vu des résultats électoraux, qu'il n'ait fait beaucoup d'émules.

Enfin, cette falsification est-elle antisémite ? Est-ce antisémite d'attribuer à Ariel Sharon des propos racistes et haineux ? Pas plus que de critiquer, pour ce qu'ils disent ou ce qu'ils font, tels ou tels dirigeants israéliens. Pas plus qu'il n'est anti-han de critiquer la politique du gouvernement chinois au Tibet.

Par contre, le texte, dans ses formulations, reprend, vis-à-vis des « yids » les poncifs antisémites européens.

 

1 Exploitation agricole coopérative, moins collectiviste que le kibboutz (N. d. E.).

2De criminel de guerre (VS)

3 Le général R. Eytan, ancien chef d’état-major israélien. A quitté ses fonctions après les massacres de Sabra et de Chatila (N. d. E.).

Par Michel Servet - Publié dans : Palestine - Communauté : les anti-capitalistes
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