Dimanche 27 février 2011
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Les prières musulmanes publiques, dans la rue Myrha à Paris notamment, ont servi de prétexte à des discours plus ou moins fumeux et souvent lourds de sous-entendus
racistes.
Dans le genre fumeux, l'auteur du site "Amitié entre les peuples" y va lui aussi de son couplet. Voilà ce que donne la mise bout à bout de mots sans en
maîtriser le sens.
"Pour le dire franchement, la gauche française habituée à une certaine sécularisation (ou laïcisation) de la vie religieuse qui autorisait
certes de rares processions était gênée par ces prières massives et régulières dans quelques grandes villes."
Explication de texte :
La sécularisation est le fait d'abandonner toute réference religieuse dans l'organisation de la vie sociale. On dit par exemple que la fête de Noël est largement
sécularisée, car beaucoup de gens la font sans aucune référence à la naissance du Christ. Le terme désigne aussi l'importation dans la vie religieuse de normes venues du monde "laïque", par
exemple les méthodes de propagande des télévangélistes, qui ont été créées en dehors du monde religieux et s'y sont implantées.
La laïcisation concerne l'organisation des pouvoirs publics, la vie politique, les normes légales sans aucune référence religieuse et directives des Églises.
En France, la laïcisation a précédé la sécularisation. Ce peut être l'inverse dans d'autres pays. Mais par définition, une vie religieuse qui se sécularise n'est
plus religieuse. Du vin sans raisin n'est pas du vin.
Et le fait d'abandonner toute référence religieuse dans les normes politiques ne conduit pas à l'interdiction des manifestations cultuelles publiques. Les maires
qui ont cru après le vote de la loi de 1905 qu'ils pouvaient le faire se sont fait tacler par le Conseil d'État.
Parler de prières massives et régulières parce quelques centaines de personnes occupent la voie publique sans déclaration préalable pendant une heure chaque semaine
en quelques endroits est un abus de langage.
Reste l'argument de l'occupation illicite du domaine public. Je rends hommage à tous ceux qui ont attendu que des musulmans prient dans la rue pour découvrir que le
domaine public existait et qu'il fallait le respecter.
Comme chacun sait, toutes les terrasses de bistrots, tous les étals de marchands, toutes les atractions foraines sont installés dans le plus strict respect des
règles de domanialité.
Comme chacun sait, il n'y a jamais eu de marinas
construites "les pieds dans l'eau", c'est-à-dire sur le domaine public maritime, inaliénable et imprescriptible.
Et tous les promeneurs peuvent suivre le sentier du douanier le long du
littoral, sans être génés par les clôtures des propriétés privées qui vont jusqu'au rivage... ou par des arrêtés municipaux de circonstance.
Et dans certains cas, les abus auraient pu être mortels : le camping de La Faute-sur-mer (Vendée), détruit pas la tempête Xynthia était construit illégalement sur le domaine public
maritime. Heureusement, il était vide ce jour-là.

Alors, pourquoi tous ces militants laïques auto-proclamés ne sont-ils pas cohérents avec leurs principes: la laïcité est une belle cause, la défense de ce bien
commun qu'est le domaine public aussi. Alors sus aux terrasses de bistrots illicites, cisaillons les clôtures abusives, etc..
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